CI: La présidentielle ne pourra se tenir le 30 octobre, selon Kofi Annan
AFP - 9/8/2005 4:27:22 PM
La tenue d`une élection présidentielle cruciale en Côte d`Ivoire ne "va pas être possible" le 30 octobre en raison du retard dans les préparatifs, a déclaré jeudi le secrétaire général de l`Onu, Kofi Annan, qui a de nouveau évoqué la menace de sanctions internationales.
Dans un entretien diffusé par Radio France Internationale (RFI), M. Annan a indiqué que "tôt ou tard" le Conseil de sécurité de l`Onu "va être obligé" de prendre des sanctions contre les parties ivoiriennes.
"Cela ne va pas être possible parce que les leaders politiques et les partis n`ont pas coopéré", a déclaré M. Annan en réponse à une question sur la tenue le 30 octobre de la présidentielle.
"Il y a certaines choses qu`on doit faire avant des élections en octobre. On n`a même pas pu constituer la Commission électorale. Pratiquement, sur le plan technique, ce n`est pas possible" d`organiser un scrutin à la date prévue, a-t-il dit en français.
Le report de cette élection ne faisait guère de doute ces derniers jours, mais M. Annan est le premier haut responsable à annoncer, clairement, que le scrutin ne pourra pas se tenir à la date prévue.
Le Haut représentant de l`Onu pour les élections en Côte d`Ivoire, Antonio Monteiro, avait déjà estimé jeudi qu`il serait "très difficile" de maintenir la date du 30 octobre.
La Côte d`Ivoire est coupée en deux par une rébellion armée qui contrôle le nord depuis septembre 2002, et le processus de paix, et notamment la question du désarmement, est dans l`impasse, alors que la communauté internationale s`inquiète de l`éventualité d`une reprise des affrontements.
Fin août, le président Laurent Gbagbo avait appelé la "communauté internationale" à décider de la tenue ou non des élections.
Interrogé sur la questions d`éventuelles sanctions de l`Onu, M. Annan a répondu: "le Conseil de sécurité est saisi, la question des sanctions n`est pas exclue". "Je crois que tôt ou tard le conseil (de sécurité de l`Onu) va être obligé d`agir dans ce sens", a ajouté M. Annan, qui s`exprimait lors d`un entretien accordé à RFI, à la télévision francophone TV5 et à l`hebdomadaire français l`Express.
En juillet, le Conseil de sécurité avait mis en demeure les acteurs politiques en Côte d`Ivoire d`appliquer les engagements pris grâce à la médiation de l`Union africaine (UA) menée par le président sud-africain Thabo Mbeki concernant le processus de paix et les élections, sous peine de sanctions.
Les sanctions prévues par la résolution 1572 du 15 novembre 2004, consistent en l`imposition, pour une période d`un an, d`un gel des avoirs financiers et d`une interdiction de voyager à toutes les personnes considérées comme responsables d`entraves au processus de paix, de violations des droits de l`homme et d`appels à la haine dans les médias.
Le Conseil de sécurité a ensuite élargi le champ de ces sanctions aux personnes responsables d`entraves à l`application de l`embargo sur les armes vers la Côte d`Ivoire et à celles qui s`opposeraient au déroulement d`élections "libres, justes et transparentes".
La rébellion armée des Forces nouvelles (FN) et l`opposition ivoiriennes ont exigé une transition politique pour organiser à une date ultérieure la présidentielle. Le président Gbagbo refuse une telle transition.
Plus de 6.000 Casques bleus de l`Onu sont déployés en Côte d`Ivoire, avec le soutien d`environ 4.000 soldats français de l`opération Licorne.