Cette phrase qui pourrait discréditer Radio france internationale…

Publié le par L'intelligent d'Abidjan

Si Radio France internationale se fait la championne des ''informations mondiales'', c'est qu'elle est devenue quelque part ''faible'', et qu'elle refuse de voir ce qui menace sa crédibilité en Afrique, particulièrement en Côte d'Ivoire. Ce fut en 2002, au lendemain de la crise ivoirienne, que l'antenne africaine de Radio France internationale apprécie la phrase ''Les partisans de Laurent Gbagbo''. Ce dérapage de langage, ou de vocabulaire, mérite un carton jaune pour Radio France internationale, qui ne retrouve pas son souffle, quand il s'agit des informations en provenance de la Côte d'Ivoire. Aujourd'hui, nous allons examiner avec les journalistes de l'antenne Afrique de Radio France internationale, les implications que peut avoir pour la Côte d'Ivoire, la phrase ''les partisans de Laurent Gbagbo''. Pour la presse diplomatique ouest africaine, c'est un débat, tout particulièrement, parce qu'il s'agit du rôle institutionnel et constitutionnel du président de la République ivoirienne. En toutes considérations morales, institutionnelles, et constitutionnelles, le président Laurent Gbagbo n'a pas de ''partisans'' quand on sait qu'il a été élu démocratiquement par le peuple, toutes tendances religieuses, ethniques confondues. Et les résultats proclamés par la Cour suprême, où siègent les magistrats de toutes tendances religieuses, ethniques et même politiques. En ce moment précis, si l'on analyse les mobilisations des populations pour la défense des institutions républicaines, il va de soi que ces activités de mobilisation, pour des médias sérieux, ne soient pas vues comme des rassemblements de soutien à Laurent Gbagbo, président de la Côte d'Ivoire, lui-même issu de la trame des lois ivoiriennes, appliquées et surveillées par les institutions républicaines. En vraie démocratie, le peuple est une institution. En ce moment précis et cela vaut la peine de le dire, à l'antenne Afrique de Radio France internationale, que Laurent Gbagbo est défini comme le produit moral de toute la Côte d'Ivoire… La morale, et les institutions républicaines existent partout dans des pays sérieux. C'est pourquoi, en France, il n'y a pas de débat à ce niveau. Jacques Chirac n'a pas de partisans, même à l'intérieur de l'Ump qui est son ''courant politique''. En clair, sur le plan institutionnel, Jacques Chirac n'a pas de ''partisans'', tout comme l'ivoirien Laurent Gbagbo. En langage correct, Laurent Gbagbo et Jacques Chirac ont le devoir constitutionnel d'instaurer un seul pays, un seul drapeau, une seule armée, un seul parlement, un seul appareil judiciaire et seul pouvoir exécutif. De toute évidence, l'impasse professionnelle vient de l'antenne Afrique de Radio France internationale qui ne s'est jamais donné la peine de comprendre pleinement le sens de l'expression ''les partisans de Laurent Gbagbo'' dont l'emploi régulier et abusif par Radio France internationale peut fortement influencer l'opinion, surtout africaine, croyant à l'existence d'une fausse conscience constitutionnelle, de la part du président de la Côte d'Ivoire. Aujourd'hui, l'antenne Afrique de Radio France internationale, n'a pas besoin de ce vocabulaire, comme nouvel instrument de mesure pour évaluer son audience dans la crise ivoirienne et les tensions qui entourent les prochaines élections présidentielles. ''L'excellent monopole'' que détient Radio France internationale ne doit pas être un outil de calculs, pour déstabiliser l'équilibre déjà fragile des démocraties africaines. Nous conseillons à nos confrères français d'introduire une dimension responsable et humaine dans le traitement des informations africaines. Nous savons que la notion d'une élite établie de journalistes en France, dont nous étions fiers, n'existe plus. On connaissait seulement Yves Mourousy ou Elkabach qui ont vite disparu, visiblement effrayés par le manque de parler vrai d'une génération de journalistes qui se dresse contre tout… Et pourtant, on peut toujours recourir aux arguments, comme l'école supérieure de journalisme de Lille, ou les grandes facultés de la Sorbonne qui peuvent à notre avis assainir la déontologie à Radio France internationale : cessez de traiter les informations africaines comme des ''faits divers'' et de regarder les institutions africaines comme des systèmes implicitement sans valeurs morales. Pour nous, la notion du journaliste connaît son apothéose par une formation solide, y compris un regain d'intérêt dans tous les domaines constitutionnel, politique, économique, diplomatique.
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Publié dans Le role des médias

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