Elf, la pompe Afrique : Spectacle, documentaire théâtral et militant de Nicolas Lambert

Publié le par www.afrikara.com



Nicolas Lambert, jeune et talentueux comédien ne s’impose pas une mince affaire en s’attaquant à un des scandales les plus salissants de la Vème république française. Après 8 ans d’une instruction à rebondissements le procès Elf se termine en 2003 par quatre mois de jugement qui ont vu défiler les accusés formels, l’ancien PDG de la société, M. Le Floch-Prigent, le directeur Afrique du groupe André Tarallo, le préposé aux basses manœuvres André Sirven, et autres personnages que l’appât du gain ne fait reculer devant aucune félonie ni indélicatesse à l’instar du dénommé André Guelfi dit dédé la Sardine.

 

Une grande partie de l’instruction, l’orientation des charges évitent le véritable procès tapi sous les accusations d’abus de biens sociaux concernant des personnalités importantes du groupe : le Néo-colonialisme français avec la société Elf comme opérateur central et répartiteur des cadeaux politiques, est le seul  authentique criminel et justiciable en dernier ressort du dossier. Ne procède t-il pas par ce que François Xavier Vershave nomme la Françafrique, le plus long scandale de la république, système de relations informelles et mafieuses entre élites françaises et africaines qui pillent en réunion les ressources essentielles du continent en s’assurant d’indécentes fortunes politiques et économiques.

 

Nicolas Lambert a assisté de bout en bout au procès Elf qu’il joue avec une restitution renversante de l’état d’esprit des personnages, et des propos impensables qu’il a relevés. Comme cette phrase de l’ex-PDG de la société : « On va appeler un chat un chat : Elf a été créée pour maintenir l’Algérie et les rois nègres dans l’orbite française par le biais du pétrole. Avec les algériens, ça a capoté. Avec les rois nègres ça se poursuit. Le système a été créé pour permettre cette opacité. Le président d’Elf est donc un « ministre bis » de la Coopération. C’est pourquoi le Général de Gaulle avec son homme de l’ombre Foccart, a placé à sa tête un homme des services secrets. Et c’est pourquoi Elf a de tout temps financé les services secrets. Elf avait donc trois objectifs : industriel, diplomatique et politique. »

Toujours du même Le Floch-Prigent, président au moins négligent et suffisamment imbu du rôle positif de sa colonisation pétrolière en Afrique pour financer la guerre du Congo-Brazzaville, tout en prétendant empêcher un président élu de contracter des emprunts à l’étranger que la métropole France lui refusait : « Quand j’ai posé la question à François Mitterrand de savoir si oui ou non je devais mettre un terme à un système qui me semblait efficace mais dangereux, sa réponse était claire : « Elf a été créé pour cela ». Il n’est plus question de quelques prévenus et mauvais gestionnaires, le problème est ailleurs et il dure depuis des décennies. Si ce n’est davantage.

 

Le comédien joue tous les personnages en deux heures d’un spectacle salué par un succès incroyable, qui met à nu l’écran de fumée permanent derrière lequel opère paisiblement les nocives forces françafricaines. Maintenir une domination issue de la colonisation à travers le jeu complexe des dirigeants africains  aux ordres et sélectionnés pour leurs vénalité et vacuité, exproprier les Africains de leurs richesses énergétiques, financer les campagnes politiques françaises, assurer la position géopolitique de la grande France en recrutant puis caporalisant des Etats-clients et obligés : Elf en version démystifiée. Elf officiellement n’est plus qui a pris le relais ? Hors sujet certainement en attendant le spectacle de Nicolas Lambert ne refuserait pas les Karanautes, mais u son succès il vaudrait mieux réserver avant. 

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Publié dans Francafrique

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