La Côte dIvoire et lAfrique dans Marcoussis, Coussi Coussa
La Côte d’Ivoire et l’Afrique dans Marcoussis, Coussi Coussa
Les accords de la discorde
Dans la crise ivoirienne, les accords de Linas Marcoussis, censés mettre fin à la crise, ont été perçus comme les accords de la discorde. Avec le recule du temps, il est bon de retourner à Marcoussis pour comprendre l’esprit du dit accord et pourquoi, il a fait plus de mal au pays malade qu’est la Côte d’Ivoire par rapport au conflit originel ? Marcoussis fût dans ce sens le début de la descente aux enfers du pays, il est temps d’en parler.
Nous sommes un chercheur et non un politicien désespéré en quête d’une quelconque place dans le marigot politique ivoirien. Cela nous permet d’emblée de dire ici de façon claire que nous n’avons aucune sympathie pour les partis politiques ivoiriens en raison de la stérilité dont-ils sont atteint et surtout leur incapacité à comprendre la souffrance et le désarroi des ivoiriens qui sont aujourd’hui pris en otage par le manque de perspectives crédibles d’une classe politique qui a fait du pays la risée du monde et de la sous région Ouest africaine, cela nous offusque et nous choque profondément.
Les partis politiques ivoiriens, se sont d’autre part disqualifié durablement pour l’avenir, car cette crise a montré qu’ils étaient dans leur grande majorité d’avantage mus par la soif du pouvoir que par les intérêts fondamentaux des ivoiriens. Leurs responsabilités sont immenses dans le désastre et la déconfiture de l’Etat ivoirien, ne pas le dire serait un pêché mortel pour notre indépendance d’esprit.
Linas Marcoussis le 24 janvier 2003 Pour en venir aux accords de Linas-Marcoussis signés le 24 janvier 2003 en région parisienne, nous avons réuni une dizaine d’étudiants européens de première année de droit dans la sympathique ville de Fribourg en Suisse centrale et nous avons remis à chacun d’eux une copie des dits accords qui étaient disponibles en version française sur plusieurs sites Internet, Dont celui du Quai d’orsay. Les remarques et observations que nous avons recueillis auprès des étudiants sont les suivantes :
- Ces accords ont fait une prime à la rébellion et seront un précédant grave et dangereux pour l’avenir de la démocratie en Afrique.
- Les accords représentent un coup d’Etat de fait contre le pouvoir en place, avec un Premier ministre non élut, non révocable et détenant les pleins pouvoirs exécutifs quel beau modèle de démocratie ?
- Les accords n’ont rien prévu sur le terrain pour le désarmement des rebelles qui ont été largement favorisé par les dits accords.
- Les accords de Marcoussis, donnent l’impression d’être un arrangement entre les partis politiques ivoiriens. Les institutions de l’Etat ivoirien, comme la présidence de la République et l’assemblée Nationale qui doivent jouer un rôle de premier plan dans l’application des dits accords, ne figurent pas parmi les signataires, c’est le lieu de se demander si les français eux-mêmes dans les mêmes circonstances accepteraient une telle solution ?
- Les accords prévoient le désarmement des rebelles et de l’armée nationale de Côte d’Ivoire, c’est une contradiction qui devait sauter aux yeux des experts du Quai d’Orsay. Aucune armée nationale digne de ce non, n’accepte de désarmer face à une rébellion, c’est du jamais vu dans le monde ?
- Les accords de Marcoussis, prévoient aussi l’édification d’une nouvelle armée ivoirienne avec le soutien de la France. Nous voyons derrière cette formulation, la formation des hommes de troupe et de commandement que sélectionnera la France pour le futur et aussi un marché juteux de vente d’armes.
- Si la crise ivoirienne oppose des ivoiriens aux ivoiriens, pourquoi sa solution passe telle par des avantages à octroyer aux étrangers vivants en Côte d’Ivoire ? Les Ivoiriens ont vécu cet aspect des accords comme une trahison.
- Au chapitre de la nationalité tout esprit de bon sens à du mal à comprendre qu’on demande à un pays de naturaliser tout d’un coup trois millions d’étrangers vivants sur son sol a la veille d’une consultation électorale, alors que la France elle-même expulse par charter des milliers de sans papiers chaque année.
- Les accords prévoient une loi d’amnistie pour les rebelles qui ont prient les armes contre leur propre peuple et ne prévoient rien en retour pour les populations civiles qui ont été les victimes innocentes de cette guerre.
- Curieusement, ce genre d’accord n’avait jamais été proposé quand les Mobutu et autres Eyadema étaient au pouvoir face à une opposition sans armes qui ne recherchait rien d’autre que la transparence des urnes.
- En réalité à travers ces accords, on demande à un gouvernement d’abdiquer devant une rébellion, qui n’a été élut par personne et ne propose aucun projet de société aux ivoiriens, c’est ce qui explique n’inapplicabilité des accords et l’impasse de la situation en Côte d’Ivoire. La France croyait rafler la mise et au final, elle a tout perdu.
- La France se comporte ici dans le cadre de Marcoussis comme les USA dans leur lune de miel avec Oussama Ben Laden, en oubliant qu’un rebelle, n’a que la barbarie, la terreur, la violence et l’impasse comme projet de société. Les rebelles circulent aujourd’hui à Paris et sont reçus avec les honneurs, mais la France ignore qu’ils ont pour elle le plus grand des mépris. Voici comment des jeunes étudiants de différentes nationalités européennes ( 1 belge, 3 suisses, 2 allemands, 2 français et 2 italiens) ont observé les accords de Linas Marcoussis dont la France chiraquienne réclame à corps et à cris l’application intégrale.
Le gouvernement de réconciliation nationale issue des accords de Marcoussis, ressemble étrangement à une fosse de serpents, de scorpions, de crabes, de crapauds, de fourmis rouges, de mangoustes et de lézards géants, tous mis ensemble pour cohabiter harmonieusement. Il n’y a que les français pour croire qu’une telle réunion de prédateurs et un tel zoo peut fonctionner et conduire un pays à une paix juste et durable.
Dans cette affaire le gouvernement français a eu un comportement qui aujourd’hui encore, nous fait penser à un chien fou qui coure dans tous les sens avec une casserole attachée à sa queue et qui s’étonne de son propre tintamarre.
En définitive comment les spécialistes, les diplomates, les énarques et autres juristes du Quai d’Orsay ont-ils pus penser une seule seconde que les dits accords allaient régler la crise inter-ivoirienne ?
La réponse à cette question est simple ; le mépris, La France a en effet depuis les indépendances pris l’habitude de décider pour nos pays africains francophones au point qu’elle n’a même pas envisagé l’émergence d’une société civile capable de s’opposer et de rejeter de tels accords qui concernent leur avenir.
Mais la légèreté et la cécité des dirigeants politiques français ; Jacques Chirac en tête a été plus grande, en exigeant l’application intégrale des accords de Marcoussis avec les lacunes que nous venons de relevées plus haut avec des étudiants en première année de droit.
Pour la France reconnaître une forfaiture devant des noirs est inacceptable, il faut exiger l’application intégrale des accords de Marcoussis, c’est cette logique indigne d’un pays qui se respecte, qui a maintenu Mr. Laurent Gbagbo à la tête de la Côte d’Ivoire. Piégeant ainsi les rebelles et leur principal allié la France Chiraquienne.
Nous rappelons que les dits accords ont permis aux rebelles, illettrés de siéger au gouvernement et leurs octroyaient même des ministères comme l’intérieur, la défense nationale et la sécurité, l’Etat français ou du moins ceux qui le représentent, ont braqué les ivoiriens inutilement contre la France et aujourd’hui, le divorce est réel entre le peuple ivoirien et la France chiraquienne avec ses ambitions néo-coloniales.
Acculée le dos au mur de sa propre négativité, l’armée française qui était sensé être une force de maintient de la paix, devient en novembre 2004 un protagoniste majeur de la crise ivoirienne en détruisant au sol la flotte aérienne de la Côte d’Ivoire et en tirant sur la foule aux mains nues devant l’hôtel Ivoire. Bilan 62 morts et 1306 blessés entre le 4 et le 9 novembre 2004. bizarrement les rebelles qui ont pris les armes contre leur pays et ses institutions séjournent librement en France dans des grands hôtels sans être inquiétés.
En y réfléchissant, Il y a des forces de maintien de la paix dans différentes régions du monde, imaginez que les différents contingents placés sous mandat de l’ONU reçoivent directement des ordres de leur chef d’Etat et agissent à leur guise dans le pays où ils sont chargés de soutenir la paix, qu’en sera t-il de cette paix ? Les tueries de l’armée française en novembre 2004 à Abidjan, reste pour tous les esprits de bon sens une cécité indigne de la France.
L’image ternie de la France et de sont armée en Côte d’Ivoire dont des soldats sont aujourd’hui jugé en France pour assassinat, casses bancaires et autres massacres, à la lumière de ces faits nous comprenons aujourd’hui pourquoi cette armée française n’a pas fait le poids devant la puissance de feu allemande en mai 1940 ? Pourquoi cette soit disant puissante armée française s’était liquéfiée devant les forces du Reich allemand ?
La réponse est simple, tous les français qui veuillent voir la vérité en face, savent qu’une armée de collaboration, qui a raflé des juifs pour les remettre pieds et points liés aux allemands qui n’en demandaient pas mieux, une armées de voleurs, de violeurs, de tortionnaires, de cambrioleurs de banques, de massacreurs de populations civiles et surtout de menteurs, ne peut pas défendre l’indépendance et les frontière de la France en cas de guerre.
Nous comprenons pourquoi la France a eu recours à des soldats africains pour se défendre face aux allemands, la réponse est simple aujourd’hui, c’est une armée plus brave devant des populations civiles sans armes, rappelons pour mémoire la grande rafle de 12 884 juifs de France du Vel d’Hiv les 16 et 17 juillet 1942.
Sans évoquer l’utilisation de la torture comme institution pendant la guerre d’Algérie. Nous vous invitons à lire et à relire à ce sujet les aveux du général Paul Aussaresses aux Editions Perrin << Services spéciaux en Algérie, 1955-1957 >>
La France officielle avait nié pendant quarante ans l’utilisation de la torture en Algérie. Comme elle avait dit en novembre 2004 que son armée n’avait pas tiré sur la foule ivoirienne, avant de reconnaître toute honte bue que les militaires français étaient en légitime défense et avaient tiré pour se défendre d’une foule armée de machettes et de fusils.
