Révision de larticle 35 - LUA, lUE et lONU donnent le feu vert à Gbagbo
Les Echos du Matin - 2/8/2005 5:47:33 PM
La réaction de la communauté internationale, face à la confiscation du pouvoir par les militaires au Togo, donne raison à Gbagbo de ne se référer quà la Constitution pour modifier larticle 35.
La communauté internationale, en loccurrence lUnion africaine (UA), lUnion européenne (UE), lOrganisation des Nations unies (Onu), la Communauté économique des Etats de lAfrique de lOuest (Cedeao) ainsi que bien dautres voix individuelles, dans un concert dindignation, ont, comme un seul homme, condamné la confiscation du pouvoir par les militaires togolais, au profit de Faure Gnassingbé, suite au décès, samedi, du Président Eyadéma. Même la France a curieusement ajouté sa voix à ce concert dindignation. Tout le monde a réclamé que larticle 65 de la Constitution du Togo, qui détermine la dévolution du pouvoir en cas de vacance, soit scrupuleusement respecté. Daucuns, comme le président nigérien, Mamadou Tandja, qui a été réélu récemment au terme dune élection démocratique à la tête de son pays, ont parlé de déshonneur pour lAfrique. Un déshonneur qui donne mille et une fois raison au président ivoirien. Celui-ci se bat, depuis léclatement de la guerre le 19 septembre 2002, pour préserver lhonneur et la dignité du peuple ivoirien. Dans cette optique, Laurent Gbagbo a fait du respect de la Constitution son cheval de bataille. Cest pourquoi pour la modification de larticle 35 de la Constitution ivoirienne, le chef de lEtat ivoirien, ainsi que lexige de la loi fondamentale de son pays, a décidé de consulter le peuple de Côte dIvoire. Ce qui nest pas de lavis de la rébellion ivoirienne animée par les bandes armées que sont le Mpci, le Mpigo, le Mjp et les formations politiques Pdci, Rdr, Udpci et Mfa. Ces mouvements rebelles et partis politiques sont soutenus par des chefs dEtat africains comme Bongo, Wade, Compaoré et le secrétaire général de lONU, Kofi Annan lui-même. Curieusement, ce sont ces personnages qui réclament, pince sans rire, lapplication de la Constitution au Togo. Son respect strict. Alors quils dénient, dans le même temps, ou ont dénié bien avant, à Gbagbo le droit de se référer à la Constitution pour modifier larticle 35. A Libreville, ils ont essayé, sappuyant disent-ils sur larticle 48 de la loi fondamentale ivoirienne, damener Gbagbo à violer la disposition relative à la modification de cet article. Même sils ont fait chou blanc, ils nont pas renoncé. Le président gabonais, valet de limpérialisme, avant-garde avancée de la françafrique, au cours dune sortie sur une radio subversive, partie prenante dans la guerre en Côte dIvoire, a affirmé que si le vote au référendum devait être négatif, on reviendrait à la case départ. Dune façon ou dune autre, les Ivoiriens doivent voter oui pour quAlassane Ouattara soit candidat. Voilà que la mort dEyadéma vient remettre en cause toute la théorie que les Bongo, Wade, Annan et autres avaient bâtie. Ils ne peuvent pas dire à Gbagbo de violer la Constitution et exiger, dans le même temps, aux autorités togolaises de respecter leur Constitution. Ce, dautant quil ne peut couler à la même source à la fois leau douce et leau salée.
Souleymane T. Senn