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Union Africaine

Mercredi 19 janvier 2005
Le Président Thabo Mbeki d’Afrique du Sud à l’Onu le 22 Septembre 2004 : L’Amorce d’un Authentique Volontarisme Sud-Sud et Africain ? 
19/01/2005

Lors de la 59ème session de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies, le discours du Président Thabo Mbeki, sans effets d’annonces tonitruants, porte un regard lucide sur les priorités du monde vues par l’organisation et ses acteurs dominants, sur la prise en compte toute relative des besoins des plus faibles. Ce discours permet de comprendre l’implication sud-africaine dans l’accès des populations déshéritées à une meilleure représentativité au sein des instances de décisions des Nations Unies, afin qu’elles disposent d’un pouvoir réel de faire passer leurs plaintes au rang de priorités collectives impérieuses, au même titre que le terrorisme, l’Irak, la Palestine… Extraits.

Dans la Déclaration du Millénaire, nous avons eu recours à des mots porteurs pour résumer notre réponse face à ces problèmes. Nous avons dit, je cite :

« Il est de notre responsabilité collective de défendre les principes de dignité humaine, d’équité et d’égalité au niveau mondial. En tant que dirigeants, nous avons ce devoir envers tous les êtres humains, et plus particulièrement, envers ceux qui sont les plus vulnérables, comme les enfants, à qui l’avenir appartient ».

Nous avons aussi ajouté : « Nous sommes résolus à instaurer une paix juste et durable partout dans le monde, conformément aux objectifs et principes tinscrits dans la Charte ».

Puis, « Nos efforts pour que la mondialisation soit un processus équitable et puisse inclure tout le monde doivent conduire, à l’échelon mondial, à des politiques et à des mesures qui correspondent aux besoins des pays en développement et des économies en transition et qui soient formulées et appliquées avec leur participation effective ».

Nous nous sommes également engagés à « ne ménager aucun effort pour tirer nos semblables –hommes, femmes et enfants- de l’extrême pauvreté, phénomène abject et déshumanisant… Nous sommes résolus à faire du droit au développement une réalité pour tous et à mettre l’humanité tout entière à l’abri du besoin ».

Nous ne pouvons qu’être d’accord sur le fait que nous avons dit tout cela. Nous tomberions tout aussi d’accord sur le fait que nous pensions ce que nous disions. Je pense aussi que ce ne sont pas là les seules questions sur lesquelles nous parlerions d’une même voix.


Je dis ceci car je me suis moi-même posé la question de savoir si nous avions atteint les objectifs que nous nous étions fixés. Il m’a semblé impossible d’y répondre par l’affirmative. Peut-être en est-il parmi nous qui seront d’un avis contraire et qui penseront que c’est là un bon début et qu’il est trop tôt pour dire que nous avons échoué.

Je suis sûr que si nous disons à ceux qui sont touchés par la violence et la guerre que ce que nous avons fait est un bon début vers l’instauration d’une paix juste et durable dans le monde entier, ils ne nous croiront pas. Je suis tout aussi sûr que si nous disons à tous ceux qui se couchent, le soir, le ventre vide, que ce que nous avons fait est un bon début vers la mise à l’abri du besoin de l’humanité tout entière, ils ne nous croiront pas non plus.

 

Je voudrais aussi faire remarquer que la vision de dignité humaine, d’équité et d’égalité pour tous dans le monde, telle que nous l’avons énoncée dans cet imposant forum il y a quatre ans, semble, aux yeux des êtres ordinaires qui souffrent de la faim et de la guerre, un beau rêve dont la réalisation ne peut être que différée.

Cela signifie t-il que, lorsque nous avons fait ces promesses, nous ayons délibérément menti à des milliards d’être humains ordinaires ? La réponse est évidemment NON ! Avons-nous parlé ainsi tout simplement parce qu’il est plus facile de parler ainsi ? La réponse est à nouveau NON !

La question qui se pose est celle de savoir pourquoi la grandeur des mots utilisés et la vision qu’ils dépeignent – celle d’un monde de paix, un monde sans pauvreté, un monde dans lequel chacun aurait sa part de prospérité – n’ont pas produit les beaux résultats escomptés !

Il me semble que la réponse à cette question se trouve dans le fait que nous n’avons pas encore sérieusement traité les questions qui touchent à l’exercice du pouvoir et à ses abus.

Hier, le Secrétaire Général, Monsieur Kofi Annan, a parlé avec éloquence du code d’Hammourabi, vieux de trois mille ans. Il disait que ce code avait marqué une étape décisive dans la lutte de l’humanité pour instaurer un ordre dans lequel la force ne ferait plus loi mais la loi ferait force ». Nous avons bien compris que le Secrétaire Général, à sa manière élégante, attirait notre attention sur la question centrale du jour, à savoir celle de l’exercice du pouvoir et de ses abus !

La société contemporaine se caractérise par un déséquilibre profond dans la répartition du pouvoir. Ce pouvoir est détenu et exercé par des êtres humains. En tant qu’êtres humains, les plus puissants ont beaucoup en commun avec les plus déshérités, à savoir le besoin de manger, de boire, d’être protégé des éléments, d’aimer, de rire, de jouer, de vivre.

Mais la vie se charge de nous apprendre que c’est cela, et cela seulement, que les êtres humains ont en commun. En effet, le reste, les relations que nous avons les uns envers les autres, dépend de l’accès plus ou moins grand que nous avons au pouvoir et à l’exercice du pouvoir.

C’est sans peur d’être contredit que j’ai précisé un peu plus haut que nous étions tous d’accord sur le fait que nous allions recevoir le rapport du panel à haut niveau sur les menaces, les défis et le changement.

