Cest avec largent de la Côte dIvoire que la France finance la rébellion
Suite et fin de l'article Le retrait immédiat de la Côte d`Ivoire de la zone FCFA peut définitivement mettre fin à la crise
Au-delà des décisions politiques, l'universitaire Nicolas Agbohou, professeur titulaire d'économie et de gestion en France, politologue, plaide pour l'usage de l'article 48 par le Président Gbagbo pour résoudre efficacement les problèmes économiques de la Côte d'Ivoire et même ceux de l'Afrique.
u Comme on le constate, les multi-milliards de devises ou les recettes extérieures des Africains ne sont pas utilisées pour développer leur pays ni pour importer les équipements industriels. Elles sont utilisées par Paris pour soutenir le FCFA.
u Dans la réalité, la France utilise ses énormes capitaux africains pour les placer judicieusement à des taux plus rémunérateurs qui lui permettent de récolter des intérêts financiers juteux dont elle prend une petite partie pour endetter les africains. Exemple, 3 000 milliards placés à 3% l'an rapportent à la France : 3 000 milliards * 3/100 = 90 milliards de FCFA. Sur ces 90 milliards d'intérêts, la France peut prendre 20 milliards pour les prêter à ses amis africains avec un taux d'intérêt de 6% : c'est ce qu'elle appelle l'aide publique aux Africains ! ! !
u Le revenu annuel moyen d'un paysan africain est de 100 000 FCFA. Donc si 100 000 FCFA sont stockés à Paris, cela correspond à la privation totale pendant un an d'un seul paysan. S'il y a Paris 200 000 FCFA stockés à Paris, cela correspond à la privation de deux paysans. Donc le stockage actuel de 3 000 milliards de FCFA à Paris, correspond à 3 000 milliards / 100 000 = 30 millions de paysans littéralement sacrifiés sur l'hôtel de la coopération monétaire franco-africaine.
u Lorsque 65% des recettes d'exportations des pays africains sont stockés dans le Trésor public français, cela veut dire que les 2/3 des finances de l'Etat sont en exil, dans les mains de l'ex-colonisateur, chez l'occupant. Dans ce contexte, la France a tous les moyens pour mettre au pas les dirigeants présents et futurs qui contestent l'ordre totalitaire et néocolonial établi contre l'Afrique.
Ce taux de 65% vient d'être ramené à 50%, n'y a-t-il pas là une amélioration ?
Il ne s'agit pas de réformer le crime français , ni pour les Africains de choisir comment mourir sous la violence économique de la France contre le continent noir. Il s'agit plutôt ici d'anéantir totalement le mal que sème la France. Cette légère modification est un aveu d'échec. Il confirme l'escroquerie savamment organisée contre l'Afrique francophone. En effet, le prétexte selon lequel la France garantit encore le FCFA est fallacieux. Car après la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis d'Amérique possédaient 25% des stocks d'or du monde. Et ils se permettaient de convertir leurs dollars en or. Tous les épargnants du monde entier ont eu confiance et ont placé leurs avoirs en dollars dont le nombre a largement excédé le nombre des stocks d'or détenus par les Américains. Une crise de confiance s'est répandue partout et les mêmes épargnants se sont précipités devant leurs banques pour demander leurs remboursements en or en se débarrassant des dollars américains. Devant leur impossibilité d'honorer leurs engagements vis-à-vis de leurs créanciers détenant des dollars, le Président américain Richard Nixon a mis fin unilatéralement le 15 août 1971 la libre convertibilité du dollar en or.
Depuis ce jour, seul l'Etat qui émet sa monnaie en est le garant. En d'autres termes, c'est l'Etat qui donne force libératoire à la monnaie. C'est-à-dire que c'est l'Etat qui donne le pouvoir à un bout de papier pour être utilisé comme monnaie sur tout son territoire national. Exemple, après avoir acheté un plat d'alloco de 2 000 FCFA, l'étranger qui tend à la vendeuse ivoirienne des yuans (monnaie chinoise) ou des dollars ou des roupies (monnaie indienne) ou encore des euros, se verra refusé ce mode de paiement parce que la vendeuse analphabète ne connaît que les FCFA qui ont cours libératoire en Côte d'Ivoire. C'est encore l'Etat et rien que l'Etat qui peut démonétiser un billet de Banque comme cela a été le cas pour le Franc français remplacé par l'euro. Malgré ce constat, la France veut faire croire qu'elle garantie le FCFA. A l'évidence, nous sommes en face d'une escroquerie sans nom ! ! ! Parce que, répétons-le expressément, celui qui est habilité à garantir la monnaie d'un pays, c'est bien l'Etat et rien que l'Etat de ce pays.
Vous vous accordez donc avec ceux qui pensent que cette guerre est d'abord économique ?
Bien sûr ! Cette guerre est survenue parce que le pays essentiel qu'est la Côte d'Ivoire veut se redécoloniser. Et cette rédécolonisation est d'ordre économique. Or, l'économie a pour base la monnaie. Donc le simple fait qu'à l'époque, j'ai publié le livre le FCFA et l'euro contre l'Afrique, cela a forcément éveillé la conscience de tout le monde.
