Retrait des troupes françaises de la Côte dIvoire
| Retrait des troupes françaises de la Côte dIvoire 8 novembre 2004 | |
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La situation vient, à nouveau, de basculer en Côte dIvoire. Les affrontements ont repris entre les deux camps en présence dans cette guerre civile. Neuf soldats français ont été tués et 22 blessés. Quelques appareils de laviation ivoirienne ont été détruits par des bombardements français. La tension est montée dun cran. Les Français vivant dans le pays ont été pris à partie par les partisans du gouvernement. Le pays est en crise ouverte avec une nouvelle étape de la guerre en perspective. Dans cette situation, lintervention de la France, loin datténuer létat de guerre civile existant dans le pays, ne peut que laggraver. La France reste une puissance neo-coloniale Depuis des années, la France entretient des relations de type néo-colonial avec la Côte dIvoire. Même après la décolonisation, la Côte dIvoire est restée sous la tutelle des autorités françaises. Une bonne partie de ladministration même de ce pays était dirigée par les Français. En effet, la présence des troupes françaises a comme objectif principal la défense des intérêts des grands groupes et entreprises françaises. Elles se comportent en terrain conquis : les 15.000 ressortissants qui vivent dans ce pays représentent en grande partie les personnels dencadrement des 240 filiales dentreprises et de 600 sociétés appartenant à des hommes daffaires français. Lengagement de larmée à lOuest vise à verrouiller la zone du cacao autour de Daloa et du port de San Pedro, doù sécoule la production. Cest le groupe Bolloré qui contrôle la principale compagnie exportatrice de cacao et de café. Lorsque Chirac et Raffarin nous parlent dEtat de droit en Côte dIvoire ou dans un autre pays dAfrique, ce ne sont que de belles phrases pour couvrir les intérêts financiers. Quant aux dirigeants socialistes, la majeure partie dentre eux soutient, dans un élan dunion nationale, lintervention militaire. Chirac ne doit pas faire la loi en Cote dIvoire ! Auto-determination du peuple ivoirien ! Le gouvernement français ne doit pas envoyer de nouvelles troupes en Côte dIvoire. Alors, aujourdhui, on ne peut rien exclure et surtout pas de nouvelles catastrophes. Mais, la solution politique doit être ivoirienne et pas imposée par une puissance extérieure. Pour séparer les belligérants, protéger les populations civiles, ou les ressortissants étrangers, dautres nations de lUnion africaine. peuvent sinterposer, mais surtout pas les forces de la puissance coloniale française qui ne peuvent être juges et parties, surtout quand elles défendent totalement les intérêts de lEtat et des grandes entreprises françaises. Quant à lONU, elle vient de se disqualifier en couvrant la politique dintervention française. Le pouvoir à Abidjan ne peut être fait et défait à Paris. Il doit émaner de la société ivoirienne, avec une consultation électorale dans laquelle tous les résidents, quelles que soient leurs origines, leurs religions, leurs ethnies puissent voter à égalité. Il faut agir pour larrêt de toutes les hostilités et organiser lembargo total sur les armes des deux côtés. Cela implique aussi den finir, avec la politique qui dresse les populations les unes contre les autres au nom de lignoble notion « divoirité ».qui flatte le racisme et la xénophobie .Ce sont les Ivoiriens, eux-mêmes, qui doivent discuter dun processus démocratique qui débouche sur une réunification du pays, mais aussi des moyens pour donner un contenu social à cette nouvelle démocratie, en contestant les plans du FMI,en exigeant lannulation de la dette, et en mettant fin au pillage colonial. |