Je suis tout aussi convaincu que, selon notre position par rapport au pouvoir, nous aurons des opinions qui seront radicalement différentes sur ce qui constitue les menaces et les défis les plus sérieux, et, par conséquent, sur ce qu’il nous faut changer dans la réalité que nous percevons.

A la fois les puissants et les faibles seront d’accord pour dire que le terrorisme et la guerre sont des menaces sérieuses pour toute l’humanité.

Bon nombre d’entre nous, lorsqu’ils se sont adressés à cette assemblée, ont à juste titre attiré notre attention sur un grand nombre de cas de terrorisme et de guerre auxquels nous sommes tous opposés. Ils ont cité les attentats terroristes qui ont frappé les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie et les victimes africaines et américaines qui en ont résulté, la catastrophe du 9 septembre 2001 qui s’est abattue sur cette ville, les actes terroristes perpétrés en Indonésie, en Arabie Saoudite, au Maroc, en Espagne, en Israël, à Gatumba au Burundi, à Beslan dans la Fédération de Russie et ailleurs.

Ils ont, avec raison, attiré notre attention sur la violence des conflits qui déchirent la République Démocratique du Congo, le Burundi, le Soudan, la Palestine, Israël, l’Irak, l’Afghanistan, la Tchétchénie, l’Abkhazie, le sud de l’Ossétie, etc., ainsi que sur d’autres problèmes non résolus, tels que l’auto-détermination pour le Sahara Occidental, qui réclament tous des solutions.

A la fois les puissants et les faibles seront d’accord sur le fait que la communauté internationale doit agir de concert pour affronter avec succès ces problèmes, ainsi que la menace et le défi que constituent le terrorisme et la guerre.

Cependant, les puissants auront une conviction supplémentaire, à savoir que le terrorisme et la guerre sont la menace centrale, le défi principal auxquels la civilisation doit faire face. Ils en arriveront à la conclusion que, et cela presque par définition, les terroristes les visent eux parce qu’ils sont puissants et que, par conséquent, ils n’ont pas d’autre choix que celui d’identifier le terrorisme comme la menace centrale et le défi principal qu’ils doivent affronter et auxquels ils doivent répondre.

Etant donné leur importance dans l’équation du pouvoir, ce qu’ils décideront constituera nécessairement la réponse mondiale à ce qui constitue la menace centrale et le défi principal envers la société, exigeant divers changements au système de gouvernance mondial. Ce qu’ils décideront se traduira par un ensemble d’injonctions obligatoires, émises par cette Organisation, que tous les membres devront accepter et mettre en œuvre.

A la fois les puissants et les faibles seront certainement tout aussi d’accord sur le fait que la pauvreté, le besoin et le sous-développement sont des problèmes graves qui doivent être traités. Un très grand nombre de ceux qui se sont déjà adressés à cette assemblée ont, à juste titre, attiré notre attention sur la réalité de la misère dont continuent de souffrir des milliards d’êtres humains.

Ils nous ont aussi rappelé, entre autres choses, que certains pays étaient aujourd’hui plus pauvres que ce qu’ils étaient il y a dix ans. Ils ont attiré notre attention sur le fait qu’il est pratiquement certain que nous ne pourrons point atteindre les Objectifs de Développement du Millénaire que nous nous étions fixés il y a quatre ans.

A la fois les puissants et les faibles sont d’accord et seront d’accord sur le fait que la communauté internationale doit agir de concert pour redresser la situation et, par conséquent, répondre au défi et à la menace que constituent la pauvreté et le sous-développement. Toutefois, les faibles, qui sont les pauvres de ce monde, auront la conviction supplémentaire que la pauvreté et le sous-développement constituent la menace centrale et le défi principal que la civilisation doit affronter et surmonter.

Ils seront convaincus que, parce qu’ils sont les victimes quotidiennes de la misère et du besoin, qui tuent chaque année des millions d’êtres humains dans le monde, - ce qui se traduit par de froides statistiques sur une plus courte espérance de vie -, la misère et le besoin sont la menace centrale et le défi principal que l’humanité doit affronter et surmonter, exigeant des changements dans le système de gouvernance mondial pour apporter une réponse efficace à cette réalité.

Toutefois, parce qu’ils n’ont pas le pouvoir, ces milliards d’êtres humains, qui forment l’écrasante majorité de cette même humanité qui a besoin de manger, de boire, d’être protégée des éléments, de rêver, d’aimer, de rire, n’auront pas la possibilité de convaincre cette organisation, décrite de manière dérisoire dans la Déclaration du Millénaire comme « l’organisation la plus universelle et la plus représentative du monde », et de traduire leurs conclusions en injonctions obligatoires, émises par cette Organisation, que tous les Etats membres devront accepter et mettre en œuvre.

Si, pendant un bref instant, nous refusons de céder à la tentation de parler sous forme de paraboles, ce que nous faisons d’ordinaire par peur d’être punis si nous disons la vérité, nous devrons alors dire que tout cela aboutit à une réalité simple et frappante qui est le reflet de la répartition du pouvoir et des richesses dans notre société actuelle.

Les riches et les puissants se sentent, à juste titre, mortellement menacés par le fanatisme des terroristes. Ils ont le pouvoir de répondre à ce danger présent et immédiat avec toute la puissance dont ils disposent et, parce qu’ils sont puissants, ils ont aussi la possibilité de décider pour l’humanité tout entière que la menace principale qu’ils affrontent représente la menace principale pour toute l’humanité.

Les faibles et les déshérités se sentent menacés par un état permanent de pauvreté qui dévaste leur communauté d’une manière tout aussi terrible que l’ouragan Ivan lorsqu’il détruisit l’île de Grenade aux Caraïbes.

