LA FRANCE A DES PROBLEMES AVEC LES ETRANGERS,

Publié le par C.C.D.B.

COMITE CULTUREL POUR LA DEMOCRATIE AU BENIN (C.C.D.B.)

Section française de l’ODHP-Bénin

 

LA FRANCE A DES PROBLEMES AVEC LES ETRANGERS,

NOTAMMENT AFRICAINS

 

 

Les incendies meurtriers qui ont endeuillé la communauté africaine de France cet été à Paris, ont levé un coin du voile sur les conditions inhumaines qui sont faites aux pauvres, aux étrangers en général et plus particulièrement aux Africains. La grande majorité des familles endeuillées travaillent, payent un loyer et des impôts et attendent des réponses à leurs demandes de logements décents depuis des années.

Victimes de discriminations de toutes sortes (racisme, emplois, logements), ils doivent affronter la xénophobie des pouvoirs publics français qui se servent des immigrés comme boucs émissaires pour camoufler leurs échecs en matière de politique sociale. L’Etat encourage la spéculation immobilière entraînant la flambée des loyers et la pénurie de logements sociaux. Les gagne-petit se retrouvent sans logis et livrés aux marchands de sommeil qui les entassent dans des logements insalubres contre des loyers souvent supérieurs aux loyers des HLM.

 

Face à cette situation dramatique qui engage la responsabilité de l’Etat, Le gouvernement français, par la voix de son Ministre de l’Intérieur, se livre à une exploitation démagogique honteuse et indigne,visant à rejeter la responsabilité sur les victimes. Surfant sur les vagues de la xénophobie et du racisme ambiant, Sarkozy organise des rafles dans les quartiers à forte concentration d’immigrés (plus de 150 personnes ont été raflées en région parisienne ces trois derniers mois) et multiplie les expulsions

.

Dans ce contexte, on ne peut s’empêcher de se poser des questions sur l’origine des incendies de cet été qui ont visé principalement des immigrés d’Afrique Noire. Doit-on y voir la main des milieux racistes et xénophobes qui ne cachent pas leur haine pour cette communauté et dont les discours sont relayés par les gouvernants ? Les lobbies de la spéculation immobilière y seraient-ils pour quelque chose ?

 

Les discriminations à l’emploi et au logement ne sont pas les seules sources de difficultés d’existence des immigrés en France. L’administration y apporte sa contribution. Il n’est qu’à voir les conditions humiliantes et les tracasseries qui jalonnent le parcours des candidats à l’obtention ou au renouvellement des titres de séjour. Quant aux « Sans-papiers », ils sont réduits à se terrer pour échapper aux rafles et aux expulsions sauvages et inhumaines.

Vivre en France aujourd’hui n’est pas une sinécure.

 

Autant les gouvernants font tout pour dégoûter les résidents ordinaires, autant ils multiplient les obstacles pour dissuader les candidats à l’émigration vers la France. Pour ces derniers, obtenir un visa d’entrée en France rappelle le parcours du candidat au renouvellement de la carte de séjour. On retrouve devant les Consulats de France le même spectacle que devant les Préfectures en France. Les gens passent des nuits sur place pour espérer être parmi les premiers. Quand les fonctionnaires du Consulat arrivent pour prélever leur quota du jour, ils ne prennent pas toujours les premiers mais plutôt les « recommandés » d’abord. La sélection a engendré des réseaux parallèles faits de gens hauts placés dans les administrations locales ayant leurs entrées à l’Ambassade ou au Consulat de France et des filières clandestines « d’achat de visas » impliquant des fonctionnaires des Consulats.

Des conditions financières de plus en plus dures sont officiellement imposées pour écarter les pauvres. Viennent ensuite les prix prohibitifs des billets d’avion. Les liaisons aériennes France -Afrique -France sont des plus chères au monde, surtout depuis les liquidations d’Air Afrique et le monopole de fait d’Air France.

 

Ceux qui arrivent malgré tout à franchir les différents obstacles ne sont pas pour autant au bout de leur peine car ils risquent encore le refoulement aux frontières au terme de leur voyage.

Quant à ceux qui ne peuvent pas emprunter les filières officielles, ils sont la proie des réseaux des passeurs clandestins plus ou moins mafieux. Les événements dramatiques qui se passent entre le Maroc et les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla où polices marocaine et espagnole se donnent la main pour traquer les candidats à l’émigration vers l’Europe en sont une triste illustration.

 

Ainsi, tout est mis en place par les pouvoirs publics français et européens pour une « Immigration choisie ». Et surtout pas de pauvres ; une autre version du pillage de l’Afrique par le biais de sa matière grise.

 

Face à ces drames, on notera le silence complice des gouvernements africains et de leurs représentations diplomatiques en France. Il est vrai que l’esclave n’a pas droit à la parole devant son maître, à moins, de se résoudre à emprunter la voie de l’émancipation.

 

Face à cette situation, Le CCDB

dénonce le cynisme des pouvoirs publics français ainsi que le silence coupable et complice des gouvernants africains incapables des défendre les droits fondamentaux de leurs peuples.

Réaffirme sa solidarité avec toutes les victimes

Appelle ses militants à se mobiliser et à participer à toute action utile aux côtés des organisations de démocrates et progressistes français et autres qui luttent contre toutes les formes de discriminations et d’atteintes aux droits de l’Homme.

 

Paris le 12 Octobre 2005

La Direction du CCDB

Publicité

Publié dans Messages divers

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article