La Politique du Troisième Homme de la France contre l'Afrique

Publié le par Nicola Agbohou

Le Président Ivoirien Gbagbo serait-il un Tutsi rwandais ?

 

 

 

                  Introduction

 

Il est indispensable de s'imprégner du passé pour mieux comprendre le présent et envisager un  futur radieux  sous un jour nouveau . La crise dite ivoirienne plonge ses racines pivotantes dans l'histoire  de  l'esclavage et  de la colonisation des Noirs  en résurgence . Il convient donc de survoler cette période sombre des peuples Noirs  pour  mieux aiguiser la conscience des Africains sur  l'impérieuse nécessité  pour eux de s'unir  immédiatement contre la néo-colonisation qui les  détruit chaque jour et les conduit inexorablement vers leur  extermination  systématique à grande échelle comme ce fut le cas au Rwanda en 1994 . E n  effet,  par sa politique du troisième homme (I), la France a pu maintenir l'Afrique sous sa domination pendant l'esclavage (II), la colonisation (III) et après l'indépendance politique des pays africains (IV) condamnés  aujourd'hui à trouver des solutions efficaces à leurs propres problèmes de survie (V).

 

 

 

 

 

                  I) Définition de la politique du Troisième homme de la France

 

La politique du troisième homme consiste pour le conquérant français (= le premier homme) à asservir méthodiquement la plus grande majorité des Africains (= deuxième homme) grâce à la stricte collaboration ou traîtrise d'une petite poignée d'autres Africains (= troisième homme). Ceux-ci sont le plus souvent sous-équipés moralement, mentalement , intellectuellement ou matériellement au point qu'ils acceptent d'être achetés par l'envahisseur étranger à vil prix pour se contenter de vivre, avec une conscience humaine éteinte en eux, du commerce honteux de leurs semblables et de celui de leur propre instrumentalisation déshumanisante.

 

Selon Charbonneau, « C'est en utilisant le troisième homme, le commerçant africain lui-même, que certaines grandes sociétés espèrent à la fois se maintenir en Afrique et régler leur sort à ces pélés, ces galeux,... »[1].

 

Les premières grandes entreprises franco-européennes qui ont inauguré la politique du troisième homme sont les compagnies négrières à la conquête des Africains.

 

                  II)La politique du troisième homme pendant la                 traite et  l'esclavage des Noirs

 

Pendant plusieurs siècles, la France a été la deuxième  puissance esclavagiste et coloniale du monde. De nombreux Africains ignorent encore  que cet esclavage des Noirs a été décrété par le Pape Nicolas V qui  invite  les Indiens convertis au christianisme à  << soutenir les chrétiens contre les Sarrasins (=les Noirs ) et autres ... ennemis de la foi, de soumettre aussi quelques peuples païens qui vivent au milieu d'eux et sont infectés de la doctrine de l'abominable Mahomet, de leur prêcher et faire prêcher le très Saint Nom du Christ, qu'ils ignorent >>[2].

 

Par sa  même bulle papale, Nicolas V  décrit , avec un sadisme renversant , les crimes horribles qu'il a autorisés et qui ont été  perpétrés au nom de Dieu  contre les Africains . Ecoutons le Saint Père étaler son barbarisme hors norme:

 

<<Nous avions jadis, par de précédentes lettres, concédé au Roi Alphonse (d'Espagne) , entre autres choses, la faculté pleine et entière d’attaquer, de conquérir, de vaincre, de réduire et de soumettre tous les sarrasins (nègres), païens et autres ennemis du Christ où qu’ils soient, avec leurs royaumes, duchés, principautés, domaines, propriétés, meubles et immeubles, tous les biens par eux détenus et possédés, de réduire leurs personnes en servitude perpétuelle (...),  de s’attribuer et faire servir à usage et utilité ces dits royaumes, duchés, contrés, principautés, propriétés, possessions et biens de ces infidèles sarrasins (nègres) et païens (...) Beaucoup de Guinéens et d’autres Noirs qui avaient été capturés, certains aussi échangés contre des marchandises non prohibées ou achetés sous quelque autre contrat de vente régulier, furent envoyé dans les dits Royaumes (Amérique, Antilles...>>[3].