Il est tragique de constater que, parce qu’ils sont pauvres, ils n’ont pas les moyens de répondre à ce danger présent et immédiat. Ils n’ont pas non plus le pouvoir de décider pour toute l’humanité que la menace principale qu’ils affrontent représente la menace principale pour toute l’humanité, les riches et les puissants y compris.

Dans la Déclaration du Millénaire, nous parlons du besoin de mettre en œuvre, à l’échelon mondial, des politiques et des mesures qui correspondent aux besoins des pays en développement et aux économies en transition et qui soient formulées et mises en œuvre avec leur participation effective ».

Peut-être que la faute que nous avons commise a été de penser que la répartition actuelle du pouvoir dans la société permettait d’y arriver, de telle sorte que, sans tenir compte de cette considération fondamentale, il serait possible que les préoccupations des déshérités deviennent une priorité dans l’ordre du jour et le plan d’action du monde.

Nous nous sommes rassurés, ou peut-être illusionnés, en pensant que cette Organisation était «l’organisation la plus universelle et la plus représentative du monde», en ayant peur de nous poser la question de savoir si elle l’était vraiment….

Chaque année, nombreux sont ceux d’entre nous qui viennent, et qui continueront de venir, dans cette grande ville pleine de vie, pour plaider, de cette tribune, la cause des déshérités de la planète, en espérant que cette fois leurs voix seront entendues. Puis, chaque année, quelques jours plus tard, nous reprenons notre sac et retournons vers la réalité de nos sociétés, dont la misère nous saute encore plus aux yeux après la splendeur de New York et la majesté de ce lieu qu’est le siège des Nations Unies.

Puis, des résolutions sont passées. Puis, nos représentants permanents, Ambassadeurs aux pouvoirs extraordinaires et plénipotentiaires, nous informent que les résolutions nous obligent à agir pour contrecarrer les desseins mortels des groupes terroristes. Puis, nos Ambassadeurs nous informent qu’un autre appel a encore été lancé tant aux puissants qu’aux faibles pour leur demander de répondre volontairement aux cris des déshérités de la planète.

Excellence, Monsieur le Président de l’Assemblée Générale, votre présidence de la 59ème Assemblée Générale est source de fierté et d’inspiration pour nous, car nous savons que vous ferez face à vos obligations comme un digne fils des déshérités de la planète le ferait. Nous sommes touchés par le fait que vous ayez compris, comme votre prédécesseur Julian Hunte, ce qui doit être fait pour que les Nations Unies deviennent vraiment « l’indispensable maison commune de la famille humaine tout entière ».

Comme un Israëlien nous disait il y a quinze jours à Pretoria, il est peut-être maintenant temps pour nous les faibles et les déshérités d’abandonner nos fauteuils roulants pour commencer à marcher tout seuls, sans l’aide de personne. Peut-être est-ce ainsi que nous parviendrons à construire cet ordre social dont Hammourabi et Kofi Annan parlaient, et dans lequel le droit, et non plus la force, fait loi.

Par Christian Bailly-Grandvaux
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Lundi 31 janvier 2005

GESTION DES CRISES
L'UNION AFRICAINE AU PIED DU MUR

L'Union Africaine ne fait pas exception à la crise d'autorité que rencontrent les organisations Internationales et en particulier les Nations Unies. Comme à ces dernières, on reproche à l'Union Africaine de manquer de constance, de fermeté dans ses décisions, d'être récupérée par des Etats manœuvriers ou puissants, à des fins d'instrumentalisation, et pour toutes ces raisons, de manquer d'équité. C'est pour toutes ces raisons que, sitôt fondée et après une période d'euphorie qui avait laissé croire que sur les cendres de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) renaîtrait un projet panafricaniste, plus efficace et plus en symbiose avec les peuples, le scepticisme a repris le dessus. Un scepticisme qui s'est renforcé au fil de l'impuissance de l'Union Africaine à régler de nombreuses crises et à ses prises de positions beaucoup plus influencées par les lobbying que par la volonté de trouver des solutions sur la base de l'équilibre et du droit. Mais il faut dire que la résolution de l'instance suprême de l'Union Africaine (Conseil de Paix et de Sécurité) a semblé sonner comme un revirement de jurisprudence. Là, l'Union Africaine a beaucoup plus agi dans le respect de la règle de droit que guidée par les recettes politiques qui jusque-là ont toujours été appelées en renfort pour régler les conflits au détriment de la justice et de la vérité. La prochaine réunion de l'Union Africaine à Abuja de ce point de vue, peut confirmer ou infirmer cette tendance.

Les dossiers République Démocratique du Congo, Côte d'Ivoire et Soudan seront au menu des débats. Dans ces trois dossiers, l'Union Africaine a besoin de montrer de la fermeté et de l'équité. Dans celui de la République Démocratique du Congo, elle doit avoir le courage de hausser le ton, de prendre même des mesures coercitives à l'encontre de certains pays comme le Rwanda, l'Ouganda, qui jusqu'à présent bénéficient de complaisance de sa part comme de la part de la communauté internationale en général. Dans le dossier ivoirien, ce sont les mêmes mesures pour les mêmes raisons qui doivent être prises à l'encontre du régime Compaoré, du régime Amani Toumani Touré et du gouvernement Chirac encore que dans ces cas, la France n'étant pas Etat africain, il s'agirait plutôt de mesures spécifiques. Par contre dans le dossier Soudanais, c'est essentiellement à l'encontre de la partie gouvernementale, que de telles mesures doivent êtres prises, d'autant que le gouvernement de Khartoum, assuré on ne sait de quel soutien, va jusqu'à braver l'autorité de l'Union Africaine.

C'est dans le courage de décisions justes, fermes, que la loi africaine aura, comme toutes les lois, la propriété dissuasive et l'adhésion générale sans laquelle aucune loi ne saurait se prévaloir de la légitimité.

