le colonialisme est révolu
Me Koureyssi Bâ (avocat sénégalais) : La France doit se rendre à lévidence que le colonialisme est révolu
Notre Voie - 1/18/2005 8:18:13 PM
Terre dhospitalité, patrie de lespérance, le pays de feu le président Félix Houphouet-Boigny occupe, en effet, le devant de la scène bien malgré lui, et ce, depuis le déclenchement, en septembre 2002, dune rébellion armée qui a eu pour première conséquence la partition du territoire entre un Nord occupé par les rebelles des Forces Nouvelles et le Sud tenu par le président Laurent Gbagbo et les Forces loyalistes. Grand défenseur du n°1 ivoirien quil a soutenu au cours des procès intentés contre lui au début des années 90, Me Cheikh Koureyssi Bâ du Barreau de Dakar se singularise, depuis le début de la crise en Côte dIvoire, par ses prises de position dans les débats organisés çà et là par les médias sénégalais. Se prévalant dune connaissance avérée du dossier ivoirien, Me Bâ nhésite pas à sortir des sentiers battus et à asséner des vérités que nul ne voulait admettre au début et qui sont devenues aujourdhui, à la faveur de lescalade enregistrée par le conflit, des évidences. Entretien avec celui que lon surnomme le Vergès africain et qui préfère se définir, plus simplement, comme lavocat des causes justes.
l Maître, quelle lecture faites-vous de la crise ivoirienne ?
Me Koureyssi Bâ : Je vous remercie. Pour Gramsci, il y a crise lorsque lancien est fini et que le nouveau tarde à sinstaller. Cest bien de cela quil est question en Côte dIvoire. Depuis larrivée des socialistes au pouvoir, ce pays oscille entre un ordre ancien qui a fait la preuve de ses limites -amplement stigmatisées par les partenaires au développement- et un ordre nouveau ambitionnant de se substituer à lui. La Côte dIvoire, dun point de vue systémique, est le théâtre de la farouche opposition entre deux visions du monde, entre deux projets, tendant, lun, à refonder une autre Côte dIvoire, et lautre à perpétuer la domination et la mainmise françaises sur ce pays. Toujours de ce point de vue, pour comprendre la situation imposée à ce pays depuis le 19 septembre 2002, les événements survenus au Mali en 1991 et en Guinée en 2000 (pour citer deux pays voisins du Sénégal) offrent une excellente grille de lecture. Lintérêt de lexamen de ces deux pages sanglantes est de nous aider à retenir une leçon fort simple : la France ne badine pas avec ses intérêts et quel que soit le parti ou le groupe de partis au pouvoir à Paris (le PS en 1991, la Coalition en 2000, la Droite en 2002), la politique africaine de la France reste inchangée. Elle se caractérise par le non-droit, la ruse, la violence, le tout servi avec un raffinement sans égal dans le cynisme. Et le comble, cest que la France sait pouvoir compter, toujours, sur le dévouement servile de ses marionnettes et de ses bons petits nègres de service qui nont cure du jugement de lHistoire et qui répondent présent quand il sagit de planter le couteau dans le dos dun frère téméraire qui ose dire non au maître.
l Cest un réquisitoire plutôt sévère que vous dressez. Nexagérez-vous pas un peu le rôle et laction de la France quon présente pourtant comme le sauveur de la Côte dIvoire ?
Me K.B. : Ne me faites pas rire, voulez-vous ! Si vous avez la patience de mécouter, je vais tenter détayer rapidement mon propos. Faisons un peu dhistoire. Vous le savez peut-être, feu le président Houphouet-Boigny, après son désapparentement avec le Parti communiste français, en 1950, a siégé, en guise de récompense, dans cinq gouvernements successifs à Paris. Sans surprise, quand, en 1960, la Côte dIvoire accédait à lindépendance, elle na, tout au plus, à linstar de lécrasante majorité de nos pays, fait que remplacer le système direct par ladministration indirecte. La France a arraché son drapeau de la main droite et la replanté sur notre sol avec sa main gauche. Avec la signature des accords de coopération, le pays dHouphouet-Boigny confirme quil reste au service des intérêts français. A titre dexemple, 50% des recettes fiscales du pays sont versés par les entreprises françaises installées dans cet eldorado de notre sous-région ouest-africaine.
Aujourdhui, les secteurs de souveraineté sont contrôlés par ces mêmes intérêts français : leau, lénergie, les télécommunications, les transports publics, auxquels secteurs il faut ajouter le pétrole, lexploitation de lor et du diamant, le chantier du troisième pont dAbidjan avec en prime le contrôle de la Société ivoirienne de raffinage. Presque tout cela, dailleurs, est entre les mains dun seul homme : Bouygues, Martin de son prénom, roi mondial du béton, propriétaire de TF1 et dune kyrielle dorganes de presse.
Son ami et associé dans de nombreuses affaires, son protégé et en même temps défenseur, Nicolas Sarkozy, a, quant à lui, un problème fort compliqué à résoudre : réaliser les promesses électorales que le président Chirac, le miraculé de la dernière présentielle, avait été tenu de faire sous la pression de Jean-Marie Le Pen, notamment la lutte contre linsécurité et la lutte contre limmigration.
