Harcèlement et menaces à lencontre des défenseurs des droits de lHomme
Appel Urgent / Togo
LObservatoire pour la protection des défenseurs des droits de lHomme, programme conjoint de lOrganisation mondiale contre la torture (OMCT) et de la Fédération internationale des ligues des droits de lHomme (FIDH), vous prie dintervenir de toute urgence à propos de la situation suivante au Togo.
Description des faits :
Suite aux élections présidentielles au Togo du 24 avril 2005, lObservatoire sest inquiété des difficultés rencontrées par les défenseurs des droits de lHomme dans le cadre de leur travail, ainsi que des menaces proférées par les forces de lordre et leurs milices à lencontre de leur intégrité physique et psychologique (cf. communiqué de lObservatoire du 27 avril 2005). Depuis, leur situation na cessé dempirer.
LObservatoire a été informé par la Ligue togolaise des droits de lHomme (LTDH) que ses bureaux ont été encerclés les 3 et 4 mai 2005 par un contingent de dix militaires lourdement armés. Durant ces deux jours aucun membre de la Ligue na pu entrer dans les locaux pour y travailler. Depuis, les communications téléphoniques de lorganisation sont perturbées et semblent être mises sur écoute.
Selon les informations reçues, en raison des pressions pesant sur la LTDH, plusieurs de ses membres et leurs familles se sont vus contraints de fuir le pays. Dautres membres sont encore aujourdhui obligés de se cacher. Cette situation est loin de ne concerner que la capitale, Lomé. En effet, les membres du Collectif des associations de la société civile du Togo, présidé par la LTDH, et ceux des sections locales de la Ligue à Tsevié, Aneho, Kpalimé, Atakpamé, Sokodé, Wawa, Kpele et Dapaong, ont eux aussi été empêchés de travailler et sont gravement menacés.
Le président de la LTDH, M. Adote Akwei, a également fait lobjet de menaces directes. Ainsi, le 28 avril 2005, des miliciens, armés de gourdins, se sont rendus devant son domicile dans le cadre dune démonstration de force destinée à lui faire peur. De plus, des membres de sa famille sont constamment menacés et injuriés par des miliciens, et certains de ses proches ont dû quitter le pays.
Enfin, certains journalistes travaillant pour des médias privés et indépendants qui ont essayé de donner un écho aux messages et communiqués de la LTDH et du collectif contestant la validité du scrutin présidentiel, et condamnant les graves violations des droits de lHomme qui ont suivi, ont été directement menacés. De même, les locaux de certains médias ont été fermés et certaines radios indépendantes sont interdites démettre, à lexemple de Radio Kanal FM, Radio Nostalgie, Radio Maria et RFI en FM.
LObservatoire rappelle aux autorités togolaises que les libertés dassociation, dexpression et dinfomation sont garanties par les instruments régionaux et internationaux de protection des droits de lHomme ratifiés par le Togo, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de lHomme et des peuples.
LObservatoire souligne enfin que ces faits sont contraires aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de lHomme, adoptée par lAssemblée Générale des Nations unies le 9 décembre 1998, notamment son article 5b, selon lequel chacun a le droit, individuellement ou en association avec dautres, de publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des idées, informations et connaissances sur tous les droits de lHomme et toutes les libertés fondamentales.
Actions demandées :
Merci décrire aux autorités du Togo en leur demandant de :
i.garantir en toutes circonstances lintégrité physique et psychologique des membres de la Ligue togolaise des droits de lHomme et de tous les défenseurs des droits de lHomme togolais, y compris les journalistes indépendants ;
ii.mettre un terme à toute forme de menaces et de harcèlement à lencontre des membres de la Ligue togolaise des droits de lHomme, de tous les défenseurs des droits de lHomme togolais et des journalistes indépendants ;
iii.permettre la réouverture des médias indépendants actuellement fermés ;
iv.se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de lHomme, en particulier à larticle 1 qui dispose que chacun a le droit, individuellement ou en association avec dautres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de lHomme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international, à larticle 5.b précité, et à larticle 12.2 qui dispose que lEtat prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec dautres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de lexercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration ;
v.se conformer plus généralement aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de lHomme, ainsi quaux instruments internationaux et régionaux auxquels la République du Togo est partie.
Adresses :
Le Président de la République du Togo, Présidence de la République, Fax : 00 228 222 49 99
M. Katari Folli-Bazy, ministre de la Justice, Fax : 00 228 222 29 06
M. Katari Folli-Bazy , ministre de lIntérieur par intérim, Fax : 00 228 222 61 50
M. Kokou Tozoun, ministre des Affaires étrangères, Fax : 00 228 221 39 74
M. Assani Tidjali, ministre de la Défense, Fax : 00 228 221 88 41
M Rolland Yao Kpotsra, ministre de la Promotion de la démocratie et de létat de droit, Fax : 00 228 222 60 42
M. Kofi Sama, Premier ministre, Primature, Fax : 00 228 222 61 76 / 221 37 53
Mission permanente de la République togolaise auprès de lOffice des Nations unies et des institutions spécialisées à Genève et Ambassade du Togo en France, 8 rue Alfred Roll, 75017 Paris, France, Fax : + 33 1 43 80 06 05
Prière décrire également aux représentations diplomatiques de la République togolaise dans vos pays respectifs.
*** Paris - Genève, le 10 mai 2005
Merci de bien vouloir informer lObservatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.
LObservatoire, programme de la FIDH et de lOMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de lHomme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible. LObservatoire a été lauréat 1998 du Prix des Droits de lHomme de la République Française.
Pour contacter lObservatoire, appeler La Ligne dUrgence : E-mail : observatoire@iprolink.ch Tel et fax FIDH : + 33 1 43 55 20 11 / 33 1 43 55 18 80 Tel et fax OMCT : +41 22 809 49 39 / 41 22 809 49 29