Victory Toussaint

Par Christian Bailly-Grandvaux
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Mardi 1 février 2005
DES ÉMISSAIRES DE MBEKI CHEZ SORO
RETOUR AU GOUVERNEMENT, DATE DU DDR :  
Des perspectives de sortie de crise se dessinent  après la rencontre de l’Union africaine.
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Source: N'Cho Jean
C’est le Président Gbagbo qui l’a annoncé hier à son retour d’Abuja

 Retour annoncé des rebelles au gouvernement Abuja pourrait donner un coup d'accélérateur au processus de paix en Côte d'Ivoire. L'unanimité est désormais faite sur la médiation de Thabo Mvuyelwa Mbeki. Le 4ème sommet de l'Union africaine (UA) au Centre international des conférences à Abuja (30-31 janvier 2005) a pris fin hier sur le feu vert de la communauté internationale au médiateur de l'UA. Kofi Annan, Secrétaire général de l'ONU, a clairement exprimé son soutien au Président sud-africain. Le Chef de l'Etat nigérien Mamadou Tandja, président en exercice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), est sur la même longueur d'onde que Kofi Annan. Au cours du tête-à-tête qu'il a eu avec Laurent Gbagbo, hier matin à Abuja, il a réaffirmé également son appui à la médiation de Mbeki. Selon des indiscrétions, il aurait affirmé que la CEDEAO laisse carte blanche au Président sud-africain, de sorte que l'organisation sous-régionale pourrait s'opposer aux interférences de certaines puissances dans le règlement de la crise ivoirienne.

Ainsi, le Président ivoirien a rencontré, hier, à deux reprises son homologue sud-africain, au Centre international des conférences avant la cérémonie de clôture. En deux jours de sommet, cela faisait la troisième fois que Laurent Gbagbo et Thabo M. Mbeki avaient des séances de travail dans un strict huis clos. Dans la présentation de sa feuille de route devant ses pairs africains, le Chef de l'Etat sud-africain a fait le point de sa médiation dans la crise en évoquant les avancées et les obstacles inhérents à toute négociation qui se dressaient sur son chemin. Alors que les autres points de sa feuille de route avaient trouvé solution dans leur application sur le terrain, il s'est particulièrement appesanti sur deux écueils: les activités gouvernementales et le désarmement des combattants. Sur le premier point, la feuille de route qui a eu l'assentiment de toutes les parties en conflit, prévoit le "retour de tous les ministres dans le gouvernement de réconciliation nationale dans deux semaines". Mais depuis décembre dernier, les ministres issus de la rébellion continuent dans le boycottage des activités gouvernementales. Aux questions de sécurité qu'ils évoquent par l'intermédiaire de Soro Kigbafori Guillaume, Thabo Mbeki s'est dit prêt à trouver des solutions. Aussi, les a-t-il invités à réintégrer l'équipe de Seydou Elimane Diarra au prochain Conseil des ministres qui se déroulera la semaine prochaine. Sur la délicate question du désarmement, le Président sud-africain a eu la caution du Secrétaire général de l'ONU qui a dit que le dépôt des armes est irréversible. Et pour battre le fer pendant qu'il est chaud, une mission d'experts se rend ce mardi à Bouaké pour déterminer avec les Forces nouvelles les modalités pratiques de la mise en œuvre du processus DDR, qui était prévu s'achever dans quatre mois (soit en avril prochain), selon la feuille de route.

En dehors de Tandja et Mbeki, le Chef de l'Etat a aussi rencontré les Présidents Abdoulaye Wade du Sénégal et John Agyekum Kufuor du Ghana. Avec Kufuor, c'était leur première entrevue depuis sa réélection à la tête de l'Etat ghanéen. Laurent Gbagbo effectuera dans les tout prochains jours une visite d'amitié et de travail au Ghana. Signalons que le référendum a représenté le sujet tabou de ce sommet. Personne n'en a parlé et personne n'en a soufflé mot comme si la cause était entendue ou si des arrangements politiques étaient en cours. 

Option Le ver est dans le fruit   Au sommet d'Abuja, Alpha Oumar Konaré a mis les pieds dans le plat. Il a, sans ménagement, fustigé les pays africains qui entretiennent des "filières de mercenaires" et ceux, occidentaux (européens et américains) qui arment les mouvements d'opposition. Car, des trois conflits africains qui, en ce moment, font la Une des journaux, deux, les crises ivoirienne et congolaise, sont le résultat de déstabilisation à partir de pays voisins. Mais en n'appelant pas un chat un chat et en ne prévoyant pas de sanctions d'exclusion ou de suspension contre les Etats coupables, le président de la Commission de l'Union africaine n'a, semble-t-il, agi que par acquit de conscience. Dans une interview au quotidien français Le Figaro, Idriss Deby, le Président du Tchad, a reconnu que la partition actuelle de la Côte d'Ivoire pose incontestablement le problème des frontières héritées de la colonisation. A sa création en 1963, l'Organisation de l'Unité africaine (OUA, défunte mère de l'Union africaine) a déclaré ces frontières intangibles et posé le respect de cet héritage comme une sacro-sainte règle. Les organisations sous-régionales qui ont fleuri, lui ont emboîté le pas en préconisant ou signant toutes des accords de non-agression. Pourtant, l'Afrique reste le continent où, parce que l'instabilité règne à l'état endémique, les putschs et autres coups d'Etat n'émeuvent plus personne. La raison est simple: autant tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute, autant les accords conclus n'engagent que ceux qui veulent les respecter. Et comme les querelles de leadership, la guerre des générations et les conflits d'intérêt ne cessent d'opposer les Chefs d'Etat africains, tous les engagements sont violés. Impunément. A la vérité, la plupart des résolutions des sommets africains relèvent davantage de profession de foi que de convictions réellement partagées par les uns et les autres. Résultat, rares sont les Etats africains qui honorent les règles de bonne cohabitation et de bon voisinage de sorte que l'intangibilité des frontières reste encore une vue de l'esprit. L'Union africaine veut mettre bon ordre dans ce capharnaüm. Mais, en ne s'engageant que sur un futur pacte de non-agression, le sommet d'Abuja vient d'avouer que le ver est dans le fruit et que le retour de la paix n'est pas pour demain en Afrique.

