Le bras sanglant de Chirac continue de meurtrir le Togo
| Par Comi Toulabor Après avoir contraint la Commission électorale nationale indépendante à proclamer le fils de son « ami personnel » président du Togo lors du scrutin du 24 avril, Jacques Chirac vient en personne de téléphoner à Faure Gnassingbé pour le rassurer quil met tout en uvre auprès de la Cour constitutionnelle togolaise pour quelle valide le scrutin. Il la aussi rassuré quil travaille à ce que certains chefs dEtat africains (Cameroun, Gabon, Tchad, entre autres), asiatiques (la Chine notamment très présente au Togo) et arabes (Egypte, Libye, etc.) apportent leur reconnaissance à Baby Gnass. Depuis la proclamation des résultats du scrutin, les communiqués de reconnaissance se font rare et cela sème la panique chez Baby Gnass et dans son entourage dont les nerfs ne tiennent plus. Jacques Chirac la rassuré, et pour lui cette histoire de « gouvernement dunion nationale » nest quun « gros bluff » (ce sont ses termes) pour abuser lopinion et faire diversion. La Cour constitutionnelle togolaise est donc en train de subir en ce moment, à son tour, les assauts chiraquiens, elle dont les membres, plus griots que griots, sont rodés à la tâche pour savoir ce quils ne doivent pas faire. A moins quils ne soient foudroyés par lesprit de conversion et découvrent la lumière aveuglante de la vérité et leur propre dignité dhomme. Ce qui risque alors denrayer voire de paralyser le processus de dynastisation au forceps mis en place par le général Eyadéma et pris en charge maintenant par lElysée. Mais quelques biscuits aux six simiens en toque et enfermés dans le loft de la Cour constitutionnelle (Mama-Sani Aboudou-Salami, Atsu Koffi Amega, Kouami Amados-Djoko, Kouami Emmanuel Apédo, Aboudou Assouma, Kué Sipohon Gaba) suffiraient à lever cette hypothèque improbable. Le ministre français des Affaires étrangères, Michel Barnier, qui, la main sur le cur assurait récemment son monde de la non-ingérence de la France dans les affaires intérieures du Togo, doit réviser ses propos. Car il est sans savoir que la politique africaine, en loccurrence togolaise, se fait au Château de lElysée et non sur les Quais dOrsay. Mais en tant que ministre des Affaires étrangères, il peut et doit savoir quune équipe de Français a été envoyée par son département à lambassade de France à Lomé pour gérer la campagne et le marketing de Faure. Il sait au moins cela et dans ce cas sa main sur le cur relève de lhypocrisie de diplomate, de double-masque. Dun autre côté, le Supermenteur de lElysée « travaille » des pays africains, asiatiques et arabes pour quils donnent leur onction à lélection de Faure. En bon cynique, il les choisit parmi des pays qui ne brillent pas particulièrement pour leur démocratie et leur respect des droits élémentaires de lHomme. Ces dictatures tropicales peuvent toujours servir à quelque chose, nest-ce pas ? La qualité du « travail » de Supermenteur serait intéressante pour Baby Gnass sil enrobait dans son fantastique chevauché des pays comme les Etats-Unis, lAllemagne dont lInstitut Goethe vient dêtre incendié, le Canada, la Belgique, la Grande Bretagne, la Suède, le Brésil, etc. Bref ce nouveau round de Jacques Chirac, malgré la situation explosive et insurrectionnelle sur le terrain avec ses centaines de morts et de blessés graves, traduit une fois encore tout le mépris que lui et ses tous ses prédécesseurs ont pour les Africains, un mépris qui pue le racisme à mille lieues à la ronde. Ces Africains qui ne sont pas mûrs pour la démocratie, mais mûrs pour les dictatures surtout dynastiques. Mais il y a des Africains vivent et saliment de ce mépris-là, de ce racisme-là qui fondent leur pouvoir et leur richesse comme Baby Gnass. Bordeaux, le 29 avril 2005. Comi M. Toulabor CEAN-Sciences-Po Bordeaux |
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