Gbagbo : Plus rien ne soppose au désarmement
L'intelligent d'Abidjan - 7/15/2005 6:50:34 PM
Dans son adresse, hier le Président Gbagbo a pris six décisions “qui ont force de loi” conformément à la dernière recommandation du médiateur Thabo Mbeki pour régler la crise ivoirienne. Ci-dessous de larges extraits de l’allocution du président de la République.
Ivoiriens,
Ivoiriennes,
Mes chers compatriotes
Chers amis de la Côte d'Ivoire.
L'élection présidentielle se tiendra en Côte d'Ivoire le 30 octobre 2005. Dans les différents accords de paix ; notamment dans l'accord signé à Pretoria le 6 avril 2005, nous avons pris l'engagement, aussi bien l'opposition, la rébellion que moi-même, de respecter cette échéance fixée selon la Constitution de la République de Côte d'Ivoire.
A l'approche de cette échéance, et pour dissiper les craintes des uns et des autres, j'ai rencontré à nouveau les responsables de l'opposition et de la rébellion les 28 et 29 juin derniers à Pretoria, à l'invitation du médiateur sud-africain. Cette réunion était importante. Elle a permis de faire le point des acquis et nous avons décidé de lever tous les obstacles réels ou supposés qui se dresseraient encore sur la voie du désarmement et de la réunification du pays. (…)
Je rappelle que l'Assemblée Nationale de Côte d'Ivoire n'est pas signataire de l'Accord de Marcoussis, tout comme le Président de la République. Elle n'a signé aucun accord sur le règlement de la crise. Mais, au nom de la paix, nos députés ont travaillé sans compter. Depuis trois ans, ils n'ont pas connu de repos. Ils ont fait leur travail de parlementaires. Toutes les réformes préconisées par l'Accord de Marcoussis ont été traduites en actes législatifs et réglementaires depuis la fin de la 2ème session ordinaire de l'Assemblée Nationale en 2004. Tous les projets de lois ont été examinés, parfois amendés et adoptées. (…)
L'opposition civile et armée a formulé des critiques contre certaines dispositions des lois issues de Marcoussis, après leur vote par le Parlement. Face à ces critiques, le Médiateur a mandaté une équipe de juristes. Ces experts ont déposé leurs conclusions que nous avons entérinées à l'occasion de la dernière réunion de Pretoria.
Les critiques et les réserves concernaient sept lois sur les 19 adoptées par le Parlement. Il s'agit des lois sur :
Le financement des partis et mouvements politiques ;
L'identification ;
La Commission Nationale des Droits de l'Homme de Côte d'Ivoire;
La Commission Electorale Indépendante (CEI)
La nationalité
La naturalisation
La communication audiovisuelle.
Dans la lettre qu'il m'a adressée, et qui a été diffusée à la télévision, le Médiateur relève que les questions du statut et de l'administration de la RTI ayant été résolues, il ne reste plus aucune contestation relative à la loi sur la presse et la communication audiovisuelle.
Pour les autres lois, j'ai fait faire des amendements afin de les rendre conformes aussi bien aux recommandations faites par l'équipe de juristes mandatés par le Médiateur qu'aux Accords de Marcoussis. Il s'agit maintenant de leur donner force de loi, dans les délais que nous avons fixés ensemble à Pretoria, en vue des élections d'octobre 2005.
Notre Parlement ayant fait sa part et devant les lenteurs qui menacent le processus de paix, il revient au Président de la République d'user des pouvoirs que lui confère la Constitution pour permettre à la Côte d'Ivoire de faire les derniers pas vers les élections, vers la paix.
C'est pourquoi, ainsi que je l'ai dit dans mon message à la Nation, le 26 avril 2005, et conformément aux recommandations du Médiateur, je prends immédiatement, en vertu des pouvoirs que me confère l'article 48 de notre Constitution, des Décisions qui portent sur :
Le financement sur fonds publics des partis et groupements politiques et des candidats à l'élection présidentielle ;
L'identification des personnes et le séjour des étrangers en Côte d'Ivoire ;
La Commission Nationale des Droits de l'Homme de Côte d'Ivoire (CNDHCI) ;
La composition, l'organisation, les attributions et le fonctionnement de la Commission Electorale Indépendante (CEI) ;
Les dispositions spéciales en matière de naturalisation ;
Le Code de la nationalité.
Toutes ces Décisions, qui ont force de loi, prennent effet à compter de ce jour, 15 juillet 2005. Elles seront publiées selon la procédure d'urgence ainsi qu'au Journal Officiel de la République de Côte d'Ivoire. (…)
Aujourd'hui plus rien ne s'oppose au désarmement, à la réunification du pays et à l'organisation des élections générales en 2005. L'Afrique a besoin de la Côte d'Ivoire. La Côte d'Ivoire a besoin d'être réunifiée maintenant. La Côte d'Ivoire veut l'unité nationale, l'intégration de tous dans le processus de réconciliation, la tolérance, la fraternité, la paix dans les cœurs et dans les esprits, la paix sur l'ensemble du territoire national.
Que Dieu bénisse
la Côte d'Ivoire !
Je vous remercie !