Combien de victimes avant que Jacques Chirac ne lâche Baby Eyadéma
Togo: Combien de victimes avant que Jacques Chirac ne lâche Baby Eyadéma ?
La France avait autrefois béni le remplacement de lubuesque dictateur haïtien François Duvalier, alias Papa Doc, par son fils Jean-Claude Duvalier, marionnette dun clan milicien cherchant à prolonger son pouvoir. Le « règne » de Baby Doc na fait quempirer la situation dun pays torturé. Aujourdhui, le clan milicien soudé par feu Étienne Gnassingbé Eyadéma a promu de manière expéditive avec laide « juridique » du professeur français Charles Debbasch , le fils du tyran Faure Gnassingbé. Un Baby Eyadéma. La troupe a déjà tiré samedi sur les manifestants de la liberté. Le langage hyper-convenu de la diplomatie française cache mal la stratégie élyséenne, vieille comme la Françafrique : celle du « fait accompli ». Il sagit de faire durer assez ce pouvoir caricatural pour lui permettre de faire, en position de force, de maigres propositions douverture où sengluera une partie des opposants. Et ainsi daboutir à une prolongation indéfinie de la dictature qui fait depuis 4 décennies le cauchemar des Togolais. Lacharnement avec lequel lÉlysée prolonge une Françafrique totalement archaïque va devenir de plus en plus coûteux pour tout le monde. La France doit comprendre que cest le moment de tourner la page. Elle doit comprendre que « le sentiment anti-français » qui se répand sur le continent africain correspond à une prise de conscience, par les peuples du continent, de la réalité du rôle de la France dans loppression dont ils sont victimes ; elle doit comprendre que les peuples africains veuillent et doivent sen affranchir ; elle doit comprendre quelle n'a plus que le temps déchapper, peut-être, à la réprobation générale. Elle doit exiger avec lUnion africaine et lUnion européenne des élections libres au Togo, et notamment une élection présidentielle et simpliquer, avec lUnion européenne et lUnion africaine, pour que cette exigence ne soit pas quun vu pieux, non suivi deffet. Dans notre République monarchique, hélas, cest Jacques Chirac qui dirige seul les relations franco-africaines officielles et parallèles. Plus il tarde à mettre un terme à son soutien inconditionnel aux dictatures françafricaines, plus il se compose aux yeux des Africains (et du monde) le masque dun Leonid Brejnev perpétuant le « Rideau de fer », ou celui d'un démiurge de la Maison blanche perpétuant le fascisme en Amérique latine. En mai dernier, Survie lançait une campagne contre le soutien de la France aux dictateurs africains largement inspirée par la mascarade électorale togolaise de 2003 et son indigne cautionnement par la diplomatie française. Depuis le mois de mai, celle-ci a rassemblé plus de 7000 signatures de citoyens et obtenu le soutien dune douzaine de députés, ainsi que la mobilisation de personnalités africaines signataires dune lettre ouverte au président Chirac. Une quarantaine dévénements (projections, débats, manifestations) ont été organisés dans ce cadre, dans plus de 20 villes françaises. Parmi les revendications: - le "service minimum" de relations diplomatiques avec les régimes qui ne procèdent pas d'une élection démocratique - la levée de l'ambiguïté sur la nature officielle ou personnelle des relations entretenues avec les dictateurs africains - la fin de l'envoi d'ambassadeurs "validateurs d'élections truquées" - l'arrêt de la coopération militaire et des ventes d'armes en direction des régimes répressifs et/ou agressifs Communiqué, le 15 février 2005 Association Survie 210 rue Saint-Martin 75003 Paris Tel : 01 44 61 03 25 Fax : 01 44 61 03 20 www.survie-france.org |
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La France avait autrefois béni le remplacement de lubuesque dictateur haïtien François Duvalier, alias Papa Doc, par son fils Jean-Claude Duvalier, marionnette dun clan milicien cherchant à prolonger son pouvoir. Le « règne » de Baby Doc na fait quempirer la situation dun pays torturé.