Le leader des "patriotes" bientôt au Togo
CÔTE D'IVOIRE - 23 février 2005 - AFP
Charles Blé Goudé, le leader du mouvement des "jeunes patriotes" ivoiriens, fer de lance des manifestations antifrançaises en Côte d'Ivoire, se rendra "très prochainement" au Togo pour créer un mouvement identique afin d'"appuyer la lutte de la jeunesse togolaise".
"Notre objectif est de monter un nouveau mouvement des patriotes au Togo", a indiqué M. Blé Goudé, gardant secrète la date de son arrivée dans le pays. "Nous avons travaillé à distance avec nos représentants depuis le début de la crise, maintenant il faut que je me rende sur le terrain", a-t-il ajouté. Pour le chef des "patriotes" ivoiriens, le "Togo est victime de la politique hasardeuse de Jacques Chirac et de l'emprise qu'il voudrait avoir sur tous les pays africains".
Des tracts très virulents contre la France et le président français Jacques Chirac avaient été distribués la semaine dernière à Lomé. Ces tracts affirmaient que M. Chirac était l'"ami personnel du sanguinaire feu Etienne Gnassingbé Eyadéma", le président togolais défunt, et que le soutien de la France mettait "constamment en péril la vie" des Français au Togo.
L'opposition togolaise avait démenti être à l'origine de ses tracts. Elle réclame le départ de Faure Gnassingbé désigné par l'armée après le décès de son père Gnassingbé Eyadéma, le 5 février. Ce choix, avalisé par les députés grâce à une révision express de la Constitution, a été condamné par la communauté internationale. "Malheureusement voilà un pays africain qui est entrain de sombrer, nous pensons que c'est la même lutte nous sommes victimes de leur système face auquel nous devons nous donner la main", a-t-il martelé.
Blé Goudé entend également appeler au "respect de l'ordre constitutionnel normal et faire comprendre qu'une République est différente d'une dynastie car une nouvelle Afrique est en train de naître". Le mouvement de M. Blé Goudé avait appelé en novembre "les jeunes patriotes" à descendre dans les rues à Abidjan pour dénoncer la politique de la France en Côte d'Ivoire, provoquant le départ dans la précipitation de quelque 8.000 européens, dont 7.000 Français, de ce pays.