Accrochage Miloci-Licorne à l’aéroport de Man Deux soldats français tués

Publié le par Christian Bailly-Grandvaux

Les Echos du Matin - 3/6/2005 5:34:48 PM

Le bruit des bottes et le cliquetis des armes ne sont pas près de s’estomper à l’Ouest où les hommes du pasteur Gammi multiplient les actions.

L’armée française est sur les dents depuis quelques jours dans l’Ouest ivoirien, où elle tente de s’interposer entre les combattants du Miloci et les rebelles qui campent dans cette partie du territoire ivoirien. De façon permanente, les hommes du général Henri Poncet sont en alerte maximale vu que les guerriers du pasteur Gammi sont devenus ‘’imprévisibles’’. Adeptes de la tactique de ‘’guérilla’’, ces derniers donnent depuis quelques jours du tournis aux soldats de la force Licorne. Vendredi dernier, les deux camps ont encore croisé le fer aux alentours de l’aéroport de Man. De bonnes sources, ce jour-là dans l’après-midi, un commando du Miloci qui entendait prendre pied à l’aéroport a buté sur des éléments de l’armée française en patrouille dans la zone. Il s’en est suivi un violent accrochage soldé par la mort de deux soldats et un blessé grave côté Licorne pendant que le Miloci enregistrait ‘’quelques pertes’’. Approchée pour en savoir davantage sur cette situation, la cellule de communication de la soldatesque française en Côte d’Ivoire n’a ni infirmé ni confirmé l’information, l’adjudant Bertrand se contentant de dire « nous ne sommes pas informés » avant de promettre de nous rappeler plus tard pour nous situer définitivement sur la question. Nous attendons toujours le coup de fil. Presque dans le même temps, l’armée française annonce deux morts et un
blessé grave suite à « une explosion accidentelle » au 43ème Bima. « Faux » rétorque le Miloci qui revendique « les pertes françaises ». Sans vouloir douter de la thèse de la force Licorne, on ne peut s’empêcher de relever des coïncidences bien troublantes. Premièrement, l’armée française déclare deux morts et un blessé grave. Ce qui est exactement le bilan dressé par le Miloci après l’accrochage de l’aéroport de Man. Deuxièmement, le jour. Le 43ème Bima situe la disparition de ses deux éléments au vendredi 04 mars dans l’après-midi, exactement le jour et la période de la journée indiquée par les hommes du pasteur Gammi. Autre fait curieux aucune image, de « l’explosion » n’est encore disponible 72h après. Ce qui est surprenant pour qui connaît l’importance de l’image dans la communication de l’armée française. Ce sont autant d’éléments qui alimentent la thèse selon laquelle « la Licorne cache les vraies circonstances de la mort de ses deux soldats ». Quant au pasteur Gammi qui se réjouit d’avoir infligé ses premières pertes à l’armée française dans cette nouvelle crise de l’Ouest, il annonce des prochains jours chauds. La détermination de cet ancien étudiant en théologie est d’autant plus grande qu’il vient de bénéficier, dit-on, du ralliement de plusieurs combattants du Mjp désabusés par la rébellion lancée par Guillaume Soro. De sources proches du Miloci, Gammi n’a pas eu de difficultés à recruter ces rebelles qui, révèle-t-on, « attendaient la moindre occasion pour faire payer à Soro et aux siens toutes les trahisons et les promesses non tenues ». On le voit bien, et contrairement aux assurances de l’Onuci, le calme et la stabilité sont loin d’être revenus dans la région des montagnes.
Yves De Séry

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Publié dans L'armée française

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