 

Sa Saintété le pape Nicolas V   rappelle  avec insitance l'interdiction de  vendre  aux Noirs << du fer, des armes , du bois de construction et d'autres marchandises qu'il est défendu de leur fournir; ou qu'encore ils ne les initiassent à la navigation , ce qui ferait d'eux , pour ces princes , des ennemis plus puissants , voire interromprait tout à fait le développement de leur entreprise (des Européens ) , par quoi Dieu serait grandement offensé et la chrétienneté toute entière couverte d'opprobre>>[4]  

 

Autrement dit, pour éviter d'offenser Dieu et de jeter le voile obscur de la honte ou du déshonneur incommensurable  sur le christianisme , l'Eglise romaine a décrété pour les Africains une vie de souffrances épouvantbles sans fin. Les  sacrifices iouïs consentis par  les Africains seraient la rédemption pour le bonheur des peuples conquérants européens au coeur de pierre !.

 

Cette loi de l'Eglise catholique , apostolique et romaine,   qui interdit aux Noirs le développement socio-économique endogène indispensable au terrassement de la pauvreté en Afrique,  se veut absolument "scientfique", véridique,  incontestable , inattaquable et   perpétuelle contre les Africains:

 

<< Mais afin que les présentes lettres , de nous émanées , de science  certaine et après mûre délibération, ne puissent , dans l'avenir, être attaquées  pour vice de tromperie ou de nullité, nous voulons, et en vertu de notre autorité apostolique, de notre science et de notre pouvoir, nous décrétons et déclarons, aux termes des présentes, que les dites lettres et leur teneur ne peuvent en aucune façon être attaquées pour tromperie, mensonge, nullité ou encore pour motif de pouvoir extraordinaire ou étranger, ou pour tout autre défaut; que leur effet ne peut être retardé ; qu'au contraire elles ont valeur perpétuelle et possèdent toutes garanties de validité; et que toute atteinte venant à être portée contre elles, sciemment ou non, par quiconque et quelle que soit son autorité, serait nulle et sans valeur.

 

Déposé à Rome, près Saint-Pierre, l'An de l'Incarnation du Seigneur 1454, le 10 de janvier, de notre Pontifiacat le Huitième>>[5]

 

Les historiens  français soulignent  que « l'esclavage a largement contribué à la prospérité de la France. Ainsi, des villes entières comme Bordeaux, La Rochelle ou Nantes se sont enrichies grâce à la traite des Noirs tandis que des fortunes se bâtissaient dans les plantations sucrières des Antilles exclusivement travaillées par des esclaves »[6].

 

La base solide de l'économie française est constituée du sang et des cadavres de plusieurs millions d'Africains violentés, déportés et marchandisés par la France.

 

Aujourd'hui, très exactement comme jadis, la même France  ex-esclavagiste contrôle  60% du territoire national ivoirien, par les rebelles interposés qu'elle a reconnus et légitimés à Linas Marcoussis.  

 

Pour réussir et maintenir pendant plusieurs siècles son entreprise de déshumanisation des Noirs, la France s'est appuyée sur l'aide appréciable de quelques Noirs qu'elle a su instrumentaliser et convertir en ses agents actifs de la politique du troisième homme contre l'Afrique.

 

En effet, sous l'ordre intrangressible de l'esclavagiste français, des millions d'Africains sont « pourchassés comme des animaux sauvages par leurs propres compatriotes, troqués contre de dérisoires marchandises, transportés dans des conditions atroces (jusqu'à 50% de mortalité pendant la traversée de l'Atlantide),vendus comme du bétail avant d'être obligés de travailler jusquà l'épuisement »[7]

 

Aujourd'hui encore, en échange de maigres et honteux gains faciles, des Africains livrent  leurs pays aux Français !

 

Hier, après leur capture sur le sol africain et déportation en Europe puis en Amérique, les Noirs ont été effectivement transformés en  des marchandises  et vendus sur des marchés publics  occidentaux appropriés. Ce  commerce des esclaves noirs a été scientifiquement organisé par des pays parmi lesquels figure en bonne position la France . Ce commerce  a obéi  à un ensemble de règles françaises  que l'on appelle le Code Noir dont la lecture complète  permet de mieux comprendre et saisir l'ampleur du génocide pluriséculaire perpétré par la France contre les Africains.

 

Dans sa logique de marchandisation du Noir, la France a décidé que l'Africain rendu esclave soit  un meuble , c'est-à-dire une chose au même titre que  n'importe quel bien (chaise, habit, terrain ou un morceau de caillou ) dont on est propriétaire.

