Deux poids, deux mesures

Publié le par Bailly-Grandvaux

En premier, je vous livre la lecture d'un article de l'AFP reprit sur France 24.
 
Ensuite, vous découvrirez le commentaire que cela m'inspire.
 
Bonne lecture
 
BANGUI, 7 déc 2006 (AFP) - A l'origine, la France ne devait apporter qu'un soutien "logistique" et du "renseignement" aux Forces armées centrafricaines (Faca), confrontées depuis le 30 octobre à une rébellion qui s'était emparée des principales localités du nord-est de la Centrafrique.
  
Mais dès le début le 27 novembre de la contre-offensive gouvernementale, cette ligne a été franchie. Ce jour-là, et à plusieurs reprises depuis, les Mirage F1 aux cocardes tricolores ont ouvert le feu contre les rebelles de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR).
  
C'est l'opposition qui, la première, s'est "indignée" mercredi "de voir la France s'engager directement et résolument dans la logique de l'affrontement militaire".
  
Déplorant "cette intrusion française dans un conflit centrafricano-centrafricain", l'Union des forces vives de la Nation (UFVN) a affirmé qu'il y avait eu des "massacres" de civils "occasionnés par les bombardements" des Mirage, même si aucun bilan de ces combats n'est encore disponible.
  
Principale coalition de l'opposition, l'UFVN comprend notamment le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) du président déchu Ange-Félix Patassé, renversé en 2003 par l'actuel chef de l'Etat François Bozizé et accusé par les autorités de soutenir la rébellion.
  
Mais l'opposition n'est pas la seule à critiquer le rôle de la France face aux rebelles. A peine sortie d'une semaine de grève, la presse privée a elle aussi consacré ses manchettes à ce débat.
  
"Silence! La France tue dans la région nord-est", dénonce à la "Une" le quotidien Le Citoyen, notant que cette "énième intervention militaire disproportionnée" se déroule "en plein brousse, loin des regards indiscrets de la presse et des organisations humanitaires".
  
Face à ces critiques, Paris et Bangui sont sur la même longueur d'ondes.
  
"L'opération de reconquête est une initiative centrafricaine, et l'intervention française répond à notre demande", assure à l'AFP le directeur de cabinet du ministère centrafricain de la Défense, Jean-Francis Bozizé.
  
"Nous venons en appui à une intervention des Faca", insiste-t-on de source diplomatique française, "nous soutenons le processus démocratique en cours depuis les élections de 2005 face à un risque de déstabilisation régionale".
  
Pour les détracteurs de l'action de la France, liée à son ancienne colonie par des accords de défense, la voie militaire n'est pas la meilleure option.
  
"Je ne veux pas que les rebelles prennent le pouvoir par la force, mais l'intervention française ne fait que repousser le problème, car la rébellion va certainement se réorganiser", explique le président de la Ligue centrafricaine des droits de l'Homme (LCDH), Nganatouwa Goungaye Wanfiyo.
  
"La France, patrie des droits de l'Homme, devrait pousser le pouvoir au dialogue, mais au lieu de cela elle l'accompagne dans l'option militaire", regrette-t-il.
  
Ce "dialogue" incluant les rebelles est réclamé par l'opposition, la presse privée et une partie de la société civile. Tous invoquent les propos du Premier ministre français Dominique de Villepin, qui a déclaré la semaine dernière qu'en Afrique, Paris défendait "des valeurs" et non des "régimes".
  

"Bozizé s'obstine dans la logique de guerre et a réussi à entraîner la France dans son sillage", relève le quotidien privé Centrafrique Matin. "Une preuve tangible que la France défend des régimes et non des valeurs démocratiques".

Commentaires de Christian Bailly-Grandvaux

En comparaison, la France fait exactement l'inverse en Côte d'Ivoire en attaquant le pouvoir en place. Dominique de Villepin dit défendre des valeurs plutôt que des régimes, il prouve ainsi sa particulière mauvaise foi, car le Président Laurent Gbagbo n'est pas issus d'un coup d'Etat mais d'une élection, ce qui n'est pas le cas de Bozizé. Et on sait que la France aimerait bien écarter Laurent Gbagbo du pouvoir afin de mettre à sa place, un préfet francisé de couleur locale au bénéfice d'élections truquées par les services secrets de la France, ayant échoué dans leurs tentatives de coup d'Etat.

Donc, vous l'aurez compris, la France Chiraquienne ne défends pas des valeurs, mais uniquement des intérets financiers et dont les droits de l'homme et le respect de la démocratie sont les dernières de leur préoccupation.

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Publié dans medda

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