FERRO M. BALLY Envoyé spécial à Abuja (Nigeria) Laurent Gbagbo : Président de la République à son retour d’Abuja “ Maintenant que le DDR commence”  

• Monsieur le Président, vous revenez d'Abuja encore plus jovial que d'habitude ? (Rire) D'abord, Abuja est une ville agréable. Ceci dit, nous venons de participer à une réunion ordinaire de l'Union africaine. Depuis la dernière rencontre qui s'est tenue à Addis-Abeba, nous avons décidé de nous réunir deux fois par an au lieu d'une. Maintenant, ce ne sera plus au mois de juillet qu'il y aura une réunion, ce sera en janvier et en juillet. Ce sommet est donc le premier que nous tenons en janvier. Les réunions de janvier seront principalement axées sur le renouvellement du mandat ou l'élection d'un nouveau président de l'Union africaine; et dans le mois de juillet, on va débattre des questions en profondeur. Cette fois-ci, comme c'est la première fois, nous avons décidé de reconduire le mandat d'Obasanjo, pour un an à compter de maintenant. Il sera donc le seul président à faire un an et six mois. Voilà la raison essentielle. Ceci dit, je sais ce que vous voulez! (rire). Nous avons passé en revue les questions de l'heure. Sur les crises, c'est surtout le Darfour qui a retenu l'attention, parce que c'est la principale crise. Il y a eu le Conseil de paix et de sécurité qui a rendu compte de la réunion de Libreville. Ce Conseil a interrogé le Président Thabo Mbeki, médiateur de l'Union africaine pour la Côte d'Ivoire, qui a dit qu'il n'avait pas de nouvelles données et d'un nouvel exposé à faire. Sauf que, demain mardi (ndlr : aujourd'hui), il envoie une délégation en Côte d'Ivoire, pour discuter de deux choses avec les éléments de la rébellion: Avoir une date pour leur retour immédiat au gouvernement, c'est la première des choses. Deuxièmement, avoir une date pour le retour du DDR (désarmement, démobilisation, réinsertion, ndlr). Avoir une date et prendre les moyens pour qu'à cette date-là, le DDR commence effectivement. Il y a eu d'autres contacts pour renforcer l'effectif sur le terrain, pour appliquer la sécurité et faire exécuter le DDR. Mais cela, je pense que lui-même en reparlera, quand il le souhaitera. Donc pour la Côte d'Ivoire, cela a été les principales avancées. Nous avons eu des contacts multiples. Nous avons fait une petite réunion avec Kofi Annan, Obasanjo, Thabo Mbeki et moi-même. Nous avons fait le tour de la question ivoirienne. Nous nous sommes mis d'accord sur ce qu'il fallait faire et sur ce qu'il fallait éviter. Ensuite, j'ai rencontré le nouveau président de la CEDEAO, pour m'assurer qu'il était dans les bonnes dispositions. Il m'a assuré que sur sa conduite, la CEDEAO s'alignait derrière l'initiative Mbeki et qu'il était prêt à faire tout ce qui était en son pouvoir, selon ce que Mbeki demanderait de faire.  

• Que peut-on retenir de cette réunion informelle que vous avez eue? Il n'y avait rien de spécial, c'était pour vérifier si chacun jouait son rôle pour la sortie de crise en Côte d'Ivoire. Il faut savoir que maintenant, tout le monde est convaincu qu'on est sur le point de sortir de la crise. Et donc, chacun cherche ses marques. Il faut donc resserrer les boulons, il faut voir si chacun joue son rôle…Obasanjo m'a demandé ce que moi, personnellement, je dois faire; je lui ai dit ce que je pensais que lui devais faire. Kofi Annan m'a aussi dit qu'il s'occupait de trouver de l'argent et des moyens pour que nous ayons 1200 personnes supplémentaires. Thabo Mbeki a redit que c'était sa feuille de route et rien que sa feuille de route… Bon, ce sont ces questions-là que nous avons passées en revue; parce que nous savions bien que nous n'allions pas en discuter en profondeur en plénière. Puisqu'il y avait le Darfour qui était très important et il n'y avait rien de nouveau, spécialement.  

• Est-ce qu'Abuja est revenu sur la résolution de Libreville notamment sur la question du référendum? Mais, qui sont ceux qui racontent ces histoires? Abuja a reconduit purement et simplement…Et vous lirez la déclaration d'Abuja. D'ailleurs, il n'y a même pas eu de débat sur la Côte d'Ivoire. Personne n'est intervenu sur la Côte d'Ivoire. Alors, comment est-ce que dans une réunion où personne n'est intervenu sur un sujet, peut-on revenir sur ce sujet-là? De toute façon, vous avez un collègue qui a filmé la conférence de presse de Kofi Annan. Il montrera à la nation cette conférence de presse et vous verrez. Personne, personne… Il n'y a même pas eu de débat sur la Côte d'Ivoire.  

• Et au sujet de la liste des 95 personnes? Personne n'a parlé de liste. Ni à moi, ni à un autre. J'ai eu un tête-à-tête avec Kofi Annan… Vraiment, j'ai été surpris d'attendre dire qu'on parlait de ça. En tout cas, si on en a parlé, ce n'est pas à la conférence où j'étais (rire). C'est peut-être ailleurs, mais pas à la conférence des Chefs d'Etat où j'étais.  