Sarkozy, tout comme De Villepin à qui il a laissé la patate chaude de la place Beauveau (NDLR : le ministère de lIntérieur), a son idée sur la question. Il a opté pour un retour massif des fortes communautés ouest-africaines, notamment maliennes et burkinabé, dans leur pays moyennant de fortes indemnités, aussi bien pour les intéressés que pour les Etats. Dans ce plan, la Côte dIvoire est incontournable puisquà elle seule, elle peut jouer le rôle de bassin de rétention de cette immigration ouest-africaine.
Mais cela tombe vraiment mal puisque cest le moment choisi par Gbagbo pour créer un Office de limmigration et de lidentification en Côte dIvoire sous la houlette du brillant Emile Boga Doudou, un fidèle parmi les fidèles. Ce prometteur fils de lAfrique a été affreusement assassiné par les terroristes armés et financés par Paris au soir même de son retour dune visite rendue à son homologue et confrère Sarkozy. Maître doeuvre du projet didentification, lexcellent Boga Doudou était, en fait, lennemi numéro 1 des rebelles.
Tuo Fozié, le sanguinaire chef des terroristes devenu homme dEtat par la grâce de Linas-Marcoussis, a dailleurs levé un coin de voile en plein meeting à Bouaké le 27 octobre, meeting couvert par leurs alliés de TV5, en avouant : Cest parce quil y a trop dinjustice, darbitraire, dexclusion entre Ivoiriens, dune part, que nous avons pris les armes afin que tout cela cesse. Nous continuerons de nous battre tant que ces problèmes persistent. Cest donc pour vous, pour légalité de tous que nous nous battons. En Côte dIvoire, il y a de la place pour tout le monde.
Si cela ne vous suffit pas, je vais vous donner une illustration supplémentaire. Dans Le Figaro du 18 octobre (vous savez à qui appartient ce torchon), dans un article intitulé : La fin annoncée de Laurent Gbagbo, le député Ump Axel Ponatowski, fils de son père, proche de Sarkozy et De Villepin, membre de la puissante Commission de la Défense de lAssemblée nationale, avait entamé les mêmes philippiques tenant à lexclusion et à la xénophobie, avant de décréter, pince-sans rire : Si Laurent Gbagbo ne se démet pas, la Côte dIvoire se dirige vers la guerre civile, soit vers une solution militaire, forcément provisoire, et dajouter : Alassane Ouattara reste un des seuls véritables hommes dEtat de lOuest-africain. Il est une des solutions possibles quand toutes les autres ont échoué (
) Bien que musulman du Nord, il a lintelligence et le doigté politique pour réussir.
Pourquoi Ouattara ? Quel est le lien qui lunit à Axel Ponia et à ses amis ? Cest très simple, Alassane Ouattara et Mlle Dominique Nouvian (de confession juive, multimilliardaire pour avoir été la copine de feu Houphouet-Boigny et surtout la gestionnaire de son patrimoine immobilier à travers le monde) ont été unis par les liens du mariage il y a plus de 14 ans, et cette union a été célébrée à Neuilly par le maire, un certain Nicolas Sarkozy. Ce dernier na pas décliné lhonneur dêtre le parrain du couple. Lequel va bien lui rendre cette marque dattachement en finançant ses activités politiques et en permettant à ses puissants associés et clients de fructifier leurs intérêts.
Ça tombe bien puisque Ouattara, pistonné par sa douce moitié, inaugure en grande pompe, avec son gouvernement hyper-corrompu, la politique de privatisation longtemps annoncée. Les procédures de gré à gré utilisées pour céder à ses amis français et parfois au franc symbolique les grosses entreprises publiques monopolistiques vont profondément choquer, dautant que les bénéficiaires bénis navaient encore réalisé la plus petite ligne du cahier des charges au niveau des investissements.
Scandalisés, les députés ivoiriens, du FPI notamment, avaient littéralement rué dans les brancards lors de lépique débat parlementaire consacré le 9 mars 1993 à la question des privatisations. Et ils avaient été précis dans la prémonition en prévenant que ce ne serait pas une surprise si, demain, les deux ou trois groupes qui contrôlent ainsi les éléments vitaux de leur pays seront tentés de mettre en place les gouvernements de leur choix.
l Est-ce à dire
(Me Bâ nous coupe la parole)
Me K.B. : Jarrive. Permettez-moi de continuer. Je tiens à terminer ce point dhistoire. Le reste sera plus facile à comprendre, vous verrez. Où en étais-je ? Ah ! Voilà. Savez-vous ce que Ouattara a dit en décembre 2001 à Abidjan aux maires RDR qui venaient dêtre fraîchement élus et quil recevait à son domicile en présence de tous les médias du pays ? Retenez votre souffle. Il leur a dit ceci ; je ne vais pas retrancher un seul mot : Nous nattendrons pas 5 ans pour aller aux élections. Après tout, dans certains pays, il y a des coups dEtat et les gens saccomodent bien de ces personnes pendant une certaine période. Nous avons des monarchies dans le monde et les gens acceptent bien quune personne non élue représente le peuple dans sa totalité. Pourquoi devrions-nous attendre 5 ans pour que vous ayiez ce à quoi vous avez droit et surtout ce que les populations réclament ? Nous avons certaines relations extérieures. Nous avons commencé à les actionner. Jaimerais vous dire aussi que nous avions convenu avec le maire Adama que nous aurons des réunions périodiques pour quensemble, nous puissions développer assez rapidement une stratégie pour la conquête du pouvoir.
