Le Togo menacé de sanctions par la Cedeao, violences à Lomé

Publié le par Christian Bailly-Grandvaux

Le Togo menacé de sanctions par la Cedeao, violences à Lomé
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vendredi 11 février 2005 (Reuters - 16:55)
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par John Zodzi

KARA, Togo - Le Nigeria accuse le Togo de paralyser les efforts pour mettre fin à la crise constitutionnelle qu'il traverse et l'a menacé de sanctions.

Les premières violences sont apparues par ailleurs à Lomé depuis l'investiture à la présidence de Faure Gnassingbé, un des fils de l'ex-président Gnassingbé Eyadéma décédé samedi dernier. Les forces de sécurité ont tiré vendredi matin des grenades lacrymogènes pour disperser des centaines de personnes qui manifestaient dans le quartier de Bé, un bastion de l'opposition, contre l'accession de Gnassingbé au pouvoir.

Autre facteur de tension, les autorités togolaises ont refusé jeudi soir l'autorisation d'atterrir à un avion transportant une délégation nigériane, laquelle souhaitait informer directement les Togolais du rejet par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) de l'arrivée de Gnassingbé au pouvoir.

Les Nigérians ont réagi en termes vifs : "Les autorités togolaises font échouer les efforts de la Cedeao pour résoudre la crise dans le pays", a déclaré Remi Oyo, porte-parole d'Obasanjo.

Le ministre togolais de la Communication, Pitang Tchalla, a fait valoir que l'avion des Nigérians avait reçu des Togolais la consigne de se poser à Kara et non à Lomé, ce qu'il a refusé de faire. "Les Togolais sont surpris par les déclarations (des Nigérians). Il n'y a de notre part aucune mesure d'hostilité."

La Cedeao, qui a dénoncé un coup d'Etat dans l'accession de Gnassingbé au pouvoir, menace le Togo de sanctions s'il n'accède pas à ses demandes de retour à la "légalité constitutionnelle". D'ores et déjà, le Nigeria a rappelé son ambassadeur à Lomé et imposé des restrictions à la venue de responsables togolais sur son territoire.

LES RADIOS DANS LE COLLIMATEUR

Une réunion de chefs d'Etat de pays de la Cedeao s'est tenue vendredi à l'aéroport de Cotonou, au Bénin voisin. Etaient présents le Nigérian Olusegun Obasanjo et ses homologues du Mali, du Niger, du Ghana et du Bénin, de même que le président de la Commission de l'Union africaine, l'ancien président malien Alpha Oumar Konaré.

Etait aussi présent le président de l'Assemblée nationale togolaise, Fambare Ouattara Natchaba, qui se trouvait à l'étranger lors du décès d'Eyadéma et a été démis de ses fonctions par les militaires togolais car, en vertu de la Constitution, il était amené à assurer l'intérim en l'attente de nouvelles élections présidentielles.

Ces dirigeants d'Afrique de l'Ouest devaient rencontrer dans la journée de vendredi Faure Gnassingbé à Kara, fief de son défunt père dans le nord du Togo. Gnassingbé s'est rendu dans cette ville accompagné de ministres, de généraux et du président de la Cour constitutionnelle pour accueillir la délégation de haut rang de la Cedeao, dont Obasanjo ne devrait pas faire partie.

Reporters sans frontières (RSF) et Amnesty International ont déclaré vendredi s'inquiéter des tensions au Togo autour des médias, depuis la mort d'Eyadéma. "La tension grandissante entre les autorités togolaises et les médias nous inquiète", a déclaré RSF dans un communiqué. Amnesty International parle d'"intimidations" visant certaines stations de radio. L'une d'elles, Radio Lumière, a été fermée jeudi pour "incitation à la haine et à la violence".

Après le relatif échec des journées "ville morte" à Lomé, les trois principaux partis de l'opposition ont appelé à une marche pacifique samedi dans la capitale togolaise.

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