La Mairie de Paris en soutien aux victimes des rejets toxique à Abidjan
COMMUNIQUE DE PRESSE
des éluEs communistes de Paris
Les éluEs communistes de Paris se réjouissent de l'adoption hier par le Conseil de Paris de leur voeu concernant la catastrophe écologique et sanitaire en Côte d'Ivoire. Dans sa réponse à Jean Vuillermoz, président du Groupe Communiste du Conseil de Paris, Pierre Schapira, adjoint au maire de Paris chargé des relations internationales et de la francophonie, a indiqué que le Maire de de Paris agira notamment en vue d'une meilleure prise en charge sanitaire et de l'envoi d'une mission d'expertise en gestion des déchets lors de l'Assemblée Générale de l'Association Internationale des Maires Francophones qui se tient aujourd'hui, 26 septembre 2006, à Bucarest. Il a également indiqué à l'assemblée du Conseil de Paris que le Maire de Paris, en sa qualité de président de l' Association Internationale des Maires Francophones (AIMF) et de co-Président de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), saisira le Secrétaire Permanent de l'AIMF et la Secrétaire Générale de CGLU, afin que l'ensemble des quelque 3500 villes membres de ces deux réseaux soient particulièrement sensibilisés au respect des conventions internationales et des textes communautaires régissant l'élimination des déchets.des éluEs communistes de Paris
Ces décisions de la Ville de Paris qui honorent la Capitale sont des pas dans la direction de l'amplification de l'élan de solidarité au sujet de cette catastrophe qui en appellent d'autres ailleurs. Ce mouvement de solidarité doit s'amplifier tant au niveau des Etats, ceux des pays membres de l'Union européenne notamment, qu'au niveau des autres Collectivités territoriales en France et ailleurs. Il s'agit ainsi de participer au plus vite à l'urgente mise en place d'un véritable plan d'urgence international en appui aux mesures déjà prises par les autorités ivoiriennes et visant à accéder au plus vite à une dépollution totale des sites, à répondre pleinement à la prise en charge sanitaire des populations, et à alimenter un fonds public d'aide aux victimes de cette catastrophe. Les élus communistes continueront d'agir en ce sens. Parallèlement les multinationales et leurs complices qui violent les conventions internationales, les textes européens et les lois régissant l'élimination des déchets, se livrant ainsi à du véritable banditisme international, doivent être sanctionnés et être tenus pour responsables des dégâts subis par les populations avec toutes les conséquences pénales et financières que cela induit. Des mesures rendant impossible le renouvellement de tels désastres, doivent être prises à tous les niveaux nécessaires et au plus vite.
Paris, le 26 septembre 2006
Conseil de Paris
Séance des 25 et 26 septembre 2006
Vœu de Jean VUILLERMOZ, Nicole BORVO
et des éluEs du groupe communiste
sur la catastrophe humanitaire en Côte d’Ivoire
adopté par le Conseil de Paris le 26 septembre 2006
Une catastrophe écologique sans précédent touche la Côte d’ivoire. Le ministère de la Santé ivoirien a recensé des dizaines de milliers de consultations hospitalières liées à des intoxications, sept morts et des dizaines d'hospitalisations.Séance des 25 et 26 septembre 2006
Vœu de Jean VUILLERMOZ, Nicole BORVO
et des éluEs du groupe communiste
sur la catastrophe humanitaire en Côte d’Ivoire
adopté par le Conseil de Paris le 26 septembre 2006
A la base de cette catastrophe humanitaire se trouve le déversement à partir du 19 août dernier de plus de 500 tonnes de déchets hautement toxiques à air libre sur de nombreux sites à Abidjan ainsi que dans la mer et dans la lagune et à proximité des zones maraîchères, ce qui redouble les inquiétudes quant à de possibles effets polluants sur la chaîne alimentaire. Du fait de la fermeture de certaines décharges contaminées, certains quartiers d’Abidjan croulent sous les ordures avec toutes les conséquences sanitaires que cela induit. Ce drame sanitaire et environnemental ne doit rien à la fatalité.
En effet, les déchets proviennent du Probo Koala, un navire grec, battant pavillon panaméen, fonctionnant avec un équipage russe et affrété par une multinationale néerlandaise, Trafigura, dont la direction compte des ressortissants français. Son siège est à Lucerne en Suisse. Trafigura a été éclaboussée il y a quelques années par une affaire de commerce illégal du pétrole irakien. Elle a sous traité les déchets à la société ivoirienne Tommy, créée il y a trois mois. Cette dernière a des liens avec Puma Energy, filiale de Trafigura en Côte d’Ivoire et risque de n’être qu’une société écran.
L’affréteur et l’armateur, tous deux européens, ont une part de responsabilité écrasante dans cette ignoble affaire. En effet, la convention de Bâle interdit le transfert des déchets dangereux entre pays de l’OCDE et pays non membres de l’OCDE. D’autre part, une directive européenne de 2000 oblige les navires qui touchent des ports européens à y décharger leurs déchets d’exploitation ou leurs résidus de cargaison, quel que soit leur pavillon. Même les principes directeurs de l’OCDE concernant les multinationales ont été violés.
Ces faits dramatiques soulignent une fois de plus la nécessité de se donner les moyens d’appliquer les textes concernant la pollution, tant au niveau national qu’international, tout comme la nécessaire amélioration des législations en conventions en vigueur. Ce désastre écologique met également au grand jour un processus qui fait des pays du Tiers Monde en général et des pays africains en particulier le dépotoir des pays industrialisés, d’autant plus facilement que leurs Etats sont déstabilisés, comme c’est le cas en Côte d’Ivoire notamment.
Devant l’ampleur de la catastrophe à Abidjan, les autorités ivoiriennes en appellent à l’aide internationale. La France a envoyé un groupe d’experts en vue d’évaluer l’ampleur des dégâts. D’autres pays, comme le Japon et la Suisse ont également posé quelques actes de solidarité.
Paris s’honorerait de s’inscrire dans une amplification de ce mouvement de solidarité vis à vis des populations ivoiriennes.
C’est pourquoi Jean VUILLERMOZ, Nicole BORVO et les éluEs du groupe communiste souhaitent que le Conseil de Paris se prononce en faveur d’une assistance humanitaire de la Ville de Paris, à la fois sanitaire et dépolluante. Ils souhaitent également que le Conseil de Paris appelle le Maire de Paris à saisir à la fois l’association internationale des maires francophones qu’il préside et les “ Cités et gouvernements locaux unis ”, dont il est le co-président en vue de lancer un appel en faveur du respect des conventions internationales et des directives européennes régissant l’élimination des déchets, parmi lesquelles figure la Convention de Bâle et la directive européenne de l’an 2000 sur les installations de réception portuaires pour les déchets d’exploitation des navires et les résidus de cargaison.
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