Déclaration sur les accords de Ouagadougou

Publié le par Doumbia Major

Déclaration  sur les accords de Ouagadougou

 

 

 

A l'initiative du président Laurent Gbagbo et acceptées par la rébellion militaire avec l'aval des Partis dits "Houphouetistes", il a été engagé des négociations Directs qui ont abouties à la signature des accords dits "Accords de Ouagadougou" dont le président Blaise Compaoré fut le facilitateur.
Tout laisse croire que le président Blaise Compaoré, lassé de supporter politiquement et financièrement la situation de belligérance qui se perpétue en côte d'ivoire, veut s'en laver les mains, comme Ponce Pilate, en se ménageant une porte de sortie, pour mieux se consacrer à ses affaires internes, avec l'assurance préalable de pouvoir bénéficier d'un gage de sécurité fiable, pour lui et ses protégés.
Qu'à cela ne tienne, l'important pour les ivoiriens reste le contenu des accords et ce qui en découlera sur leur quotidien. C'est sur ces effets, que les uns et les autres seront amenés à s'appesantir et à se prononcer.
Pour notre part, malgré nos doutes et divergences de vision politique avec certains acteurs; dans l'intérêt supérieur de la nation et soucieux de mettre fin aux souffrances des populations, ayant confiance à la réversibilité de l'être humain qui, peut changer de mal en bien; tout en disant que"l'avenir nous situera", nous accordons le bénéfice du doute aux acteurs et signataires de ces accords, en saluant d'avance leurs effets si ceux-ci parviennent à apporter la paix civile non armée en Côte d'ivoire.
Par conséquent, et avec cet espoir, nous invitons le peuple au grand pardon qui nous permettra de nous reconstruire, afin d'être une nation forte qui brille parmi les autres nations.
Cette guerre a fait perdre à chacun d'entre nous, quelqu'un ou quelque chose de chère, par ces effets directs ou ces effets collatéraux. Certains ont perdu des parents d'autres ont perdu des amis ou des proches collaborateurs, d'autres encore, à cause des couvres feu ou des barrages ont vu mourir dans leurs bras des parents parce qu'il leur était impossible de se rendre à l'hôpital pour les soigner.
Tout ceci représente des épreuves difficiles à supporter à l'échelle individuelle.
Mais Cela doit–il pour autant nous cantonner dans la haine et l'éternel récrimination qui nous empêche de nous reconstruire et rebâtir notre pays?
Doit-on rester, à cause de la haine et des désirs de vengeances personnelles, dans la situation de guerre qui détruit tout le pays?
Nous pensons que chacun doit faire l'effort de dépassement de soi et le sacrifice suprême en tournant la page de ces épreuves difficiles, pour voir l'intérêt supérieur de la collectivité qu'est la nation. Nous ne pouvons pas rester dans l'état de guerre, nous ne pouvons pas continuer à perpétuer un mal à l'échelle nationale par la guerre, parce que nous avons eu mal.
C'est pourquoi nous souhaitons que cet accord puisse apporter une paix sincère, dépouiller de toute visée stratégique, qui puisse nous permettre de tourner la page et réapprendre à s'accepter, puisque nous sommes condamner à cohabiter sur le même espace qui est notre pays.
Ce pardon et cette concorde nationale à laquelle nous appelons ne nous interdit pas de jeter un regard à la fois sur le passé et l'avenir.
Le regard sur le passé nous permet de nous remémorer ce qui a été fait par le passé afin de protéger notre présent en évitant de reproduire les méfaits et mauvais actes du passé.
Le regard sur l'avenir nous permet de voir ce qu'il y a à construire, pour notre avenir et celle de notre descendance. Ceci passe par le pardon des mauvais actes du passé mais nous interdit de les oublier pour ne pas les reproduire dans le futur. C'est pourquoi l'amnistie ne sera jamais et ne devra jamais être une amnésie.
Il faut tourner la page, mais il faut avoir le courage de lire les pages qu'on veut tourner.
C'est le malaise entre fils d'un même pays qui a entraîné cette guerre dont les acteurs sont devenus nombreux. Notre belligérance sert, finalement, différents intérêts, tant au plan national qu'international, qui comme des charognards attendent qu'on finisse de s'entretuer pour se repaître de nos cadavres.
Évitons à notre pays, le dénouement sanglant de cette tragédie qui fera de nous la risée de nos ennemis communs qui se font passer pour nos amis.
C’est pourquoi par principe nous saluons tout acte qui va dans le sens de la paix.
Aujourd'hui deux des protagonistes armés ont décidés de signer un énième accord de paix que sont les "arrangements de Ouagadougou".
Si cet accord qui doit aboutir à la paix non armée est sincère, nous ne pouvons que le saluer et voir en celui-ci une preuve de hauteur d'esprit des signataires qui auront compris que l'intérêt et l'aspiration des populations à aller à la paix, sont au dessus de leurs intérêts personnels.
Nous regrettons cependant que cet accord ne soit pas inclusif de tous les acteurs politiques nationaux. Il ouvre donc la brèche, en ce sens, au choix de la voie armée comme désormais le moyen de se faire écouter et de se faire respecter.
Nous osons croire que, de la clairvoyance et de la grandeur d'esprit des commanditaires et facilitateurs de l'accord actuel, découlera la convocation d'une concertation inter ivoirienne de concorde nationale qui cette fois-ci, sera inclusive et prendra en compte tous ces exilés qui, nous le croyons, mettrons tout en œuvre pour ne pas demeurer des apatrides, maintenus loin de leur pays par la terreur des armes.
Les mêmes causes entraînant les mêmes effets, l'exclusion suscite toujours chez tout être -qu'il soit organisé ou non- des tentatives d'auto inclusion, y compris par des méthodes non conventionnelles.
Notre espoir reste que ces accords ne se transforment pas en un marché de partage de pouvoir par des prédateurs politiques qui par cette voie, s'octroieront des parts dans l'œuvre de pillage des ressources collectives du pays.
Nous restons donc vigilant et donnerons notre quitus définitif à cet accord s'il permet la mise en place d'un cadre où les confrontations et les divergences politiques puissent se faire sans la menace des armes, sur toute l'étendue du territoire.
C'est pourquoi, malgré nos réserves, nous appelons vivement à la paix civile non armée car nous sommes convaincu que celle-ci nous permettra de poser enfin, dans un cadre organisé, les vrais problèmes des ivoiriens qui sont ceux de l'égalité de droit, la juste rémunération du travail et la redistribution équitable des ressources collectives, sans distinction d'origine sociale et clanique ou d'origine ethnique et religieuse car, notre pays n'a que trop souffert du pillage de ses biens par des clans d'hommes politiques qui ont passés le clair de leur temps à pousser le peuple à la haine et à l'affrontement fratricide, à l'abri duquel ils se sont livrés aux péculats et à la banqueroute nationale.
Que vive la paix entre ivoiriens pour que vive une Côte d'ivoire juste et réellement démocratique

 

                                                                                      Fait à Paris le 26 mars 2006
                                                                                                 Doumbia Major
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Publié dans Messages divers

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