C’est quand une courageuse télévision française, a montré les images d’une foule aux mains nues et d’un hélicoptère français, tous feux éteint jetant des grenades offensives et mitraillant la foule que les français dans leur grande majorité ont compris les raisons profondes de la colère du peuple ivoirien. Il n’y a rien d’aussi répugnant et d’aussi dégoûtant qu’un gouvernement de menteurs.
Le 15 mai 2005, entre Bangolo et Man, il y a eu le meurtre de l’ivoirien, Firmin Mahé, il gisait dans son sang avec 65 balles françaises dans le corps avant d’être étouffé la tête dans un sac plastique par les braves soldats français, cela nous rappelle les heures sombres de la guerre d’Algérie.
Quand Djamila Boupacha, une jeune fille algérienne fut torturée, violée et re violée avec une bouteille de bière par ces mêmes, braves soldats français, ils étaient tellement braves qu’ils s’étaient mis à quatre pour la violer, ils avaient brûlé le bout de ses seins avec la cigarette, avant d’uriner dans sa bouche. Nous parlons ici de faits qui ont été jugés par des tribunaux et non d’un roman de science fiction.
Les ouvrages sur la guerre d’Algérie et les archives du procès existent encore de nos jours et nous défions les petits révisionnistes de service pour qu’ils sortent de leur boîte afin de nous contredire et nous donner ainsi la belle opportunité de rappeler au monde d’aujourd’hui en 2006, ce qu’était le vrais visage de la France et de son armée pendant la guerre d’Algérie et celle d’Indochine.
Ne parlons même pas de l’affaire Ben Barka, au cours de laquelle un homme interpellé par des policiers français avait disparut comme une pièce de monnaie en plein Paris et n’a plus été retrouvé du vendredi, 29 octobre 1965 jusqu’aujourd’hui. La France est aujourd’hui un pays qui a construit un apartheid social à travers ses Bantoustans qu’on appelle banlieues. C’est un pays qui ne peut plus donner des leçons à l’Afrique en matière de démocratie et de droits de l’homme.
À Auschwitz, les nazis utilisaient le gaz mortel Zyklon B, les français eux ont inventé le sac en plastique pour faire mourir par suffocation. Dans ce sens la mort de Firmin Mahé fut un exemple de Méchanceté gratuite et de cruauté typiquement française, dans la droite ligne de l’affaire Ben Barka.
Imaginez un homme blessé, perdant son sang, laissé sans soins dans un char et suffocant la tête dans un sac plastique devant des soldats Français qui assistaient en temps de paix, de façon impassibles et imperturbables à la mort en directe d’un être humain, le tout couvert par le général de pacotille qui commandait la soit disant force de paix française Licorne ? c’est l’image de cette lâcheté bien française que l’Afrique retiendra de la France et de son armée en 2005. Nous rappelons simplement qu’en France les pompiers interviennent chaque année pour sauver des chiens et des chats en danger dans un puit ou dans une gouttière. Mais pour un africain blessé, le sac plastique était l’idéal pour l’aider à mourir.
Et dire qu’avec cela les français se gargarisent encore en disant que leur pays est la patrie des droits de l’homme, jamais dans l’histoire, un pays n’a été aussi loin dans le ridicule. De qui se moque t-on avec de tels comportements ?
Quelle amnésie ? Nous pouvons dire de façon tout à fait claire et sans ambiguïté, que nous sommes africains et que nos pays ne seront jamais une partie de la France, il est donc claire de notre part de dire aux français, que jamais le meurtre ne sera à nos yeux un argument de liberté. Il n’y a rien de plus servile et de plus lâche, qu’un Etat qui utilise la coercition, la déstabilisation et le meurtre pour s’imposer à des nations pauvres en construction.
Les massacres à la chaîne En définitive les Africains d’aujourd’hui n’ont aucune considération pour la France et son armée, qui ont érigé le massacre des populations civiles comme moyen de perpétuer l’honneur perdu de la France à Thiaroye en décembre 1945, auquel il faut ajouter la journée noire du 8 mai 1945 jour de la répression sanglante à Sétif et Guelma en Algérie 20 000 morts, même l’aviation française fut réquisitionnée pour bombarder les zones insurgées.
Le 29 mars 1947, une insurrection éclate à Madagascar, des renforts sont rapidement acheminés et ce fut le carnage des milliers de civils sont abattus et massacrés à la baïonnette des villages rasés, 100 000 morts, la pacification de Madagascar est le grand oublié des massacres coloniaux.
Le 17 octobre 1961, la France du général De Gaulle ordonne la répression criminelle d’une manifestation sur l’initiative de la fédération de France et du FLN dans les rues de Paris et en banlieue. Cette manifestation visait à dénoncer le couvre-feu raciste imposé au « français musulmans d’Algérie » la police parisienne était commandé par le préfet de police Maurice Papon. Les manifestants furent mitraillés et massacrés, 900 morts en plein Paris.
Certains furent jetés dans la Seine après avoir été bastonné, ceux qui ne purent s’échapper furent rafler pour être envoyé dans des centres de rétention où ils furent torturés, certains furent même pendus à des arbres dans les bois.
Le savoir-faire de Maurice Papon sous l’administration du Général De Gaulle, montre une fois de plus la collusion étroite entre les méthodes fascistes et coloniales. La France, fidèle aux syndromes de Thiaroye a occulté jusqu’à ce jour cette partie de sa propre histoire. Massacre en pays Bamiléké au Cameroun,
Entre 1960 et 1970, les forces camerounaises sous la direction de l’armée française commandée par le général Max Briand rasent le pays Bamiléké 156 villages sont incendiés 40 000 personnes sont massacrées.
Le ministre des armées du général De Gaulle, M. Pierre Guillaumat, a évoqué cette tragédie en des termes plutôt élogieux dans un livre de François Xavier Verschave : voici ce que déclare M. Guillaumat : « Foccart a joué un rôle déterminant dans cette affaire. Il a maté la révolte des Bamiléké avec Ahidjo et les services spéciaux. C’est la première fois qu’une révolte de cette ampleur a été écrasée convenablement. »
C’est le ministre des armées d’une des grandes démocraties du monde occidental qui parle. La postérité appréciera. Sincèrement, y-a-t-il des preuves plus convaincantes que celles, aussi claires, qui sortent de la bouche d’une personnalité de ce rang ? Jamais de mémoire d’homme, on a vu un pays qui accepte de façon aussi pertinente et triomphaliste la responsabilité d’un désastre aussi important contre les populations civiles d’un autre pays.
Le Génocide rwandais N’oublions pas le génocide Rwandais, une commission d’enquête citoyenne émanant de la société civile française a examiné du 22 au 26 mars 2004, les documents, témoignages, les avis des experts qu’elle a réunis. L’implication de la France s’est révélée au-delà de ce que nous pensons.
La commission constate dans son rapport que les troupes spéciales françaises ont formé de 1991 à 1993 dans plusieurs camps d’entraînement, des milliers d’hommes de l’armée mono-ethnique du régime Hutu du Président Habyarimana, des hommes qui pour beaucoup allaient devenir les encadreurs du génocide. Cela n’est pas contesté.
- Un témoin visuel entendu par la commission assure que, déjà en avril 1991, des militaires français arrêtaient les Tutsis à un barrage routier près de Ruhengeri, sur la base de leur carte d’identité ethnique, et les remettaient aux miliciens en route qui les assassinaient aussitôt ; le Président Rwandais, le Général Paul Kagamé, a déjà dit dans une interview à un quotidien français, qu’il détient des cassettes vidéo à ce sujet.
- Il n’est pas contesté que l’opération turquoise n’a rien fait pour empêcher les militaires et les miliciens du génocide de s’installer avec armes et bagages à quelques kilomètres du Rwanda, au Zaïre voisin.
- Plus grave l’autorité Hutu en fuite de la Banque nationale du Rwanda, a pu retirer en six prélèvements des sommes importantes à la Banque de France et à la BNP 2 737 119,65 FF du 30 juin au 1er août 1994, pour la Banque de France 30 488 140,35 FF. La commission se demande comment les responsables du génocide en fuite et recherché de par le monde, peuvent arriver à Paris et oser effectuer des retraits bancaires, au nom d’institutions qu’ils ne dirigent plus ?
Ces sommes importantes, ne vont-elles pas alimenter des achats massifs d’armes, pour alimenter la reconquête du pouvoir par les Hutus ? Se sont des questions de simple bon sens qui ressurgiront demain à la face du gouvernement français et on y retrouvera des minables et autres petits menteurs de service, comme à l’époque de la guerre d’Algérie pour nier l’évidence.
La loi française du 25 février 2005 Pour ceux d’entre vous qui ne le savez pas, le parlement français, dans la présente législature à adopté une loi le 23 février 2005 visant à la reconnaissance de l’œuvre positive de la France et de l’ensemble de ses citoyens qui ont vécu outre-mer pendant la période coloniale française.
Mesdames et Messieurs, devant un étalage aussi cynique d’arrogance, même un animal se poserait des questions de savoir : l’œuvre coloniale a été positive pour qui ? Le colonialisme a-t-il été seulement positive ? Le colonialisme français n’est-il pas coupable de crime contre l’humanité, de génocide, de racisme, de massacres, de négation des autres cultures et de domination des autres peuples ?
Le paternalisme est-il positif ? En définitive, quelle est la signification du terme « positif » ? Selon nous et de manière très générale, est positif tout élément ayant apporté un mieux, un bénéfice, un progrès. Seul un parlement déserté par l’intelligence peut tomber dans une telle médiocrité et voter une loi aussi stupide et insultante pour les peuples qui ont vécu dans leur chaire méchanceté criminelle du colonialisme français.
Car en définitif, observez bien les Britanniques, ils n’ont pas envoyé en masse des africains se battre pour eux, ils ont préféré eux même se mettre en première ligne pour affronter les canons et les balles de l’ennemi allemand.
Il s’agit ici de faits établis et non d’un roman de science fiction. Si un français veut nous contredire, nous sommes prêts à l’écouter avec plaisir sur ces différents points, dans un dialogue public en plein jour, et non de nuit en rasant les murs comme on va chez les marabouts, dans un dialogue que nous souhaitons utile au bon sens et à l’avenir des relations franco-africaines. Sortir de la prédation pour aller vers une vraie coopération
Les africains réclament depuis bientôt cinq décennies une coopération franco-africaine, juste et durable basée sur les intérêts réciproques des parties contractantes. Si la France ne prend pas les devants de ce postulat de bon sens. Le désespoir étant mobilisateur, il accouchera sûrement des extrémistes et extrémismes qui seront difficilement contrôlables.
