La jeunesse redonne espoir à l’Afrique

Publié le par Christian Bailly-Grandvaux

La jeunesse redonne espoir à l’Afrique
Société

Cet adage renvoie au fait que la calvitie, synonyme de sagesse dans l’Afrique de nos ancêtres se pose sur la tête des jeunes prédisposés à la sagesse plutôt que sur la tête de vieillards qui ne la mérite pas. C’est aussi l’expression du poids des responsabilités de ces jeunes qui désormais portent la calvitie. L’adage et son explication retrouvent toute leur pertinence dans le rendez-vous des jeunes africains les 18 et 19 décembre à Abidjan : le 2e sommet des leaders de mouvement et association de jeunesse d’Afrique. Un rendez-vous pris par une structure de jeunesse, le Congrès panafricain des jeunes patriotes (COJEP). Un rendez-vous voulu par un jeune, Charles Blé Goudé. Un deuxième rendez-vous après celui de 2002. Sommet de jeunesse initié par des jeunes. Ici, commence la responsabilité. Elle débute dans l’initiative. Dès lors, elle se différencie des rencontres convoquées par des vieux dont l’objectif est de chercher à caporaliser cette jeunesse ; à la confiner dans un rôle de propagandiste à la solde d’un individu.

A ce genre de rencontres on assiste à une foire d’éloges. Eloges creux où l’on ne voit aucune idée noble débouchant sur des chantiers concrets pour le continent africain. Au sommet du COJEP, la réflexion profonde prend toute la place. Réflexion autour d’une problématique majeure: “Quel type de relations entre les Etats africains et les ex-puissances coloniales, relation de partenariat ou de recolonisation?” Les pays africains sont-ils souverains ? a quoi répond la présence des troupes françaises sur le continent? et ce franc CFA, mérite-il encore d’exister quand on sait que le franc français lui-même n’existe plus ? pourquoi une armée étrangère tue des enfants d’un pays africain et les autres chefs d’Etat africain applaudissent ? sont-ils des chefs pour les peuples ou des chefs représentant les pouvoirs du Nord C’est la réponse donnée à chacune de ces questions qui montrera qu’effectivement , la calvitie ne pouvait que se poser sur ces jeunes. Les réponses? Elles sont contenues dans les actes du sommet. Le départ des troupes françaises du continent.

Leur départ est d’autant plus nécessaire que non seulement la France ne fait que jouer les accords de défense quand il le faut mais aussi et surtout les soldats français se transforment en bourreaux des populations des pays qui les accueillent comme c’est le cas en Côte d’Ivoire depuis le début de la crise en septembre 2002. Ces soldats doivent partir parce qu’ils protègent les rebelles dont l’objectif de prise du pouvoir par les armes est contraire à la démocratie et source de retard du continent sur la voie du développement. Il faut mettre fin à la parité du franc CFA au franc français qui n’existe plus. Pour Christian Bailly-Grandvau, “le franc CFA est une ineptie”.

Selon le président du Mouvement pour la défense de la démocratie en Afrique (MEDDA), le franc CFA est “un système qui paupérise volontairement l’Afrique“. Pour Abib Touré, jeune sénégalais vivant au Canada, la France spolie l’Afrique avec cette monnaie qui n’est pas fluctuante. Rien qu’en s’arrêtant à ces deux exigences, l’observateur se rend tout de suite compte de la responsabilité des jeunes, responsabilité que fuient beaucoup de leurs aînés. Cette attitude permet de répondre à une autre question relative à la souveraineté: Nos Etats dépendent encore des pays occidentaux. nos chefs d’Etat dont la plupart sont installés au pouvoir par les dirigeants des ex-puissances coloniales contre le gré des peuples africains ne font que le jeu de leurs maîtres. Illustration récente : 6 chefs d’Etat africain se réunissent à Abuja et décident de soutenir la France contre la Côte d’Ivoire. Ils n’ont aucun mot de compassion pour les jeunes ivoiriens massacrés par les soldats français. La calvitie ne saurait donc se poser sur la tête de ces vieillards. Elle s’est posée sur la tête de Charles Blé Goudé de Côte d’Ivoire, d’Abib Touré du Sénégal, de Issouf Kabré du Burkina Faso, de Katana Bukua de la RDC, de Sanea K. Roger du Togo, etc.

Mais ils ne désespèrent pas de tous les aînés car, parmi eux, il existe encore certains comme Tabo Mbeki,Laurent Gbagbo et Mouamar Kadhafi. Pour ces jeunes, Laurent Gbagbo, par son courage et sa résistance contre les fossoyeurs de l’Afrique, rappelle Thomas Sankara, Kouamé N’kruma, Patrice Lumumba. L’un des fils de ce dernier, Guy Patrice Lumumba, était d’ailleurs présent à l’ouverture du sommet. Les leaders de jeunesse d’Afrique ont choisi de suivre les traces de ces héros du combat pour la dignité de l’Afrique ainsi que, en lieu et place de trahison des aînés, ils ont opté pour la solidarité, la légendaire solidarité africaine. “Entre une France qui tue mes frères et la Côte d’Ivoire, terre de mes frères, il n’y a pas à transiger, je soutiens la Côte d’Ivoire”, souligne Habib Touré. Comme lui, tous les jeunes venus de 12 pays d’Afrique pour participer à ce sommet disent avoir ressenti le comportement de l’armée française en Côte d’Ivoire les 6, 7, 8 et 9 novembre comme une flèche dans le cœur de l’Afrique. Et les peuples africains ne peuvent que ressentir du dédain pour ces négriers des temps modernes. ça, c’est synonyme d’un espoir pour l’Afrique de demain. Espoir déclenché par Charles Blé Goudé et les jeunes de Côte d’Ivoire. Espoir que veut consolider d’autres jeunes d’Afrique. La calvitie a eu raison de se poser sur les têtes juvéniles.

Dan Opéli

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Publié dans Messages divers

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