Bon nombre d'intellectuels de l'économie pensent que ce combat a pris des rides, dans la mesure où on est engagé dans la mondialisation.
On peut se permettre de spéculer. Cependant, il y a une réalité pour ce qui concerne le continent africain. L'Afrique est le continent le plus riche au monde. Mais les Africains sont les plus pauvres. Cette pauvreté s'explique essentiellement par le fait que les Africains n'ont pas la maîtrise de leur circuit bancaire au même titre que la Chine et les autres pays qui ont leur souveraineté monétaire au service du développement socio-économique. C'est-à-dire que les banques implantées en Afrique sont le plus souvent étrangères au tissu socio-économique africain. C'est-à-dire qu'elles ne prêtent pas significativement aux chefs d'entreprises africains. C'est pourquoi, l'économie nationale ne décolle pas contre toute attente. Si la Côte d'Ivoire bat sa propre monnaie, le FCFA va tomber. Les autres pays vont venir s'accrocher à la monnaie ivoirienne. Et à partir de là, une monnaie unique africaine verra le jour. Mais le plus important est de démarrer. Les pays européens ont commencé à six. Aujourd'hui, ils sont 25. Demain, ils seront 30. L'Afrique peut en arriver là.
Mais il faut un pays leader qui peut tirer tout le monde vers le haut. Et c'est la Côte d'Ivoire. Donc la Côte d'Ivoire n'a pas droit à la petitesse. Il ne faut pas que les Ivoiriens soient morts pour rien.
Le paradoxe, c'est qu'au moment où ce débat bat son plein, certains pays manifestent l'envie de rentrer dans cette zone. On a le cas de la Guinée-Bissau. Il doit certainement y avoir des avantages ?
Mais la Guinée-Bissau, dès son entrée dans la zone FCFA, a découvert la charge des 65% des recettes d'exportations à déposer aux comptes d'opérations de Paris. Son niveau de vie a baissé et son Président Vieira a été victime d'un coup d'Etat justifié par la misère populaire grandissante. Et c'est là que conduit ce refus d'être indépendant. Il ne faut pas que les Africains se complaisent dans la petitesse. Lorsqu'on confie nos capitaux immenses à la France, il y a nécessairement une infantilisation chronique de l'Africain. Et c'est le résultat du refus de la plupart des dirigeants africains d'écouter leurs intellectuels. Parce que quand vous êtes dans la zone FCFA, vous devez vous astreindre à une politique budgétaire très rigoureuse. Puisque vous devez mettre en place des politiques d'austérité très sévère pour dégager des excédents qui vont aller alimenter les comptes d'opérations de Paris. Les matières premières africaines ne sont pas bien payées. Mais le peu que gagne l'Afrique, au lieu de venir travailler avec, est encore stocker en France au lieu d'être utilisé dans le plan de développement global du pays. les Africains deviennent donc ce qu'on appelle des rentiers financiers qui se complaisent dans l'immobilisme et l'attentisme obscur. Ils sont à l'opposé des Chinois qui ont bouleversé et répudié le système économique et monétaire hérité de la colonisation. Ils ont mis en place un nouveau système économique plus performant, non calqué sur l'occident et qui leur permet aujourd'hui de nourrir décemment plus d'un milliard trois cent millions de personnes. Pourtant, la Côte d'Ivoire n'a que 16 millions de bouches à nourrir et elle s'essouffle déjà. Il y a donc une nécessité absolue de reconquérir la souveraineté monétaire confisquée par la France afin de libérer les énergies créatrices des richesses nationales et panafricaines.
L'autre manifestation économique sous la refondation c'est le foisonnement des banques nationales. Qu'en dites-vous ?
Ce qui est à craindre, le plus souvent, dans la perspective de l'indépendance monétaire, c'est la mauvaise gestion qui pourrait conduire à des catastrophes. En effet, on peut rappeler qu'au temps d'Houphouët-Boigny, l'initiative des banques nationales a échoué tout simplement parce qu'il y avait un déficit démocratique avec le règne du parti unique. Aujourd'hui, à l'ère du multipartisme, on peut dénoncer sans risquer sa vie, tous les abus dans la gestion des biens publics. Donc maintenant, il y a des chances que ces banques survivent parce qu'il y a au moins un début de démocratisation. D'ailleurs, c'est une nécessité.
Mais le Mali a eu la souveraineté monétaire et l'a aussitôt rejetée pour rejoindre la zone franc, comment l'expliquez-vous ?
