VICTIMES DES CRIMES POLITIQUES ET ECONOMIQUES SOUS LE REGNE DU GENERAL KEREKOU

Publié le par Gaston K. AZOUA

CONFEDERATION SYNDICALE DES TRAVAILLEURS DU BENIN

 

(CSTB)

 

03 BP 932 COTONOU TEL : 21 30 78 57 / 20 22 35 52 /  97 98 11 48 / 90 94 83 93 FAX : 21 30 78 49

 

 

DECLARATION

 

 

 

LA CSTB EXIGE REPARATION ET REHABILITATION DES VICTIMES DES CRIMES POLITIQUES ET ECONOMIQUES SOUS LE REGNE DU GENERAL KEREKOU.

 

 

 

         Les élections présidentielles 2006 sont allées à terme et le nouveau Président élu de la République du Bénin est connu.

 

 

 

         Le 06 avril 2006, il y aura passation de pouvoir entre le Général Mathieu Kérékou et le Docteur Boni Yayi et le Général s’en ira.

 

 

 

         Cependant, le règne du Général Mathieu Kérékou aura été marqué par des actes graves dont le peuple le rend responsable. Ainsi, le peuple, les travailleurs ne comprendront jamais qu’après tant de ravages, l’ancien Président puisse se retirer avec son équipe sans rendre compte. Il y eut des crimes de sang, des crimes économiques, des parjures, une politique d’apatridie et d’asservissement ruineux pour le pays et ses hommes, des violations répétées des libertés.

 

 

 

¨     Des crimes de sang

 

         En dehors des élèves et étudiants assassinés (Atchaka Parfait, Akpokpo Glèlè Rémy, Luc Togbadja, Maurice Dansou et consorts), le peuple se souvient de Ségla Kpomassi abattu froidement au marché d’Azové, du sous-préfet en exercice Pamphile Hessou disparu sous le gouvernement de Soglo, de l’inspecteur Koundé en mission commandée, tout comme du Commissaire de Police Tossou, tous deux crapuleusement abattus, des juges du Tribunal de Kandi et de Parakou froidement assassinés. Les travailleurs ont aussi en mémoire l’agent de sécurité en mission au Port Autonome de Cotonou, haché comme de la chair à pâté dont les restes ont été mis en sac et jetés au bord de la voie ! Son tort a été d’avoir découvert par hasard les armes en fraude à bord d’un navire à quai et de s’en être ouvert à son chef, le Colonel Comlan Dohou Aglossi Kassim Azonhiho.

 

 

 

¨     Des crimes économiques

 

Les travailleurs se souviennent des sandales des sacs de glucose devenus  du sable, de l’or transformé aussi en sable. Ce sont les aspects scabreux des scandales primaires du règne du Général.

 

Les affaires SONACOP, SONAPRA, OPT, SBEE où des dizaines de milliards sont passés dans des poches privées sont les concentrés des crimes économiques de son règne. Le scandale Hamani et l’achat de parcelle par la CNSS à 4 milliards, des marchés de gré à gré portant sur des montants de plus d’un milliard de Francs CFA en sont des facettes très révélatrices.

 

 

 

¨     Des faits de parjures

 

Des faits de parjure sont légion et les plus manifestes ont été relevés à l’université avec la violation du décret 2001-365 du 18 septembre 2001 portant création et organisation des Universités nationales du bénin consacrant l’élection des recteurs, violation dénoncée et vivement combattue par des universitaires. Et plus près de nous, les parjures qui ont émaillé les élections présidentielles 2006.

 

 

 

¨     Une politique de ruine et d’asservissement

 

Le Programme d’Ajustement Structurel, puis aujourd’hui la Stratégie de Réduction de la Pauvreté et les politiques sectorielles qu’ils ont induits (privatisation, désengagement de l’Etat…) ont conduit à la ruine de bien de secteurs de la vie économique du pays. Les réformes du secteur agricole (PRSA, désengagement de l’Etat) ont ruiné le secteur et ses hommes : faillite de la filière coton avec les dettes persistantes de l’Etat à beaucoup de paysans qui sont parfois contraints au suicide.

 

         A l’université comme au primaire, le Plan Stratégique de Développement de l’Enseignement Supérieur tout comme les Nouveaux Programmes ouvrent la voie grande à la privatisation du secteur après avoir conduit l’Ecole béninoise à la ruine.

 

         Les départs dits volontaires, puis ciblés, les licenciements massifs dans les entreprises ont fait dans les rangs des travailleurs des ravages profonds et irréparables, laissant de nombreuses familles endeuillées (28 morts dans les rangs des ciblés de 1998 au Développement Rural).

 

         Le cumul des arriérés salariaux chiffrés à 214 milliards par le gouvernement tire sa source de la faillite de ces pratiques.

