En ce jour de commémoration de l'armistice de la première guerre mondiale où de nombreux africains ont melé leur sang à ceux des français pour défendre la république française, patrie des droits de l'homme, plus de six milles manifestants s'étaient rassemblés sur la place Victor Hugo à Paris pour scander leur indignation sur le comportement de Chirac en Côte d'Ivoire. De nombreux intervenants des partis politiques, d'associations, de la societé civile se sont relayés à la tribune pour dénoncer l'inconscience et la désinvolture de Chirac dans la crise Ivoirienne. La force Licorne composée exclusivement de militaires français intervenant en Côte d'Ivoire sous le mandat de l'Onu, donc sous les ordres de Koffi Annan, sont intervenus directement sur injonction de Chirac, provoquant un acte de guerre contre l'Etat Ivoirien. Voilà le faiseur de leçon aux américains, leur recommandant de ne pas agir en Irak sans l'accord de l'Onu, faire exactement la même chose en Côte d'Ivoire et se substitue aux décisions des membres de cette organisation internationale sans même les concerter ni obtenir leur aval. Le despotisme de Chirac que bon nombre soupconnaient, vient s'étaler à la face du monde en méprisant le droit international et la souveraineté de la Côte d'Ivoire. Quand Raffarin dit "On ne tue pas un soldat français impunément", qui va punir la France chiraquienne des nombreux morts ivoiriens tués délibérement par les soldats français? Malgré ce malaise, les intervenants ont tous insistés sur le fait de ne pas inquieter les étrangers vivant en Côte d'Ivoire, qui ne sont pas responsables des errements de Chirac et qui, pour la plupart, aiment véritablement ce pays et l'accueil chaleureux qui le caractérise. L'histoire entre la Côte d'Ivoire et la France s'est longtemps nourrie de cordialité, de fraternité et même d'affectivité profonde entre ses deux peuples pourtant si différents. Les nombreux ressortissants français présents sur le sol ivoirien peuvent en témoigner. Il n'existait aucun problème de cohabitation entre les différentes communautés. Lors du coup d'Etat du général Guei en décembre 1999, la France, alors sous gouvernement Jospin, n'avait pas voulu intervenir. La crise s'était rapidement estompée et les Ivoiriens avaient geré leurs affaires entre eux sans que personne n'y retrouve à redire et sans que cela ne provoque de guerre civile. Aux élections Présidentielles, le général Guei a tenter de garder le pouvoir contre l'avis des urnes qui déclaraient Gbagbo vainqueur. Là encore, les Ivoiriens ont fait face à leurs responsabilités et sont venus défendre leurs voix dans la rue pour le respect de leurs décisions. La communauté internationnale à reconnue le nouveau Président de la Côte d'Ivoire en la personne de Laurent Gbagbo. Ce Président n'a pas ménagé ses efforts pour que le pays qui venait de traverser une crise interne, retrouve son unicité et sa cohérence. Il fit revenir au pays, tous ceux qui s'étaient exilé après le coup d'Etat de décembre 1999. Il libéralisa la presse en supprimant le délit d'opinion qui la frappait encore sous le régime Bédié, la dénationalisation des filières Café-Caco permettant aux paysants de se regrouper en coopératives afin de vendre au mieux leurs productions, il participa au "forum de la réconciliation" où tous les acteurs de la vie politique ivoirienne sont venus librement et sans crainte, exprimer leurs griefs et livrer leur vision pour un futur meilleur. La Côte d'Ivoire venait enfin de prendre le chemin de la démocratie et opérait une mutation profonde des institutions pour les moderniser et les rendre plus ouvertes aux citoyens, et surtout, plus conforme aux données de la mondialisation incontournable, surtout pour le continent africain. Ce pays avait tous les atouts en main pour réussir enfin sa totale émancipation du joug néocolonialiste encore pesant dans la sous-région (il suffit pour cela de s'intéresser sur le fonctionnement du Franc CFA pour comprendre comment les pays qui