Le Mali du Président Modibo Kéita avait bien fait de prendre sa souveraineté monétaire. Mais il a été très mal conseillé et a commis plusieurs erreurs dont les plus importantes sont ci-après:
u Les crédits bancaires n'ont pas été accordés aux chefs d'entreprises pour produire des biens et services. En revanche, ils ont été utilisés pour payer les fonctionnaires et faire fonctionner les administrations publiques qui ne produisent rien. Du coup, la demande des biens a été largement supérieure à l'offre. Il en est résulté une inflation galopante avec une perte de pouvoir d'achat considérable.
u Le Président Modibo Kéita a aussi tout nationalisé y compris tout le petit commerce de détail. Le secteur privé qui est le socle de la production des biens et services a été ainsi paralysé à tel point que l'offre des produits s'est drastiquement rétrécie sur le marché. Par conséquent, l'inflation s'est amplifiée davantage.
u Le Président en exercice Modibo Kéita, poussé par le communisme sentimental excessif, a jugé bon de fixer autoritairement très bas, le prix des produits agricoles. Les ruraux étant ruinés, ont déserté les campagnes pour venir s'agglomérer dans les villes où ils ont accru la demande. Au total, l'appareil de production a été ainsi paralysé. L'inflation s'est imposée à toute l'économie dont la déconfiture profonde a contraint les pays au retour dans la zone FCFA sans aucun espoir de réaliser un véritable développement socio-économique durable.
Les Africains sont potentiellement riches. Il leur suffit seulement de ne pas faire comme les Maliens. Il y a aujourd'hui des économistes brillants en Afrique capables de gérer avec efficacité, une monnaie nationale et même continentale. Donc le rejet de la souveraineté monétaire ne peut plus être justifié par le déficit des élites formées. La répudiation de l'indépendance monétaire serait assimilable à une grave injure lancée aux Africains.
Apparemment, la Côte d'Ivoire semble seule dans ce combat.
C'est tout à fait normal ! Parce que la France, en engageant ce combat, profite du sous-équipement mental de certains dirigeants africains qui se complaisent dans leur acceptation du déshonneur.
Faites-vous allusion au réseau des Présidents françafricains ?
Ça c'est connu. Je ne perdrai pas le temps là-dessus. Mais ce qu'il faut plutôt retenir, c'est que dans toute guerre de libération d'un peuple, il y a toujours eu des traîtres . Ceux-ci préfèrent de loin donner à leurs descendants comme héritage indélébile, le déshonneur et l'indignité consécutifs à la trahison de leur mission d'être humain respectable. Par ailleurs, quand on mène une lutte et qu'on n'a pas de difficultés, c'est que le but poursuivi n'est pas noble. Mais quand vous menez avec détermination un combat farouche et que partout surgissent des épines aussitôt arrachées, c'est que le but final poursuivi sera auréolé de la gloire éblouissante. La Côte d'Ivoire est une mère nourricière qui se bat le cur ruisselant de sang, d'amour pur pour nourrir ses enfants africains baignant encore dans l'inconscience et l'insouciance tragiques. Ces états de conscience sont savamment ourdis contre les peuples noirs destinés à être immolés à l'autel expiatoire de la construction de l'Europe.
Vous croyez que la Côte d'Ivoire a des chances de gagner ce combat ?
Elle n'a pas le choix. Soit elle gagne, soit elle disparaît.
A votre avis Pretoria nous conduit-il vers la paix ?
Oui, Parce que M. Thabo Mbeki est un rescapé de la néo-colonisation violente qu'est l'apartheid conçu par les Européens contre les Noirs sur le continent des Noirs. Et il sait que c'est cette néo-colonisation qui continue de tuer les Ivoiriens. Parce que, ce que beaucoup ignorent , c'est que les Etats-Unis d'Europe sont en train de se construire. C'est-à-dire que l'Union européenne est en train d'intégrer en son sein les pays pauvres de l'Europe de l'Est. La même Europe qui a maintenu toute l'Afrique noire dans l'esclavage et la colonisation pendant cinq siècles consécutifs sort activement de la Conférence de Yalta qui l'avait divisée : elle se 'déyaltalise ' avec célérité pour se retrouver, s'unir et fonder un seul vaste pays dont il faudra trouver quelque part sur la terre, la nourriture. Cet endroit plein de richesses convoitées par l'Europe en particulier et par les autres puissances conquérantes d'autre part, n'est ni l' Asie, ni l' Amérique, ni l' Australie. Mais c'est bien l'Afrique. C'est pourquoi ces néo-impérialistes se battent âprement entre eux par petits pays africains interposés qui sont le plus souvent inconscients de cet enjeu mondial dont ils sont les simples jouets et victimes ! C'est donc un problème de survie pour les futurs occupants issus du Nord . Dans les 20 prochaines années, le pétrole et certaines matières premières feront cruellement défaut sur le marché mondial avec l'augmentation de la consommation des nouveaux pays nouvellement industrialisés comme la Chine, l'Inde, le Brésil et tous les pays européens ex-communistes phagocytés par l' Union européenne .
Face à ce vaste mouvement de création des grands blocs socio-économiques, l'Afrique du Sud doit s'appuyer sur la RCI pour véritablement "déberliniser" et unir rapidement l'Afrique subsaharienne. Celle-ci pourra s'unir plus tard avec les pays du Magrheb.
Est-il opportun, dans l'état actuel de la crise, de prendre les mesures que vous préconisez ?
Oui, et cela pour plusieurs raisons ci-après :
1)- Le Président Gbagbo est au zénith de sa cote de popularité jamais réalisée par aucun des Présidents passés.
2)- Le soutien des pays membres de l'UEMOA à la RCI dans son combat de libération totale contre la France n'est pas visible, voire n'existe pas. Parce que chaque pays redoute en permanence les représailles de la France dominatrice et hégémonique.