En prime, quelques semaines après, son journal a publié à sa Une la carte de la Côte dIvoire divisée en deux avec exactement la partition opérée par les terroristes appuyés par la France. Je tiens ce journal à votre disposition.
Plus que de longs discours, ces quelques exemples, je lespère, attestent de limplication de la France dans cette crise qui est dabord la sienne.
Je vous conseille vivement la lecture dun remarquable ouvrage : La Côte dIvoire : de la déstabilisation à la Refondation (LHarmattan), le seul ouvrage abordant sous langle économique les crises ivoiriennes de ces dernières années. Il a été écrit, non par des Ivoiriens, ou autres Africains, mais par deux Français : François-Régis Mathieu et Marie-France Jarret, qui expliquent les gros enjeux et annoncent les mesures projetées par Gbagbo et ses amis depuis leurs longues années dopposition. Les Africains dignes et de bonne foi gagneraient à se procurer cet ouvrage et à le lire au lieu dajouter leur grain de sel dans un débat auquel ils ne comprennent que dalle. Ils comprendront lactivisme de certaines officines et de prétendues organisations domestiques, entretenues et chouchoutées par des réseaux et des cercles bien identifiés. Moi-même je termine un travail qui, je le pense, aidera à mieux connaître les motivations et les techniques de travail de certains haut-parleurs qui pullulent dans nos pays.
l A vous entendre, on tombe des nues et se surprend même à avoir soudain une toute autre appréciation du drame ivoirien et même de la vraie personnalité de Gbagbo, un homme que vous connaissez bien, semble-t-il ?
Me K.B. :Vous savez, quand la puissante machine à désinformer des médias occidentaux a fini de faire son travail, il est extrêmement difficile, voire carrément suicidaire, de rétablir la vérité. Cest surtout valable pour les médias français, presse et audiovisuel réunis, qui sont passés de la manipulation, de lagit-prop et du maquillage de cela et nest pas au bout de ses peines. Pour la France, lenjeu est trop sérieux, pour sembarrasser de scrupules. Gbagbo est dangereux et son exemple risque de faire tache dhuile et de fil en aiguille, cest lempire français qui risque de sécrouler. Tous ceux qui ne veulent pas de cela ont été associés à la lutte anti-Gbagbo qui demeure en ce début de millénaire, le dernier impénitent (lexpression est du général Moussa Traoré).
Les gens ignorent tout de Gbagbo, de son itinéraire, de sa personnalité intrinsèque et donc de sa mission historique de piloter le processus de la renaissance africaine par la révolution. On oublie de noter que ce leader charismatique, africaniste convaincu et patriote au-dessus de tout soupçon, capitalise 30 années dactions concrètes sous le sceau du socialisme. Elevé à la dure, il a tout enduré pour avoir été le premier à sopposer à licône Houphouet-Boigny et son régime, sans jamais se décourager, sans avoir fait une seule concession et en supportant stoïquement les rigueurs de la vie de galère au militant convaincu. Les gens font comme si Gbagbo est arrivé au pouvoir par génération spontanée alors que la victoire doctobre 2000 est laboutissement dune longue et douloureuse marche et surtout le signe précurseur que rien ne sera jamais plus comme avant pour nous tous, les voisins de la Côte dIvoire principalement et la puissance tutélaire. En réalité, en octobre 2000, cest une nouvelle page qui souvrait après 50 ans de règne sans partage du PDCI-RDA. Le pays est exsangue. Le café, le cacao dont il est le premier producteur, ne sont pas bien rémunérés. Le CFA a perdu de sa valeur, la richesse nationale ne profite quaux milieux daffaires étrangers, le tableau économique fait pitié à voir, tous les clignotants sont au rouge et le manomètre marque danger.
Quand Laurent Gbagbo entrait en fonction, la Côte dIvoire était vraiment sur la corde raide. Pour couronner le tout, elle était pratiquement en quarantaine, boycottée par les partenaires bilatéraux et multilatéraux, sevrée de soutiens extérieurs depuis 1998 (du fait des pratiques et de la politique désastreuse de Konan Bédié puis du général Guéi). Cest alors que le miracle va se produire. Il a un nom : la Refondation, et un visage : le FPI, les socialistes archaïques comme les appellent en se gaussant les milieux ringardas de la droite française. On ne donne pas cher de leur peau et les experts de lHexagone ne parient pas un centième deuro sur leur longévité au pouvoir. Gbagbo échappe à deux putschs organisés par qui on sait mais il nen a cure. Il tient à sortir son pays de lornière et à lui redonner le lustre quil naurait jamais dû perdre.
