IBRAHIM KABILA, FRANÇOIS COMPAORE
IBRAHIM KABILA, FRANÇOIS COMPAORE,
LE BON ET LE MAUVAIS COTE DE LA JUSTICE
Si Joseph Kabila et Blaise Compaoré présentent de grandes différences dans leur façon de gouverner leurs pays, il est un fait qui les rapproche : tous les deux ont à gérer des frères qui ont maille à partir avec la justice.
François Compaoré, frère cadet de Blaise Compaoré, est indexé par des rapports, par l'opinion, comme l'un des commanditaires des tortures ayant causé la mort de David Ouedraogo et du quadruple assassinat de Sapouy qui a coûté la vie au célèbre journaliste Norbert Zongo qui justement faisait un travail courageux pour amener la justice à prendre ses responsabilités dans le dossier David Ouédraogo. Joseph Kabila a un frère cadet, Ibrahim Kabila, qui lui aussi a vite pris l'habitude de s'ingérer dans les affaires politiques, économiques et militaires, un frère connu pour ses frasques, qui est allé jusqu'à gruger un opérateur économique en s'appropriant son 4 X 4 de luxe et à menacer avec un couteau un magistrat qui voulait en savoir plus sur l'affaire.
Blaise Compaoré, Joseph Kabila sont des présidents qui doivent faire respecter la loi en se soumettant eux-mêmes à la loi. Joseph Kabila, pour sa part, n'a pas fait obstruction à la justice. Il ne s'est pas engagé dans une opération médiatico-diplomatique pour tenter de disculper son frère. Il a laissé les magistrats dire le droit en toute équité, et Ibrahim Kabila, incroyable mais vrai, a écopé de deux ans de prison ferme pour avoir menacé un magistrat avec une arme blanche. L'exemple est venu d'en haut, et le peuple a applaudi. L'indépendance et l'honneur des magistrats sont saufs.
Quant à Blaise Compaoré dont le frère également cadet est passible de condamnations pour des faits autrement plus graves, il a choisi de le soustraire à l'application de la loi. S'impliquant dans le dossier, il a même laissé entendre que son frère ne pouvait pas être l'auteur de tout ce qu'on lui reprochait. Face à une telle attitude, on ne peut que comprendre les lenteurs enregistrées dans le traitement du dossier et la commisération de certains médias qui s'activent, au point de vouloir en faire une victime. Blaise Compaoré lui, a choisi de donner le mauvais exemple. Ce faisant, il mécontente le peuple et contrecarre l'avènement d'une justice véritablement indépendante.
Mais à toute chose comme à tout comportement, il y a des raisons. Et la raison qui fait que Ibrahim Kabila s'en est allé retrouver son lieu d'incarcération sans tambours ni trompettes, alors que François Compaoré plastronne, livre ici et là généreuses interviews pour montrer patte blanche, c'est peut-être parce que là où Kabila n'est pas personnellement impliqué dans les frasques de son frère, Blaise Compaoré pourrait l'être pour ceux concernant son frère !
Lamine Koné