3)- Le Président de la République Gbagbo n'a pas d'autre choix d'opportunités particulières ! Car il est à un stade où la France est obligée de le maintenir vivant à son poste, même s'il fait des réformes profondes révolutionnaires comme la création de La MIR. Cette attitude de sagesse est la meilleure garantie de la sécurité et la vie prospère des Français en RCI.
4)- La MIR , en mettant fin à la zone franc, sera salvatrice pour les Ivoiriens et aura des conséquences positives sur les autres peuples africains à la recherche d'un vrai leader politique au pouvoir soucieux de préserver leurs intérêts légitimes sur tous les plans !
5)- En politique, chaque minute qui passe équivaut à un jour qui s'écoule. Donc c'est ici et maintenant que la MIR doit voir le jour pour donner aux Ivoiriens les moyens financiers de révolutionner leur économie de façon spectaculaire à l'instar de la Chine. L'Ouest a actuellement peur de cette Chine qui inonde les marchés occidentaux de ses produits créés par ses prouesses économiques rendues possibles grâce à la maîtrise de ses banques et sa propre monnaie qu'est le Yuan.
6)- La nation de la Côte d'Ivoire est en train de se bâtir dans le sang sous l'autorité du Président Gbagbo. Celui-ci doit donc se fortifier et prendre courage pour inventer la MIR afin de marquer ainsi positivement à perpétuité, l'histoire du pays
7)-Pendant plus de 30 ans, le Président Gbagbo a cherché à avoir le pouvoir d'Etat pour changer en bien la vie de ses concitoyens. Il l'a obtenu par la voie des urnes grâce à Dieu. Mais l'ennemi sempiternel, toujours la même France, l'a empêché de réaliser son programme de gouvernement. Cependant, toujours fidèle à lui- même dans la fourniture de ses bénédictions à ses dévots, le même Dieu vient de redonner au Président Gbagbo tous les pouvoirs d'Etat pour mener en très peu de temps la révolution économique , sociale , politique et culturelle tant attendue de lui !
8)- Car, après cette guerre, les Ivoiriens doivent voir objectivement dans leur vie quotidienne un nouveau bien-être socio-économique durable. Ils doivent jouir amplement partout de l'expression de la liberté pour laquelle ils se sont battus à mort ; certains d'entre eux ayant même donné leur poitrine en holocauste pour sauver la Patrie en danger !
9)- C'est la prise de ces deux mesures - la MIR et l'obligation de transformer localement toutes les matières premières - qui grandira la Côte d'Ivoire et son Président Gbagbo.
10)- Tous les pays du Maghreb étaient dans la zone FCFA. A un moment donné de leur histoire, leurs dirigeants ont pris la décision de retirer leurs pays du FCFA. Ils n'en sont pas morts pour autant !
Le Maroc se porte très bien ! Il se porte nettement mieux que quand il était sous le joug monétaire français ! Les 15 pays de la zone Franc CFA vont tous quémander chez ces pays nord africains libérés du FCFA.
Le Nigeria bat sa monnaie : les 120 millions de Nigérians mangent très bien à leur faim ? A plus forte raison la Côte d'Ivoire qui a tous les atouts !
11)- Il n'existe aucun opposant sur le chemin juridique à suivre avant de créer la MIR. Parce que le Président de l'Assemblée nationale, M. Mamadou Koulibaly donnera son avis favorable au Président Gbagbo pour liquider le Franc CFA au plus vite. D'ailleurs, il ne rêve que la mort immédiate du Franc CfA.
12)- Par ailleurs, on a pris la main dans le sac des militaires français qui ont dévalisé à plusieurs reprises en RCI des banques de la BCEAO qu'ils sont censés surveiller. Or l'usine qui fabrique ou qui produit le Franc CFA se trouve en France, à Clermont-Ferrand, chez l'occupant français. Avec cette armature morale lacunaire présentée par la France , il est aisé de comprendre pourquoi les rebelles soutenus par Paris achètent en RCI ce dont ils ont besoin à prix d'or avec de nouveaux billets CFA dont la production et le contrôle échappent au gouvernement légal combattu. En d'autres termes, cela reviendrait à dire que ce sont les Ivoiriens qui financeraient en dernier ressort leurs propres bourreaux via la France qui produit les CFA à volonté dans le sens de ses intérêts légitimes ! Cette analyse est un argument supplémentaire pour s'astreindre à couper radicalement ce cordon ombilical monétaire entre la France et la RCI !Une telle décision courageuse obligera la France à enlever l'argent de sa propre proche pour payer ses mercenaires baptisés "les rebelles ivoiriens". Avec une telle charge financière qui s'alourdit chaque jour, la France chiraquienne sera bien obligée de mettre fin à la guerre.
13)-L'indépendance monétaire est l'arme la plus importante de la bataille politique. Par conséquent, le Président Gbagbo dans sa résistance contre la France est obligé de reconquérir l'étendard monétaire majestueux qui lui permettra de conduire son peuple massé derrière lui à la victoire totale.