 

 

 

¨     Des libertés

 

Le projet régressif de loi sur la grève envoyé à l’Assemblée Nationale avec pour objectif de liquider les acquis syndicaux de la loi précédente ; la loi 90-004 du 15 mai 1990 sur l’embauche et le débauchage avec les nombreux contentieux qu’elle génère entre travailleurs et employeurs ; la loi 98-019 sur la Sécurité Sociale et la clochardisation qu’elle impose à  certains agents retraités constituent autant d’objets à restriction des libertés en milieu de travailleurs. Les bastonnades sur les lieux de travail, pratiques courantes dans beaucoup d’entreprises privées, voire dans certains secteurs comme le Projet ABOK et Hydrochem-Bénin restent le lot quotidien.

 

         A l’université, les violations des franchises universitaires sont monnaie courante avec des heurts fréquents entre policiers et/ou gendarmes et les étudiants.

 

         Dans les établissements secondaires, le Règlement Intérieur Paulin Hountondji bâillonne les élèves et proscrit toute organisation autonome des scolaires.

 

 

 

         Voilà le tableau hideux que nous laisse le Président sortant.

 

 

 

         De la lutte et des exigences des travailleurs

 

         Tout ceci a nécessité des luttes des travailleurs et il y en a eu des victorieuses :

 

-         contre le Programme d’Ajustement Structurel, contre l’avancement au mérite ;

 

-         contre la loi 61-7 du 20 février 1961, contre l’Ordonnance 69-10/PR du 14 mai 1969 du Dr Emile Derlin Zinsou, contre les départs ciblés, contre le projet de loi scélérat sur la grève à l’Assemblée.

 

 

 

Des luttes également pour la sauvegarde du patrimoine de l’Etat (SONACOP, SONAPRA), pour le paiement des cumuls d’arriérés salariaux malgré l’escamotage.

 

 

 

         Ce que toutes ces luttes victorieuses ont révélé, c’est que la perspicacité dans la lutte finit par payer. Voilà pourquoi, aujourd’hui plus qu’hier, il n’y a pas de temps à perdre. Il n’y a pas de trêve à observer.

 

 

 

         La CSTB exige que Kérékou répare tous les torts qu’il a faits aux travailleurs et au peuple. Et ceci tout de suite, par des actes formels avant le 05 avril 2006. Il a commencé à exhumer certains dossiers, tel celui concernant BIAOU Rogatien, ministre des Affaires Etrangères, celui des gradés de la Police. Il faut qu’il continue.

 

Nous exigeons :

 

1.     la prise immédiate d’actes pour le châtiment des auteurs, la réhabilitation et l’indemnisation de toutes les victimes des crimes de sang, crimes politiques et économiques de Kérékou I, Soglo, Kérékou II et Kérékou III ;

 

2.     la publication immédiate de tous les dossiers et résultats d’enquête relatifs à tous les crimes ci-dessus énumérés (affaire OPT-TITAN, SBEE, SONAPRA, Inspecteur Koundé, Sous-préfet P. Hessou…) ;

 

3.     La reconnaissance sans délai des Comités de travailleurs dans tous les secteurs pour l’évaluation des dégâts causés par les gouvernants et désigner les nouveaux responsables et les contrôler ;

 

4.     le paiement de la totalité des arriérés salariaux ;

 

5.     le retour dans les caisses de l’Etat des fonds pillés par les gestionnaires indélicats, leur juste châtiment ;

 

6.     la reprise immédiate d’activité et la réhabilitation de tous les travailleurs arbitrairement licenciés  ou "ciblés" ainsi que leur indemnisation ;

 

7.     le retrait pur et simple du projet de loi sur la grève de l’Assemblée Nationale ;

 

8.     une nouvelle politique de l’Ecole au Bénin qui prend en compte nos valeurs culturelles ;

 

9.     L’abrogation de la loi 90-004 du 15 mai 1990.

 

 

 

Tels sont les problèmes brûlants que le Général devra résoudre avant le 05 avril 2006.

 

L’Etat étant une continuité, le nouveau Président prendra et l’actif et le passif de son prédécesseur.

 

 

 

         A son successeur, la CSTB exige tout de suite :

 

-         la satisfaction des revendications en instance dans tous les secteurs,

 

-         la mise en œuvre immédiate du Programme Politique  Economique et Social d’Urgence adopté et soutenu par le Forum des Travailleurs et la CSTB,

 

-         la déclaration publique effective des biens de tous les nouveaux ministres et autres responsables.

 

 

 

Nous appelons les travailleurs à se mobiliser et se donner les moyens de faire résoudre ces problèmes.

 

 

 

Cotonou, le 28 mars 2006

 

 

 

Pour le Bureau Directeur National,

 

Le Secrétaire Général Confédéral

 

 

 

 

 

Gaston K. AZOUA.

 

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Publié dans Messages divers

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