Alors il ne restera aux africains qu’à obtenir ces choses simples par une confrontation directe avec la France. Les patriotes ivoiriens ont déjà donné un avant goût de ce qui pourrait arriver dans ce cas de figure. La prise en otage des intérêts français, avec toutes les dérives qui peuvent en découler, exactement comme la négation des évidences avaient hier conduit la France aux malheureuses guerres d’Indochine et d’Algérie, qu’elle pouvait parfaitement éviter.
En définitive dans la crise ivoirienne, la France a obtenu à coup de maladresses et de stérilité mentale, ce qu’elle redoutait le plus, le mépris des ivoiriens et la prolongation du mandat du président Laurent Gbagbo, qu’il considère comme un chef d’Etat incompatible aux intérêts français en Côte d’Ivoire.
À ce stade de notre propos, nous croyons absolument important de nous poser la question de savoir, pourquoi un chef d’Etat africain, doit-il pour plaire à la France, renier les intérêts de son propre pays pour le bonheur de la France et de ses entreprises ? Incompatible aux intérêts français, cela veut dire quoi ? Pourquoi un chef d’Etat africain doit-il se coucher à plat ventre pour durer au pouvoir et perpétuer la domination de son propre pays par la France ?
Certaines multinationales françaises ne payent même pas d’impôts dans nos pays africains cela au nom de préférence datant des temps bibliques. Il faut rompre avec cette logique incestueuse pour aller de l’avant. Notre position sur ce point n’est pas négociable. Cette vassalisation de notre continent est fondamentalement inacceptable.
C’est cela qui explique aujourd’hui notre rage contre les chefs d’Etats africains qui se précipitent comme des petits larbins au Palais de l’Elysée pour se coucher à plat ventre devant le président des français. Nous portons encore en nous les images humiliantes de Jean-Bedel Bokassa, inconsolable et pleurant à chaudes larmes aux obsèques du général De Gaulle qu’il appelait papa. Imaginez la scène et vous comprendrez le ridicule de la situation et surtout la gêne des autres délégations pendant ces obsèques.
Pourquoi devons nous avoir à la tête de nos pays des africains nommés par la France ? c’est à dire des Bokassa, des Mobutu, des Léon Mba, des David Dako, des Ahidjo des Eyadéma, des Tombalbaye, des Houphouët, des Yaméogo, des Moussa Traoré, des Philibert Tsiranana, des Habiyarimana et consort ? Soyons sérieux, ce genre de système a montré ses limites, il n y a que la France qui y croit encore.
La France et sa classe politique doivent comprendre aujourd’hui que toute l’intelligence dont Dieu nous a doté nous oblige à nous insurger contre de tels choix qui sont contraires à notre avenir dans le monde et à notre bien-être. Encore une fois, il s’agit ici d’une position morale de dignité qui est ferme et non négociable.
En définitive, il y a aujourd’hui encore dans la classe politique française des hommes et des femmes qui pensent que les Chinois peuvent décider de ce qui est bon pour eux, que les Indiens peuvent aussi décider de ce qui est bon pour eux, mais les Africains, eux doivent avoir la bénédiction ainsi que la permission de la France et de son chef, pour respirer et décider de qui doit les diriger.
C’est une grave erreur d’appréciation, car la France n’est plus une grande puissance, c’est une puissance moyenne qui dans vingt ans deviendra comme le Portugal, l’Espagne ou l’Italie, si elle sait composer de manière intelligente et intelligible avec les Africains, elle sera une nation influente dans la recomposition du monde. Dans le cas contraire son cynisme, sa cruauté, ses combines, sa stérilité et sa petitesse d’esprit se retournera contre elle.
Car ce qu’elle oublie, c’est que l’avenir du français comme langue se trouve en Afrique, car dans la décennie prochaine, la majorité des locuteurs de cette langue seront africains, les dirigeants politiques français doivent aujourd’hui s’interroger sur l’avenir de leur langue dans un monde en mutation.
Car leur arrogance et leur mépris conduiront les Africains à se détourner d’eux pour se retrouver avec l’Angleterre, les USA, le Canada, la Chine, l’Inde, l’Australie ou la Nouvelle Zélande, la Chine ou le Japon car ils sont persuadés de trouver auprès de ces pays ce qu’ils n’ont jamais su trouver auprès de la France, c’est à dire : la simple fraternité humaine, dans un monde ou l’imposture de la France ne leur a plus laissé de choix.
Aujourd’hui de Dakar à Bamako en passant par Abidjan, des grandes écoles d’économie et de management, ont pions sur rues, les cours sont en anglais et sont calqués sur les programmes anglo-américains, tous les jeunes gens qui sortiront de ces grandes écoles n’auront sincèrement rien à foutre avec la France et sa francophonie en complète perdition.
Ce jour arrivera, car la France se cramponnera obstinément à ses certitudes et c’est ce jour là que la France se rendra compte de sa cécité, de sa stupidité et de sa propre cupidité devant l’énergie qu’elle a déployé pour construire l’irréparable. C’est à dire la tempête prévisible et méritée quelle a toujours semé sans se rendre compte de la volonté d’indépendance réelle des africains.
Curieusement sous la cinquième République française, Le Général De Gaule avait eu sa guerre d’Algérie, Georges Pompidou à été confronté à la question de l’uranium du Niger qui a abouti au renversement du président Hamani Diori, Valéry Giscard d’Estaing avait eu ses diamants de Bokassa, François Mitterrand a eu son génocide Rwandais et Jacques Chirac a eu sa crise ivoirienne.
Au Finale la volonté d’indépendance des africains nous fait dire ici que tous les chefs d’Etats français, s’enliseront en Afrique tant que la France ne coupera pas le cordon étouffant de son néo-colonialisme rampant avec l’Afrique subsaharienne.
N’importe quel étudiant en première année de prospective ou de science politique vous dira la même chose. Il n’y a que les experts du Quai d’Orsay pour ne pas savoir qu’ils sont au service du déshonneur de la France en maintenant avec l’Afrique des relations d’un autre âge. reconstruire et consolider l’Etat de droit en Afrique
Depuis l’Angleterre au XVIIIème siècle en passant par la France de 1789 jusqu’en Roumanie à la fin du second millénaire, la révolte et les révolutions ont toujours plongé leurs racines dans l’indignation devant un statut quo intolérable, comme dans l’attrait exercé par un projet de société future.
Comme les pauvres du continent africain ne sont pas spontanément révolutionnaire, pas plus qu’il n’ont conscience de leur destin tragique. Les flux migratoires, l’exode rural, le poids de la religion, une tradition et des coutumes qui favorisent l’ordre établi font que les révoltes sont peut nombreuses et sporadiques.
Mais aussi longtemps que l’offense permanente causée par la misère, l’injustice, l’exclusion et l’oppression conduira les hommes à la rage, à la révolte et peut-être à des révolutions en vu de reconstruire le vivre ensemble sur des fondations moralement acceptables par tous afin de mieux affronter les défis de la modernité.
Le rapport de la société africaine avec l’argent, le passage désordonné d’une société de responsabilité collective à celle de la responsabilité individuelle mal assumé, la nouvelle idée que nous nous faisons de l’avenir collectif, la rigueur budgétaire etc.. : voilà des pistes qui mériteraient l’attention des élites, des partis politiques et des institutions dignes de ce nom dans nos pays africains.
Ce qui doit compter le plus dans l’étape nouvelle que nous appelons de tous nos vœux, c’est que les africains eux-mêmes se pénètrent de la nécessité de rompre avec la logique du déclin et de la marginalisation. Pour cela, leur destin est entre leurs mains et pas ailleurs à Dayton, à Lancaster House, à Londres, à Marcoussis ou à Paris.
La Libanisation de la Côte d’Ivoire La géopolitique moderne, nous dit qu’il y a libanisation dans un pays quand différentes communautés ou groupes politiques s’affrontent militairement, avec le soutien de réseaux clientélistes étranger en morcelant l’Etat au profit des chefs de guerre. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, c’est certainement la prochaine étape de la crise ivoirienne.
Nous avons eu l’opportunité de nous rendre dans les quartiers populaires d’Abidjan pour écouter la colère des foules et nous sommes très sérieux en avançant ce postulat, car tous ceux qui ont joué avec le feu, ont oublié que dans cette prochaine étape, on pourra tous assister médusé à des prises d’otages accompagné de négociations entre la France et les ravisseurs.
Concernant le Premier ministre Jean Konan Banny, coopté par la France et nommé par l’union africaine dans le but de conduire une transition vers la paix, il faut dire que les récents évènements ont montré qu’il est mandaté pour conduire une Pax Francia, c’est à dire une paix qui arrange la France et ses intérêts, sans se préoccuper des aspirations légitimes des ivoiriens. Le PDCI le soutien du bout des lèvres et attend avec impatience qu’il se casse la figure. Le FPI, voit en lui un homme qui a eu la cooptation à toutes les étapes de sa vie. Coopté pour entrer à la BECEAO après ses études, Coopté pour être le directeur national BECEAO pour la Côte d’Ivoire, Coopté pour en être le gouverneur de cette Banque centrale et Coopté pour être Premier ministre de Côte d’Ivoire.
Il ne lui manque plus que la cooptation pour être le président des ivoiriens. Il ne connaît pas le quotidien des ivoiriens, il est prêt à tous les compromis pour se construire une place dans le marigot politique ivoirien dans la ligne de l’héritage d’Houphouët.
C’est à dire avec la France au début et à la fin de tout en Côte d’Ivoire. Il y a donc un grand conflit d’intérêts qui nourrit la rage des ivoiriens, contre ce collabo de la 25 heures qui a cru que la suffisance et le soutien de ses parrains lui permettaient de faire dissoudre des institutions de l’Etat ivoirien.
