Il y a des signes inquiétants de part et dautre - Mme ALLIOT-MARIE
Fraternité Matin - 9/2/2005 9:35:42 PM
Après le Conseil de sécurité, les autorités françaises multiplient les déclarations des plus rassurantes aux plus alarmistes.
Le pays est toujours divisé en deux, au Nord, les rebelles, au Sud, les forces gouvernementales, et entre les deux, il y a six mille Casques bleus et environ 4 000 soldats français de l’opération Licorne. L’Afrique du Sud, je le rappelle, a tenté une médiation qui devrait notamment aboutir à l’organisation d’élection le 30 octobre. Les forces rebelles du Nord viennent de faire savoir qu’elles n’acceptaient pas cette médiation sud africaine. Alors, les tentatives de paix se succèdent, ça n’aboutit pas. Vous n’avez pas l’impression que finalement toutes les parties veulent en découdre militairement mais ne le disent pas officiellement ?
Je dirais ici aussi, il y a peut-être un certain parallèle à faire avec le Kosovo. Sauf que c’est plus loin; mais ça nous intéresse aussi, parce que la Côte d’Ivoire est un pays avec lequel nous avons toujours beaucoup de liens. Là aussi, nous avons une majorité, une très grande majorité de la population qui aspire au calme, qui aspire à la sécurité, qui aspire à pouvoir revivre normalement. Et puis, vous avez des extrémistes d’un côté et de l’autre, je le précise, qui, eux, ne veulent pas entendre parler de ça. Et il est évident que sur fond de rivalité, voire de haine ethnique, on voit un certain nombre de gens qui font penser qu’il ne reste qu’une chose effectivement, c’est de pouvoir reprendre les armes.
Vous croyez en les déclarations du Président Gbagbo ?
Nous savons qu’il y a un certain nombre de déclarations du Président Gbagbo qui a suivi effectivement certaines recommandations de la médiation du Président Thabo Mbeki de façon à aller vers ce qui peut être une échéance de réconciliation si les choses se passent dans des conditions démocratiques, c’est-à-dire vers l’élection présidentielle.
Madame, on ne peut pas l’organiser, cette élection présidentielle…
Aujourd’hui, il faut dire d’une part que la présence des Casques bleus et la présence française en soutien de l’ONUCI est indispensable; sinon il y aurait, nous voyons bien par de petits accrochages, de nouveau des affrontements et de nouveau des massacres. D’autre part, il faut que la communauté internationale fasse une très forte pression sur les deux parties, pour que les conditions de cette élection soient remplies. Alors il y a le dépôt du rapport qui vient d’être fait devant le Conseil de sécurité par l’Afrique du Sud qui va permettre de juger de la situation et ensuite effectivement, on verra à ce moment-là à quel moment les élections seront possibles dans des conditions qui soient des conditions permettant leur reconnaissance par tous. C’est vrai que nous avons des signes qui sont, de part et d’autre, inquiétants, notamment parce que le désarmement n’a pas été fait, or…
De part et d’autre…
De part et d’autre absolument. Il y a des milice; ces milices, pour certaines, ont été regroupées. Elles sont soi-disant démobilisées, mais ce que nous constatons est que les armes n’ont pas été rendues, et c’est quelque chose d’inquiétant.
Alors, vous aviez dit que les forces françaises de l’opération Licorne resteraient sur place, en tout cas jusqu’aux élections. Ces élections vont être reportées d’un mois, trois mois, un an, on reste sur place?
C’est la communauté internationale qui en décidera. Je vous rappelle qu’aujourd’hui, nous sommes présents parce qu’il y a une résolution de l’ONU nous demandant d’être présents pour soutenir les forces de l’ONUCI, c’est-à-dire les forces multinationales des Casques bleus qui sont là ; et qui a demandé expressément que nous soyons là. Sinon beaucoup de pays n’auraient pas accepter, n’accepteraient pas de rester dedans. Pour l’instant, ce mandat va jusqu’au 6 janvier et c’est à partir de ce moment-là qu’il y aura une nouvelle résolution qui décidera, et bien entendu, nous nous en tiendrons à cette résolution.
Qu’est-ce qui rend un peu inexplicable ce conflit de la Côte d’Ivoire ? Ça dure, ça dure…
Nous avons en Côte d’Ivoire un conflit qui montre une remontée des phénomènes ethniques en Côte d’Ivoire mais également dans l’ensemble de l’Afrique; et je crois que c’est là une grande préoccupation. Le Président Félix Houphouet-Boigny avait réussi à instaurer l’idée de l’Etat dans l’ensemble de la population, c’est-à-dire de quelque chose qui permet à tout le monde de vivre ensemble. Il est évident que le terme de l’ivoirité qui est ensuite survenu a commencé à tendre les relations entre les populations vivant en Côte d’Ivoire. Et maintenant, c’est vrai que nous voyons très souvent des affrontements qui ont des caractères ethniques au sein même de la Côte d’Ivoire.
