Droit de Réponse de Doumbia Major
Monsieur le rédacteur en chef du journal "Notre voie", dans votre parution du 20 mai 2005, votre quotidien, organe de propagande du FPI au pouvoir, fait état de propos inexacts qui me sont attribués dans un article intitulé: Damana Pickas : "Ce que Doumbia Major ma dit à propos de la rébellion armée".
Je juge ces propos diffamatoires et je ne saurai m'interdire de réagir à ces allégations qui, sont de nature à semer la confusion dans l'esprit de mes collaborateurs et de l'opinion. Dans ce papier, vos journalistes me taxent de proche de Mr Ibrahim Coulibaly et m'attribuent à tord la paternité de propos contre le peuple Français, par le canal de l'interview accordé à Mr Damana Medard alias pickas.
Mr Damana dans cette interview affirme :
J'ai discuté avec Doumbia Major qui a assisté à l'une de nos conférences que nous avons tenues au siège du Parti communiste en France. C'est lui qui faisait la démarche pour que nous nous mettions ensemble pour lutter contre l'impérialiste français parce qu'il estimait que les Français étaient des traîtres qui ne défendaient que leurs intérêts au détriment de notre pays. Et que, eux, à un certain moment, ils ont été utilisés et instrumentalisés. Mais aujourd'hui, ils se sont ressaisis. Donc ils estiment que nous devons faire table rase du passé et nous mettre ensemble pour construire la Côte d'Ivoire. Cest tout ce quil ma dit.
Ce discours ne ma pas ému, parce que Doumbia Major en tant quancien de la FESCI, sait que notre structure est un mouvement révolutionnaire anti-impérialiste. Et je ne sais pas pourquoi d'anciens militants de la FESCI puissent s'allier à la France pour combattre le régime ivoirien en place pour son nationalisme et son sens poussé de la dignité africaine. S'ils ont compris cela aujourd'hui et qu'ils veulent faire leur mea-culpa, je pense que la Côte d'Ivoire est là, c'est leur pays. Ils n'ont qu'à venir se mettre à son service et rejoindre la grande galaxie patriotique.
Monsieur le rédacteur en chef, usant de mon droit de réponse, je tiens à rectifier ces propos inexacts en affirmant que je n'ai jamais rencontré monsieur Damana à Paris encore moins assisté à une conférence organisée par lui au siège du parti communiste. Je ne vois personnellement aucun mal à ce que des personnes d'un même pays, ayants des positions divergentes se rencontrent pour discuter mais, il est important que je dénonce une rencontre fictive qui n'existe que dans l'imaginaire de son auteur. Je n'ai donc jamais discuter avec Monsieur Pickas de quoi que ce soit. Je reconnais toutefois que ce monsieur à tenté de me joindre le samedi 23 Avril sur mon portable mais j'ai été obliger de mettre fin à l'appel car j'étais au volant de ma voiture, la loi française interdisant de téléphoner au volant. C'était à mon retour du "Premier Forum International sur l'Avenir des Relations Europe-Afrique. Qui a eu lieu à paris gare du Nord et à laquelle j'ai été invité par le président du MEDDA, en tant que président du CSIE (Conseil Supérieur des Ivoiriens de l'Etranger). Je tiens à dire à Mr Damana que je suis disposé à rencontrer tout le monde y compris ceux qui ne partagent pas mes idées, car je n'ai jamais eu peur de la contradiction et je reste un partisan de la confrontation des idées. Seule la force des arguments peut me faire changer. Je ne soutiens que la vérité.
Cela dit, il n' y a aucune part de vérité dans ces propos me concernant.
Je n'ai jamais affirmé à qui que ce soit que les français sont des traîtres. Il ne faut pas déformer ma pensée ou m'attribuer vos pensées pour faire de moi le garant des actions de vandalisme contres les populations françaises vivants dans notre pays. Le peuple français est un peuple ami qui nous soutien dans la lutte contre le Néo-colonialisme. La preuve en est que je suis personnellement organisé avec une centaine d'organisations françaises qui critiquent la politique néo-coloniale de certains réseaux mafieux Français. Le peuple français lui-même n'est pas épargné par ces prédateurs que sont les grands groupes financiers appuyés par certains réseaux politiques et les cellules élyséennes.
Ce n'est pas les petits Français de Bietry et Treichville qui maintiennent notre pays dans la colonisation monétaire du franc CFA (franc des Colonies Française d'Afrique) et font des plus values sur notre monnaie. Ce n'est pas ces pauvres français non plus qui ont la concession du Port ni de notre société nationale de télécom.
Nous connaissons tous ces grands groupes et les dirigeants Français qui pillent notre pays. Il ne Faut donc pas se tromper de combat. Nous devons savoir que le vrai nationalisme et le patriotisme ce n'est pas de dire que celui-ci est Bété ou Dioula. Le vrai Patriotisme ce n'est pas de s'attaquer à une pauvre boulangère française. Le vrai patriotisme c'est de construire l'unité nationale qui est la condition première pour notre indépendance et le rayonnement de notre pays. Nous pouvons beaucoup de chose si nous sommes unis.