• Les Ivoiriens peuvent-ils retenir, au sortir de ce sommet, que le désarmement aura lieu bientôt? Je vous avais dit que je ne parlerai plus d'espoir. Le disant, j'avais en tête de faire tout ce que moi j'avais à faire. Et j'ai fait tout ce que j'avais à faire. Donc maintenant, la discussion, c'est entre Thabo Mbeki et la rébellion! En tant que Chef d'Etat d'un pays hôte, quand il vient, je le reçois; lorsque ses gens viennent, je mets tout à leur disposition pour qu'ils ne manquent de rien. Mais je n'ai plus de problème! Donc maintenant, on attend que le DDR commence. On attend la date du début du DDR. C'est ce que lui-même attend, c'est ce que la communauté internationale attend, c'est ce que tout le monde attend. Tout le reste, c'est de la distraction.   Propos recueillis par Michèle Pépé Focus Les principales résolutions du sommet   Voici les principales résolutions du quatrième sommet de l'Union africaine, qui s'est tenu dimanche et lundi à Abuja, la capitale du Nigeria. Ces "décisions", prises par les ministres des Affaires étrangères en Conseil exécutif, ont été approuvées par les chefs d'Etat.

• Fusion de la Cour africaine des droits de l'Homme et des peuples avec la Cour de justice de l'UA: le Conseil demande que le projet soit présenté à sa session du sommet de juillet 2005 et "invite tous les Etats membres qui ne l'ont pas encore fait à signer et à ratifier, ou à adhérer, au Protocole relatif à la Charte africaine sur la création d'une Cour africaine des droits de l'Homme et des peuples et le Protocole relatif à la Cour de justice de l'Union africaine".

• Evaluation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD): le Conseil "soutient avec force l'élaboration d'une position africaine commune", il "demande à la Commission de coordonner les activités et de jouer un rôle de premier plan dans le processus d'élaboration de la Position africaine commune, en étroite collaboration avec les Etats membres, le secrétariat du NEPAD, la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (CEA), les Communautés économiques régionales (CER) et la Banque africaine de développement (BAD).

•Négociations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en cours: le Conseil "recommande l'adoption rapide d'une approche sur le règlement de la question du coton sur la base des résultats de la réunion de concertation tenue à Bamako les 12 et 13 janvier 2005 (...), l'examen rapide de la question des subventions agricoles et l'adoption d'une Position commune africaine sur les produits de base d'une manière générale". Il "accepte l'offre de l'Egypte d'abriter une réunion au Caire en mai 2005 pour discuter des moyens de relever les défis auxquels sont confrontés les pays africains producteurs de coton".

• Sur la réforme des Nations Unies (représentation au Conseil de sécurité): le Conseil "décide de mettre sur pied un comité ministériel de 15 membres", et "décide que le comité tiendra une réunion du 20 au 22 février 2005, qui sera suivie d'une session extraordinaire du Conseil exécutif en vue d'adopter la position de l'Afrique". Il "accepte avec gratitude l'offre du Royaume du Swaziland d'abriter la réunion du comité des 15".

• Accréditation de la Communauté d'Afrique de l'Est: le Conseil "recommande à la conférence la reconnaissance de la Communauté de l'Afrique de l'Est et par conséquence son accréditation en tant que communauté économique régionale de l'Union africaine.   Sur les candidatures africaines aux postes dans le système international: le Conseil "décide d'appuyer les candidatures" du Dr Mohamed Elbaradei (Egypte) pour sa réélection au poste de directeur général de l'Agence internationale de l'energie atomique, et du ministre mauricien des Affaires étrangères, du Commerce international et de la Coopération régionale, au poste de directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Il soutient la candidature du Ghana pour le siège non-permanent alloué à l'Afrique de l'Ouest au Conseil de sécurité de l'Onu pour 2006-2007, en remplacement de l'Algérie. Il soutient aussi celle de Madagascar au Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOCC) et de la Côte d'Ivoire pour une réélection au Comité des programmes et de la coordination (CPC) et au Conseil du développement (CDC) de l'Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI).    Il soutient enfin celle du Niger au Conseil d'administration du Programme alimentaire mondial (Pam) pour la période 2005-2007.   AFP  

Par Christian Bailly-Grandvaux
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Vendredi 25 février 2005
Le Conseil de paix de l'UA discute d'éventuelles sanctions contre le Togo

(Tchabouré Aimé Gogue, pour ADDI, CAR,CDPA et UFC,   Lomé, Togo)


GRATITUDE DU PEUPLE TOGOLAIS

Pour l’opposition Togolaise, la crise politique ne peut trouver une solution définitive sans votre appui plein de perspicacité et de sagesse et surtout grâce à votre disponibilité. Aussi, permettez-nous de vous remercier pour les efforts que vous déployez en vous réunissant si rapidement pour vous pencher sur la situation politique de notre pays. Connaissant votre calendrier surchargé, la population togolaise vous est reconnaissante pour tout ce que vous faites afin de l’aider à résoudre une fois pour toute, la crise politique que notre pays traverse depuis bientôt au moins quinze ans. Le peuple Togolais sait qu’il peut toujours compter sur vous.

POUR UNE SOLUTION NON VIOLENTE À LA CRISE

Permettez nous d’affirmer que si l’opposition togolaise reconnaît qu’elle a commis par le passé des erreurs, elle est au moins convaincue qu’elle est dans la bonne voie lorsqu’elle a refusé et continue de refuser d’avoir recours à la violence et aux armes pour résoudre la crise que traverse le pays. L’accès au pouvoir par les voies démocratiques est une des conditions préalables à l’application et à la promotion de la bonne gouvernance que vous aviez inscrit comme objectifs du NEPAD. Nous profitons de l’occasion pour féliciter ceux d’entre vous qui en 2004, ont eu la hauteur d’affronter les urnes de manière transparente pour accéder ou revenir au pouvoir.