Propos recueillis sur RFI
par PASCAL SORO
Le pays est toujours divisé en deux, au Nord, les rebelles, au Sud, les forces gouvernementales, et entre les deux, il y a six mille Casques bleus et environ 4 000 soldats français de l’opération Licorne. L’Afrique du Sud, je le rappelle, a tenté une médiation qui devrait notamment aboutir à l’organisation d’élection le 30 octobre. Les forces rebelles du Nord viennent de faire savoir qu’elles n’acceptaient pas cette médiation sud africaine. Alors, les tentatives de paix se succèdent, ça n’aboutit pas. Vous n’avez pas l’impression que finalement toutes les parties veulent en découdre militairement mais ne le disent pas officiellement ?
Je dirais ici aussi, il y a peut-être un certain parallèle à faire avec le Kosovo. Sauf que c’est plus loin; mais ça nous intéresse aussi, parce que la Côte d’Ivoire est un pays avec lequel nous avons toujours beaucoup de liens. Là aussi, nous avons une majorité, une très grande majorité de la population qui aspire au calme, qui aspire à la sécurité, qui aspire à pouvoir revivre normalement. Et puis, vous avez des extrémistes d’un côté et de l’autre, je le précise, qui, eux, ne veulent pas entendre parler de ça. Et il est évident que sur fond de rivalité, voire de haine ethnique, on voit un certain nombre de gens qui font penser qu’il ne reste qu’une chose effectivement, c’est de pouvoir reprendre les armes.
Vous croyez en les déclarations du Président Gbagbo ?
Nous savons qu’il y a un certain nombre de déclarations du Président Gbagbo qui a suivi effectivement certaines recommandations de la médiation du Président Thabo Mbeki de façon à aller vers ce qui peut être une échéance de réconciliation si les choses se passent dans des conditions démocratiques, c’est-à-dire vers l’élection présidentielle.
Madame, on ne peut pas l’organiser, cette élection présidentielle…
Aujourd’hui, il faut dire d’une part que la présence des Casques bleus et la présence française en soutien de l’ONUCI est indispensable; sinon il y aurait, nous voyons bien par de petits accrochages, de nouveau des affrontements et de nouveau des massacres. D’autre part, il faut que la communauté internationale fasse une très forte pression sur les deux parties, pour que les conditions de cette élection soient remplies. Alors il y a le dépôt du rapport qui vient d’être fait devant le Conseil de sécurité par l’Afrique du Sud qui va permettre de juger de la situation et ensuite effectivement, on verra à ce moment-là à quel moment les élections seront possibles dans des conditions qui soient des conditions permettant leur reconnaissance par tous. C’est vrai que nous avons des signes qui sont, de part et d’autre, inquiétants, notamment parce que le désarmement n’a pas été fait, or…
De part et d’autre…
De part et d’autre absolument. Il y a des milice; ces milices, pour certaines, ont été regroupées. Elles sont soi-disant démobilisées, mais ce que nous constatons est que les armes n’ont pas été rendues, et c’est quelque chose d’inquiétant.
Alors, vous aviez dit que les forces françaises de l’opération Licorne resteraient sur place, en tout cas jusqu’aux élections. Ces élections vont être reportées d’un mois, trois mois, un an, on reste sur place?
C’est la communauté internationale qui en décidera. Je vous rappelle qu’aujourd’hui, nous sommes présents parce qu’il y a une résolution de l’ONU nous demandant d’être présents pour soutenir les forces de l’ONUCI, c’est-à-dire les forces multinationales des Casques bleus qui sont là ; et qui a demandé expressément que nous soyons là. Sinon beaucoup de pays n’auraient pas accepter, n’accepteraient pas de rester dedans. Pour l’instant, ce mandat va jusqu’au 6 janvier et c’est à partir de ce moment-là qu’il y aura une nouvelle résolution qui décidera, et bien entendu, nous nous en tiendrons à cette résolution.
Qu’est-ce qui rend un peu inexplicable ce conflit de la Côte d’Ivoire ? Ça dure, ça dure…
Nous avons en Côte d’Ivoire un conflit qui montre une remontée des phénomènes ethniques en Côte d’Ivoire mais également dans l’ensemble de l’Afrique; et je crois que c’est là une grande préoccupation. Le Président Félix Houphouet-Boigny avait réussi à instaurer l’idée de l’Etat dans l’ensemble de la population, c’est-à-dire de quelque chose qui permet à tout le monde de vivre ensemble. Il est évident que le terme de l’ivoirité qui est ensuite survenu a commencé à tendre les relations entre les populations vivant en Côte d’Ivoire. Et maintenant, c’est vrai que nous voyons très souvent des affrontements qui ont des caractères ethniques au sein même de la Côte d’Ivoire.
Propos recueillis sur RFI
par PASCAL SORO
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