Le sérieux et le courage avec lesquels Gbagbo et son équipe, obligés de compter avec le seul budget sécurisé (cest-à-dire sans apport extérieur aucun), sattellent à éradiquer la pauvreté et à lutter contre la corruption impressionnent la Banque Mondiale. Elle décide en janvier 2000 une reprise totale et sans condition de la coopération avec la Côte dIvoire.
Suivent immédiatement après lUnion Européenne, le FMI, la BAD, le Club de Paris qui renouent tous avec le pays avant mai 2002.
Le retour de la confiance coïncide avec lentrée du pays dans la Banque islamique et le vote dun budget dassainissement pour permettre la relance de son économie avec, à la clé, une pluie de milliards jamais enregistrée, même après la dévaluation de 1994 et des prévisions de croissance qui se passent de commentaires sagissant du PIB, et de la sortie du cycle de lajustement structurel dès 2004.
Cest dans ce contexte que les forces du mal ont décidé de frapper le 19 septembre 2002, dautant plus que lon sacheminait tout droit vers la rectification des privatisation-bradage du gouvernement Ouattara et que ces socialistes ivoiriens se révélaient comme des durs à cuire.
l Cest dans ce contexte que serait donc intervenue la mutinerie du 19 septembre 2002 qui apparaît ainsi comme une frappe chirurgicale ?
Me K.B. : Vous en êtes encore à parler de mutinerie ? Mais cest une véritable guerre, un carnage pour effacer un régime ! Où est-ce que vous avez vu une mutinerie dans laquelle en moins dune demi-heure un ministre dEtat est égorgé dans son sommeil, deux colonels et une dizaine dofficiers massacrés, plus de 100 gendarmes affreusement abattus dans leur lit ainsi que leurs proches ? Dans quelle mutinerie on utilise des armes lourdes pour pilonner des résidences et des quartiers dont les occupants sont endormis ? Rétrospectivement cest cette cruauté, cest cette violence inutile que je ne parviens pas encore à mexpliquer. Avait-on besoin dune telle barbarie ? Cest exactement comme cela que la France de Mitterand avait procédé en mars 1991 pour faire tomber le général Traoré du Mali, avec à la baguette le parti socialiste et la Fondation France Libertés et avec la complicité involontaire des élèves et étudiants et volontaire des syndicats véreux, dofficiers félons et de criminels à col
démocratique de lacabit du sinistre Alpha Konaré aux mains tâchées de sang
Dans cette boucherie quils ont eu le cynisme dappeler révolution malienne, même les malades mentaux errant dans les rues de Bamako avaient été massacrés. Le même procédé a été reconduit à Abidjan avec les assassinats du général Guei et des nombreuses victimes des pseudo-escadrons de la mort, une autre invention des fascistes français. Tout ce beau monde comparaîtra un jour devant le tribunal de lhistoire; je nen doute pas un instant.
Aujourdhui, par un paradoxe ironique et inique, cest cette France-là qui est présentée comme la seule à même de sauver un pays quelle a brûlé et voulu plonger dans la guerre civile. Cela me permet de revenir à votre question. En vérité, les gens ne veulent pas pousser lanalyse, sinon il est facile de comprendre. Rappelez-vous, quand les assaillants se sont réfugiés à Bouaké et Korhogo après avoir été refoulés dAbidjan. Soit dit en passant, on prétend faussement que ce sont les Français qui les ont chassés dAbidjan : rien nest plus faux ! La vérité, cest que ce sont les FANCI elles-mêmes et les gendarmes, leffet de surprise passé, et les Zinzin et Bahéfoué (les jeunes du contingent embarqués à leur insu dans le jeu de massacre) qui ont organisé la riposte et libéré la capitale économique après seulement trois heures de combats extrêmement violents.
Rappelez-vous donc, Laurent Gbagbo, alors en visite officielle dans une capitale européenne, avait immédiatement demandé à la France dappliquer laccord de non-agression et de défense qui lie les deux Etats ivoirien et français. La France a rejeté la demande au motif que cétait une affaire ivoiro-ivoirienne. Alors même que Paris savait, comme le quotidien Le Monde le révélera quelques semaines après, que le Burkina Faso, le pays de latterrant gars, était le principal agresseur et que tout avait été mijoté en France. Qua cela ne tienne, Gbagbo a décidé de libérer le Nord occupé par les terroristes. Avec la vitesse de léclair, les FANCI que lon disait moribondes ont récupéré Korhogo et Bouaké. Cest alors que la France, sur le théâtre des opérations, joua au Judas et que les Fanci purent être repoussées. Pendant tout ce temps, De Villepin na pas cessé de hurler que la solution nétait pas militaire mais politique. Cest dans ce contexte que la diplomatie sénégalaise, volontaire et de bonne foi, parvint à arracher la signature de laccord de cessez-le-feu. Lequel accord na profité quaux rebelles, même si lEtat ivoirien en a profité pour équiper son armée.
l Le nom de Alassane Dramane Ouattara est revenu maintes fois dans votre discours. Cette importante personnalité a quand même dirigé le gouvernement ivoirien. Ne pensez-vous pas quil est fondamentalement injuste de vouloir lécarter de la scène et dentraver ses ambitions ?