Autant je combats la politique néo-coloniale de la France et ses réseaux mafieux, autant je n'accepte pas qu'on s'attaque aux populations Française. Imaginons le scénario inverse de populations françaises qui s'attaquent aux ivoiriens vivants en France suite au propos de notre président !!!
Il faut se ressaisir. Je suis contre la haine et contre l'utilisation de mon image pour inciter à la haine.
Par ailleurs je tiens à dire à monsieur Damana que, contrairement à ce qu'il prétend, je n'ai jamais été instrumentalisé par la France, encore moins par des camarades qui sont dans la rébellion. Etant foncièrement opposé à l'instrumentalisation de l'Ethnicisme comme moyen de conquête ou de conservation du pouvoir, comme tous les partis politiques qui sont dans le G7, j'ai jugé qu'il fallait apporter un soutien à l'insurrection pour contraindre le président à l'acceptation de discussion, pour la définition de nouvelle règles de vie ensemble. Ce soutien, je l'ai apporté non pour des personnes mais pour l'unité nationale.
A partir du moment où par le fait de notre soutien et de celui des partis politiques nous avons pu obtenir des accords, nous tirons notre satisfaction et disons à tous nos compatriotes qu'ils ont été sages de trouver ces accords. D'autres parts c'est aux ivoiriens de savoir que la force armée française n'est pas en Côte d'ivoire par amour pour les ivoiriens. Si le Pouvoir français actuelle aimait les Africains, il ne rapatrierait pas par milliers les noirs dans des conditions inhumaines, ou il serait intervenu au sud Soudan pour mettre fin à l'extermination des noirs.
C'est à nous tous de savoir que les réseaux élyséens sont dans notre pays pour l'exploitation inéquitable de nos ressources naturelles et la défense de leurs intérêts. Que nous soyons de gauche ou de droite nous devons garder cela à l'esprit et faire en sorte que, quelque soit celui qui sera au pouvoir nos enfants et petits enfants ne soient pas des éternels colonisés.
Pour finir, je tiens à corriger les propos du journaliste Gbato Guillaume qui me taxe dans cette interview de "proche de Mr Ibrahim coulibaly dit IB".
Il est connu de tous que j'ai défendu monsieur Coulibaly, mais cela ne fais pas de moi un de ses proches ad vitam aeternam. En tant que combattant pour la justice et la liberté je ne pouvais pas accepter que la France mette aux arrêts un citoyen ivoirien sous le prétexte de "tentative de déstabilisation d'un régime ami". Non seulement la Côte d'ivoire n'a jamais été traitée avec équité par les réseaux mafieux qui ont mis ce monsieur aux arrêts, mais pire la France par cette arrestation a pris position dans le conflit de leadership interne aux forces nouvelles, en procédant à l'arrestation lâche d'un des leaders pour faire la part belle à celui qu'elle estime plus malléable.
J'estime que la France ne peut pas faire arrêter un des leaders de la rébellion alors que la même France mafieuse distribue des visas à tour de bras à d'autres qui revendiquent le titre de chef rebelle. Cela devrait interpeller tout le monde. La Chiraquie tolérerait elle une rébellion en matant une autre qui ne lui est pas soumise?
Ça cest des questions de principe.
Nonobstant les différents personnelles que j'ai avec ce monsieur je continue de dire que cela est inacceptable et il doit être libéré. La France n' 'est pas le lieu idéal où l'on garde les personnes qui, préparent des complots contre notre pays. La Côte d'ivoire n'a pas eu le droit de juger les français qui ont volé l'argent de la BCEAO, ce n'est pas à la France de garder en prison un de nos ressortissants.
En réponse à l'appel de monsieur Damana qui demande à tous les anciens de la Fesci à rejoindre la galaxie patriotique, nous répondons simplement pour dire que beaucoup d'ancien de notre mouvement devraient naturellement se retrouver dans la lutte de la gauche ivoirienne, pour l'indépendance, mais il ne peut pas y avoir de combat contre l'impérialisme sans unité interne du peuple. Tant que le président Gbagbo ne s'engagera pas ostensiblement dans la lutte contre l'Ethnicisme, les militants et intellectuelles de gauche douteront de sa sincérité. Ce que nous attendons du président Gbagbo cest qu'il résolve ce qui a amener le peuple à se diviser, en changeant de lui-même sans pression l'article 35 de la constitution. Cela peut se faire par voie référendaire ou législative. Nous attendons de lui l'adoption de loi pénalisant le tribalisme et le racisme. Car, nous souhaitons pour nos enfants et petits enfants une Côte d'ivoire forte, unie et fraternelle. Contrairement à Monsieur Damana, je salue l'union dite des Houphouetistes à Paris, car cest bon signe de voir que dans ce pays les gens peuvent se réconcilier. Nous encourageons cette initiative et espérons qu'un jour, on signera le pacte de l'union des ivoiriens.
Comptant monsieur le rédacteur en chef sur votre sens du professionnalisme pour la publication de ce droit de réponse, recevez mes salutations distinguées.
Fait à paris le 24 mai 2005
Doumbia Major
Président du CSIE