La Françafrique expliquée
| La Françafrique expliquée Stop-francafrique, un site pour découvrir les dessous des relations franco-africaine vendredi 1er juillet 2005 | ||
Avec la mort récente de François-Xavier Verschave, la lutte contre l’exploitation économique et politique de l’Afrique par la France a certes perdu son leader, mais un site comme stop-francafrique.com contribue à relayer le message avec une pédagogie indéniable. | |||
Par Anna-Alix Koffi
Stop-francafrique est incontournable pour celui qui s’intéresse au concept développé par l’œuvre de Verschave. Incontournable parce que c’est le premier des 45 000 sites référencés par Google, leader mondial des moteurs de recherches. Incontournable encore parce que le site, documenté avec l’aide du regretté François-Xavier Verschave reprend les aspects fondamentaux pour la compréhension de la nébuleuse Françafrique.
Dès la page d’accueil, le visiteur est appelé à une immersion instantanée. Sur un sobre fond noir, une carte de l’Afrique colorée distingue en une rapide vue d’ensemble les Etats qui font partie à la « politique souterraine » de la France sur le continent. En cliquant sur chaque pays, un texte, souvent extrait ou résumé des différents écrits de Verschave, présente la situation politique interne et les répercutions présumées du réseau françafrique. Les sept autres rubriques (Multinationales, Histoire et réseaux, Armée et mercenaires...), facilement accessibles, éclairent chacune à leur tour le quidam sur les rouages du système. L’armée française, les groupes français Elf et Bolloré, les paradis fiscaux... Le site nous offre une vision synthétique et claire des dessous de la Françafrique.
Devoir d’informer
Le site est né de la seule initiative d’un membre de l’ONG Survie, fondée par F-X Verschave. Atrane (pseudonyme journalistique) a rejoint l’organisation à la suite du procès qui opposait Verschave à trois chefs d’Etats africains (Idriss Déby, Omar Bongo et Denis Sassou Nguesso ) suite à la parution de Noir silence en 2000. Le jeune homme voulait que le résultat des investigations de Verschave soit accessible en version simplifiée au plus grand nombre, il signale toutefois que le but initial n’était pas d’en faire un site d’actualité.
Faute de temps et de moyens Stop-françafrique n’est malheureusement pas remis à jour, Atrane promet toutefois un remaniement pour la fin de la fin 2005, date à laquelle le site pourrait être officiellement rattaché à Survie et donc gagner de l’ampleur. Le domaine d’étude devrait s’étendre aux pays connaissant le même système bien qu’extérieurs au continent noir. Le Cambodge, la Polynésie française, les Antilles et la Birmanie prendront ainsi place au côté de l’Afrique.
