vendredi 9 septembre 2005, 16h54 ABIDJAN (AFP) - Le report quasi acquis de l'élection présidentielle du 30 octobre, étape cruciale dans le processus de paix en Côte d'Ivoire en crise depuis trois ans, risque d'engendrer des troubles socio-politiques et déboucher sur un affrontement entre le président Laurent Gbagbo et l'opposition qui réclame une transition l'excluant.
"La situation, déjà instable, est floue, imprévisible et les événements peuvent se précipiter", soulignait vendredi un diplomate occidental.
Le secrétaire général des
Nations unies Kofi Annan a pratiquement officialisé ce report en affirmant jeudi qu'il était impossible d'organiser le scrutin en raison notamment du manque de coopération de tous les dirigeants politiques ivoiriens et de l'impréparation au plan matériel.
Ce report était évoqué depuis plusieurs semaines à Abidjan tant dans les milieux politiques que diplomatiques, mais M. Annan est la plus importante personnalité à l'envisager clairement et publiquement.
Dans un entretien diffusé par Radio France Internationale (RFI), M. Annan soulignait qu'il y avait "certaines choses qu'on doit faire avant des élections en octobre", regrettant notamment que la Commission électorale n'ait pu être constituée.
"Pratiquement, sur le plan technique, ce n'est pas possible", a avoué, dépité, M. Annan dont l'organisation est largement impliquée dans le processus de paix en panne en Côte d'Ivoire. L'Onu y dispose de plus de 6.000 Casques bleus et de mille fonctionnaires internationaux, aidés de 4.000 soldats français.
La coalition du "G7", qui regroupe les partis de l'opposition et la rébellion des Forces nouveles (FN, contrôlant le nord du pays), a "salué" dès vendredi la position de M. Annan, relançant à cette occasion son idée d'une transition sans M. Gbagbo.
"Nous saluons cet acte, ça veut dire que l'ONU doit aller au-delà", a affirmé le porte-parole des FN Sidiki Konaté en réclamant que M. Annan préconise l'instauration d'une transition à compter du 30 octobre, date à laquelle les FN ne considéreront plus M. Gbagbo comme président légitime.
De son côté, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, ex-parti unique), dont le président Henri Konan Bédié (ancien chef de l'Etat déc 1993/déc 1999) vit à Paris et doit rentrer dimanche à Abidjan, a pris "acte" de la prise de position de M. Annan.
Un baron du PDCI, Amoakon Edjampan Tiémélé, a affirmé que la situation était "délicate" et qu'il fallait que le PDCI s'engage "rapidement dans une large concertation" pour que le pays ne connaisse pas "de pertubations sociales et politiques".
Le report de l'élection présidentielle constitue, pour un grand nombre d'observateurs qui redoutent le jusqu'au-boutisme des deux camps, un nouveau et important facteur de perturbation dans la crise que traverse le pays.
M. Gbagbo n'a d'ailleurs pas attendu pour exprimer son point de vue en affirmant qu'il n'était pas question pour lui d'une transition et que la Constitution prévoyait qu'il reste à son poste jusqu'à ce que le nouveau président entre en fonction.
A l'issue du conseil des ministres, la présidence a fait savoir dans un communiqué jeudi soir que les différents accords de paix inter-ivoiriens "ne font pas mention d'une quelconque transition".
Ce communiqué a particulièrement insisté sur le fait que M. Gbagbo avait "réaffirmé sa volonté d'appliquer en tout état de cause la Constitution, toute la Constitution et rien que la Constitution". Celle-ci indique notamment que le chef de l'Etat reste en place jusqu'à la prise de fonction du président élu.
"Les prises de positions tranchées entre le chef de l'Etat et ses opposants laissent mal augurer d'une issue pacifique de la crise, d'autant que tous les accords de paix sont inappliqués à ce jour", souligne un diplomate, observant que chaque camp se "raidit" et "ne semble pas vouloir mettre de l'eau dans son vin".
"La situation, déjà instable, est floue, imprévisible et les événements peuvent se précipiter", soulignait vendredi un diplomate occidental. Ce report était évoqué depuis plusieurs semaines à Abidjan tant dans les milieux politiques que diplomatiques, mais M. Annan est la plus importante personnalité à l'envisager clairement et publiquement. Dans un entretien diffusé par Radio France Internationale (RFI), M. Annan soulignait qu'il y avait "certaines choses qu'on doit faire avant des élections en octobre", regrettant notamment que la Commission électorale n'ait pu être constituée. "Pratiquement, sur le plan technique, ce n'est pas possible", a avoué, dépité, M. Annan dont l'organisation est largement impliquée dans le processus de paix en panne en Côte d'Ivoire. L'Onu y dispose de plus de 6.000 Casques bleus et de mille internationaux, aidés de 4.000 soldats français. La coalition du "G7", qui regroupe les partis de l'opposition et la rébellion des Forces nouveles (FN, contrôlant le nord du pays), a "salué" dès vendredi la position de M. Annan, relançant à cette occasion son idée d'une transition sans M. Gbagbo. "Nous saluons cet acte, ça veut dire que l'ONU doit aller au-delà", a affirmé le porte-parole des FN Sidiki Konaté en réclamant que M. Annan préconise l'instauration d'une transition à compter du 30 octobre, date à laquelle les FN ne considéreront plus M. Gbagbo comme président légitime. De son côté, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, ex-parti unique), dont le président Henri Konan Bédié (ancien chef de l'Etat déc 1993/déc 1999) vit à Paris et doit rentrer dimanche à Abidjan, a pris "acte" de la prise de position de M. Annan. Un baron du PDCI, Amoakon Edjampan Tiémélé, a affirmé que la situation était "délicate" et qu'il fallait que le PDCI s'engage "rapidement dans une large concertation" pour que le pays ne connaisse pas "de pertubations sociales et politiques". Le report de l'élection présidentielle constitue, pour un grand nombre d'observateurs qui redoutent le jusqu'au-boutisme des deux camps, un nouveau et important facteur de perturbation dans la crise que traverse le pays. M. Gbagbo n'a d'ailleurs pas attendu pour exprimer son point de vue en affirmant qu'il n'était pas question pour lui d'une transition et que la Constitution prévoyait qu'il reste à son poste jusqu'à ce que le nouveau président entre en fonction. A l'issue du conseil des ministres, la présidence a fait savoir dans un communiqué jeudi soir que les différents accords de paix inter-ivoiriens "ne font pas mention d'une quelconque transition". Ce communiqué a particulièrement insisté sur le fait que M. Gbagbo avait "réaffirmé sa volonté d'appliquer en tout état de cause la Constitution, toute la Constitution et rien que la Constitution". Celle-ci indique notamment que le chef de l'Etat reste en place jusqu'à la prise de fonction du président élu. "Les prises de positions tranchées entre le chef de l'Etat et ses opposants laissent mal augurer d'une issue pacifique de la crise, d'autant que tous les accords de paix sont inappliqués à ce jour", souligne un diplomate, observant que chaque camp se "raidit" et "ne semble pas vouloir mettre de l'eau dans son vin".