Malheureusement, il ne tirera pas les leçons de ces derniers jours, il persistera dans sa logique et le pays en pâtira, des jours sombres attendent encore les ivoiriens ( ceux qui ont les moyens ) qui aujourd’hui font des stocks de denrées non périssables, comme l’huile, le riz, les pâtes, la tomate concentrée et quelques ignames pour les jours difficiles qui s’annoncent à l’horizon. Les jours difficiles vont arriver très vite grâce à la cécité politique de l’alliance Franco-rebelles qui soutien le Premier Ministre Banny, l’activité économique du pays sera paralysée et l’Etat ne pourra plus payer les fonctionnaires, c’est alors que Gbagbo apparaîtra sur la scène pour dire : << aux ivoiriens qu’il y a un Premier ministre nommé, avec tous les pouvoirs, allez y le voir pour qu’il vous paye. >>
Vous imaginez d’ici la rue avec la galaxie patriotique, les fonctionnaires, les militaires et les populations civiles brûlant tout sur leur passage. Cette rue a déjà connu les tires de la soldatesque du Général Guei, les chars de l’armée française, les tires des soldats de l’ONU et dans l’hypothèse qui suivra, nous voyons mal les soldats français jouer les Tarzan dans les rues d’Abidjan. Ce sera la libanisation totale de la Côte d’Ivoire.
Charles Konan Banny, ce jour là se retrouvera, comme un gardien de but de football qui est sorti pour anticiper une action adverse et a perdu le ballon dans sa sortie, il n’est plus dans les buts et coure maintenant à toute allure vers sa cage vide pour constater qu’il a ainsi favorisé la perte de son équipe, par cette sortie hasardeuse.
Il se retrouvera nu et sera abandonné par la France, qui avait eu le même comportement à la chute de M. Henri Konan Bédié, qui se souvient certainement de ce 24 décembre 1999, où la soldatesque du général Robert Guei avait mi-fin à son règne de cooptation, déclenchant une réjouissance populaire dans les rues d’Abidjan.
L’histoire du monde nous oblige à nous méfier des hommes qui après des longues années à l’étranger se retrouve du jour au lendemain à la tête du gouvernement de leur pays d’origine. Le retour au pouvoir après plusieurs années d’absence dans son propre pays du Général Juan Domingo Péron, le 24 septembre 1973, favorisera le coup d’Etat militaire du Général Rafaël Vidéla en Argentine.
La démission du Général Chadli Ben-Djedid, en Algérie, favorisera l’arrivée au pouvoir de M. Mohamed Boudiaf le 14 janvier 1992, ce dernier vivait au Maroc depuis de nombreuses années et était visiblement coupé de l’Algérie son pays natal.
Il était sans doute de bonne foi et de bonne volonté, mais cela ne suffisait visiblement pas, nous avons tous assisté à sa mort par assassinat en direct sur toutes les télévisions du monde le 29 juin 1992. tout cela nous amène à recommander la prudence et l’humilité à M. Banny et surtout à ses protecteurs français.
Pour leur dire que nous ne sommes plus aux temps d’Houphouët-Boigny. Leur suffisance et l’arrogance de leurs attitudes peuvent radicaliser les positions, si ce n’est déjà fait et précipiter la libanisation de la Côte d’Ivoire. Postulat de Conclusion
Mesdames et Messieurs, l’indépendance de l’Etat africain nous a fait sortir de nous-mêmes et nous à placée face à l’histoire, avec la nécessité d’inventer un avenir et des institutions. Les révoltes et les révolutions, sont mortes sur le continent africain sans avoir résolu nos contradictions.
Depuis 1960, nous nous rendons compte que cette création de nous-mêmes que la réalité exige de nous n’est pas différente de celle qu’une réalité identique réclame des autres en Asie et en Amérique latine. Nous vivons une conjoncture décisive et mortelle, en orphelin du passé, et avec un avenir à inventer. L’histoire humaine est une tâche commune et notre chantier celui de tous les hommes.
Dans un certain sens, on peut affirmer que l’indépendance a recréé l’homme africain en le connectant au monde. Pourtant en dépit de sa fécondité extraordinaire, elle n’a pas été capable de créer un ordre vivant qui fût, en même temps vision du monde et fondement d’une société réellement juste et libre.
La France se proposa de nous aider à corriger cette dérive en proposant une communauté, celle que refusa tout net : Hamed Sékou Touré et la Guinée le 28 septembre 1958, bref une espérance de communauté : un monde dans lequel les hommes africains se reconnaissent dans les autres hommes, et où le principe d’autorité, c’est à dire la force, quelles que soient sont origine et sa justification - cède le pas à la liberté responsable.
Ce fût le contraire qui se produisit laissant nos pays en ruine et nos peuples sans horizon. En Côte d’Ivoire, La France et son armée du 4 au 9 novembre 2004 nous ont prouvé que nous vivons dans un monde d’imposture et que Marcoussis était un piège contre le bon sens.
L’armée française rappelons le avait sauté sur la ville minière de Kolwezi le 19 mai 1978 pour chasser une rébellion et sauver le régime détestable de Mobutu, aujourd’hui la France favorise l’entrée des rebelles dans le gouvernement ivoirien. Imposture, ho imposture, tu as le visage de la France.
Que faire ? Ne pas désespérer de l’avenir, car l’histoire de l’humanité a souvent démontré que face aux blocages les plus tenaces, le déclic est venu du débat, dès lors que ceux dont la responsabilité est d’anticiper l’avenir par la pensée ne biaisaient pas avec la réalité. Un certain conformisme intellectuel a souvent retardé le déclic, tandis que le courage de penser autrement a toujours conduit aux changements rendus inévitables par l’évolution historique.
Quand l’évolution de la société française s’est trouvée contrecarrée par les archaïsmes politiques liés à l’absolutisme royal, les philosophes des lumières ont déblayé le terrain, Voltaire, Diderot, Rousseau, d’Alembert, chacun à sa façon et selon son génie, ont contribué au mouvement des idées dont la révolution française de 1789 devait être la traduction sur le terrain politique. L’avenir de nos pays africains est une affaire trop sérieuse pour être laissé entre les mains des seuls politiciens larbins des puissances extra-africaines, la dernière décennie ayant confirmé que ces larbins étaient dans leur grande majorité davantage mus par la soif du pouvoir que par les intérêts fondamentaux des peuples africains. C’est ce qui explique la stérilité des partis politique en Afrique.
La société civile africaine doit se mobiliser pour que le pluralisme contribue à l’épanouissement de la pensée et à la promotion d’idées novatrices pour la renaissance africaine.
Cette renaissance consiste pour les africains à rompre avec la logique du déclin et de la marginalisation, pour prendre leur destin en main. Réorienter notre agriculture en donnant la priorité aux cultures vivrières afin de nourrir nos populations affamées, cela devient aujourd’hui une priorité au lieu d’importer constamment du blé et surtout du riz qu’on peut produire sur place.
Dans cette nouvelle phase, il serait vraiment stupide de produire du coton, du café, du cacao, de l’arachide, de l’hévéa, de la banane, des ananas et du thé pour d’autres à des prix fixés par eux, provoquant la ruine de nos paysans et l’appauvrissement de nos meilleures terres, pour finalement nous retrouver à quémander pour vivre. Qu’un chien fasse un tel choix, nous pouvons le comprendre, car il s’agit d’un animal.
Mais que des gouvernements censés regrouper les meilleures intelligences de nos pays persistent pendant des décennies dans des choix aussi désastreux pour leurs propres peuples, c’est non seulement une énigme, une aberration mais aussi une stérilité mentale et sans doute la plus grande honte de l’homme africain depuis les indépendances.
Ce n’est plus notre problème et cela ne doit même plus être notre problème si un français en plein hiver n’a plus du café pour boire, la vie nous enseigne que chacun doit résoudre ses propres problèmes en priorité. Préoccupons-nous de notre propre lendemain comme le font les autres peuples de la terre, c’est aussi simple que cela.
Tous compromis sur ces questions essentielles nous ramèneront aux impasses du temps présent. Occupons nous maintenant de notre propre lendemain. Les crocodiles, les rats, les écureuils, les renards, les hyènes et les souris font des réserves alimentaires pour le futur, il n’y a que les gouvernements médiocres et corrompus d’Afrique qui croient que l’assistance des autres fera le bonheur de leur peuple.
Dans le domaine de la santé, assurer une couverture sanitaire à nos populations demeure une priorité, que les centres de santé les plus reculés soient fournis en médicaments et en produits de première nécessité est une exigence de bon sens.
Avoir aussi chez nous des routes praticables en toutes saisons pour intégrer l’arrière pays aux grands centres urbains ne doit pas être un rêve pour notre génération, mais enfin réveillons-nous pour le bien de nos populations et donner un sens à notre propre vie.
Enfin les progrès technologiques sont si rapides aujourd’hui que l’Afrique se condamnerait à la marginalisation définitive si elle ne réinvestissait pas de nouveau massivement, dans l’éducation et la formation, mais en privilégiant cette fois-ci, plus que tout l’excellence, la technicité et l’inventivité, afin de donner à l’industrie naissante les cadres moyens et subalternes de bonne qualité qui seront les fondations les plus assurées de notre développement industriel.
Voilà Mesdames et Messieurs, chers amis européens, chers compatriotes africains. des pistes de travail pour conduire et nourrir nos révoltes et la rupture épistémologique avec la France et ses combines qui si souvent nous ont conduit dans l’amertume, l’impasse et le dénuement total. Voilà quelque chose de noble qui vaille la peine et le sacrifice d’un continent meurtri. Si Vaclav Havel, le dramaturge tchèque, héros de la révolution de velours était assis avec nous en ce moment précis, il nous aurait autorisé à vous dire de ne pas confondre l’attente et l’espoir. << L’attente c’est le triste sort qui est réservé chaque jour à des millions de personnes dans le monde : une attente bien souvent sans fin, sans terme, sine die, que seule la mort interrompt. Mais l’espoir, c’est tout autre chose. Nous devons agir à temps pour que le monde cesse d’attendre Godeau et retrouve les raisons légitimes d’espérer, et d’avoir confiance dans l’avenir>>
Mesdames et Messieurs tel est le message dont nous sommes porteurs au nom du continent africain dont nous sommes les fils, en ce jour anniversaire, des accords de Linas Marcoussis, les accords de la honte et de la discordes. Que Dieu bénisse l’afrique ! Merci de votre aimable attention.
