La nécessité dun changement simpose au Tchad
REPUBLIQUE DU TCHAD
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Alliance Nationale pour la Démocratie
et la Justice (ANDJ)
La nécessité d’un changement s’impose au Tchad
La date du 08 août symbolise au Tchad, le début d’exécution des gigantesques programmes quinquennaux de magouilles et de tricheries politiques. Ce programme d’action est appliqué dans notre pays par le Mouvement Patriotique du Salut (MPS), depuis son avènement au pouvoir en décembre 1990. Les tchadiens ne doivent pas hésiter un seul instant de se tenir debout comme un seul homme, contre toute légitimation de la dictature. Nous n’avons pas les moyens de sombrer dans la résignation. Nous n’acceptons pas l’inacceptable.
Les tchadiens ne cautionnent pas le certificat démocratique octroyé au régime de Ndjaména. Ils ne reconnaissent pas « les résultats » de la farce électorale qui servent simplement à renforcer l’installation de « la kermesse du désordre ». Cette comédie de mauvais goût oblige tout le Tchad à redoubler du courage et d’énergies dans la lutte pour la liberté de pensée, la liberté de choix démocratique et la liberté d’agir ensemble pour le bonheur national. Le combat pour le changement au Tchad continue.
Oui, l’alternative dans la répression, l’alternative dans la corruption, l’alternative dans la misère locale et nationale que représente ce régime, doit changer pour un Tchad nouveau. Nous devons donc agir à l’unisson. Nous sommes obligés d’agir pour que l’arbitraire et les combines douteuses ne triomphent pas sur le sens moral et la dignité du peuple. Nous ne pouvons pas laisser le pays dériver ainsi. Il est urgent de rétablir et construire le Tchad dans la démocratie, le pardon et le progrès social.
D’abord, en rendant au Tchad son équilibre
La véritable ambition cachée du MPS, consiste à éloigner le Tchad de la vraie démocratie. Nous avons vécu dans tous les coins du pays, les multiples manœuvres de dévoiement du processus démocratique. Chaque tchadien mesure sans aucun doute l’ampleur du péril national, véritable chef-d’œuvre du MPS. Chaque tchadien réalise que la solution idoine passe nécessairement par le changement. Les limogeages circonstanciels ne sont pas des solutions appropriées à des pratiques obscures, que nous avons longtemps dénoncées sous des divers menaces et au prix d’énormes sacrifices.
Aussi, l’unité dans une action commune s’avère nécessaire pour opérer un changement salutaire. L’opposition dans sa diversité doit affronter les difficultés en vue de rassembler les tchadiens autour des valeurs qui équilibrent le Tchad. L’équilibre du Tchad se trouve dans un projet de société digne d’une organisation collective d’entreprise de reconstruction nationale. Le fondement de cet équilibre est le consensus laborieux trouvé lors des assises de la Conférence Nationale Souveraine (CNS). Nous devons rechercher ensemble les voies et moyens pour la reprise effective du processus démocratique interrompu dans notre pays.
Les tchadiens entretiennent un rapport très difficile avec l’administration qui doit normalement les protéger et mettre à leur disposition le service public nécessaire à leur épanouissement. Il faut donc réparer les injustices sciemment infligées à nos concitoyens et leur donner un plein espoir à travers une gestion transparente et respectueuse de la chose publique.
Nous ne devons pas laisser les gens squatter indéfiniment le siège du pouvoir, lequel revient de droit au peuple. Ce n’est pas la défense d’un camp qui importe dans ce combat. C’est le destin de ce pays qui est le berceau de l’existence humaine. Cette prise de conscience nationale est indispensable pour synchroniser les actions efficaces au rétablissement du pays. Notre combat pour la restauration de la démocratie doit se faire dans une dynamique qui privilégie l’intérêt de la nation tchadienne unie.
Ensuite, en rendant au Tchad un projet fiable
Mettre sur pied un système de gouvernance pratiquement aux antipodes de celui du MPS, fera avancer considérablement notre pays. Il nous faut un système de gestion du pays dans lequel les communautés de base se voient reconnaître les possibilités de se gérer démocratiquement. Cela veut dire concrètement que, seule une opposition unie et déterminée sera à mesure d’enclencher un changement capable d’assurer la gestion du pays pour le bien-être économique et social des tchadiens.