En conclusion, c'est un miracle de Dieu qui permet au Président Gbagbo d'avoir le privilège exceptionnel d'user de l'article 48 pour pulvériser le Franc CFA et inventer la MIR génératrice de la révolution totale et de la victoire éclatante du peuple ivoirien tant sur lui-même que sur le néocolonialisme déshumanisant !
(suite et fin)
u Comme on le constate, les multi-milliards de devises ou les recettes extérieures des Africains ne sont pas utilisées pour développer leur pays ni pour importer les équipements industriels. Elles sont utilisées par Paris pour soutenir le FCFA.
u Dans la réalité, la France utilise ses énormes capitaux africains pour les placer judicieusement à des taux plus rémunérateurs qui lui permettent de récolter des intérêts financiers juteux dont elle prend une petite partie pour endetter les africains. Exemple, 3 000 milliards placés à 3% l'an rapportent à la France : 3 000 milliards * 3/100 = 90 milliards de FCFA. Sur ces 90 milliards d'intérêts, la France peut prendre 20 milliards pour les prêter à ses amis africains avec un taux d'intérêt de 6% : c'est ce qu'elle appelle l'aide publique aux Africains ! ! !
u Le revenu annuel moyen d'un paysan africain est de 100 000 FCFA. Donc si 100 000 FCFA sont stockés à Paris, cela correspond à la privation totale pendant un an d'un seul paysan. S'il y a Paris 200 000 FCFA stockés à Paris, cela correspond à la privation de deux paysans. Donc le stockage actuel de 3 000 milliards de FCFA à Paris, correspond à 3 000 milliards / 100 000 = 30 millions de paysans littéralement sacrifiés sur l'hôtel de la coopération monétaire franco-africaine.
u Lorsque 65% des recettes d'exportations des pays africains sont stockés dans le Trésor public français, cela veut dire que les 2/3 des finances de l'Etat sont en exil, dans les mains de l'ex-colonisateur, chez l'occupant. Dans ce contexte, la France a tous les moyens pour mettre au pas les dirigeants présents et futurs qui contestent l'ordre totalitaire et néocolonial établi contre l'Afrique.
Ce taux de 65% vient d'être ramené à 50%, n'y a-t-il pas là une amélioration ?
Il ne s'agit pas de réformer le crime français , ni pour les Africains de choisir comment mourir sous la violence économique de la France contre le continent noir. Il s'agit plutôt ici d'anéantir totalement le mal que sème la France. Cette légère modification est un aveu d'échec. Il confirme l'escroquerie savamment organisée contre l'Afrique francophone. En effet, le prétexte selon lequel la France garantit encore le FCFA est fallacieux. Car après la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis d'Amérique possédaient 25% des stocks d'or du monde. Et ils se permettaient de convertir leurs dollars en or. Tous les épargnants du monde entier ont eu confiance et ont placé leurs avoirs en dollars dont le nombre a largement excédé le nombre des stocks d'or détenus par les Américains. Une crise de confiance s'est répandue partout et les mêmes épargnants se sont précipités devant leurs banques pour demander leurs remboursements en or en se débarrassant des dollars américains. Devant leur impossibilité d'honorer leurs engagements vis-à-vis de leurs créanciers détenant des dollars, le Président américain Richard Nixon a mis fin unilatéralement le 15 août 1971 la libre convertibilité du dollar en or.
Depuis ce jour, seul l'Etat qui émet sa monnaie en est le garant. En d'autres termes, c'est l'Etat qui donne force libératoire à la monnaie. C'est-à-dire que c'est l'Etat qui donne le pouvoir à un bout de papier pour être utilisé comme monnaie sur tout son territoire national. Exemple, après avoir acheté un plat d'alloco de 2 000 FCFA, l'étranger qui tend à la vendeuse ivoirienne des yuans (monnaie chinoise) ou des dollars ou des roupies (monnaie indienne) ou encore des euros, se verra refusé ce mode de paiement parce que la vendeuse analphabète ne connaît que les FCFA qui ont cours libératoire en Côte d'Ivoire. C'est encore l'Etat et rien que l'Etat qui peut démonétiser un billet de Banque comme cela a été le cas pour le Franc français remplacé par l'euro. Malgré ce constat, la France veut faire croire qu'elle garantie le FCFA. A l'évidence, nous sommes en face d'une escroquerie sans nom ! ! ! Parce que, répétons-le expressément, celui qui est habilité à garantir la monnaie d'un pays, c'est bien l'Etat et rien que l'Etat de ce pays.
Vous vous accordez donc avec ceux qui pensent que cette guerre est d'abord économique ?
Bien sûr ! Cette guerre est survenue parce que le pays essentiel qu'est la Côte d'Ivoire veut se redécoloniser. Et cette rédécolonisation est d'ordre économique. Or, l'économie a pour base la monnaie. Donc le simple fait qu'à l'époque, j'ai publié le livre le FCFA et l'euro contre l'Afrique, cela a forcément éveillé la conscience de tout le monde.
Bon nombre d'intellectuels de l'économie pensent que ce combat a pris des rides, dans la mesure où on est engagé dans la mondialisation.