Fait à Lugano en Suisse Le Lundi 23 janvier 2006 Dr Serge-Nicolas NZI Chercheur en communication Directeur du Centre Africain d’études stratégiques CP. 66 VEZIA-LUGANO CH-6943 SUISSE Tel. 004179.246.53.53 e-mail: nzinicolas@yahoo.fr
Les accords de la discorde
Dans la crise ivoirienne, les accords de Linas Marcoussis, censés mettre fin à la crise, ont été perçus comme les accords de la discorde. Avec le recule du temps, il est bon de retourner à Marcoussis pour comprendre l’esprit du dit accord et pourquoi, il a fait plus de mal au pays malade qu’est la Côte d’Ivoire par rapport au conflit originel ? Marcoussis fût dans ce sens le début de la descente aux enfers du pays, il est temps d’en parler.
Nous sommes un chercheur et non un politicien désespéré en quête d’une quelconque place dans le marigot politique ivoirien. Cela nous permet d’emblée de dire ici de façon claire que nous n’avons aucune sympathie pour les partis politiques ivoiriens en raison de la stérilité dont-ils sont atteint et surtout leur incapacité à comprendre la souffrance et le désarroi des ivoiriens qui sont aujourd’hui pris en otage par le manque de perspectives crédibles d’une classe politique qui a fait du pays la risée du monde et de la sous région Ouest africaine, cela nous offusque et nous choque profondément.
Les partis politiques ivoiriens, se sont d’autre part disqualifié durablement pour l’avenir, car cette crise a montré qu’ils étaient dans leur grande majorité d’avantage mus par la soif du pouvoir que par les intérêts fondamentaux des ivoiriens. Leurs responsabilités sont immenses dans le désastre et la déconfiture de l’Etat ivoirien, ne pas le dire serait un pêché mortel pour notre indépendance d’esprit.
Linas Marcoussis le 24 janvier 2003 Pour en venir aux accords de Linas-Marcoussis signés le 24 janvier 2003 en région parisienne, nous avons réuni une dizaine d’étudiants européens de première année de droit dans la sympathique ville de Fribourg en Suisse centrale et nous avons remis à chacun d’eux une copie des dits accords qui étaient disponibles en version française sur plusieurs sites Internet, Dont celui du Quai d’orsay. Les remarques et observations que nous avons recueillis auprès des étudiants sont les suivantes :
- Ces accords ont fait une prime à la rébellion et seront un précédant grave et dangereux pour l’avenir de la démocratie en Afrique.
- Les accords représentent un coup d’Etat de fait contre le pouvoir en place, avec un Premier ministre non élut, non révocable et détenant les pleins pouvoirs exécutifs quel beau modèle de démocratie ?
- Les accords n’ont rien prévu sur le terrain pour le désarmement des rebelles qui ont été largement favorisé par les dits accords.
- Les accords de Marcoussis, donnent l’impression d’être un arrangement entre les partis politiques ivoiriens. Les institutions de l’Etat ivoirien, comme la présidence de la République et l’assemblée Nationale qui doivent jouer un rôle de premier plan dans l’application des dits accords, ne figurent pas parmi les signataires, c’est le lieu de se demander si les français eux-mêmes dans les mêmes circonstances accepteraient une telle solution ?
- Les accords prévoient le désarmement des rebelles et de l’armée nationale de Côte d’Ivoire, c’est une contradiction qui devait sauter aux yeux des experts du Quai d’Orsay. Aucune armée nationale digne de ce non, n’accepte de désarmer face à une rébellion, c’est du jamais vu dans le monde ?
- Les accords de Marcoussis, prévoient aussi l’édification d’une nouvelle armée ivoirienne avec le soutien de la France. Nous voyons derrière cette formulation, la formation des hommes de troupe et de commandement que sélectionnera la France pour le futur et aussi un marché juteux de vente d’armes.
- Si la crise ivoirienne oppose des ivoiriens aux ivoiriens, pourquoi sa solution passe telle par des avantages à octroyer aux étrangers vivants en Côte d’Ivoire ? Les Ivoiriens ont vécu cet aspect des accords comme une trahison.
- Au chapitre de la nationalité tout esprit de bon sens à du mal à comprendre qu’on demande à un pays de naturaliser tout d’un coup trois millions d’étrangers vivants sur son sol a la veille d’une consultation électorale, alors que la France elle-même expulse par charter des milliers de sans papiers chaque année.
- Les accords prévoient une loi d’amnistie pour les rebelles qui ont prient les armes contre leur propre peuple et ne prévoient rien en retour pour les populations civiles qui ont été les victimes innocentes de cette guerre.
- Curieusement, ce genre d’accord n’avait jamais été proposé quand les Mobutu et autres Eyadema étaient au pouvoir face à une opposition sans armes qui ne recherchait rien d’autre que la transparence des urnes.
- En réalité à travers ces accords, on demande à un gouvernement d’abdiquer devant une rébellion, qui n’a été élut par personne et ne propose aucun projet de société aux ivoiriens, c’est ce qui explique n’inapplicabilité des accords et l’impasse de la situation en Côte d’Ivoire. La France croyait rafler la mise et au final, elle a tout perdu.
- La France se comporte ici dans le cadre de Marcoussis comme les USA dans leur lune de miel avec Oussama Ben Laden, en oubliant qu’un rebelle, n’a que la barbarie, la terreur, la violence et l’impasse comme projet de société. Les rebelles circulent aujourd’hui à Paris et sont reçus avec les honneurs, mais la France ignore qu’ils ont pour elle le plus grand des mépris. Voici comment des jeunes étudiants de différentes nationalités européennes ( 1 belge, 3 suisses, 2 allemands, 2 français et 2 italiens) ont observé les accords de Linas Marcoussis dont la France chiraquienne réclame à corps et à cris l’application intégrale.
Le gouvernement de réconciliation nationale issue des accords de Marcoussis, ressemble étrangement à une fosse de serpents, de scorpions, de crabes, de crapauds, de fourmis rouges, de mangoustes et de lézards géants, tous mis ensemble pour cohabiter harmonieusement. Il n’y a que les français pour croire qu’une telle réunion de prédateurs et un tel zoo peut fonctionner et conduire un pays à une paix juste et durable.
Dans cette affaire le gouvernement français a eu un comportement qui aujourd’hui encore, nous fait penser à un chien fou qui coure dans tous les sens avec une casserole attachée à sa queue et qui s’étonne de son propre tintamarre.
En définitive comment les spécialistes, les diplomates, les énarques et autres juristes du Quai d’Orsay ont-ils pus penser une seule seconde que les dits accords allaient régler la crise inter-ivoirienne ?
La réponse à cette question est simple ; le mépris, La France a en effet depuis les indépendances pris l’habitude de décider pour nos pays africains francophones au point qu’elle n’a même pas envisagé l’émergence d’une société civile capable de s’opposer et de rejeter de tels accords qui concernent leur avenir.
Mais la légèreté et la cécité des dirigeants politiques français ; Jacques Chirac en tête a été plus grande, en exigeant l’application intégrale des accords de Marcoussis avec les lacunes que nous venons de relevées plus haut avec des étudiants en première année de droit.
Pour la France reconnaître une forfaiture devant des noirs est inacceptable, il faut exiger l’application intégrale des accords de Marcoussis, c’est cette logique indigne d’un pays qui se respecte, qui a maintenu Mr. Laurent Gbagbo à la tête de la Côte d’Ivoire. Piégeant ainsi les rebelles et leur principal allié la France Chiraquienne.
Nous rappelons que les dits accords ont permis aux rebelles, illettrés de siéger au gouvernement et leurs octroyaient même des ministères comme l’intérieur, la défense nationale et la sécurité, l’Etat français ou du moins ceux qui le représentent, ont braqué les ivoiriens inutilement contre la France et aujourd’hui, le divorce est réel entre le peuple ivoirien et la France chiraquienne avec ses ambitions néo-coloniales.
Acculée le dos au mur de sa propre négativité, l’armée française qui était sensé être une force de maintient de la paix, devient en novembre 2004 un protagoniste majeur de la crise ivoirienne en détruisant au sol la flotte aérienne de la Côte d’Ivoire et en tirant sur la foule aux mains nues devant l’hôtel Ivoire. Bilan 62 morts et 1306 blessés entre le 4 et le 9 novembre 2004. bizarrement les rebelles qui ont pris les armes contre leur pays et ses institutions séjournent librement en France dans des grands hôtels sans être inquiétés.
En y réfléchissant, Il y a des forces de maintien de la paix dans différentes régions du monde, imaginez que les différents contingents placés sous mandat de l’ONU reçoivent directement des ordres de leur chef d’Etat et agissent à leur guise dans le pays où ils sont chargés de soutenir la paix, qu’en sera t-il de cette paix ? Les tueries de l’armée française en novembre 2004 à Abidjan, reste pour tous les esprits de bon sens une cécité indigne de la France.
L’image ternie de la France et de sont armée en Côte d’Ivoire dont des soldats sont aujourd’hui jugé en France pour assassinat, casses bancaires et autres massacres, à la lumière de ces faits nous comprenons aujourd’hui pourquoi cette armée française n’a pas fait le poids devant la puissance de feu allemande en mai 1940 ? Pourquoi cette soit disant puissante armée française s’était liquéfiée devant les forces du Reich allemand ?
La réponse est simple, tous les français qui veuillent voir la vérité en face, savent qu’une armée de collaboration, qui a raflé des juifs pour les remettre pieds et points liés aux allemands qui n’en demandaient pas mieux, une armées de voleurs, de violeurs, de tortionnaires, de cambrioleurs de banques, de massacreurs de populations civiles et surtout de menteurs, ne peut pas défendre l’indépendance et les frontière de la France en cas de guerre.
Nous comprenons pourquoi la France a eu recours à des soldats africains pour se défendre face aux allemands, la réponse est simple aujourd’hui, c’est une armée plus brave devant des populations civiles sans armes, rappelons pour mémoire la grande rafle de 12 884 juifs de France du Vel d’Hiv les 16 et 17 juillet 1942.
Sans évoquer l’utilisation de la torture comme institution pendant la guerre d’Algérie. Nous vous invitons à lire et à relire à ce sujet les aveux du général Paul Aussaresses aux Editions Perrin << Services spéciaux en Algérie, 1955-1957 >>
La France officielle avait nié pendant quarante ans l’utilisation de la torture en Algérie. Comme elle avait dit en novembre 2004 que son armée n’avait pas tiré sur la foule ivoirienne, avant de reconnaître toute honte bue que les militaires français étaient en légitime défense et avaient tiré pour se défendre d’une foule armée de machettes et de fusils.
