Réunion publique sur les relations Franco-Ivoiriennes
Réunion publique sur les relations Franco-Ivoiriennes
Les participants de la réunion publique du 26 novembre à Toulouse déplorent la grave crise actuelle des relations franco-ivoiriennes, qui fait suite à deux années de guerre civile en Côte dIvoire. Ils sétonnent que ces événements aient été gérés à la seule discrétion du président de la République et que leur forte médiatisation ne soit pas accompagnée dun débat contradictoire dans la classe politique et lopinion publique, seul à même de maîtriser les véritables enjeux de la situation.
Ils sétonnent également que le dixième sommet de la Francophonie (Ouagadougou, 21 au 28 novembre 2004) qui est à vocation culturelle et dont le thème officiel cette année est le développement durable, donne lieu à une attaque en règle contre le régime démocratiquement élu de Côte dIvoire.
Par conséquent, ils demandent :
· Quune mission denquête parlementaire fasse la lumière sur les responsabilités des différentes parties en présence et quun contrôle parlementaire soit effectué désormais de la gestion de la Coopération franco-africaine dans son ensemble ; · Que les enjeux de la Francophonie soient clarifiés et que sa vocation culturelle soit promue en France en particulier à lEcole au même titre que lUnion Européenne ; et ceci dans la perspective dun dialogue plus authentique entre les peuples et leurs cultures.
« Plus que jamais, cest une solution politique qui doit simposer à la crise ivoirienne provoquée, en septembre 2002, par la tentative de coup dEtat contre le président élu Laurent Gbagbo, chef légitime de lEtat ivoirien. La France, lONU et bien sûr lUnion Africaine doivent tout mettre en oeuvre pour obtenir de lensemble des parties ivoiriennes, tant les autorités gouvernementales que lopposition et les anciennes forces de la rebellion regroupées dans le G7 que soit poursuivi et accéléré le processus des réformes politiques conformément aux accords dAccra signés en juillet dernier. Le désarmement des Forces Rebelles, également inclus dans ces accords est plus que jamais le préalable indispensable au rétablissement de lunité du territoire ivoirien, condition essentielle dun déroulement des élections générales prévues à la fiin 2005. Le PS considère que cet épisode douloureux dans la relation entre la France et la Côte dIvoire fait obligation au gouvernement de redéfinir sa politique africaine. Il conviendrait de le faire dans le cadre dun débat parlementaire. »
« Une initiative souveraine des Etats africains au sein de lUA en direction de lONU (...) serait souhaitable pour édifier lopinion publique internationale sur la situation qui prévaut en Côte dIvoire. Il est plus que nécessaire de préconiser le démantèlement des forces rebelles pour les intégrer dans les FANCI dans le cadre dune réunification politique du pays, le retrait des forces françaises de ce pays et soutenir leffort de reconstruction de la Côte dIvoire. »
« Le PCF propose une réunion de toute urgence de lAssemblée nationale afin que les représentants du peuple soient saisis de la situation et, pour évaluer cette situation, lenvoi dune mission parlementaire sur place. Il convient de clarifier le sens de la présence française en Côte dIvoire. Force est de constater quelle demeure en partie vécue comme une perpétuation du fait colonial. La France est désormais devenue un des éléments du conflit. Cest pourquoi les cadres de sa présence doivent être rediscutés dans lurgence. Cela ne peut se faire sans le soutien des organisations africaines, notamment de lUnion africaine, et de lONU. En tout état de cause, lintervention internationale en Côte dIvoire doit être beaucoup plus multilatérale. Et bien sûr, lexigence est de déboucher rapidement sur une issue politique permettant le retrait de toutes les forces extérieures présentes. »
« Les Verts regrettent que le passé colonial puis néocolonial de la France en Côte dIvoire entache inévitablement la crédibilité de son action dinterposition sur le terrain, où le souci déviter un nouveau Rwanda semble le disputer à la volonté de maintenir son emprise politique et économique sur le pays phare du pré carré. La réappropriation par le Parlement français de la politique ivoirienne de la France serait de nature à diminuer de tels soupçons. »
« Le Partit Occitan demande le rappel dans lhexagone des troupes intallées en Afrique. Pour la Côte dIvoire, les troupes françaises exerçant ou non un mandat de lONU doivent être remplacées par des troupes africaines ou dautres pays, sans liaison avec lEtat ou les entreprises françaises. La politique néo-coloniale de la France qui du Rwanda à la Côte dIvoire a fait la preuve de sa nocivité doit être abandonnée. La France doit renoncer à des rêves de grande puissance quelle ne peut plus assurer et laisser les peuples dAfrique décider eux-mêmes de leur avenir. »
« LAfrica e los Africans an dèsser respectats dins lor dignitat. LAfrica deu pas mai èsser violada e raubada per un Nòrd arrogant e predator. Lo Partit Occitan, partidari duna solidaritat amb lo Sud dins un respecte mutual, condamna sense resèrva lintervencion militària francesa en Còsta dIvòri e demanda la retirada de las tropas francesas ara per ara estacionadas en Africa. dautre latz, demanda a lOrganisacion de las Nacions Unidas, garanta dels dreches dels pòbles a dispausar de se, de se sasir daqueste dorsièr. »
"Qui ne dit mot consent ! La responsabilité du peuple français et sa politique est engagée. Demandons ensemble 1- la résolution du drame ivoirien sous légide de lUnion Africaine et de lONU 2- des commissions denquête parlementaire française et européenne concernant les relations franco-ivoiriennes et dune manière générale le contrôle par le Parlement de la politique de Coopération et le la gestion des DOM-TOM 3- le renforcement de la législation en appui à la justice qui instruit les affaires de corruption de la Françafrique (affaire ELF...) 4- la démocratisation de la Francophonie institutionnelle, dans le sens dun authentique dialogue des peuples et de leurs cultures.
Fraternité Franco-Africaine (FFA)
c/o CIDES 1, rue Jouxt-Aigues 31000 TOULOUSE
Tél.-Fax : 05 62 14 45 29