La société civile Ivoirienne demande le départ de la licorne
Mesdames et Messieurs les Journalistes,
Au nom du Collectif de la Société Civile, je voudrais vous saluer et vous remercier de nous avoir fait l'amitié de répondre à notre invitation, aussi promptement.
Chers frères et sours, si nous sommes réunis ici ce jour, c'est bien par rapport à la Résolution 1584 de l'ONU qui renforcerait l'embargo sur les armes imposé à notre pays. Si la Résolution elle-même ne nous dérange pas, ce sont les acteurs impliqués dans son exécution, à savoir la Force française Licorne qui, à notre sens, devient juge et partie.
En effet, nous voulons nous souvenir des événements des 6, 7, 8 et 9 novembre dernier au cours desquels la France est entrée ouvertement en guerre contre notre pays. A cette occasion, les soldats de la Force Française Licorne ont ouvert le feu sur des civils aux mains nues, massacrant ainsi plus de 60 personnes et en blessant plus de 2000.
Cet acte de barbarie, que l'ONU n'a d'ailleurs jamais condamné, nous amène à
déclarer que la Force française Licorne est disqualifiée dans la résolution du conflit en Côte d'Ivoire.
Par ailleurs, pendant les événements de novembre, la Force française Licorne s'est comportée en force d'occupation, allant jusqu'à bloquer les deux ponts et l'aéroport d'Abidjan. Si l'ONU veut que cette résolution soit appliquée sur le terrain, qu'elle confie cette mission à l'ONUCI, en renforçant ses capacités tant en hommes qu'en matériel.
Nous demandons avec insistance à l'ONU le remplacement de la Force française Licorne, partie prenante dans la guerre, par un contingent d'une autre nationalité. Par la même occasion, nous prions Monsieur le Président de la République, garant de la paix du peuple ivoirien, d'accéder à la requête de Jacques CHIRAC en demandant à la Force française Licorne de se retirer de la Côte d'Ivoire.
Pour nous, la satisfaction de ces positions permettra le désarmement rapide
des rebelles et le retour à la paix en Côte d'Ivoire pour des élections démocratiques, justes transparentes et sereines. Nous demandons le rappel en consultation de nos Ambassadeurs du Gabon, du Sénégal, du Burkina Faso et du
Mali, aux fins d'exiger la réciprocité dans le respect des principes de bon voisinage et de non ingérence.
Par ailleurs, il est loisible à ces pays d'organiser le rapatriement de leurs nationaux dont le sort, à juste titre, les préoccupe. Nous demandons à Monsieur le Président de la République la rupture des relations diplomatiques d'avec la France.
Considérant que la France est le véritable agresseur de la Côte d'Ivoire et que les rebelles ne sont que des faire-valoir, nous demandons au Président TABO MBEKI, médiateur, d'organiser une table ronde entre la France et la Côte d'Ivoire.
A cet effet, nous lui demandons de bien vouloir recevoir le Collectif de la
Société Civile, aux date, lieu et jour de sa convenance.
Fait à Abidjan, le 03 Février 2005
Pour le Collectif
Geneviève BRO-GREBE, Vice Présidente