Bonne gouvernance et transition en Afrique de l'Ouest
Bonne gouvernance et transition en Afrique de l'Ouest : Le Premier ministre pour une coalition mondiale contre la corruption
Le Soleil (Dakar)8 Mars 2005
Publié sur le web le 9 Mars 2005
Le Premier ministre Macky Sall estime que la lutte contre la corruption doit se mener à l'échelle mondiale. La bonne gouvernance constitue un socle sur lequel doit reposer la croisade. À son avis, cette donne est bien comprise par le Sénégal qui a créé un ministère spécifiquement chargé de la conduite des politiques de transparence, dans la gestion des biens publics.
En matière de corruption, l'Occident a tendance à citer l'Afrique. Comme si ce phénomène se limite seulement à cette partie du monde. Alors que les plus grands scandales des cinq dernières années se sont passés en Europe et aux Etats-Unis. De l'avis du Premier ministre, Macky Sall, la corruption est un fléau qui touche toute la planète. D'où la nécessité pour les dirigeants de mener la lutte à l'échelle mondiale.
Macky Sall présidait, hier, à Dakar, l'ouverture d'une table ronde de deux jours (7 et 8 mars) initiée par le bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest et Wilton Park, un des centres de discussion de politique internationale les plus importants au monde et basé au Royaume-Uni. Ces assises ont pour thème : " Souveraineté et transition en Afrique de l'ouest. " Le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest, le Premier ministre du Niger, l'ex-ministre britannique pour le développement International, ainsi que d'autres experts venant d'Europe et des Etats-Unis prennent part à cette rencontre.
Le Premier ministre trouve que la bonne gouvernance constitue un socle sur lequel doit reposer la lutte contre la corruption. Et à son avis, le Sénégal, " pays respectueux des droits de l'homme, ayant à sa tête un des chefs d'Etats initiateurs du NEPAD, se veut un ardent défenseur de la bonne gouvernance ". C'est dans cette optique, a-t-il ajouté, que le président de la République a créé un ministère spécifiquement chargé de la conduite des politiques de bonne gouvernance et dont l'un des objectifs " est de mettre en place un Observatoire national de la bonne gouvernance ".
La CEDEAO, chargée de la mise en oeuvre des projets et programmes du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), " suit avec une attention particulière le volet relatif à la bonne gouvernance politique et économique ". C'est ainsi, a laissé entendre le chef du gouvernement, que le comité des Chefs d'Etat et de gouvernement chargé de la mise oeuvre de cette instance a institué le mécanisme Africain d'évaluation par les pairs (MAEP).
Il a expliqué que " l'objectif du MAEP est d'encourager l'adoption de politiques, de normes et de pratiques qui devraient aboutir à une stabilité politique, à une croissance économique forte, à un développement durable et à une intégration économique sous régionale et continentale accélérée ". Et le Premier ministre d'ajouter que " la bonne gouvernance implique donc des actions à mener, aussi bien sur les plans institutionnel et judiciaire, qu'au niveau de l'assainissement de l'environnement des affaires et de la lutte contre la corruption ".
Auparavant, l'ancienne ministre britannique pour le développement international a martelé que la bonne gouvernance implique la lutte contre la corruption. À son avis, la transparence dans la gestion de la chose publique est nécessaire. Parce qu'elle constitue une condition pour la venue d'investisseurs en Afrique. À cet effet, elle a fustigé l'attitude de ceux qui n'hésitent pas à payer pour être choisis. La baronne a invité à une croisade contre ceux qui proposent aussi des pots de vins. Et à un soutien de toutes les parties prenantes pour le rapatriement des fonds acquis illégalement dans le continent africain.
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