Me K.B.: Comme la dit Gbagbo, le seul problème de la Côte dIvoire est Alassane Ouattara. Il a mille fois raison. Il est vrai quil a été le Premier ministre de la Côte dIvoire, le premier dailleurs, dans lhistoire de ce pays. Mais il est encore plus vrai que la loi ivoirienne ninterdit pas à un étranger dêtre ministre (donc Premier ministre) dans le pays. Ce nest dit nulle par et la Côte dIvoire partage cette particularité avec tous nos Etats où des étrangers ont été au gouvernement.
A ce titre, Houphouet a nommé plusieurs Français et Africains ministres dans le gouvernement ivoirien. Je peux citer, entre autres, Millet, ministre des Travaux publics, Raphael Siller à lEconomie et aux Finances (ces deux français, mission terminée, sont rentrés chez eux), le Malien Mohamed Diawara, au Plan, qui na jamais pris la nationalité ivoirienne, Sawadogo de la Haute Volta, à lAgriculture, qui sest naturalisé à la fin de son service : Mamadou Thiam, notre compatriote, le Guinéen Sidya Touré, directeur de cabinet de Ouattara devenu à la fin de son service Premier ministre chez lui, etc.
Ouattara a occupé un premier poste à Abidjan : Président du comité interministériel. Cette structure, voulue par Houphouet, préfigurait déjà la Primature qui nexistait pas encore. Et savez-vous qui Ouattara a remplacé à ce poste ? Larchitecte français de la basilique Notre Dame de Yamoussoukro. Le problème, en droit, est fort simple. Alassane Ouattara a assumé de hautes fonctions en Côte dIvoire, mais cela ne labsout absolument pas de la procédure de naturalisation.
l Cest quand même difficile à admettre et vous aurez du mal, comme le régime de Gbagbo, à faire accepter cette vérité bien commode mais injuste dans son essence ?
Me K.B.: Cétait inévitable (il sourit). Vous allez mobliger à verser dans le juridisme. Je vais être bref et vous expliquer le plus simplement possible le cas Ouattara.
Vous ne le savez peut-être pas, lEtat tout Etat, pour fonctionner exerce trois compétences : la compétence territoriale, la compétence fonctionnelle et la compétence personnelle. Cette compétence personnelle sappuie sur le lien juridique qui unit personnellement lEtat à un individu. Ce lien a pour nom nationalité. En droit, elle se définit comme le lien juridique et politique qui rattache un individu à un Etat souverain.
La Cour permanente de justice internationale (CPJI), ancêtre de la Cour internationale de Justice, a énoncé, le 7 février 1923, le principe selon lequel lEtat est seul compétent pour déterminer quels sont ses nationaux dans létat actuel du droit international (il le répète trois fois). Donc les questions de nationalité sont comprises dans le domaine réservé à la compétence exclusive de lEtat. Cest le cas pour tous les Etats au monde. Mais pour la France ce ne serait pas le cas pour lEtat souverain de Côte dIvoire. La convention de la Haye du 12 avril 1930 prescrit en son article 1er : Il appartient à chaque Etat de déterminer par sa législation quels sont ses nationaux. (il martèle larticle à 3 reprises). Tous les Etats peuvent le faire. Mais la Côte dIvoire non. La cour internationale de Justice, le 6 avril 1955 (affaire Nottebohn), a défini la nationalité comme un lien juridique ayant à sa base un fait social dattachement, une solidarité effective dexistence dintérêt, le sentiment joint à une réciprocité de droits et de devoirs. Ainsi la Côte dIvoire sest dotée dun arsenal juridique en la matière : un code adopté dapplication. Comme vous le savez, il existe 2 systèmes, utilisés séparément ou conjointement par les législations nationales des Etats : Le système de la nationalité du lien de sang (liens de filiation ou de mariage)
* le système de la nationalité du lieu de naissance. La Côte dIvoire a choisi le système de la nationalité du lien de sang, comme la plupart des pays où la fraude sur létat-civil est un sport national.
l Justement, Alassane Ouattara est donc ivoirien
Me K.B. :Laissez-moi poursuivre, je vous prie. Justement, ce système constitue le premier obstacle à la nationalité ivoirienne de Alassane puisquil est né à Dimbokro, certes sur le territoire ivoirien donc, mais le pays a choisi, je vous le répète, et ce de manière souveraine, le système de la nationalité du lien de sang.
Lexclusivité que le droit international reconnaît à lEtat lui confère également la latitude de désigner ses nationaux par voie de naturalisation. Cest pourquoi lEtat de Côte dIvoire a naturalisé des étrangers dont certains frères et surs dAlassane Ouattara qui en avaient fait la demande.
