Trois questions à... Gilchrist Olympio
| INTERVIEW Trois questions à... Gilchrist Olympio Le Monde (France) | |||
Parce quil y a des étapes à franchir. Il faut réviser la liste électorale, sentendre avec lUnion européenne sur le financement de la campagne électorale, mettre en place une assistance technique... Cela prendra du temps et la date du 24 avril nous paraît difficile à tenir. Mais si les autres formations sont daccord, nous ne ferons pas obstacle et nous suivrons. Mais alors il faudra mettre les bouchées doubles. La Constitution vous interdit de vous porter personnellement candidat. Nous avons une Constitution qui date de 1992. Elle a été mise en place après la conférence nationale qui mettait fin au régime du parti unique. Des émeutes sanglantes avaient eu lieu lannée précédente. La Constitution de 1992 a été approuvée par près de 95 % de la population, donc par les partisans de lopposition. Mais en 2002, le régime Eyadéma sest arrangé pour disposer dun Parlement composé à 100 % des membres de son parti. Cest ce Parlement qui samuse à tripatouiller régulièrement la Constitution. Résultat, la Constitution actuelle na plus grand-chose à voir avec celle de 1992. Parmi les nouvelles clauses il y en a une en particulier qui stipule que pour pouvoir se présenter à la présidentielle il faut avoir résidé douze mois daffilée sur le territoire togolais. Voilà pourquoi je suis éliminé de la course. Comme le sont les 150 000 réfugiés togolais à létranger. Avec lensemble des partis de lopposition nous nous sommes mis daccord pour présenter un candidat unique. Il sera issu de notre parti, lUnion des forces de changement. Si je ne peux me présenter, ce sera un autre responsable de ma formation politique qui portera les couleurs de lopposition unie. Quattendez-vous de la France ? La position de la France, disons celle de Jacques Chirac, a été très ambiguë. Quand nous parlions dEyadéma despote, -Jacques- Chirac, lui, rendait hommage à celui qui avait été un "grand ami de la France" et un "ami personnel". Nous avons maintes fois essayé de faire comprendre aux officiels français que "lAfrique de papa" est morte. Il faut que la France soit au côté de lAfrique nouvelle, démocratique, qui est en train démerger au Ghana, au Sénégal, au Mali, demain au Togo. La France doit nous aider et ne pas ralentir ce mouvement. Propos recueillis par Jean-Pierre Tuquoi © Copyright Le Monde (France) - Visiter le site | |||