y sont assujettis, se trouvent piller de leurs ressources, ou alors de s'interroger sur les différents accords de défense qui unis la France à ces pays, les empéchant d'assurer eux-même leur protection et les maintenir sous la domination militaire de la France). Mais c'était sans compter sur les velléités de Chirac, aidés dans sa basse besogne par quelques individus peu scrupuleux, de vouloir à tout prix conserver la main mise sur ce territoire que Chirac considère encore comme le sien. Il est inconvenable qu'un Président africain ne fasse pas appel aux entreprises françaises pour l'achat de biens et de services dont le pays a besoin pour se développer. Il est d'autant plus inconvenable, que la facturation de ces biens et services largement surévaluée vis à vis de la concurrence étrangère et qui sert bien souvent à alimenter la caisse noire des partis politiques français, échappe aux récipiendaires institutionnels d'une longue pratique maffieuse sur le continent noir (voir les ouvrages sur la "Françafrique" de François Xavier Vershave entre autres). De plus, si la Côte d'Ivoire réussit le pari fou de se passer de la présence française chez elle, c'est alors toute la sous région sub-saharienne qui lui emboitera le pas, région où la France tire ses richesses lui permettant d'être encore aujourd'hui parmi les grands de cette planète. Le prestige de cette grande nation en serait ternie pour toujours, et la France perdrait une bonne part de son "leadership". Voilà la vision des choses de Chirac qui justifie son acharnement à vouloir coûte que coûte, conserver l'Afrique sous la dépendance française. Mais est-ce bien la bonne solution? A vrai dire, j'en doute. Il n'est pas nécessaire d'être une ancienne colonie française pour commercer de façon fructueuse avec nos partenaires. J'en veux pour preuve les relations de plus en plus dense avec des pays comme la Chine, avec lequel, nos relations sont loin d'être aussi amicales et qui ne bénéficie pas de liens affectifs profonds avec les français, qui pourtant, offre une opportunité incroyable d'échanges industriels et commerciaux. Le temps du blanc suppérieur aux africains est révolu. Les intellectuels du continent n'ont rien à envier aux Français puisqu'ils ont été pour la plupart, formés dans les écoles, universités et facultés de l'héxagonne, qu'ils disposent des mêmes diplômes que nos éminentes têtes grises bien de chez nous et que par conséquent, ils peuvent avoir un jugement tout aussi pertinent que le nôtre sur ce qui leur convient ou ne leur convient pas. Quand Chirac accuse Laurent Gbagbo de duplicité, je pense sincèrement que le plus roublard des deux n'est pas celui que l'on croit. Force est de constater que Chirac utilise parfaitement cette stratégie du "faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais" dans sa politique, et que ce n'est sûrement pas une fumée sans feu quand les français le surnomme "super menteur". Aussi, j'invite tous les français épris d'humanisme et de bon sens, à s'informer autrement que par les médias français sur la situation réelle de la Côte d'Ivoire qui n'a rien à voir avec celle présentée actuellement par grand renfort de publicité, et qui tente de salir par tous les moyens, un Président dont les seuls voeux sont de liberer son pays, de le rendre juste et démocratique, de relever le niveau d'instruction et de santé de ses concitoyens, et pouvoir assurer sa sécurité en toute indépendance. Je vous invite, disais-je, à exprimer votre mécontentement par tous moyen à votre convenance, sur le comportement irrationel de Chirac envers nos amis Africains. Demain, une Afrique libre sera surement un meilleur partenaire, ne serait-ce que par sa stabilité et par l'établissement de liens dépourvus d'entraves et de sous-entendus pernicieux comme c'est le cas actuellement.
Vous pouvez rejoindre l'association MEDDA (Mouvement Européen de Défense de la Démocratie en Afrique), sur le site internet www.medda.fr.st Christian Bailly-Grandvaux de Medda |