La CIJ, dans larrêt précité de 1955, fait de lexistence de leffectivité du lien de rattachement une condition substantielle, cest-à-dire dont le défaut ou labsence constituerait un handicap pour la détermination de la nationalité dun individu. Lexistence de leffectivité conforte laction dun Etat qui prend fait et cause de son national. Ainsi, dans laffaire Nottebohm opposé au Guatemala, le Liechteinstein a pris fait et cause de son prétendu national. La CIJ a jugé quil nexistait pas de rattachement de fait étroit entre le sieur Nottebohm et le Liechteinstein. La Cour déduira dès lors que la nationalité du sieur Nottebohm était inopposable au Guatemala.
Les notions dexclusivité et deffectivité appréhendées dans leur fondement permettent de conclure que Alassane Dramane Ouattara nest pas un national ivoirien en ce que sa situation se prête à la procédure de naturalisation à laquelle il na daigné se soumettre. Cest là que réside le problème de ce garçon. Il vit un drame patronymique qui est le pendant du drame anatomique du roi Midas de Phygie. Ses initiales renferment à la fois les facteurs-chef de succès pour tout homme voulant être roi sur terre (Argent-Diamant-Or), mais aussi les facteurs-clefs déchec pour un étranger ambitionnant dêtre le numéro 1 en Côte dIvoire (Abidjan -Dimbokro-Ouagadougou)!Je mexplique. ADO, comme lappellent ses sherpas, naît en 1942 à Dimbokro, Côte dIvoire, de Mossi Dramane et Nabintou Ouattara, Voltaïques. Son père quitte le pays définitivement et lemmène avec lui. Il sera le chef de son village, Sindou, au Burkina, jusquà sa mort, comme ADO lui-même le reconnaît au Forum de réconciliation nationale.
ADO effectue toutes ses études primaires et secondaires jusquau Bac, en Haute-Volta. Je peux même vous citer les différents établissements quil a fréquentés. En 1962, nanti dune bourse américaine, létudiant de la Haute Volta débarque le 13 août à New-York du bateau le Groot Berr, pour des études sous les auspices de lASPAU (African Scholarship Program of American Universities). Président des étudiants voltaïques, il se marie à Barbara, américaine dorigine Jamaïcaine et de confession anglicane. Il accomplit des transactions commerciales et bancaires, achète des immeubles en Côte dIvoire en qualité de national Voltaïque. Lépouse de lambassadeur voltaïque à Washington, à cette époque, nest autre quune certaine Henriette Dagri, aujourdhui Diabaté.
En 1967 il entre au FMI. En 1969 candidat au PH. D déconomie le 21 novembre, il prétend lui-même quil est voltaïque à luniversité de Pennsylvanie. Ses dossiers détude voltaïque sont disponibles à luniversité Drexel et à luniversité de Pennsylvanie. En 1984, il est promu directeur Afrique du FMI puis conseiller du directeur général en 1987. Il est dépeint comme citoyen burkinabé dans le bulletin mensuel de liaison du FMI. Les archives sont là. Vous nentendrez jamais les Américains parler de cela. Ils savent à quoi sen tenir vis-à-vis de ce cas, qui ne mérite même pas, pour eux, un début de débat.
Pour refus du poste de ministre de lÉconomie et des Finances du Burkina Faso, il est débarqué par Thomas Sankara de son poste de vice-gouverneur de la BCEAO à Dakar. Grâce à son amie et future épouse Dominique Nouvian, française de confession juive, Houphouet-Boigny lui permet daccéder au rang de gouverneur de linstitution à la mort de livoirien Fadiga.
Ensuite le président ivoirien, en bute aux tracasseries de sa succession, le nomme président du comité interministériel puis Premier ministre de la Côte dIvoire. De façon pragmatique, Houphouet pense que cest le meilleur choix possible parce que, pour une raison objective (à linstar dun Jean Collin), ADO était objectivement disqualifié pour être président de la Côte dIvoire.
Au vu de cet itinéraire, on ne peut prétendre que le lien de rattachement à la Côte dIvoire tel que prescrit par la CIJ est effectif:
- dune part ADO et ses parents ont, tout au long de leur vie, démontré quils sont voltaïques même si cest à 50 ans quADO veut devenir un national ivoirien ;
- dautre part, selon CIJ, le lien de rattachement dun individu à un Etat doit être dune solidarité effective dexistence. Ce qui signifie quentre lEtat et son national doivent sopérer une osmose, une unicité dactions. Ils doivent faire corps.
Leffectivité est pour lEtat et son national ce quest la possession dEtat en matière de filiation entre les enfants et les parents. ADO, par le lien de rattachement dont il se prévaut, je le répète, ne peut donc pas être ivoirien par le lien du sang. Je persiste, je signe deux fois et je le souligne trois fois. Le fait quil ait assumé les fonctions de Premier ministre ne veut rien dire, sauf quil pourrait alors, à sa demande, être naturalisé. Et dans ce cas de figure, la Constitution et le code ivoirien de la nationalité sont formels : il nest pas éligible à la présidence de la République. Nen déplaise à la France, à ses affidés et mercenaires de la plume, du micro ou autres.
