Faut-il stériliser Pascal Sevran ?
Faut-il stériliser Pascal Sevran ? par Denis Dambré
Article sur Afrikara.com Je n’avais pas jugé utile de réagir aux propos de Pascal Sevran sur les Noirs dans son ouvrage Le privilège des jonquilles. Pas de temps à perdre. Et pas envie de contribuer à l’augmentation des ventes d’un livre peu utile. Au demeurant, je considérais que les réactions d’autres personnes suffiraient à faire comprendre à l’auteur que son niveau de réflexion sur les problèmes du monde accuse une chute vertigineuse à mesure que son portefeuille s’enfle grâce à la redevance. Eh oui, il arrive chez certains que trop d’argent tue la pensée. Mais les récents événements m’incitent à prendre la parole. Auparavant, n’ayons pas peur de la vulgarité ! Oyez, braves gens, les propos de l’animateur préféré de ma grand-mère : « La bite des noirs est responsable de la famine en Afrique ». Et sans doute pour relancer la vente, il a cru bon de confirmer ces derniers jours dans Var matin : « Et alors ? C’est la vérité ! L’Afrique crève de tous les enfants qui naissent sans que leurs parents aient les moyens de les nourrir. Je ne suis pas le seul à le dire. Il faudrait stériliser la moitié de la planète ! ». Voilà. Tout est dit. Les démographes qui s’échinent dans leurs laboratoires peuvent aller se reposer. Les économistes aussi. Car un animateur de télévision a trouvé la réponse aux questions qui les tracassent. Il suffit de stériliser ces Noirs enclins à la prodigalité en matière séminale pour enrayer la famine en Afrique. Point de négrillons, point de famine. Comme si les habitants de la planète avaient partout la même histoire, la même formation, la même appréhension des problèmes démographiques. Comme si l’information sur la contraception circulait partout de la même manière. Comme si les pays riches avaient de tout temps roulé sur l’or. Comme si aucun des ancêtres Jouhaud – c’est le vrai nom de famille de Pascal Sevran ! – n’avait mis au monde moult descendances. Empathie ? « connais pas ! » répond M. Sevran. Tenez, pourquoi donc n’a-t-on pas stérilisé ses ancêtres ? Je n’en serais pas à répondre à des inepties pareilles. Et mon portefeuille anorexique à cause de la redevance s’en serait mieux porté. Mais je les entends, les défenseurs de l’eugénisme à Dans ses Médiations poétiques datées de 1820, le poète Alphonse de Lamartine énonce un principe qui reste d’actualité si nous ne voulons pas que l’humanité bascule dans la barbarie : « Le bonheur du faible est la gloire du fort ». Pascal Sevran s’est déshonoré en s’en prenant de la sorte à des personnes en situation de fragilité. Mais qu’il se rassure ! Je ne serai pas de ceux qui prennent prétexte de ses propos pour s’adonner à l’homophobie ou suggérer qu’on lui coupe les attributs. Car toute discrimination est à mes yeux honteuse. Monsieur Sevran, vos attributs sont saufs ! Je n’accepterai jamais qu’on vous stérilise. Xavier HAREL, Afrique : pillage à huis clos (Comment une poignée d’initiés siphonne le pétrole africain), Fayard, novembre 2006, 281 pages François-Xavier VERSCHAVE, François-Xavier VERSCHAVE, Noir silence : Qui arrêtera François-Xavier VERSCHAVE, Laurent BECCARIA, Noir procès : Offense à chefs d’Etat, Les arènes, 2001, 382 pages Jean ZIEGLER, Les nouveaux maîtres du monde et ceux qui leur résistent, Fayard, 2002, 364 pages
19/12/2006