Togo: Les dernières danses de ventre du Monstre
Assurément, les démons africains que lon a bien aimé croire enterrés sont encore bien vivants. Ils continuent encore leurs danses de ventre dévoilant par pans entiers, telle une habile streep-teaser, les atrocités innommables résultant de leffet que leurs charmes opèrent avec volupté, sur la boulimie de pouvoir de nos dirigeants africains.
Je suis étonné, outré, choqué voire pétrifié de constater ce quun Faure EYADEMA ose se permettre encore aujourdhui au Togo. La réponse à une telle question est décidément un défi de taille pour toute personne analysant de manière objective lévolution de la situation politique dans le monde et plus particulièrement en Afrique. Un début de réponse peut sûrement être trouvé dans la grande passivité de la communauté internationale et surtout Africaine qui, dernièrement a imposé la reprise des élections dans un grand pays comme lUkraine malgré lopposition dune grande puissance comme la Russie. A nen pas douter et, à la lecture des commentaires de certains responsables politiques de la gauche française, la main de Monsieur Jacques CHIRAC est derrière non seulement le courage dun Faure EYADEMA prêt à arracher le pouvoir au mépris de toutes les règles constitutionnelles, dorganiser des élections de façade et de marcher sur le corps et le sang versé de centaines de ses concitoyens pour arriver à ce pouvoir ; mais aussi derrière le silence docile, complice et meurtrier des responsables politiques Ouest-Africains sur cette tuerie et cette dérive sans nom. Ce même silence, nous lavons déjà observé au précédent sommet de la francophonie à Ouagadougou sur les tueries de larmée française devant lHôtel Ivoire en Côte dIvoire dernièrement.
Nos dirigeants sont-ils donc si franchement révulsés à lidée de dénoncer (ne serait-ce) les manigances meurtrières et dévastatrices des gouvernants français campés plus que jamais sur la défense des Intérêts de leurs pré-carrés coloniaux? Où est passé le discours et la démarche salutaires et osés du Président WADE dans le cas de la dernière crise à Madagascar? Aux moments où ces pré-carrés sont fortement menacés par la volonté démancipation des jeunesses africaines, cette attitude de nos gouvernants africains est plus que jamais entrée dans une logique en déphasage consommé avec les intérêts des peuples africains et, toute démarche démancipation économique depuis longtemps entamée par la plupart des peuples sous domination coloniale au lendemain de la deuxième guerre mondiale.
Comment peut-on avec une telle attitude briguer un siège permanent au conseil de sécurité des nations unis - pour ce qui est notamment du Sénégal - ? Quand on nest pas prêt à dénoncer une tentative sanglante de «monarchisation» dune république sur parce que les intérêts français sont en jeux, serait-on alors plus tard en mesure de trouver le courage politique dapposer son veto contre des intérêts de cette même France pour défendre les intérêts des peuples africains en cas de besoin? Permettez mon scepticisme sur une telle question. Le Sénégal au Conseil de Sécurité des Nations Unis est un cadeau empoisonné aussi bien pour lui-même que pour lAfrique et surtout. Cette France comprend dailleurs fort bien lavantage quelle pourrait tirer de la nomination dun pays africain sous son joug comme membre permanent au Conseil de Sécurité ; ceci explique largement quelle pousse la candidature sénégalaise. Par ailleurs, si aujourdhui la France siège à cette instance, ceci nest du : ni à son poids économique qui est inférieur à celui dun état comme la Californie de ce cher Arnold SCHWARZINEDGER, ni à son poids démographique, ni à son action pendant la deuxième guerre mondiale car, elle a été balayée en un temps record comme la Pologne par les vagues nazis mais, elle doit son siège au conseil de sécurité à sa main mise sur lAfrique. Loctroie de deux sièges permanents au Conseil de Sécurité à lAfrique, en plus de signifier la reconnaissance, pour une première fois, dune existence politique propre à lAfrique, implique de manière directe la négation de cette main mise française sur lAfrique et, consacre de fait une bénédiction aux volontés démancipation politiques et économiques des jeunes Africains.
Il ne faut pas sy tromper, ce besoin démancipation est bel et bien une tendance lourde qui oppose entre dun côté, les jeunesses africaines en mal demploi, douvertures économiques et de liberté tout court et, de lautre côté la France et les dirigeants serviles, assoiffés de pouvoirs de nos pays, à sa solde, quelle a utilisés de connivence pour voler leurs indépendances factuelles aux africains aux moments où tous les pays du tiers mondes accédaient à leur intégrité. Ce même coup est en train de se rejouer avec ces deux sièges au Conseil de Sécurité des Nations Unis octroyés à lAfrique et que la France veut encore contrôler par dessous la main comme pour confirmer que lhistoire se répète toujours
La lutte qui se joue aujourdhui au Togo néchappe pas à cette tendance forte dont ne saurait faire léconomie lAfrique francophone si elle veut se libérer du joug français du moins tant que le régime du Président Jacques CHIRAC sera en place. Je reste convaincu que cette tendance est irréversible et devra aboutir à la libération de nos peuples et nos économies captifs même si pour cela il lui faudra comme au Togo mener deux guerre de libération : lune contre le régime en place, et lautre plus globale contre la main mise française omniprésente et dévastatrice dans nos pays. Mon soutien et ma solidarité sincère et complète à la jeunesse Togolaise qui y entrée de plein pied dans cette lutte. Noublions cependant pas quà la guillotine de ses intérêts économiques le Monstre a enchaîné tous nos états et que le bûcher ardent de la révolte réprimée risque dêtre notre seule porte dépanouissement. Les mirages que nous a servies cette « grande France » durant des siècles a perdu de son éclat et les danses de ventre du Monstre nont de charmes quauprès de ceux qui sabreuvent à la misère des leurs. La vague arrive: qui du Monstre et de nous sera meilleur surfer?
Guy Aris NDOUYE
gandouye@yahoo.fr