La Côte dIvoire a le droit, et même le devoir de refuser une réédition de lexemple péruvien. Par le système du jus soli, un national japonais, Alberto Fujimori, deviendra président du Pérou. Après avoir ruiné le Pérou, il sest retiré dans son pays dorigine, le Japon, qui a pris fait et cause pour lui lorsque le Pérou lui a demandé de revenir rendre compte de sa gestion désastreuse. Le peuple ivoirien, détenteur de la souveraineté, source de la légitimité, a été appelé à voter pour le oui au référendum qui a été organisé le 23 juillet 2000 (notez au passage que cétait sous le général Guei, le pauvre Gbagbo nétait alors que simple député. Cest dailleurs pourquoi ADO na jamais digéré la trahison de Robert Guéi et avait juré de se venger. Il la fait).
Les Ivoiriens ont donc voté massivement, dans lordre et la discipline salués par les dizaines dobservateurs dépêchés pour couvrir le scrutin. Tous les leaders, ADO y compris, les avaient exhortés à voter pour cette Constitution, qui sera adoptée à 86,75 %. Or, que dit-elle, dans sa partie relative aux conditions déligibilité ? Ceci, en toute clarté : Le candidat doit être ivoirien né de parents ivoiriens. Il ne doit jamais sêtre prévalu dune autre nationalité. Pourquoi diable ADO a-t-il appelé ses partisans à voter une telle disposition ? Il sen explique ainsi : Je savais que jétais visé, mais je ne me sentais pas concerné. Cest vous donner une idée de lhomme pour qui la France veut brûler tout un pays ! Et cest cette France-là, ironiquement baptisée berceau des droits de lhomme, qui ose exiger labrogation de cette disposition au motif que des irresponsables (juridiquement parlant) ont signé un torchon à Marcoussis dans lequel ils sengagent à laccepter. Cest valable pour le foncier rural et pour le processus didentification.
Cest le lieu dexiger de la France, enfin un peu de respect. Cest vrai, pour elle, nous ne sommes pas tout à fait des hommes, raison pour laquelle ce qui est bon pour elle ne lest probablement pas pour nous. Hier cest la démocratie multipartiste qui était un luxe pour nous. Aujourdhui un pays de nègres agressé ne doit pas se défendre. Au contraire il doit faire de la place à ses agresseurs et en faire des ministres dEtat. Un pays de nègres doit changer sa loi fondamentale parce que tel serait le bon vouloir dune poignée de terroristes dotés de téléphones satellitaires, de portables avec crédit illimité, de superbes 4x4 et de liasses dargent volé. Un pays de nègres ne doit pas libérer une partie de son territoire occupé par des criminels et des violeurs. Un pays de nègres doit changer ses textes les plus sacrés pour permettre davoir une nouvelle nationalité, du travail et laccès aux terres les plus riches au monde en café, cacao, anacarde et jen oublie. Jaccepterais tout cela si la France donnait lexemple, elle qui a le front de sériger en donneuse de leçons alors quelle na plus rien à prouver en matière de violation des droits élémentaires des hommes et femmes qui sont assez fous pour aller trouver asile sur son sol.
En vérité, ceux qui soutiennent Linas-Marcoussis ont une grande responsabilité à assumer devant lhistoire. Linas-Marcoussis nest autre quun minable raccourci emprunté par la diplomatie dune puissance qui ne nous respecte pas. Le raccourci qui doit aider des gens de sac et de corde, des criminels et des bandits à accéder aux dignités suprêmes chez les nègres. Fort heureusement, la Côte dIvoire a Gbagbo.
Cet homme ne donne la pleine mesure de son talent que dans lépreuve. Historien de formation, il sait que lhistoire le regarde et note ses faits et gestes. Il sait quil a un rôle et une mission à accomplir. Il se bat pour nous qui ne le soutenons pas parce que nous sommes formés, modelés, formatés pour dire oui, pour obéir. Il se bat pour nous et, à ce titre, mérite au moins notre respect. Cela, même ses compatriotes les plus intransigeants, les plus radicaux dans leur opposition à sa personne, ont fini par le comprendre. Ils ont fini par se ranger derrière lui. La vérité triomphe toujours du mensonge. Elle sera toujours la seule veuve du temps. La vérité pour laquelle Gbagbo, le champion de la renaissance africaine, lutte de toutes ses forces est très simple à comprendre. Il est temps de décoloniser lAfrique des Sarkozy, De Villepin et autres. Il est temps que tous les fascistes du monde se rendent à lévidence : la traite négrière et le colonialisme sont révolus. Ce qui est valable pour Chirac, par exemple, lest pour Gbagbo.