L’opposition togolaise a fait la preuve depuis 1990 au moins, qu’elle ne dispose pas d’armes et elle continuera à persuader les Togolaise et Togolais que les armes ne constituent pas une voie idoine à laquelle il faut recourir. Les Togolaises et Togolais se battront dans toutes les familles, dans toutes les maisons, dans tous les hameaux, dans tous les quartiers, dans tous les villages, dans toutes les villes, dans toutes les provinces, dans toutes les régions, dans tout le pays et partout au monde où ils se trouvent pour que le Togo connaisse un plus grand espace de démocratie. Ils se battront les mains nues, afin qu’au Togo l’accès et le maintien au pouvoir se fassent par la voie d’élections transparentes, équitables et sans exclusions. En dépit de l’exclusion, des privations, des tortures, de l’exil, etc. qui ont été le sort réservé à beaucoup de Togolais, nous continuerons à nous battre les mains nues car nous sommes convaincus que c’est la seule voie qui nous permettra d’instaurer une véritable paix durable et inclusive dans notre pays et non un simulacre de paix basée sur la terreur.

LE RESPECT DES DISPOSITIONS DE LA CONSTITUTION

La solution à la crise politique au Togo passe par le respect de la constitution. Il est nécessaire de rappeler que cette constitution a été adoptée en décembre 2002, par le régime actuel sans notre participation. L’opposition Togolaise est convaincue que l’organisation simultanée d’élections présidentielle et législatives démocratiques, transparentes et sans exclusion, dans les soixante prochains jours, constituera la condition préalable à une solution véritable à la crise politique du pays. Elle avait prouvé qu’elle est pour l’unité nationale et est viscéralement contre la vengeance et la chasse aux sorcières. Elle est prête à offrir des garanties à ses compatriotes qui auraient peur de leur avenir. Elle est prête à négocier des garanties mutuelles que chaque camp apportera à l’autre en cas de victoire.

CRI DE COEUR

Par expérience, nous savons qu’il faut trouver une solution définitive à la crise togolaise. Si aucune décision dans le sens du respect de la constitution n’est prise aujourd’hui, dans trois mois, dans un an ou dans trois ans nous nous retrouverons dans la même situation. Il est vrai que chaque peuple a le leader qu’il mérite. Mais est-il possible de laisser tout un peuple, convaincu de l’intégration régionale et adepte de la liberté et la démocratie, subir les affres d’un régime uniquement parce qu’il a choisi la non violence comme principe de lutte? Quelle option laisse t-on à ce peuple? Peut-on laisser un régime qui, en plus de n’avoir aucun respect pour sa population et sa parole donnée, ridiculiser toute la sous région, voire tout le continent africain? Peut-on mettre en danger la crédibilité, que la CEDEAO et de l’Union Africaine commencent à avoir sur la scène internationale, à cause du comportement de quelques individus parce qu’ils sont armés? La position prise par l’Union Africaine et la CEDEAO a donné beaucoup d’espoir au peuple togolais et à tout le continent. Pour les Togolais, les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO constituent un rempart contre la poursuite de leurs souffrances. Nous plaçons tous nos espoirs en cette réunion. Le continent tout entier a confiance en vous pour lever cet affront.


Pour l’ADDI, le CAR, la CDPA et l’UFC
Le Professeur Tchabouré Aimé Gogue

Par Christian Bailly-Grandvaux
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Lundi 7 mars 2005

AFRICAN UNION

UNION AFRICAINE

 African Commission on Human & Peoples’ Rights

 

UNIÃO AFRICANA Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples

48, Kairaba Avenue, P. O. Box 673, Banjul, The Gambia Tel: (220) 392 962; Fax: (220) 390 764 E-mail: achpr@achpr.org ; Web www.achpr.org

Pour Diffusion immediate Réf.:ACHPR/PR/PUB/RELEASE/01/MG

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

La Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et l’Association pour la Prévention de la Torture, ont organisé avec la collaboration de l’Université de Bristol, la première réunion de travail du Comité de Suivi sur les Lignes directrices et mesures d’interdiction et de prévention de la torture et des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants en Afrique (Lignes Directrices de Robben Island).

Au cours de la réunion qui s’est tenue du 18 au 20 février 2005, à Bristol, Royaume Uni, le Comité de suivi, présidé par la Commissaire Sanji Mmasenono Monageng, a été mis en place et ses membres ont également été désignés ; il s’agit de :

Monsieur Jean Batiste NIYIZURAGERO, (l’Association pour la Prévention de la Torture), Vice-Président,

Malick Sow, (Comité sénégalais des Droits de l’Homme Sénégal), Membre ;

Madame Hannah Forster, (Centre africain pour la démocratie et les études des droits de l’homme), Membre ;

Leila Zerrougui, (Rapporteure Spéciale sur les Détentions Arbitraires/NU), Membre ; et

Karen McKenzie, (Independent Complaints Directory), Membre.

Afin de mettre effectivement en application la résolution relative aux Lignes directrices de Robben Island sur les Lignes directrices et mesures pour l'interdiction et la prévention de la torture et des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants en Afrique adoptée par la CADHP lors de sa 32ème session tenue à Banjul, Gambie, le Comité de Suivi a, au cours de ladite réunion, défini son mode de fonctionnement et a élaboré des stratégies pour développer ses relations avec les Etats Parties à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et les Peuples et les autres partenaires.

Le Comité s’est penché sur les questions administratives et financières, les activités à mener durant les deux prochaines années ainsi que sur l’identification des donateurs potentiels.