C’est quand une courageuse télévision française, a montré les images d’une foule aux mains nues et d’un hélicoptère français, tous feux éteint jetant des grenades offensives et mitraillant la foule que les français dans leur grande majorité ont compris les raisons profondes de la colère du peuple ivoirien. Il n’y a rien d’aussi répugnant et d’aussi dégoûtant qu’un gouvernement de menteurs.
Le 15 mai 2005, entre Bangolo et Man, il y a eu le meurtre de l’ivoirien, Firmin Mahé, il gisait dans son sang avec 65 balles françaises dans le corps avant d’être étouffé la tête dans un sac plastique par les braves soldats français, cela nous rappelle les heures sombres de la guerre d’Algérie.
Quand Djamila Boupacha, une jeune fille algérienne fut torturée, violée et re violée avec une bouteille de bière par ces mêmes, braves soldats français, ils étaient tellement braves qu’ils s’étaient mis à quatre pour la violer, ils avaient brûlé le bout de ses seins avec la cigarette, avant d’uriner dans sa bouche. Nous parlons ici de faits qui ont été jugés par des tribunaux et non d’un roman de science fiction.
Les ouvrages sur la guerre d’Algérie et les archives du procès existent encore de nos jours et nous défions les petits révisionnistes de service pour qu’ils sortent de leur boîte afin de nous contredire et nous donner ainsi la belle opportunité de rappeler au monde d’aujourd’hui en 2006, ce qu’était le vrais visage de la France et de son armée pendant la guerre d’Algérie et celle d’Indochine.
Ne parlons même pas de l’affaire Ben Barka, au cours de laquelle un homme interpellé par des policiers français avait disparut comme une pièce de monnaie en plein Paris et n’a plus été retrouvé du vendredi, 29 octobre 1965 jusqu’aujourd’hui. La France est aujourd’hui un pays qui a construit un apartheid social à travers ses Bantoustans qu’on appelle banlieues. C’est un pays qui ne peut plus donner des leçons à l’Afrique en matière de démocratie et de droits de l’homme.
À Auschwitz, les nazis utilisaient le gaz mortel Zyklon B, les français eux ont inventé le sac en plastique pour faire mourir par suffocation. Dans ce sens la mort de Firmin Mahé fut un exemple de Méchanceté gratuite et de cruauté typiquement française, dans la droite ligne de l’affaire Ben Barka.
Imaginez un homme blessé, perdant son sang, laissé sans soins dans un char et suffocant la tête dans un sac plastique devant des soldats Français qui assistaient en temps de paix, de façon impassibles et imperturbables à la mort en directe d’un être humain, le tout couvert par le général de pacotille qui commandait la soit disant force de paix française Licorne ? c’est l’image de cette lâcheté bien française que l’Afrique retiendra de la France et de son armée en 2005. Nous rappelons simplement qu’en France les pompiers interviennent chaque année pour sauver des chiens et des chats en danger dans un puit ou dans une gouttière. Mais pour un africain blessé, le sac plastique était l’idéal pour l’aider à mourir.
Et dire qu’avec cela les français se gargarisent encore en disant que leur pays est la patrie des droits de l’homme, jamais dans l’histoire, un pays n’a été aussi loin dans le ridicule. De qui se moque t-on avec de tels comportements ?
Quelle amnésie ? Nous pouvons dire de façon tout à fait claire et sans ambiguïté, que nous sommes africains et que nos pays ne seront jamais une partie de la France, il est donc claire de notre part de dire aux français, que jamais le meurtre ne sera à nos yeux un argument de liberté. Il n’y a rien de plus servile et de plus lâche, qu’un Etat qui utilise la coercition, la déstabilisation et le meurtre pour s’imposer à des nations pauvres en construction.
Les massacres à la chaîne En définitive les Africains d’aujourd’hui n’ont aucune considération pour la France et son armée, qui ont érigé le massacre des populations civiles comme moyen de perpétuer l’honneur perdu de la France à Thiaroye en décembre 1945, auquel il faut ajouter la journée noire du 8 mai 1945 jour de la répression sanglante à Sétif et Guelma en Algérie 20 000 morts, même l’aviation française fut réquisitionnée pour bombarder les zones insurgées.
Le 29 mars 1947, une insurrection éclate à Madagascar, des renforts sont rapidement acheminés et ce fut le carnage des milliers de civils sont abattus et massacrés à la baïonnette des villages rasés, 100 000 morts, la pacification de Madagascar est le grand oublié des massacres coloniaux.
Le 17 octobre 1961, la France du général De Gaulle ordonne la répression criminelle d’une manifestation sur l’initiative de la fédération de France et du FLN dans les rues de Paris et en banlieue. Cette manifestation visait à dénoncer le couvre-feu raciste imposé au « français musulmans d’Algérie » la police parisienne était commandé par le préfet de police Maurice Papon. Les manifestants furent mitraillés et massacrés, 900 morts en plein Paris.
Certains furent jetés dans la Seine après avoir été bastonné, ceux qui ne purent s’échapper furent rafler pour être envoyé dans des centres de rétention où ils furent torturés, certains furent même pendus à des arbres dans les bois.
Le savoir-faire de Maurice Papon sous l’administration du Général De Gaulle, montre une fois de plus la collusion étroite entre les méthodes fascistes et coloniales. La France, fidèle aux syndromes de Thiaroye a occulté jusqu’à ce jour cette partie de sa propre histoire. Massacre en pays Bamiléké au Cameroun,
Entre 1960 et 1970, les forces camerounaises sous la direction de l’armée française commandée par le général Max Briand rasent le pays Bamiléké 156 villages sont incendiés 40 000 personnes sont massacrées.
Le ministre des armées du général De Gaulle, M. Pierre Guillaumat, a évoqué cette tragédie en des termes plutôt élogieux dans un livre de François Xavier Verschave : voici ce que déclare M. Guillaumat : « Foccart a joué un rôle déterminant dans cette affaire. Il a maté la révolte des Bamiléké avec Ahidjo et les services spéciaux. C’est la première fois qu’une révolte de cette ampleur a été écrasée convenablement. »
C’est le ministre des armées d’une des grandes démocraties du monde occidental qui parle. La postérité appréciera. Sincèrement, y-a-t-il des preuves plus convaincantes que celles, aussi claires, qui sortent de la bouche d’une personnalité de ce rang ? Jamais de mémoire d’homme, on a vu un pays qui accepte de façon aussi pertinente et triomphaliste la responsabilité d’un désastre aussi important contre les populations civiles d’un autre pays.
Le Génocide rwandais N’oublions pas le génocide Rwandais, une commission d’enquête citoyenne émanant de la société civile française a examiné du 22 au 26 mars 2004, les documents, témoignages, les avis des experts qu’elle a réunis. L’implication de la France s’est révélée au-delà de ce que nous pensons.
La commission constate dans son rapport que les troupes spéciales françaises ont formé de 1991 à 1993 dans plusieurs camps d’entraînement, des milliers d’hommes de l’armée mono-ethnique du régime Hutu du Président Habyarimana, des hommes qui pour beaucoup allaient devenir les encadreurs du génocide. Cela n’est pas contesté.
- Un témoin visuel entendu par la commission assure que, déjà en avril 1991, des militaires français arrêtaient les Tutsis à un barrage routier près de Ruhengeri, sur la base de leur carte d’identité ethnique, et les remettaient aux miliciens en route qui les assassinaient aussitôt ; le Président Rwandais, le Général Paul Kagamé, a déjà dit dans une interview à un quotidien français, qu’il détient des cassettes vidéo à ce sujet.
- Il n’est pas contesté que l’opération turquoise n’a rien fait pour empêcher les militaires et les miliciens du génocide de s’installer avec armes et bagages à quelques kilomètres du Rwanda, au Zaïre voisin.
- Plus grave l’autorité Hutu en fuite de la Banque nationale du Rwanda, a pu retirer en six prélèvements des sommes importantes à la Banque de France et à la BNP 2 737 119,65 FF du 30 juin au 1er août 1994, pour la Banque de France 30 488 140,35 FF. La commission se demande comment les responsables du génocide en fuite et recherché de par le monde, peuvent arriver à Paris et oser effectuer des retraits bancaires, au nom d’institutions qu’ils ne dirigent plus ?
Ces sommes importantes, ne vont-elles pas alimenter des achats massifs d’armes, pour alimenter la reconquête du pouvoir par les Hutus ? Se sont des questions de simple bon sens qui ressurgiront demain à la face du gouvernement français et on y retrouvera des minables et autres petits menteurs de service, comme à l’époque de la guerre d’Algérie pour nier l’évidence.
La loi française du 25 février 2005 Pour ceux d’entre vous qui ne le savez pas, le parlement français, dans la présente législature à adopté une loi le 23 février 2005 visant à la reconnaissance de l’œuvre positive de la France et de l’ensemble de ses citoyens qui ont vécu outre-mer pendant la période coloniale française.
Mesdames et Messieurs, devant un étalage aussi cynique d’arrogance, même un animal se poserait des questions de savoir : l’œuvre coloniale a été positive pour qui ? Le colonialisme a-t-il été seulement positive ? Le colonialisme français n’est-il pas coupable de crime contre l’humanité, de génocide, de racisme, de massacres, de négation des autres cultures et de domination des autres peuples ?
Le paternalisme est-il positif ? En définitive, quelle est la signification du terme « positif » ? Selon nous et de manière très générale, est positif tout élément ayant apporté un mieux, un bénéfice, un progrès. Seul un parlement déserté par l’intelligence peut tomber dans une telle médiocrité et voter une loi aussi stupide et insultante pour les peuples qui ont vécu dans leur chaire méchanceté criminelle du colonialisme français.
Car en définitif, observez bien les Britanniques, ils n’ont pas envoyé en masse des africains se battre pour eux, ils ont préféré eux même se mettre en première ligne pour affronter les canons et les balles de l’ennemi allemand.
Il s’agit ici de faits établis et non d’un roman de science fiction. Si un français veut nous contredire, nous sommes prêts à l’écouter avec plaisir sur ces différents points, dans un dialogue public en plein jour, et non de nuit en rasant les murs comme on va chez les marabouts, dans un dialogue que nous souhaitons utile au bon sens et à l’avenir des relations franco-africaines. Sortir de la prédation pour aller vers une vraie coopération
Les africains réclament depuis bientôt cinq décennies une coopération franco-africaine, juste et durable basée sur les intérêts réciproques des parties contractantes. Si la France ne prend pas les devants de ce postulat de bon sens. Le désespoir étant mobilisateur, il accouchera sûrement des extrémistes et extrémismes qui seront difficilement contrôlables.