Le véritable projet tchadien sera de renforcer l’unité nationale par la démocratie, la justice et le travail. Nous devons réformer l’Etat tchadien pour qu’il assure aux citoyens la protection sécuritaire et les services sociaux essentiels, mais également, à la hauteur de leurs aspirations légitimes. Les tchadiens ont droit à une administration qui fait d’eux des usagers respectés et non des misérables sujets. C’est une impérieuse nécessité.
Le MPS et ses alliés ont démonté l’Etat tchadien. Il appartient à l’opposition de trouver un plus petit dénominateur commun favorable à la reconstruction de l’autorité de l’Etat. Nous devons restaurer les conditions favorables à la bonne gouvernance et au développement d’un Etat unitaire qui transfère au niveau local les compétences à exercer par des organes élus et crédibles.
La politique-fiction qui est l’œuvre des squatteurs d’institutions de la République n’est plus à rééditer. Des élections qui posent problème, imposent au pouvoir des hommes qualifiés à poser plus de problèmes au pays, qu’à les résoudre. Il nous faut une politique de résultats. Une politique qui change de façon positive la vie nationale.
Pour atteindre cet objectif, seuls les résultats transparents des urnes, dans un environnement démocratique sein, permettront aux tchadiens de choisir ou de sanctionner sans aucune entrave leurs dirigeants. C’est une condition indispensable pour changer durablement le pays. Le droit de vote doit permettre aux citoyens, d’accorder des mandats nationaux et locaux, à des femmes et hommes disposant des projets de sociétés dignes de la confiance collective. Ce même droit de vote, doit leur servir aussi, à sanctionner par les urnes celles ou ceux qui ne méritent pas la confiance du peuple. Nous voulons un système démocratique qui oblige les dirigeants à rendre compte de leur gestion du pays.
Notre pays a besoin des constructeurs d’une nation tchadienne forte et prospère. Ce grand projet de reconstruction nationale doit se faire avec tous les tchadiens, dans une atmosphère amicale et de coopération avec les partenaires traditionnels du Tchad. Tout le monde doit avoir sa place dans la construction de l’édifice national.
Le pouvoir exécutif doit s’occuper de l’intérêt général et non de l’intérêt familial. Le parlement doit s’occuper du mandat impératif et du mandat national; être un vrai contre-pouvoir et non une chambre d’enregistrement. Le pouvoir judiciaire doit dire le droit, en toute indépendance et au nom du Peuple. Le quatrième pouvoir doit informer objectivement sans être dans le collimateur des services spéciaux. Le peuple doit profiter pleinement de l’exercice de ses droits et devoirs.
Les éleveurs, agriculteurs, pécheurs, commerçants, artisans, hommes d’affaires doivent bénéficier du soutien de l’Etat pour produire et être compétitifs sur le marché de la sous région et au niveau international. Nous devons nous occuper de la jeunesse et lui donnerun enseignement qui développe sa capacité intellectuelle et scientifique et fasse d’elle actrice de développement.Les jeunes doivent être formés et orientés par un service public d’orientation professionnelle adapté aux besoins du pays. Un service de protection sociale adapté doit être mis en place et rendu fonctionnel pour la prise en charge des personnes âgées et retraités. Les personnes vulnérables doivent être protégées et entretenues avec respect et considération.
Voilà le Tchad démocratique et utile que le peuple appelle de ses vœux. Voilà la gouvernance qui pourra résorber le déficit démocratique chronique et susciter de l’espoir, par la relance des activités économiques dans notre pays.
Nous constatons aisément que le chantier est immense. Le pays a besoin de profondes réformes. Mais peut-on parler de réformes dans un pays où la volonté politique manque cruellement? La seule alternative qui s’impose, c’est l’unité de l’opposition pour le changement qui doit consacrer le retour de la mission institutionnelle de l’Etat au Tchad.
Fait à Paris, le 08 août 2006
Le Vice-président de l’Alliance Nationale
pour la Démocratie et la Justice (ANDJ)
HOMADJI NDODNAN Valentin
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