On peut se permettre de spéculer. Cependant, il y a une réalité pour ce qui concerne le continent africain. L'Afrique est le continent le plus riche au monde. Mais les Africains sont les plus pauvres. Cette pauvreté s'explique essentiellement par le fait que les Africains n'ont pas la maîtrise de leur circuit bancaire au même titre que la Chine et les autres pays qui ont leur souveraineté monétaire au service du développement socio-économique. C'est-à-dire que les banques implantées en Afrique sont le plus souvent étrangères au tissu socio-économique africain. C'est-à-dire qu'elles ne prêtent pas significativement aux chefs d'entreprises africains. C'est pourquoi, l'économie nationale ne décolle pas contre toute attente. Si la Côte d'Ivoire bat sa propre monnaie, le FCFA va tomber. Les autres pays vont venir s'accrocher à la monnaie ivoirienne. Et à partir de là, une monnaie unique africaine verra le jour. Mais le plus important est de démarrer. Les pays européens ont commencé à six. Aujourd'hui, ils sont 25. Demain, ils seront 30. L'Afrique peut en arriver là.
Mais il faut un pays leader qui peut tirer tout le monde vers le haut. Et c'est la Côte d'Ivoire. Donc la Côte d'Ivoire n'a pas droit à la petitesse. Il ne faut pas que les Ivoiriens soient morts pour rien.
Le paradoxe, c'est qu'au moment où ce débat bat son plein, certains pays manifestent l'envie de rentrer dans cette zone. On a le cas de la Guinée-Bissau. Il doit certainement y avoir des avantages ?
Mais la Guinée-Bissau, dès son entrée dans la zone FCFA, a découvert la charge des 65% des recettes d'exportations à déposer aux comptes d'opérations de Paris. Son niveau de vie a baissé et son Président Vieira a été victime d'un coup d'Etat justifié par la misère populaire grandissante. Et c'est là que conduit ce refus d'être indépendant. Il ne faut pas que les Africains se complaisent dans la petitesse. Lorsqu'on confie nos capitaux immenses à la France, il y a nécessairement une infantilisation chronique de l'Africain. Et c'est le résultat du refus de la plupart des dirigeants africains d'écouter leurs intellectuels. Parce que quand vous êtes dans la zone FCFA, vous devez vous astreindre à une politique budgétaire très rigoureuse. Puisque vous devez mettre en place des politiques d'austérité très sévère pour dégager des excédents qui vont aller alimenter les comptes d'opérations de Paris. Les matières premières africaines ne sont pas bien payées. Mais le peu que gagne l'Afrique, au lieu de venir travailler avec, est encore stocker en France au lieu d'être utilisé dans le plan de développement global du pays. les Africains deviennent donc ce qu'on appelle des rentiers financiers qui se complaisent dans l'immobilisme et l'attentisme obscur. Ils sont à l'opposé des Chinois qui ont bouleversé et répudié le système économique et monétaire hérité de la colonisation. Ils ont mis en place un nouveau système économique plus performant, non calqué sur l'occident et qui leur permet aujourd'hui de nourrir décemment plus d'un milliard trois cent millions de personnes. Pourtant, la Côte d'Ivoire n'a que 16 millions de bouches à nourrir et elle s'essouffle déjà. Il y a donc une nécessité absolue de reconquérir la souveraineté monétaire confisquée par la France afin de libérer les énergies créatrices des richesses nationales et panafricaines.
L'autre manifestation économique sous la refondation c'est le foisonnement des banques nationales. Qu'en dites-vous ?
Ce qui est à craindre, le plus souvent, dans la perspective de l'indépendance monétaire, c'est la mauvaise gestion qui pourrait conduire à des catastrophes. En effet, on peut rappeler qu'au temps d'Houphouët-Boigny, l'initiative des banques nationales a échoué tout simplement parce qu'il y avait un déficit démocratique avec le règne du parti unique. Aujourd'hui, à l'ère du multipartisme, on peut dénoncer sans risquer sa vie, tous les abus dans la gestion des biens publics. Donc maintenant, il y a des chances que ces banques survivent parce qu'il y a au moins un début de démocratisation. D'ailleurs, c'est une nécessité.
Mais le Mali a eu la souveraineté monétaire et l'a aussitôt rejetée pour rejoindre la zone franc, comment l'expliquez-vous ?
Le Mali du Président Modibo Kéita avait bien fait de prendre sa souveraineté monétaire. Mais il a été très mal conseillé et a commis plusieurs erreurs dont les plus importantes sont ci-après:
u Les crédits bancaires n'ont pas été accordés aux chefs d'entreprises pour produire des biens et services. En revanche, ils ont été utilisés pour payer les fonctionnaires et faire fonctionner les administrations publiques qui ne produisent rien. Du coup, la demande des biens a été largement supérieure à l'offre. Il en est résulté une inflation galopante avec une perte de pouvoir d'achat considérable.
u Le Président Modibo Kéita a aussi tout nationalisé y compris tout le petit commerce de détail. Le secteur privé qui est le socle de la production des biens et services a été ainsi paralysé à tel point que l'offre des produits s'est drastiquement rétrécie sur le marché. Par conséquent, l'inflation s'est amplifiée davantage.
u Le Président en exercice Modibo Kéita, poussé par le communisme sentimental excessif, a jugé bon de fixer autoritairement très bas, le prix des produits agricoles. Les ruraux étant ruinés, ont déserté les campagnes pour venir s'agglomérer dans les villes où ils ont accru la demande. Au total, l'appareil de production a été ainsi paralysé. L'inflation s'est imposée à toute l'économie dont la déconfiture profonde a contraint les pays au retour dans la zone FCFA sans aucun espoir de réaliser un véritable développement socio-économique durable.
