Qui va punir la France?

Publié le par Christian Bailly-Grandvaux

Qui va punir la France ?

« On ne tue pas impunément un soldat français » selon Monsieur Raffarin, Premier Ministre français. Sans contredire cette pensée, je me demande qui va punir les militaires français qui ont tiré et tué intentionnellement des manifestants ivoiriens désarmés, qui chantaient et dansaient devant la force Licorne positionnée à l’Hôtel Ivoire sous prétexte d’exfiltrer des ressortissants étrangers ?

Sur un film tourné en direct depuis la manifestation, on voit très clairement des snippers français positionnés au sixième étage de l’hôtel et pointant leurs armes de grande précision en direction de la foule. En bas, devant les fils de barbelé hérissés en barrage, on aperçoit un militaire français tirant des rafales d’arme automatique au jugé sur la foule. Le caméraman continu de filmer tout en essayant de se mettre à l’abri. Déjà, les premiers blessés sont évacués dans une camionnette. Les manifestants se relèvent, et essuient à plusieurs reprises, de nouveaux tirs, aggravant le bilan. Des jeunes filles et des jeunes hommes restent étendus sur le sol. Des manifestants s’improvisent secouristes et tentent de ranimer certains par des massages cardiaques. Les images sont insoutenables et sans équivoques La mauvaise foi des médias occidentaux ainsi que du gouvernement français et de Jacques Chirac n’effaceront pas la réalité et les blessures gratuites infligés à de simples citoyens venus clamer leur écoeurement de la politique française en Afrique. On ne voit aucune raison à ce massacre délibéré, perpétré par les militaires français. Aussi, Monsieur Raffarin, vous qui avez une promptitude, au même titre que Monsieur Chirac, à faire entendre votre voix pour dénoncer la mort de militaires français, que dites vous sur les crimes de ces mêmes militaires, et qui les sanctionnera, où sanctionnera la France plus précisément ?

Comme on ne doit rien attendre, pas même des excuses de la part de Monsieur Chirac et de son gouvernement, ni de la justice française, j’invite tous les ivoiriens blessés et les familles des tués à se regrouper en association afin de porter plainte auprès du Tribunal Pénal International pour crime contre l’Humanité à l’encontre de Jacques Chirac et de son gouvernement. Le MEDDA mettra tout en œuvre pour créer un collectif d’avocats qui interviendra gratuitement auprès des plaignants, les assistera et plaidera cette affaire devant toutes les juridictions compétentes.
Une plainte sera aussi déposée devant la commission aux droits de l’Homme de l’ONU et du Conseil Européen.
En plus de cette triste journée, je souhaite que tous les crimes des militaires français sur le sol ivoirien soient recensés et que les victimes se fassent connaître sans crainte. Je pense notamment aux braquages de la BCEAO avec la complicité de militaires français, le tournage de films pornographiques et l’abus, sinon, le viol, de jeunes filles ivoiriennes, le mutisme et le silence des militaires français assistant à l’exécution sommaire de civils par les rebelles.
Il n’est pas question de laisser ces crimes impunis, particulièrement, lorsque l’auteur se distingue comme le donneur de leçons de morale au monde entier en se déclarant l’instigateur des droits de l’homme, le défendeur de la démocratie, de la justice et de la paix.
Nous espérons une condamnation exemplaire qui fera date dans l’histoire de la France et qui refroidira tous ceux qui tenteront de réitérer ce genre d’exaction, quels qu’en soit les circonstances. Quand on veut se faire respecter, on se doit d’être irréprochable.

Le MEDDA est un Mouvement de portée Européenne dont l’objectif est la défense de la Démocratie en Afrique. Nous intervenons sur le dossier de la crise en Côte d’Ivoire, car de trop nombreux éléments nous signalent une ingérence et un parti pris sans ambiguïté des autorités françaises dans ce conflit, destiné à renverser, ou tout au moins, à discréditer un Président élu démocratiquement. L’aide apporté aux rebelles par la France ne fait aucun doute, et la manipulation des informations pour diaboliser un homme et sa politique par les médias dont ont connaît les accointances avec le pouvoir Elyséen est véritablement scandaleux. Dans un contexte différent, le MEDDA aurait certainement agi autrement, et se serait investi pour dénoncer des dérives du pouvoir ivoirien face à la montée de la xénophobie et du racisme issue de ces prédécesseurs. Hors, dans le cas présent, tant qu’une bande armée divise le pays en deux, tient en otage toute une population, interdit depuis plus de deux ans, les institutions d’Etat de fonctionner ainsi que les journaux de circuler, mise à part ceux qui encensent leur cause, que la France et l’ONUCI refusent d’aider au désarmement des rebelles tel que convenu dans les accords de Marcoussis et réitéré dans ceux d’ACCRA III, tant que la France tente d’imposer la modification de l’article 35 de la constitution par amendement en lieu et place d’un référendum prévu pour ce cas dans cette même constitution, poussant ainsi le Président Laurent Gbagbo à parjurer le serment de son investiture et a poser des actes de hautes trahison envers la nation ivoirienne, le MEDDA fera entendre son mécontentement par tous les moyens et n’hésitera pas à fustiger la politique africaine de Jacques Chirac et de ces collaborateurs, contraire aux lois internationales et allant à l’encontre du développement démocratique des pays africains. On n’attaque pas une démocratie impunément.

Christian Bailly-Grandvaux

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Publié dans Les messages du MEDDA

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