Si on demande à ce dernier de négocier avec des terroristes, qu'on en fasse de même avec Chirac et ses séparatistes basques ou corses. Si on exige d'un chef d'Etat africain qu'il laisse les étrangers accéder à la nationalité et voter et être candidats, qu'on exige la même chose de son homologue français (dans le pays duquel les étrangers sont exclus même des petits scrutins locaux). Ça c'est pour l'ONU que je le dis et pour les traîtres qui soutiennent activement leurs maîtres français dans leur tentative de renverser à tout prix un fervent patriote et digne fils de l'Afrique.
l Le problème c'est qu'on reproche au président Gbagbo beaucoup de choses et même ses compatriotes...
Me K.B. : (Me Bâ nous coupe la parole) comme quoi?
l Comme son attitude hostile vis-à-vis des musulmans et de l'Islam en général qui expliquerait que les Dioulas se démarquent de lui et de ses proches...
Me K.B. :Je regrette mais c'est du n'importe quoi. C'est le type même du procès d'intention, j'allais dire du procès en sorcellerie. En vérité vous ne trouverez jamais un homme aussi proche des musulmans et de l'Islam. Vous savez, cette histoire a été montée de toutes pièces par Alassane Ouattara. A la mort de Houphouët, vous vous en souvenez, ce dernier voulait court-circuiter tout le monde pour occuper le siège du président défunt ; et ce au mépris de la Constitution ivoirienne qui avait pourtant tout prévu s'agissant de la dévolution du pouvoir, de l'intérim, de la suppléance et qui désignait comme remplaçant du président décédé le président de l'Assemblée nationale, en l'occurrence Henri Konan Bédié. Ce dernier avait été placé dans l'obligation de faire du forcing et de déjouer les basses manuvres de Ouattara, lequel n'exclut pas l'éventualité d'un coup de force avec l'onction de la Cour suprême qu'il s'apprêtait à corrompre ou à l'intimider.
L'échec de cette tentative inique de prendre par la force la succession de Houphouët lui est resté en travers de la gorge. C'est ainsi que, sitôt rentré à Paris, il s'est mis à mobiliser les gens autour de ce slogan inventé de toutes pièces, comme quoi en Côte d'Ivoire l'on brimait les musulmans et l'Islam était perçu comme l'ennemi public à abattre absolument. Et pourtant Dieu seul sait ce que cet homme a fait comme mal à l'Islam et aux musulmans.
Pour en revenir à Gbagbo, sachez pour votre gouverne qu'il est le premier chef d'Etat ivoirien à nommer un musulman bon teint, croyant fervent et pratiquant à la tête du pouvoir législatif. En cas de vacance du pouvoir, c'est ce député, président de l'Assemblée nationale, M. Mamadou Coulibaly, qui va lui succéder. C'est une grande première et c'est Laurent Gbagbo 4è président, de la jeune histoire de la Côte d'Ivoire indépendante, qui y a pensé. Sachez que c'est Gbagbo, encore lui, sans pression aucune, qui a nommé M. Seydou Elimane Diarra au poste de Premier ministre. Sachez que Gbagbo avait confié la gestion de son parti, le FPI, à un autre musulman, Abou Dramane Sangaré, qui a été en outre ministre d'Etat. Sachez que les grands postes diplomatiques sont occupés par des musulmans qu'il a mis là sans pression ni calculs. Des dizaines de postes parmi les plus prestigieux dans la haute administration sont confiés à des musulmans par sa seule volonté, au sein de la présidence, dans l'administration centrale et territoriale et à l'extérieur.
Sachez pour votre gouverne que c'est Laurent Gbagbo, lui le 4è président de la Côte d'Ivoire, qui a ouvert une ambassade de son pays à Riyad, en Arabie Saoudite, et inauguré les relations diplomatiques avec ce pays-phare de la Ummah islamique. Il ne s'est pas arrêté là puisqu'il a, sur la lancée, imposé la Côte d'Ivoire comme membre à part entière de l'OCI. Et, pour finir, l'a fait entrer dans le capital de la BID (Banque islamique de Développement).
Tout cela a été fait en moins de deux ans au pouvoir et je passe sous silence les excellentes relations qu'il a tissées, de façon toute naturelle, avec les instances musulamnes ivoiriennes et immigrés dans son pays, sans tambour ni trompette. Vous savez, les ennemis d ela Côte dIvoire ont tissé une toile de mensonges extraordinaire mais ils perdent leur temps car la vérité finit toujours par triompher. Comme disait l'autre, la vérité attend, seul le mensonge est pressé.
C'est le lieu de vous préciser que le terme "Dioula" ne renvoie pas à une ethnie mais à une profession. Les Dioulas sont des commerçants. On les assimile à tort à toutes les personnes exerçant dans le secteur du commerce et de l'informel alors que ces gens sont des Sénoufos, des Bambaras, des Malinkés, Wolof, Mossi, Peulh et autres. C'est une illustration, une de plus, de l'ignorance de ceux qui parlent d'un pays et d'hommes et de femmes dont ils ne savent à peu près rien, sauf ce que les médias de la haine et du dénigrement occidental veulent bien leur dire...
Propos recueillis par
Abdou Salam Diop
(in LHarmattant, bimensuel sénégalais, N)0854-9056 du 2 janvier 2005)