Alors il ne restera aux africains qu’à obtenir ces choses simples par une confrontation directe avec la France. Les patriotes ivoiriens ont déjà donné un avant goût de ce qui pourrait arriver dans ce cas de figure. La prise en otage des intérêts français, avec toutes les dérives qui peuvent en découler, exactement comme la négation des évidences avaient hier conduit la France aux malheureuses guerres d’Indochine et d’Algérie, qu’elle pouvait parfaitement éviter.
En définitive dans la crise ivoirienne, la France a obtenu à coup de maladresses et de stérilité mentale, ce qu’elle redoutait le plus, le mépris des ivoiriens et la prolongation du mandat du président Laurent Gbagbo, qu’il considère comme un chef d’Etat incompatible aux intérêts français en Côte d’Ivoire.
À ce stade de notre propos, nous croyons absolument important de nous poser la question de savoir, pourquoi un chef d’Etat africain, doit-il pour plaire à la France, renier les intérêts de son propre pays pour le bonheur de la France et de ses entreprises ? Incompatible aux intérêts français, cela veut dire quoi ? Pourquoi un chef d’Etat africain doit-il se coucher à plat ventre pour durer au pouvoir et perpétuer la domination de son propre pays par la France ?
Certaines multinationales françaises ne payent même pas d’impôts dans nos pays africains cela au nom de préférence datant des temps bibliques. Il faut rompre avec cette logique incestueuse pour aller de l’avant. Notre position sur ce point n’est pas négociable. Cette vassalisation de notre continent est fondamentalement inacceptable.
C’est cela qui explique aujourd’hui notre rage contre les chefs d’Etats africains qui se précipitent comme des petits larbins au Palais de l’Elysée pour se coucher à plat ventre devant le président des français. Nous portons encore en nous les images humiliantes de Jean-Bedel Bokassa, inconsolable et pleurant à chaudes larmes aux obsèques du général De Gaulle qu’il appelait papa. Imaginez la scène et vous comprendrez le ridicule de la situation et surtout la gêne des autres délégations pendant ces obsèques.
Pourquoi devons nous avoir à la tête de nos pays des africains nommés par la France ? c’est à dire des Bokassa, des Mobutu, des Léon Mba, des David Dako, des Ahidjo des Eyadéma, des Tombalbaye, des Houphouët, des Yaméogo, des Moussa Traoré, des Philibert Tsiranana, des Habiyarimana et consort ? Soyons sérieux, ce genre de système a montré ses limites, il n y a que la France qui y croit encore.
La France et sa classe politique doivent comprendre aujourd’hui que toute l’intelligence dont Dieu nous a doté nous oblige à nous insurger contre de tels choix qui sont contraires à notre avenir dans le monde et à notre bien-être. Encore une fois, il s’agit ici d’une position morale de dignité qui est ferme et non négociable.
En définitive, il y a aujourd’hui encore dans la classe politique française des hommes et des femmes qui pensent que les Chinois peuvent décider de ce qui est bon pour eux, que les Indiens peuvent aussi décider de ce qui est bon pour eux, mais les Africains, eux doivent avoir la bénédiction ainsi que la permission de la France et de son chef, pour respirer et décider de qui doit les diriger.
C’est une grave erreur d’appréciation, car la France n’est plus une grande puissance, c’est une puissance moyenne qui dans vingt ans deviendra comme le Portugal, l’Espagne ou l’Italie, si elle sait composer de manière intelligente et intelligible avec les Africains, elle sera une nation influente dans la recomposition du monde. Dans le cas contraire son cynisme, sa cruauté, ses combines, sa stérilité et sa petitesse d’esprit se retournera contre elle.
Car ce qu’elle oublie, c’est que l’avenir du français comme langue se trouve en Afrique, car dans la décennie prochaine, la majorité des locuteurs de cette langue seront africains, les dirigeants politiques français doivent aujourd’hui s’interroger sur l’avenir de leur langue dans un monde en mutation.
Car leur arrogance et leur mépris conduiront les Africains à se détourner d’eux pour se retrouver avec l’Angleterre, les USA, le Canada, la Chine, l’Inde, l’Australie ou la Nouvelle Zélande, la Chine ou le Japon car ils sont persuadés de trouver auprès de ces pays ce qu’ils n’ont jamais su trouver auprès de la France, c’est à dire : la simple fraternité humaine, dans un monde ou l’imposture de la France ne leur a plus laissé de choix.
Aujourd’hui de Dakar à Bamako en passant par Abidjan, des grandes écoles d’économie et de management, ont pions sur rues, les cours sont en anglais et sont calqués sur les programmes anglo-américains, tous les jeunes gens qui sortiront de ces grandes écoles n’auront sincèrement rien à foutre avec la France et sa francophonie en complète perdition.
Ce jour arrivera, car la France se cramponnera obstinément à ses certitudes et c’est ce jour là que la France se rendra compte de sa cécité, de sa stupidité et de sa propre cupidité devant l’énergie qu’elle a déployé pour construire l’irréparable. C’est à dire la tempête prévisible et méritée quelle a toujours semé sans se rendre compte de la volonté d’indépendance réelle des africains.
Curieusement sous la cinquième République française, Le Général De Gaule avait eu sa guerre d’Algérie, Georges Pompidou à été confronté à la question de l’uranium du Niger qui a abouti au renversement du président Hamani Diori, Valéry Giscard d’Estaing avait eu ses diamants de Bokassa, François Mitterrand a eu son génocide Rwandais et Jacques Chirac a eu sa crise ivoirienne.
Au Finale la volonté d’indépendance des africains nous fait dire ici que tous les chefs d’Etats français, s’enliseront en Afrique tant que la France ne coupera pas le cordon étouffant de son néo-colonialisme rampant avec l’Afrique subsaharienne.
N’importe quel étudiant en première année de prospective ou de science politique vous dira la même chose. Il n’y a que les experts du Quai d’Orsay pour ne pas savoir qu’ils sont au service du déshonneur de la France en maintenant avec l’Afrique des relations d’un autre âge. reconstruire et consolider l’Etat de droit en Afrique
Depuis l’Angleterre au XVIIIème siècle en passant par la France de 1789 jusqu’en Roumanie à la fin du second millénaire, la révolte et les révolutions ont toujours plongé leurs racines dans l’indignation devant un statut quo intolérable, comme dans l’attrait exercé par un projet de société future.
Comme les pauvres du continent africain ne sont pas spontanément révolutionnaire, pas plus qu’il n’ont conscience de leur destin tragique. Les flux migratoires, l’exode rural, le poids de la religion, une tradition et des coutumes qui favorisent l’ordre établi font que les révoltes sont peut nombreuses et sporadiques.
Mais aussi longtemps que l’offense permanente causée par la misère, l’injustice, l’exclusion et l’oppression conduira les hommes à la rage, à la révolte et peut-être à des révolutions en vu de reconstruire le vivre ensemble sur des fondations moralement acceptables par tous afin de mieux affronter les défis de la modernité.
Le rapport de la société africaine avec l’argent, le passage désordonné d’une société de responsabilité collective à celle de la responsabilité individuelle mal assumé, la nouvelle idée que nous nous faisons de l’avenir collectif, la rigueur budgétaire etc.. : voilà des pistes qui mériteraient l’attention des élites, des partis politiques et des institutions dignes de ce nom dans nos pays africains.
Ce qui doit compter le plus dans l’étape nouvelle que nous appelons de tous nos vœux, c’est que les africains eux-mêmes se pénètrent de la nécessité de rompre avec la logique du déclin et de la marginalisation. Pour cela, leur destin est entre leurs mains et pas ailleurs à Dayton, à Lancaster House, à Londres, à Marcoussis ou à Paris.
La Libanisation de la Côte d’Ivoire La géopolitique moderne, nous dit qu’il y a libanisation dans un pays quand différentes communautés ou groupes politiques s’affrontent militairement, avec le soutien de réseaux clientélistes étranger en morcelant l’Etat au profit des chefs de guerre. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, c’est certainement la prochaine étape de la crise ivoirienne.
Nous avons eu l’opportunité de nous rendre dans les quartiers populaires d’Abidjan pour écouter la colère des foules et nous sommes très sérieux en avançant ce postulat, car tous ceux qui ont joué avec le feu, ont oublié que dans cette prochaine étape, on pourra tous assister médusé à des prises d’otages accompagné de négociations entre la France et les ravisseurs.
Concernant le Premier ministre Jean Konan Banny, coopté par la France et nommé par l’union africaine dans le but de conduire une transition vers la paix, il faut dire que les récents évènements ont montré qu’il est mandaté pour conduire une Pax Francia, c’est à dire une paix qui arrange la France et ses intérêts, sans se préoccuper des aspirations légitimes des ivoiriens. Le PDCI le soutien du bout des lèvres et attend avec impatience qu’il se casse la figure. Le FPI, voit en lui un homme qui a eu la cooptation à toutes les étapes de sa vie. Coopté pour entrer à la BECEAO après ses études, Coopté pour être le directeur national BECEAO pour la Côte d’Ivoire, Coopté pour en être le gouverneur de cette Banque centrale et Coopté pour être Premier ministre de Côte d’Ivoire.
Il ne lui manque plus que la cooptation pour être le président des ivoiriens. Il ne connaît pas le quotidien des ivoiriens, il est prêt à tous les compromis pour se construire une place dans le marigot politique ivoirien dans la ligne de l’héritage d’Houphouët.
C’est à dire avec la France au début et à la fin de tout en Côte d’Ivoire. Il y a donc un grand conflit d’intérêts qui nourrit la rage des ivoiriens, contre ce collabo de la 25 heures qui a cru que la suffisance et le soutien de ses parrains lui permettaient de faire dissoudre des institutions de l’Etat ivoirien.