 

Dans leurs dispositions juridiques,  les Français décrètent ceci :

 

Nous « déclarons les esclaves des  êtres  meubles, et comme tels entrer en la communauté, n'avoir point de suite par hypothèque,... » [8].

 

Or toute chose, meuble ou immeuble, a un propriétaire qui peut en disposer librement  et personnellement. Il peut  la vendre ou même la détruire selon son bon vouloir. Parce  qu'une chose   n'est pas un sujet de droit et ne possède rien. Par conséquent, l'Africain devenu esclave ne possède plus rien. Toute sa propriété revient à son maître. C'est pourquoi la France esclavagiste déclare « les eslaves ne pouvoir rien avoir qui ne soit à leur maître ; et tout ce qui leur vient par industrie ou par la libéralité d'autres personnes ou autrement à quelque titre que ce soit, être acquis en pleine propriété à leur maître, sans que les enfants des esclaves, leur père et mère, leurs parents et tous les autres libres ou esclaves puisent rien prétendre par succession, dispositions entre vifs ou à cause de mort. Lesquelles dispositions nous déclarons nulles, ensemble toutes les promesses et obligations qu'ils auraient faites, comme étant faites par gens incapables de disposer et contracter  de leur chef »[9]

 

Cet article, on le voit,  frappe  arbitrairement le Noir esclave d'une incapacité juridique qui justifie et légitime son dépouillement du droit  de propriété, de donation  et de succession . Il  exclut toute possibilité pour un enfant né des parents esclaves d'hériter des biens de ceux-ci. Cela estconforme à la logique française . Parce que, les esclaves sont juridiquement expropriés ou dépossédés de leurs biens. Par ailleurs ,  selon  le  même  Code Noir, l'enfant né des parents esclaves est lui-même esclave :

 

 «Les enfants qui naîtront de mariages entre esclaves seront esclaves et appartiendront aux maîtres des femmes esclaves, et non à ceux de leur mari, si le mari et  la femme ont des maîtres différents>>[10] .

 

Comme on le constate, le facteur matrilinéaire est utilisé pour déterminer la liberté, l'esclavage et le propriétaire des enfants des esclaves. Dès lors que tout descendant d'esclave est esclave et héritier de la pauvreté extrême de ses parents asservis, il ne faut pas s'étonner de voir aujourd'hui  les descendants des esclavagistes français s'opposer  par tous les moyens à  la vraie décolonisation économique et à l'enrichissement global des peuples Noirs d'Afrique.

 

Cependant, la lutte de libération totale des Noirs se complique davantage avec la duplicité de quelques Africains traîtres qui aident vigoureusement les envahisseurs extra-africains à s'approprier de fait de toutes les richesses du continent noir au détriment des populations locales noires !

 

Le maintien en esclavage des Africains pendant des siècles  s'est prolongé par la colonisation au cours de laquelle la politique du troisième homme a joué un rôle vital.(II)

 

M. Agbohou Nicolas

 

Dr en Science politique,

 

Pr de Gestion et d'économie en France



[1]J. et R. Charbonneau, Marchés et Marchands d'Afrique, 1961, p.105. Lire aussi Tricontinental, la France est contre l'Afrique. Paris, édition Petite Collection Maspéro, 1981, p.180

[2] Bulle  du Pape Nicolas V du  8 janvier 1454.

 

 

 

[3]Extrait de la Bulle  du Pape Nicolas V du  8 janvier 1454.

 

Pour mémoire, le 6 Mars 1447, le cardinal Tomaso Parentucelli est nommé Pape. Il  prend comme nom de sa fonction  papale << Nicolaus Quintus >> qui se traduit en français par << Nicolas V >>..

 

Lire la totalité de la Bulle in Bullaire , Romanus Pontifex 1454, Nicolaus Quintus , pp 70-73 Cette bulle papale est  disponible à  la Bibliothèque Nationale de Paris

 

 

 

[4]ibid

[5]Ibid

[6]Robert Chesnais, Le Code Noir, édition l'Esprit Frappeur, 2002, p.6

[7]ibid

[8] Article 44  du Code Noir édicté par la France  moderne et "évoluée" !

 

[9]

[10]Article 12 du code Noir

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Publié dans Francafrique

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