COMMUNIQUE DE PRESSE

Comme chaque année, la Journée Internationale de la Femme sera célébrée ce 8 mars partout dans le monde. A cette occasion, la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples s’associe à toutes les manifestations qui marqueront cette journée pour rappeler ainsi la condition de la Femme dans le monde et en Afrique.

Bien que des progrès soient réalisés, les Femmes demeurent les premières victimes des violations des droits humains sur le continent africain miné par les conflits, la maladie, la pauvreté, etc. C’est pourquoi, la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, réaffirme la nécessité de mettre en application les mécanismes juridiques internationaux et régionaux de protection des droits de l’homme.

Pour ce faire et afin d’assurer le renforcement du système africain de promotion et de protection des droits de l’homme, la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, exhorte les Etats Parties à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, qui ne l’ont pas encore fait, de signer et de ratifier le plus rapidement possible le Protocole à la Charte relatif aux Droits de la Femme.

La Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples en appelle par ailleurs aux Etats Parties, aux Institutions Nationales des Droits de l’Homme, aux Organisations Non gouvernementales et à toutes les organisations oeuvrant dans le domaine des Droits de l’Homme, à célébrer cette journée du 8 mars pour ainsi réitérer leur volonté de donner toute sa place aux droits de la femme sur le continent africain.

La jouissance effective des droits de la femme, tels que prescrits au Protocole y afférent, est une aspiration légitime à la réalisation de laquelle chacun doit contribuer de façon inlassable. Par ailleurs, l’année 2005 sera aussi le grand rendez-vous de la 5ème Conférence Mondiale sur les Femmes qui se chargera de faire, dix années après Beijing, le bilan des progrès accomplis par rapport au statut social, économique et politique des femmes.

Banjul, le 4 mars 2005

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Pour toute information complémentaire, veuillez contacter :

Le Secrétariat de la CADHP

Tel: (220) 392 962; Fax: (220) 390 764

E-mail: achpr@achpr.org

AFRICAN UNION

UNION AFRICAINE

 African Commission on Human & Peoples’ Rights

 

UNIÃO AFRICANA Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples

48, Kairaba Avenue, P. O. Box 673, Banjul, The Gambia Tel: (220) 392 962; Fax: (220) 390 764 E-mail: achpr@achpr.org ; Web www.achpr.org

 

FOR IMMEDIATE RELEASE Ref:ACHPR/PR/PUB/RELEASE/01/MG

PRESS RELEASE

The African Commission on Human and Peoples’ Rights and the Association for the Prevention of Torture organised, in collaboration with the University of Bristol, the First working session of the Follow-up Committee on the Implementation of the Robben Island Guidelines and Measures for the Prohibition and Prevention of Torture, Cruel, Inhuman or Degrading Treatment or Punishment in Africa (Robben Island Guidelines or RIG).

This Working Session which took place from the 18th to 20th February 2005 in Bristol, the United Kingdom, was chaired by Commissioner Sanji Mmasenono Monageng. The following members were also in attendance:

Mr. Jean Baptiste NIYIZURAGERO, (Association for the Prevention of Torture), Vice Chairperson;

Malick Sow, (Senegalese Human Rights Committee, Senegal), Member;

Mrs. Hannah Forster, (African Centre for Democracy and Human Rights’ Studies), Member;

Leila Zerrougui, (Special Rapporteur on Arbitrary Detentions/UN), Member; and

Karen McKenzie, (Independent Complaints Directory), Member.

In order to effectively enforce the Resolution on the RIG that was adopted by the ACHPR at its 32nd Ordinary Session held in Banjul, The Gambia, the Follow-up Committee defined its modus operandi and drew up strategies for the implementation of the Guidelines by State Parties to the African Charter on Human and Peoples’ Rights.

The Working Session concluded after examining administrative and financial matters, activities to be carried out in the immediate future, and possible sources of funding for its overall activities.

PRESS RELEASE

As is the case every year, the International Day of Women will be celebrated on this 8th day of March everywhere in the world. On this occasion, the African Commission on Human and Peoples’ Rights associates itself with all the activities that will commemorate this day as a reminder of the status of Women in the world, in general, and in Africa, in particular.

Although some progress has been made in the area of Women’s Affairs, Women remain the frontline victims of human rights violations on the African Continent which is plagued by conflicts, diseases and poverty, among others. For this reason, the African Commission on Human and Peoples’ Rights reaffirms the need to enforce the international and regional legal mechanisms for the promotion and protection of women’s human rights.

With a view to achieve this, in particular, and to ensure an enhanced promotion and protection of the human rights of women within the African System, the African Commission on Human and Peoples’ Rights hereby urges all the State Parties to the African Charter on Human and Peoples’ Rights, which have not yet done so, to sign and ratify as urgently as possible, the Protocol to the African Charter on Human and Peoples’ Rights on the Rights of Women in Africa (the Protocol).

The African Commission on Human and Peoples’ Rights further seizes this opportunity to call on State Parties, National Human Rights Institutions, Non-Governmental Organisations and all Organisations working in the area of Human Rights, to celebrate this day of the 8th of March with reiteration of their will to accord all women their rightful place as equal citizens of Africa.

The effective enjoyment of Women’s Rights, as prescribed in the Protocol, is a legitimate aspiration whose realisation calls for the indefatigable contribution of all concerned parties. Besides, the year 2005 will mark holding of the 5th World Conference on Women’s Affairs which will, ten years after Beijing, make an appraisal of the progress accomplished with regard to the social, economic and political status of Women.

Banjul, 4th March 2005

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For further information, please contact:

The Secretariat of the ACHPR

Tel: (220)4392 962; Fax: (220) 4390 764

E-mail:achpr@achpr.org

Par Christian Bailly-Grandvaux
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