Désinformation et intoxication comme outil de combat - Paris Match se ridiculise davantage

Publié le par Pierre Legrand

Le Magazine Paris Match, qui excelle dans la désinformation et l'intoxication sur la situation en Côte d'Ivoire, vient encore de se ridiculiser

''L'excellent Achille Webo, aurait, au contraire, involontairement contrarié, ce dimanche-là, une de ces manipulations machiavéliques. Baptisée ''double victoire'', elle visait à utiliser l'euphorie des supporters ivoiriens en cas de succès des Eléphants. On prévoyait de les convoyer par bus entiers, le soir même, encadrés par les milices, vers les troupes onusiennes et les Français de la Force Licorne protégeant la ligne de démarcation, entre belligérants du Nord et du Sud. Bénéfice escompté de cette provocation : un possible bain de sang et une nouvelle accusation de la ''traîtrise française'', prélude à ''l'offensive finale'' tant redoutée par la communauté des expatriés''. C'est par cette désinformation grossière que le Magazine Paris Match, a décidé de refaire surface, dans le débat sur la crise ivoirienne. Pour qui connaît la Côte d'Ivoire et qui fait une analyse lucide de l'article du confrère, le mensonge saute à l'œil nu. Les distances qui séparent les lignes de front d'Abidjan et l'organisation de l'opération dont il parle, en sont des éléments importants. La première ligne de front entre Bouaké et Abidjan est à Tiébissou. Or, cette ville est à plus de 300 km de la capitale économique. Pour y arriver, il faut un peu plus de 5 heures de voyage. Le match entre la Côte d'Ivoire et le Cameroun ayant pris fin aux alentours de 19h, quel temps aurait-on eu pour organiser les combattants aux fins d'une telle expédition ? Y avait-il déjà des bus pré positionnés ? L'auteur ne le dit pas et n'indique pas le lieu. Ce que l'on sait, c'est que les dispositions particulières de sécurité mises en place, étaient telles que les véhicules des particuliers et même les bus n'avaient pas accès aux environs du stade Houphouët-Boigny. Partout, des forces de l'ordre étaient disposées pour fouiller chaque supporter. Avec quelle arme allaient-ils attaquer les forces onusiennes et françaises ? Surtout que l'opération telle que décrite par Paris Match allait se dérouler dans la nuit profonde. Pour ce qui est de la zone de l'ouest, la ligne de dénonciation se trouve à Bangolo, ville située à plus 500 km d'Abidjan. Avec un car régulier ou quel que soit le moyen de transport, il faut au moins 6h ou 7h pour la relier. Le match Côte d'Ivoire-Cameroun terminé vers 19h, là aussi quel temps aurait-on eu pour organiser les supporters et les embarquer pour une telle opération ? autant de questions. L'absurdité de la thèse de P.M réside dans l'attaque contre les forces impartiales. A ce que l'on sache, la Côte d'Ivoire ne mène pas une guerre contre ces Forces qui sont venues l'aider. Au cas où elle voudrait le faire, pourquoi ne pas les attaquer à partir d'Abidjan ? Si la Côte d'Ivoire veut rééditer “l'opération dignité,” c'est avec une logistique militaire conséquente et non avec des supporters amassés dans des cars, les mains nues, qu'elle lancerait une offensive contre des soldats onusiens et français équipés en matériels de guerre.
Intoxication sur l'idée de la transition
''Faute d'avoir organisé à temps l'élection présidentielle, Laurent Gbagbo prend prétexte de la nécessité d'une transition pourtant rejetée par ses adversaires''
voici une autre incongruité qui montre que l'auteur de l'article et ses patrons sont loin de la réalité sur la situation qui prévaut réellement en Côte d'Ivoire. Gbagbo n'est pas l'auteur de l'idée sur la transition politique. Et il y a des faits qui le prouvent. '' Peu importe la date. Si les techniciens estiment qu'on peut la repousser, ça ne me gêne pas. Mais cette élection, qu'on ne s'y trompe pas, aura bel et bien lieu. Parce que moi, je veux aller à cette élection qui constitue la meilleure voie de sortie de crise. Et sachez que mon mandat, selon la constitution, prend fin le jour où le nouveau Président élu prête serment'', ne cesse-t-il de dire dans tous ses discours. A quel forum ou dans quel média P. M a-t-il entendu l'idée de transition de la bouche de Gbagbo? Le Président Mbeki, qui ne tarit pas d'éloge vis-à-vis de Gbagbo pour les concessions qu'il a faites, n'a jamais également fait cas de cette idée de transition. '' Entraîner la Côte d'Ivoire vers une transition politique, c'est créer le chaos'', avait-il répondu aux tenants de la thèse de la transition. La communauté internationale lui en a emboîté le pas en insistant sur la nécessité des élections. '' Il est temps maintenant d'aller aux élections'' déclarait tout récemment Antonio Monteiro, représentant spécial de Kofi Annan en Côte d'Ivoire. Il a même ajouté que tous les Accords signés ont pour seul objectif d'aller aux élections. La seule condition, il faut que les terroristes désarment. En tout cas, Paris Match dans son attitude n'étonne personne. N'est-il pas le seul journal au monde qui a vu Laurent Gbagbo dans le gouvernement d'Alassane Ouattara de 1990 à 1993 ? N'est-il pas le seul organe au monde qui a affirmé que le cacao et le café sont cultivés dans le Nord de la Côte d'Ivoire ? Pour mémoire, rappelons que cette officine de propagande impérialiste a déjà perdu des procès contre le Président Gbagbo pour diffamation.

Pierre Legrand
Note du MEDDA: Il est étonnant que ce journal trouve encore des lecteurs.
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Publié dans Le role des médias

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