Nicolas Sarkozy qualifie les Noirs de violents
Nicolas Sarkozy qualifie les Noirs de violents, Congolais et Ivoiriens en particulier, révèle le Gri-Gri international
03/12/2005
03/12/2005
«Pour Nicolas Sarkozy même les Arabes sont moins violents que les Noirs», c’est le titre qui barre la Une du quinzomadaire satirique françafricain du 1er décembre 2005, le Gri-Gri international. Encore et encore, encore toujours M. Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa sur une thématique qui n’en fini pas de le faire grimper dans les sondages : Les Noirs, les Arabes, les voyous, les casseurs, les tournantes…
Si des mauvaises et insistantes langues voient dans le déferlement verbal brut de décoffrage du ministre de l’intérieur français, du reste d’origine hongroise, le signal de tumultes personnels mal gérés, la répétition d’un discours de stigmatisation des non-blancs de la république va probablement consacrer une césure nationale durable au-delà des visées électoralistes du crieur, et des silences tactiques honteux de l’opposition supposée.
Selon le Gri-Gri international [N°44], ainsi qu’il aime à communiquer, alternant fausses confidences et coup d’éclats populistes, le ministre de l’intérieur français d’origine… déclarait fin novembre 2005 tenir des services de renseignement que « ce sont curieusement les Noirs plutôt que les Arabes qui sont violents » et de préciser les identités remarquables, en particulier « les Ivoiriens et les Congolais ». Ouf ! La violence, les émeutiers à nettoyer au Karcher ont un visage ! Nègre et africain pour changer.
La re-violence donc selon ce probable spécialiste de l’école néo-polygamiste Carrère d’Encausse serait «culturelle» dans ces pays d’Afrique que Elf a mis à feu et à sac pour exproprier les Africains de leur pétrole, et où les troupes françaises Licorne, culturellement pacifistes, tirent à volonté sur des civils abidjanais désarmés pour préserver les orgies coloniales.
Alors qu’une semaine après le début des révoltes urbaines, M. Sarközy de Nagy-Bocsa croyait révéler à des journalistes : « la moitié des émeutiers sont des étrangers », persistant sur France 2 en expliquant que ceux qui « posent problème » sont originaires « d'Afrique et d'Afrique du Nord », il allait bientôt être démenti par les faits. Comme souvent. Le quotidien Le Monde du 26 novembre s’étant prudemment armé de chiffres pour s’attaquer à la question, il nous apprend que sur les 3101 personnes arrêtées pendant la période d’indocilité des jeunes, seuls 120 étaient des ressortissants étrangers, soit à peine 4%. Comme dit le Gri-gri « L'équation « délinquants = Africains » chère à Sarko en prend donc un sérieux coup. ». Mais qu’importe l’essentiel n’est-il pas de communiquer, d’être vu, il n’y aura pas beaucoup de téméraires pour confronter directement le ministre des renseignements généraux aux faits avérés…
L’homme pressé quoique peu serein par ailleurs, ainsi que le veut une certaine presse forcément mal aspectée n’est pas du genre à se laisser impressionner par ses propres impasses politiques et propos emportés. Il annonçait à l’Assemblée nationale, peut-être pour cultiver une image de fermeté qu’il sentait en mal de convaincre sans surenchères, avoir « demandé aux préfets que les étrangers, qu'ils soient en situation régulière ou irrégulière, qui ont fait l'objet d'une condamnation, soient expulsés sans délai ». Disposition contraire à la loi, restée donc lettre morte… Etc.
Malheureusement la question ne semble pas être que le ministre ait tort ou raison mais bien qu’il occupe au sens territorial l’espace politique et colonise celui des médias. Pour ce faire il a besoin de thèmes faciles, installés dans le fantasme collectif du nègre « phobogène » comme disait Fanon, violent, immigré pique-assiette, passeport pour l’insécurité importée des contrées de négritie.
Lorsqu’un poids lourd de la politique se permet, en lieu et place d’une réflexion politique et d’action dans la durée sur les leviers du changement et de la réforme, de faire commerce électoral sur la dégradation de l’image et de l’honorabilité d’une partie de la population reconnaissable à son phénotype mélanoderme, il est normal que les anonymes du régiment se déchaînent, se sentent pousser des ailes.
Le terrain trop facile, pour qui n’a pas la hauteur de rechigner à vaincre sans péril, de Noirs désorganisés, relégués socialement, inexistants économiques et laminés politiquement offre aux seconds couteaux de la république, des travaux pratiques de cynisme professionnel. Les langues africaines, la polygamie, les odeurs, l’inaptitude à l’égalitarisme républicain, les papiers exigés sur les corps calcinés des incendies parisiens, la racaillologie, les lois d’exception [couvre-feu, menace sur le rap …], bref l’échéance présidentielle explose les inhibitions mélanophobes. Et il n’y a pas loin de l’indigence et des propos des pourtant éminemment et respectueusement élus. Il va sans dire, mais mieux en le disant, l’accumulation de tels salves fleurant bon la xénophobie n’a rien de fortuit, au contraire elle puise largement dans un fond commun en partage depuis des siècles de prétention à civiliser les sauvages, les sauvageons.
La stratégie qui des Nègres veut entretenir un bétail électoral captif blanc, naïf mais fragile et souvent éprouvé par les difficultés économiques, tente plus politiquement d’isoler le maillon faible des risques de constitution d’une communauté noire et plus globalement d’une force politique de citoyens issus au moins par leurs ascendants des anciennes colonies. Noirs et Arabes sont séparés et les charges contre les uns et les autres sont habilement différenciées, visant à éloigner la possibilité d’une communauté de revendications, nécessaire sur des thématiques précises. La vague de propos à la limite infamants sur les Noirs distingue aussi entre Africains et Antillais, à la fin politique là aussi de fissurer une éventuelle force politique, ce qui affaiblirait à terme le potentiel électorat noir, fractionné et décapitalisé. Sur le plan concret cependant, les récents cas de discriminations ont montré que du célèbre avocat antillais à l’ouvrier noir africain, une rigoureuse communauté de traitement était plutôt de mise, vis-à-vis des Blacks. Les épisodes difficiles d’un homme de droit ligoté et malmené dans un commissariat parisien, Me Ursulet, tranchant à peine de ceux de cet immigré africain attaché et baillonné par jeu par ses collègues de travail dans une manufacture alsacienne.
Ces calculs d’apothicaires vont néanmoins à terme renforcer et radicaliser les éternels désignés, montrés du doigt. Il pourrait s’en suivre une grave dérive des blocs ethniques, Blancs et Noirs, prélude à des relations où la cordialité n’aura pas forcément droit de cité. Les casseurs en cols blancs sont au travail colonostalgique. Qui par les lois, celle du 23 février est significative, des rapports tels que celui de M. Benisti faisant un lien entre le parler des langues africaines et la délinquance, traduisent une décomposition de l’Antiracisme, de la notion même de république avec la réapparition d’une hiérarchie entre citoyens, contribuables, idiomes culturels, phénotypes différents la diversité française.
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