Les Africains sont potentiellement riches. Il leur suffit seulement de ne pas faire comme les Maliens. Il y a aujourd'hui des économistes brillants en Afrique capables de gérer avec efficacité, une monnaie nationale et même continentale. Donc le rejet de la souveraineté monétaire ne peut plus être justifié par le déficit des élites formées. La répudiation de l'indépendance monétaire serait assimilable à une grave injure lancée aux Africains.
Apparemment, la Côte d'Ivoire semble seule dans ce combat.
C'est tout à fait normal ! Parce que la France, en engageant ce combat, profite du sous-équipement mental de certains dirigeants africains qui se complaisent dans leur acceptation du déshonneur.
Faites-vous allusion au réseau des Présidents françafricains ?
Ça c'est connu. Je ne perdrai pas le temps là-dessus. Mais ce qu'il faut plutôt retenir, c'est que dans toute guerre de libération d'un peuple, il y a toujours eu des traîtres . Ceux-ci préfèrent de loin donner à leurs descendants comme héritage indélébile, le déshonneur et l'indignité consécutifs à la trahison de leur mission d'être humain respectable. Par ailleurs, quand on mène une lutte et qu'on n'a pas de difficultés, c'est que le but poursuivi n'est pas noble. Mais quand vous menez avec détermination un combat farouche et que partout surgissent des épines aussitôt arrachées, c'est que le but final poursuivi sera auréolé de la gloire éblouissante. La Côte d'Ivoire est une mère nourricière qui se bat le cur ruisselant de sang, d'amour pur pour nourrir ses enfants africains baignant encore dans l'inconscience et l'insouciance tragiques. Ces états de conscience sont savamment ourdis contre les peuples noirs destinés à être immolés à l'autel expiatoire de la construction de l'Europe.
Vous croyez que la Côte d'Ivoire a des chances de gagner ce combat ?
Elle n'a pas le choix. Soit elle gagne, soit elle disparaît.
A votre avis Pretoria nous conduit-il vers la paix ?
Oui, Parce que M. Thabo Mbeki est un rescapé de la néo-colonisation violente qu'est l'apartheid conçu par les Européens contre les Noirs sur le continent des Noirs. Et il sait que c'est cette néo-colonisation qui continue de tuer les Ivoiriens. Parce que, ce que beaucoup ignorent , c'est que les Etats-Unis d'Europe sont en train de se construire. C'est-à-dire que l'Union européenne est en train d'intégrer en son sein les pays pauvres de l'Europe de l'Est. La même Europe qui a maintenu toute l'Afrique noire dans l'esclavage et la colonisation pendant cinq siècles consécutifs sort activement de la Conférence de Yalta qui l'avait divisée : elle se 'déyaltalise ' avec célérité pour se retrouver, s'unir et fonder un seul vaste pays dont il faudra trouver quelque part sur la terre, la nourriture. Cet endroit plein de richesses convoitées par l'Europe en particulier et par les autres puissances conquérantes d'autre part, n'est ni l' Asie, ni l' Amérique, ni l' Australie. Mais c'est bien l'Afrique. C'est pourquoi ces néo-impérialistes se battent âprement entre eux par petits pays africains interposés qui sont le plus souvent inconscients de cet enjeu mondial dont ils sont les simples jouets et victimes ! C'est donc un problème de survie pour les futurs occupants issus du Nord . Dans les 20 prochaines années, le pétrole et certaines matières premières feront cruellement défaut sur le marché mondial avec l'augmentation de la consommation des nouveaux pays nouvellement industrialisés comme la Chine, l'Inde, le Brésil et tous les pays européens ex-communistes phagocytés par l' Union européenne .
Face à ce vaste mouvement de création des grands blocs socio-économiques, l'Afrique du Sud doit s'appuyer sur la RCI pour véritablement "déberliniser" et unir rapidement l'Afrique subsaharienne. Celle-ci pourra s'unir plus tard avec les pays du Magrheb.
Est-il opportun, dans l'état actuel de la crise, de prendre les mesures que vous préconisez ?
Oui, et cela pour plusieurs raisons ci-après :
1)- Le Président Gbagbo est au zénith de sa cote de popularité jamais réalisée par aucun des Présidents passés.
2)- Le soutien des pays membres de l'UEMOA à la RCI dans son combat de libération totale contre la France n'est pas visible, voire n'existe pas. Parce que chaque pays redoute en permanence les représailles de la France dominatrice et hégémonique.
3)- Le Président de la République Gbagbo n'a pas d'autre choix d'opportunités particulières ! Car il est à un stade où la France est obligée de le maintenir vivant à son poste, même s'il fait des réformes profondes révolutionnaires comme la création de La MIR. Cette attitude de sagesse est la meilleure garantie de la sécurité et la vie prospère des Français en RCI.
