Le FPI crie son ras-le-bol contre Chirac
Le FPI crie son ras-le-bol contre Chirac
Notre Voie - 2/4/2005 10:33:09 PM
Le vendredi 28 janvier 2005, à la veille du Sommet de lUnion africaine dAbuja, la radio dEtat française, RFI, a diffusé linformation selon laquelle une annexe secrète dune liste de 95 personnes soupçonnées davoir commis des violations des Droits de lHomme et des assassinats politiques, aussi bien dans le camp gouvernemental que dans celui de la rébellion, aurait été établie par la Commission dEnquête de lONU qui a séjourné en Côte dIvoire et dans la Sous-région en juin-juillet 2004.
Parmi ces personnes, cette radio dEtat cite nommément Mme Simone Ehivet Gbagbo, épouse du Chef de lEtat et 2ième Vice-présidente du FPI, M. Kadet Bertin, Conseiller du président de la République pour les questions de défense, accusé dêtre responsable des escadrons de la mort ainsi que M. BLE Goudé Charles, leader de la Jeunesse patriotique, accusé, lui, dincitation à la haine raciale et de trouble à lordre public.
RFI précise même que recommandation sera faite au Conseil de sécurité de traduire les personnes en question devant la Cour pénale internationale (CPI). Alors que lopinion ivoirienne navait pas fini de sinterroger sur cette affaire, cest le Conseil de sécurité qui, à la demande expresse de la France, adopte, contre lavis de lUnion africaine, une Résolution (N° 1584) qui autorise les Forces étrangères (ONUCI et LICORNE) à surveiller le respect de lembargo en inspectant autant quelles lestiment nécessaire et sans préavis, les cargaisons des aéronefs et de tout véhicule de transport utilisant les ports, aéroports, terrains daviation, bases militaires et postes frontières en Côte dIvoire et à recueillir comme il conviendra, les armes et tout matériel connexe dont la présence sur le territoire de la Côte dIvoire interviendrait en violation de lembargo et à disposer de ces armes et matériels dune manière appropriée, (
) demande au Gouvernement de Côte dIvoire et aux forces Nouvelles détablir la liste complète des armements en possession de leurs forces armées et en possession des forces paramilitaires et des milices qui en dépendent, et den déterminer la localisation, (
).
Le Front populaire ivoirien marque sa très vive préoccupation, face aux graves accusations sans fondement et à lignoble campagne dintoxication, de manipulation et de diabolisation dont sont victimes Mme Simone Gbagbo, M. Kadet Bertin, M. Blé Goudé ainsi quaux attaques injustifiées et injustes contre la paix en Côte dIvoire, de la part des autorités françaises, à travers RFI.
Pourquoi une liste est-elle tenue secrète en annexe au rapport dune Commission denquête établie à la demande des autorités ivoiriennes qui sont censées être par ailleurs destinataires dudit rapport ? Pourquoi le Conseil de sécurité aurait-il le droit se saisir la Cour pénale internationale, là où lAccord de Linas Marcoussis qui a recommandé la mise en place dune commission denquête (annexe VI, point 2) précise en son point 3 que « cest le Gouvernement de réconciliation nationale qui déterminera ce qui doit être porté devant la Justice pour faire cesser limpunité », et que les auteurs et complices des escadrons de la mort et leurs commanditaires devront être traduits devant la Justice pénale internationale » ?
Comment le Gouvernement de réconciliation nationale qui doit mener ces actions aux termes de cet accord peut-il exercer ce droit souverain si les faits, les auteurs et leurs complices lui sont tenus secrets ? Par quelle moyen et au nom de quelle logique RFI a-t-elle pu accéder une nouvelle fois à des sources secrètes de lONU et pourquoi na-t-elle vu que quatre (4) noms (Simone Ehivet Gbagbo, Kadet Bertin, Blé Goudé et Soro Guillaume) pour une liste qui en compterait près dune centaine ? Pourquoi la diffusion subite dune telle information la veille de la tenue du Sommet de lUnion africaine (U.A.) à Abuja, au moment où lon parle de désarmement et de réunification, alors que le rapport de la Commission denquête était disponible à Genève depuis le 14 juillet 2004 ?
Quest-ce qui justifie cette initiative précipitée de la France de faire adopter par le Conseil de sécurité la Résolution 1584 contre lavis de lUnion africaine, pour attenter à la souveraineté nationale à lautorité de lEtat et susciter des foyers de tension dans les ports, aéroports et casernes militaires, ainsi que dans lopinion nationale au moment même où le Président THABO Mbeki essaie patiemment mais fermement de conduire le pays au désarmement, à la réunification et à la restauration de lautorité de lEtat sur tout le territoire national ? Pourquoi le Président CHIRAC est-il si agressif vis-à-vis des autorités ivoiriennes et même si raciste à légard de la Côte dIvoire des peuples africains ? Pourquoi sinscrit-il toujours dans sa logique de sabotage de tout effort de paix et torpille-t-il la médiation du Président THABO Mbeki ? Au-delà, que fait-il pour faire appliquer lAccord de Linas-Marcoussis par les mouvements rebelles quil soutient désormais si ouvertement ?
Face à toutes ces manuvres dilatoires et dintimidation, lopinion ivoirienne et le FPI sinterrogent. Eux qui croyaient quavec ladoption de la quasi-totalité des lois issues de lAccord de Linas Marcoussis et quavec la concession politique exceptionnelle de soumettre et de faire voter par le Parlement le projet de révision de larticle 35, la voie serait enfin ouverte vers la fin des souffrances du peuple et vers la paix.
A lévidence, les ennemis de la Côte dIvoire ont décidé encore une fois dincendier les acquis de la médiation THABO Mbeki, de verrouiller celle-ci, de miner le chemin vers la réunification ; de diaboliser les cadres du Front populaire ivoirien ; de discréditer la lutte patriotique dans le secret espoir de saper le moral de la Nation.
Face à toutes ces provocations qui accompagne lintolérance idéologique du pouvoir chiraquien vis à vis de la Côte d'Ivoire de Laurent Gbagbo , le Front populaire ivoirien, profondément indigné :
- Condamne avec la dernière énergie tous les oiseaux de mauvais augure, tous les pécheurs en eau trouble, tous les fossoyeurs de la paix et de lunité en Côte dIvoire ;
- Affirme son soutien sans faille aux Camarades Simone EHIVET Gbagbo, Bertin KADET et au Général BLE Goudé ;
- Recommandent à ceux-ci de ne point se laisser intimider et démobiliser par ces agressions puériles, sachant quils sont inattaquables parce que le peuple souverain de Côte dIvoire et lAfrique tout entière, témoins de leur engagement en faveur de la République, de la Patrie et de la Démocratie, les ont déjà élevés au panthéon de la Renaissance africaine ;
- Ré-affirme sa solidarité avec le Président THABO Mbeki, fils authentique de lANC qui, à force de ténacité, est venu à bout du système ignoble de lApartheid, son soutien à sa médiation et à sa ferme adhésion à sa feuille de route ;
- Appelle la Communauté internationale, notamment les Chefs dEtat africains et en particulier ceux de la CEDEAO, à sengager sans calcul ni peur, dans la seule voie honnête, digne et responsable, à savoir la voie du désarmement des mouvements rebelles, de la réunification de la Côte dIvoire pour des élections justes et transparentes en octobre 2005 ;
- Appelle le Peuple de Côte dIvoire à demeurer mobilisé et vigilant pour écraser la subversion, doù quelle vienne.
Fait à Abidjan le 4 février 2005
Pascal AFFI NGUESSAN
Président du FPI
N.B : Le titre est de la rédaction