Elections présidentielles au Togo : le courage du ministre de lintérieur, François Esso BOKO
| Par Olivier Bocco A la veille des élections présidentielles du 24 avril 2005, le Ministre de lIntérieur, Monsieur François BOKO vient de prendre conscience de la gravité de la situation. De sa propre bouche, et de son poste dobservation, il reconnaît que « les risques de dérapage sanglants de ce scrutin à lissue incertaine sont réels .La campagne électorale a été émaillée de violences jamais rencontrées dans lhistoire électorale de notre pays .Je souhaite que ma démarche ouvre les perspectives dune vraie transition politique qui permette daller vers la réconciliation nationale et place notre beau pays sur lorbite de la prospérité et du développement ». Le ministre togolais de lintérieur sait de quoi il parle, puisque cest son ministère qui a la haute main sur ladministration électorale. Il sait de quoi il parle puisque, dans cette matière, les archives du ministère, si elles existent, doivent être fort documentées et instructives. Il vaut mieux tard que jamais, dit-on ! Saluons linitiative courageuse du ministre François Boko, homme du sérail qui, aujourdhui, peut se féliciter davoir prévenu lopinion publique nationale et internationale des conséquences suicidaires de lentêtement du pouvoir. Ce que le ministre reconnaît aujourdhui, cest ce que les démocrates togolais nont cessé de proclamer sans relâche, depuis des décennies et particulièrement depuis le 5 février 2005. Les manipulations successives de la Constitution et de la loi électorale, la soumission totale au pouvoir RPT de tous les organes chargés de la gestion des élections, ont fait constamment lobjet de dénonciations fermes au motif quils constituent, en réalité, les principaux obstacles qui empêchent le pays dévoluer vers la démocratie et lEtat de droit. Tels que composés et de par les missions indignes qui leur sont assignées, le ministère de lintérieur, la Cour constitutionnelle, la Commission nationale électorale indépendante, la Haute autorité de laudiovisuel sont les instruments qui empêchent toute transparence des élections au Togo. Au fil des élections qui se sont déroulées au Togo depuis une dizaine dannées, ils en ont donné les preuves les plus éloquentes. Pourtant, tout au début du processus, des voix se sont élevées, nombreuses et fortes, pour demander que les Togolais, pouvoir et opposition démocratique, puissent, avant toute chose, se concerter pour parvenir à un Accord politique avant dengager le processus électoral. Cet Accord politique auquel aurait souscrit toute la classe politique togolaise devaient sarticuler autour des points suivants : · la révision des points contestés du Code électoral · la recomposition des institutions chargées de conduire le processus électoral : Cour constitutionnelle, Commission nationale électorale indépendante, Haute autorité de laudiovisuel · la révision, enfin sérieuse, des listes électorales · la distribution impartiale des cartes délecteurs · la neutralité absolue de larmée · la participation massive des observateurs locaux et internationaux, y compris des observateurs militaires · la mise en place déquipements informatiques sécurisés · la liberté de la presse · la formation des agents électoraux. La détermination de la Communauté internationale et la disponibilité manifestée par lopposition démocratique auraient permis de réaliser un consensus avec le pouvoir autour de ces questions essentielles. En outre, des délais raisonnables auraient permis daffiner les préparatifs de ces élections qui constituaient une véritable première pour un pays qui na jamais connu délections démocratiques depuis quarante ans. Mais, comme à son habitude, le pouvoir RPT sest entêté. Aujourdhui, François Boko lève le voile sur la gravité de la situation, lui qui détient les informations les plus fiables sur ce processus. Il prévient lopinion publique nationale et internationale des « risques de dérapages sanglants » et des « perspectives apocalyptiques » du scrutin du 24 avril. Cest cela que lopposition démocratique, les défenseurs des droits de lhomme, les représentants des Eglises, les avocats, la société civile, les représentants des Organisations internationales, les démocrates et amis du Togo, nont cessé de crier à travers le monde depuis le 5 février 2005 : En vain ! Hélas ! Demain, le pouvoir RPT et la CEDEAO nauront plus dexcuses ! La redaction letogolais |
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