Malheureusement, il ne tirera pas les leçons de ces derniers jours, il persistera dans sa logique et le pays en pâtira, des jours sombres attendent encore les ivoiriens ( ceux qui ont les moyens ) qui aujourd’hui font des stocks de denrées non périssables, comme l’huile, le riz, les pâtes, la tomate concentrée et quelques ignames pour les jours difficiles qui s’annoncent à l’horizon. Les jours difficiles vont arriver très vite grâce à la cécité politique de l’alliance Franco-rebelles qui soutien le Premier Ministre Banny, l’activité économique du pays sera paralysée et l’Etat ne pourra plus payer les fonctionnaires, c’est alors que Gbagbo apparaîtra sur la scène pour dire : << aux ivoiriens qu’il y a un Premier ministre nommé, avec tous les pouvoirs, allez y le voir pour qu’il vous paye. >>
Vous imaginez d’ici la rue avec la galaxie patriotique, les fonctionnaires, les militaires et les populations civiles brûlant tout sur leur passage. Cette rue a déjà connu les tires de la soldatesque du Général Guei, les chars de l’armée française, les tires des soldats de l’ONU et dans l’hypothèse qui suivra, nous voyons mal les soldats français jouer les Tarzan dans les rues d’Abidjan. Ce sera la libanisation totale de la Côte d’Ivoire.
Charles Konan Banny, ce jour là se retrouvera, comme un gardien de but de football qui est sorti pour anticiper une action adverse et a perdu le ballon dans sa sortie, il n’est plus dans les buts et coure maintenant à toute allure vers sa cage vide pour constater qu’il a ainsi favorisé la perte de son équipe, par cette sortie hasardeuse.
Il se retrouvera nu et sera abandonné par la France, qui avait eu le même comportement à la chute de M. Henri Konan Bédié, qui se souvient certainement de ce 24 décembre 1999, où la soldatesque du général Robert Guei avait mi-fin à son règne de cooptation, déclenchant une réjouissance populaire dans les rues d’Abidjan.
L’histoire du monde nous oblige à nous méfier des hommes qui après des longues années à l’étranger se retrouve du jour au lendemain à la tête du gouvernement de leur pays d’origine. Le retour au pouvoir après plusieurs années d’absence dans son propre pays du Général Juan Domingo Péron, le 24 septembre 1973, favorisera le coup d’Etat militaire du Général Rafaël Vidéla en Argentine.
La démission du Général Chadli Ben-Djedid, en Algérie, favorisera l’arrivée au pouvoir de M. Mohamed Boudiaf le 14 janvier 1992, ce dernier vivait au Maroc depuis de nombreuses années et était visiblement coupé de l’Algérie son pays natal.
Il était sans doute de bonne foi et de bonne volonté, mais cela ne suffisait visiblement pas, nous avons tous assisté à sa mort par assassinat en direct sur toutes les télévisions du monde le 29 juin 1992. tout cela nous amène à recommander la prudence et l’humilité à M. Banny et surtout à ses protecteurs français.
Pour leur dire que nous ne sommes plus aux temps d’Houphouët-Boigny. Leur suffisance et l’arrogance de leurs attitudes peuvent radicaliser les positions, si ce n’est déjà fait et précipiter la libanisation de la Côte d’Ivoire. Postulat de Conclusion
Mesdames et Messieurs, l’indépendance de l’Etat africain nous a fait sortir de nous-mêmes et nous à placée face à l’histoire, avec la nécessité d’inventer un avenir et des institutions. Les révoltes et les révolutions, sont mortes sur le continent africain sans avoir résolu nos contradictions.
Depuis 1960, nous nous rendons compte que cette création de nous-mêmes que la réalité exige de nous n’est pas différente de celle qu’une réalité identique réclame des autres en Asie et en Amérique latine. Nous vivons une conjoncture décisive et mortelle, en orphelin du passé, et avec un avenir à inventer. L’histoire humaine est une tâche commune et notre chantier celui de tous les hommes.
Dans un certain sens, on peut affirmer que l’indépendance a recréé l’homme africain en le connectant au monde. Pourtant en dépit de sa fécondité extraordinaire, elle n’a pas été capable de créer un ordre vivant qui fût, en même temps vision du monde et fondement d’une société réellement juste et libre.
La France se proposa de nous aider à corriger cette dérive en proposant une communauté, celle que refusa tout net : Hamed Sékou Touré et la Guinée le 28 septembre 1958, bref une espérance de communauté : un monde dans lequel les hommes africains se reconnaissent dans les autres hommes, et où le principe d’autorité, c’est à dire la force, quelles que soient sont origine et sa justification - cède le pas à la liberté responsable.
Ce fût le contraire qui se produisit laissant nos pays en ruine et nos peuples sans horizon. En Côte d’Ivoire, La France et son armée du 4 au 9 novembre 2004 nous ont prouvé que nous vivons dans un monde d’imposture et que Marcoussis était un piège contre le bon sens.
L’armée française rappelons le avait sauté sur la ville minière de Kolwezi le 19 mai 1978 pour chasser une rébellion et sauver le régime détestable de Mobutu, aujourd’hui la France favorise l’entrée des rebelles dans le gouvernement ivoirien. Imposture, ho imposture, tu as le visage de la France.
Que faire ? Ne pas désespérer de l’avenir, car l’histoire de l’humanité a souvent démontré que face aux blocages les plus tenaces, le déclic est venu du débat, dès lors que ceux dont la responsabilité est d’anticiper l’avenir par la pensée ne biaisaient pas avec la réalité. Un certain conformisme intellectuel a souvent retardé le déclic, tandis que le courage de penser autrement a toujours conduit aux changements rendus inévitables par l’évolution historique.
Quand l’évolution de la société française s’est trouvée contrecarrée par les archaïsmes politiques liés à l’absolutisme royal, les philosophes des lumières ont déblayé le terrain, Voltaire, Diderot, Rousseau, d’Alembert, chacun à sa façon et selon son génie, ont contribué au mouvement des idées dont la révolution française de 1789 devait être la traduction sur le terrain politique. L’avenir de nos pays africains est une affaire trop sérieuse pour être laissé entre les mains des seuls politiciens larbins des puissances extra-africaines, la dernière décennie ayant confirmé que ces larbins étaient dans leur grande majorité davantage mus par la soif du pouvoir que par les intérêts fondamentaux des peuples africains. C’est ce qui explique la stérilité des partis politique en Afrique.
La société civile africaine doit se mobiliser pour que le pluralisme contribue à l’épanouissement de la pensée et à la promotion d’idées novatrices pour la renaissance africaine.
Cette renaissance consiste pour les africains à rompre avec la logique du déclin et de la marginalisation, pour prendre leur destin en main. Réorienter notre agriculture en donnant la priorité aux cultures vivrières afin de nourrir nos populations affamées, cela devient aujourd’hui une priorité au lieu d’importer constamment du blé et surtout du riz qu’on peut produire sur place.
Dans cette nouvelle phase, il serait vraiment stupide de produire du coton, du café, du cacao, de l’arachide, de l’hévéa, de la banane, des ananas et du thé pour d’autres à des prix fixés par eux, provoquant la ruine de nos paysans et l’appauvrissement de nos meilleures terres, pour finalement nous retrouver à quémander pour vivre. Qu’un chien fasse un tel choix, nous pouvons le comprendre, car il s’agit d’un animal.
Mais que des gouvernements censés regrouper les meilleures intelligences de nos pays persistent pendant des décennies dans des choix aussi désastreux pour leurs propres peuples, c’est non seulement une énigme, une aberration mais aussi une stérilité mentale et sans doute la plus grande honte de l’homme africain depuis les indépendances.
Ce n’est plus notre problème et cela ne doit même plus être notre problème si un français en plein hiver n’a plus du café pour boire, la vie nous enseigne que chacun doit résoudre ses propres problèmes en priorité. Préoccupons-nous de notre propre lendemain comme le font les autres peuples de la terre, c’est aussi simple que cela.
Tous compromis sur ces questions essentielles nous ramèneront aux impasses du temps présent. Occupons nous maintenant de notre propre lendemain. Les crocodiles, les rats, les écureuils, les renards, les hyènes et les souris font des réserves alimentaires pour le futur, il n’y a que les gouvernements médiocres et corrompus d’Afrique qui croient que l’assistance des autres fera le bonheur de leur peuple.
Dans le domaine de la santé, assurer une couverture sanitaire à nos populations demeure une priorité, que les centres de santé les plus reculés soient fournis en médicaments et en produits de première nécessité est une exigence de bon sens.
Avoir aussi chez nous des routes praticables en toutes saisons pour intégrer l’arrière pays aux grands centres urbains ne doit pas être un rêve pour notre génération, mais enfin réveillons-nous pour le bien de nos populations et donner un sens à notre propre vie.
Enfin les progrès technologiques sont si rapides aujourd’hui que l’Afrique se condamnerait à la marginalisation définitive si elle ne réinvestissait pas de nouveau massivement, dans l’éducation et la formation, mais en privilégiant cette fois-ci, plus que tout l’excellence, la technicité et l’inventivité, afin de donner à l’industrie naissante les cadres moyens et subalternes de bonne qualité qui seront les fondations les plus assurées de notre développement industriel.
Voilà Mesdames et Messieurs, chers amis européens, chers compatriotes africains. des pistes de travail pour conduire et nourrir nos révoltes et la rupture épistémologique avec la France et ses combines qui si souvent nous ont conduit dans l’amertume, l’impasse et le dénuement total. Voilà quelque chose de noble qui vaille la peine et le sacrifice d’un continent meurtri. Si Vaclav Havel, le dramaturge tchèque, héros de la révolution de velours était assis avec nous en ce moment précis, il nous aurait autorisé à vous dire de ne pas confondre l’attente et l’espoir. << L’attente c’est le triste sort qui est réservé chaque jour à des millions de personnes dans le monde : une attente bien souvent sans fin, sans terme, sine die, que seule la mort interrompt. Mais l’espoir, c’est tout autre chose. Nous devons agir à temps pour que le monde cesse d’attendre Godeau et retrouve les raisons légitimes d’espérer, et d’avoir confiance dans l’avenir>>
Mesdames et Messieurs tel est le message dont nous sommes porteurs au nom du continent africain dont nous sommes les fils, en ce jour anniversaire, des accords de Linas Marcoussis, les accords de la honte et de la discordes. Que Dieu bénisse l’afrique ! Merci de votre aimable attention.
Fait à Lugano en Suisse Le Lundi 23 janvier 2006 Dr Serge-Nicolas NZI Chercheur en communication Directeur du Centre Africain d’études stratégiques CP. 66 VEZIA-LUGANO CH-6943 SUISSE Tel. 004179.246.53.53 e-mail: nzinicolas@yahoo.fr
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