4)- La MIR , en mettant fin à la zone franc, sera salvatrice pour les Ivoiriens et aura des conséquences positives sur les autres peuples africains à la recherche d'un vrai leader politique au pouvoir soucieux de préserver leurs intérêts légitimes sur tous les plans !
5)- En politique, chaque minute qui passe équivaut à un jour qui s'écoule. Donc c'est ici et maintenant que la MIR doit voir le jour pour donner aux Ivoiriens les moyens financiers de révolutionner leur économie de façon spectaculaire à l'instar de la Chine. L'Ouest a actuellement peur de cette Chine qui inonde les marchés occidentaux de ses produits créés par ses prouesses économiques rendues possibles grâce à la maîtrise de ses banques et sa propre monnaie qu'est le Yuan.
6)- La nation de la Côte d'Ivoire est en train de se bâtir dans le sang sous l'autorité du Président Gbagbo. Celui-ci doit donc se fortifier et prendre courage pour inventer la MIR afin de marquer ainsi positivement à perpétuité, l'histoire du pays
7)-Pendant plus de 30 ans, le Président Gbagbo a cherché à avoir le pouvoir d'Etat pour changer en bien la vie de ses concitoyens. Il l'a obtenu par la voie des urnes grâce à Dieu. Mais l'ennemi sempiternel, toujours la même France, l'a empêché de réaliser son programme de gouvernement. Cependant, toujours fidèle à lui- même dans la fourniture de ses bénédictions à ses dévots, le même Dieu vient de redonner au Président Gbagbo tous les pouvoirs d'Etat pour mener en très peu de temps la révolution économique , sociale , politique et culturelle tant attendue de lui !
8)- Car, après cette guerre, les Ivoiriens doivent voir objectivement dans leur vie quotidienne un nouveau bien-être socio-économique durable. Ils doivent jouir amplement partout de l'expression de la liberté pour laquelle ils se sont battus à mort ; certains d'entre eux ayant même donné leur poitrine en holocauste pour sauver la Patrie en danger !
9)- C'est la prise de ces deux mesures - la MIR et l'obligation de transformer localement toutes les matières premières - qui grandira la Côte d'Ivoire et son Président Gbagbo.
10)- Tous les pays du Maghreb étaient dans la zone FCFA. A un moment donné de leur histoire, leurs dirigeants ont pris la décision de retirer leurs pays du FCFA. Ils n'en sont pas morts pour autant !
Le Maroc se porte très bien ! Il se porte nettement mieux que quand il était sous le joug monétaire français ! Les 15 pays de la zone Franc CFA vont tous quémander chez ces pays nord africains libérés du FCFA.
Le Nigeria bat sa monnaie : les 120 millions de Nigérians mangent très bien à leur faim ? A plus forte raison la Côte d'Ivoire qui a tous les atouts !
11)- Il n'existe aucun opposant sur le chemin juridique à suivre avant de créer la MIR. Parce que le Président de l'Assemblée nationale, M. Mamadou Koulibaly donnera son avis favorable au Président Gbagbo pour liquider le Franc CFA au plus vite. D'ailleurs, il ne rêve que la mort immédiate du Franc CfA.
12)- Par ailleurs, on a pris la main dans le sac des militaires français qui ont dévalisé à plusieurs reprises en RCI des banques de la BCEAO qu'ils sont censés surveiller. Or l'usine qui fabrique ou qui produit le Franc CFA se trouve en France, à Clermont-Ferrand, chez l'occupant français. Avec cette armature morale lacunaire présentée par la France , il est aisé de comprendre pourquoi les rebelles soutenus par Paris achètent en RCI ce dont ils ont besoin à prix d'or avec de nouveaux billets CFA dont la production et le contrôle échappent au gouvernement légal combattu. En d'autres termes, cela reviendrait à dire que ce sont les Ivoiriens qui financeraient en dernier ressort leurs propres bourreaux via la France qui produit les CFA à volonté dans le sens de ses intérêts légitimes ! Cette analyse est un argument supplémentaire pour s'astreindre à couper radicalement ce cordon ombilical monétaire entre la France et la RCI !Une telle décision courageuse obligera la France à enlever l'argent de sa propre proche pour payer ses mercenaires baptisés "les rebelles ivoiriens". Avec une telle charge financière qui s'alourdit chaque jour, la France chiraquienne sera bien obligée de mettre fin à la guerre.
13)-L'indépendance monétaire est l'arme la plus importante de la bataille politique. Par conséquent, le Président Gbagbo dans sa résistance contre la France est obligé de reconquérir l'étendard monétaire majestueux qui lui permettra de conduire son peuple massé derrière lui à la victoire totale.
En conclusion, c'est un miracle de Dieu qui permet au Président Gbagbo d'avoir le privilège exceptionnel d'user de l'article 48 pour pulvériser le Franc CFA et inventer la MIR génératrice de la révolution totale et de la victoire éclatante du peuple ivoirien tant sur lui-même que sur le néocolonialisme déshumanisant !
(suite et fin)
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