| La pression de la communauté internationale s'accentue sur l'armée togolaise, pour l'amener à revenir sur sa décision de transférer le pouvoir au fils de l'ancien président Gnassingbé Eyadéma, après la mort - le 5 février - de ce dernier.  | Gnassingbé Eyadéma, le chef de l'Etat togolais, mort à l'âge de 69 ans. | L'Union Africaine a été la première organisation à protester contre la désignation du fils du président togolais, Gnassingbé Eyadéma, pour lui succéder. La décision des autorités togolaises a été qualifiée de coup d'état par le président de la Commission de lUnion Africaine, Alpha Oumar Konaré. Le président en exercice de l'UA - le Nigérian Olusegun Obasandjo - affirme de son côté que "l'Union africaine n'acceptera aucun transfert anticonstitutionnel du pouvoir au Togo".  | "Coup d'état militaire"  Ce qui se passe au Togo mérite d'être appelé par son nom : c'est un coup d'Etat militaire.  Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l'Union Africaine. | La Constitution togolaise prévoit qu'en cas de vacance de la présidence de la République par décès, la fonction présidentielle est exercée provisoirement par le président de l'Assemblée nationale. Le même texte prévoit l'organisation d'une élection présidentielle "dans les soixante jours de l'ouverture de la vacance". Mais l'armée togolaise estime que le Président de l'Assemblée Nationale, Fambaré Ouattara Natchaba - qui selon la constitution aurait dû succéder provisoirement au président Eyadéma - était absent du pays. Joint à Cotonou par BBC Afrique, Fambaré Ouattara Natchaba s'est refusé à tout commentaire. Vacance du pouvoir La nouvelle de la désignation du fils du président Eyadéma - Faure, 39 ans - pour lui succéder a été annoncée à la télévision par le Général Zakari Nandja. "Les Forces armées togolaises ont été confrontées à une situation de vacance totale du pouvoir", a-t-il déclaré. Jusqu'à sa nomination comme chef de l'Etat, Faure Essozimna Gnassingbé était ministre de l'Equipement, des Mines, des Postes et Télécommunications dans le gouvernement de Koffi Sama, le Premier Ministre togolais. Selon les autorités togolaises, Gnassingbé Eyadéma, 69 ans, est décédé alors qu'il était évacué d'urgence pour des soins à l'extérieur du pays. Le président aurait succombé à une crise cardiaque. Eyadéma dirigeait le Togo depuis 1967, après s'être emparé du pouvoir suite à un coup d'état militaire. Relations difficiles avec l'opposition et les bailleurs de fonds Ces dernières années, il s'est rendu plusieurs fois à l'étranger, pour y subir des traitements médicaux. Après s'être emparé du pouvoir il y a 38 ans, il avait dissous tous les partis politiques. Sous la pression de la rue, il a instauré le mutipartisme en 1991, et remporté 3 scrutins consécutifs. Mais l'opposition a multiplié ses accusations à l'encontre du régime, dénonçant "la répression politique et la fraude". En 1993, l'Union Européenne a suspendu sa coopération avec le Togo, pour "déficit de démocratie", même si depuis, un rapprochement a été amorcé entre les deux parties, à la faveur du dialogue politique initié par les autorités togolaises. Une enquête de l'ONU et de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) avait fait état, après les élections contestées de 1998, de violations systématiques des droits de l'Homme dans le pays. |