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Vendredi 1 juin 2007 5 01 /06 /Juin /2007 21:12

L’éclatement de la fédération de l’Afrique occidentale française à la faveur de la loi cadre du 23 juin 1956 à laissé à nos pères et à nos  aînés le souvenir amer de l’amertume d’une balkanisation du continent africain et surtout l’échec d’une tentative africaine de regroupement qui aurait pu nous conduire avec plus de force vers l’indépendance réelle de notre continent.

 

 

Ainsi donc du 16 juin 1895 au  23 juin 1956,  la fédération l’Afrique occidentale française  a vécu sans préparer les peuples à affronter la difficile épreuve de l’indépendance.  Il est bon ici de retourner en arrière pour comprendre  l’esprit et le but de la création de cette fédération.

 

 

En procédant  à cette vaste  unification ouest africaine, le colonisateur français entendait rassembler les meilleurs conditions pour étendre et consolider son implantation dans la région, et exploiter celle-ci à son profit : il ne demandait aux enfants du pays que d’être des « bons africains »  et de contribuer à la réalisation de cet objectif.

 

 

Aussi , lorsqu’il allait constater, à la veille des indépendances, que la fédération risquait de tomber aux mains des africains, ne ferait-il ( pour le moins) rien pour en empêcher l’éclatement : sa balkanisation ( tout comme celle de l’AEF) servirait mieux désormais les intérêts de la France .

 

 

Aujourd’hui encore il est mieux pour la France d’avoir à la tête de nos pays des Sassou Nguesso, des Idriss Deby, des paul Bya, des  Compaoré, Bozizé, Faure Gnassingbé et autres El Hadj Omar Albert Bernard Bongo Odimba, que des dirigeants nationalistes attachés à l’indépendance réelle de nos pays.

 

 

Dans un contexte international où sont préconisées des intégrations régionales, l’Afrique est aujourd’hui encore habitée par ses vieux rêves d’unité et d’intégration que la création de nombreuses structures à l’échelle continentale, régionale, ou sous régionale n’a pu satisfaire.

 

 

Il ne s’agit pas ici pour le chercheur que nous sommes de réanimer les vieilles rancoeurs à propos d’un passé colonial désormais révolu, les manifestations anti-françaises d’Abidjan en novembre 2004 nous montrent clairement que cette période de soumission à plat ventre  au colonialisme français est terminée.

 

 

 Nous devons plutôt tirer les leçons de nos incohérences et des erreurs d’hier qui refont surface aujourd’hui pour empoisonner l’avenir commun, car sans y prendre garde nous avons laissé pousser les même plantes vénéneuses qui nous ont conduit à la balkanisation de l’Afrique.

 

 

En y réfléchissant, la BECAO est  ce qui reste du vestige colonial, c’est la banque centrale  et l’institut d’émission commun des huit pays membres de  l’union monétaire ouest africaine  ( UMOA).

 

 

Selon un accord entre les membres  le siège est fixé à Dakar au Sénégal et le poste de gouverneur  revient à la Côte d’Ivoire, le pays  qui détient plus de la moitié des réserves monétaires de la banque centrale.

 

C’est la mise en cause par le président sénégalais Abdoulaye Wade,  du poste de gouverneur dévolu à la Côte d’Ivoire qui pose aujourd’hui problème, le Sénégal soutenu par le Niger et d’autres pays membres souhaitent  que l’occupation de ce  poste soit de façon tournante, les ivoiriens répliquent en disant que  c’est celui qui a plus d’argent dans la banque, qui doit la diriger.

 

 

Nous sommes devant une question éminemment sensible qui peut conduire à terme à la mort de  la BCEAO , car la position ivoirienne ne manque pas de bon sens. Ils disent que : << la Banque mondiale est diriger par un américain depuis sa création car les USA représentent l’actionnaire majoritaire, nous sommes dans le même cas de figure  >>.

 

 

Le président ivoirien complètement en phase avec  les ivoiriens y compris les rebelle,  enfonce le clou en disant clairement <<c’est celui qui a le plus d’argent dans la banque commune qui doit la diriger, je ne négocie rien, s’ils ne veulent pas,  je quitte la BCEAO et je fait ma propre monnaie. Je reculerais pas sur cette question et je ne négocie rien >>.

 

 

Chers compatriotes africains, nous sommes dans une situations critique et même grave, que deviendra le Franc CFA si la Côte d’Ivoire quittait demain la BCEAO  ?  est ce que les économies fragiles et fragilisées de cette sous régions pourront survivre à  une absence si grande de réserve pour consolider la convertibilité  du CFA et sa force sur le marché financier ? quel viabilité aura  donc ce franc CFA amputé des réserves de la Côte d’Ivoire ? car les statuts  de la banque que nous avons examiné sont formels,  en cas de séparation, chacun récupère ses avoirs.

 

 

 Sur les 3500 milliards de francs Cfa de réserve les ivoiriens détiennent 1900 milliards c'est-à-dire plus de la moitié. Dans quel entreprise au monde  peut-on envisager une présidence tournante devant un actionnaire ayant plus de 60% des avoirs ?

 

 

Les ivoiriens disent que les Sénégalais poussés par la France cherche à affaiblir leur pays au sein de la banque. Mais dans quel but ? en vérité  les ivoiriens n’ont jamais caché leur  dégoût pour le compte opération que la BCEAO détient  à la banque de France et au trésor français.

 

 

 Ce compte oblige les pays membres de la BCEAO à y déposer la moitié de leur avoirs en devise. Les ivoiriens qui ont été profondément meurtris  par la tuerie sanglante de leurs compatriotes en novembre 2004 devant l’hôtel ivoire par une l’armée française venue chez eux pour soit disant soutenir la paix, ne veulent plus de la tutelle monétaire française.

 

 

Les ivoiriens n’ont jamais caché leur opposition à la manière  et à la façon cavalière dont ce compte opération est géré par la France de 1960 à nos jours,  sans rendre compte aux pays membres de la BCEAO. ils n’apprécient pas surtout la présence des  français au conseil d’administration de la BCEAO où les décisions sont prises à l’unanimité et non selon les avoirs de chacun. Et puis si  la France n’est plus membre de la zone franc, que font ces représentant à la BCEAO  ?

 

 

Les ivoiriens soupçonneux pensent que la France   place les devises des pays africains en banque et utilise les intérêts pour éponger son propre déficit budgétaire.

 

Si tel est le cas il s’agit ici d’un vol et d’une mauvaise foi qui conduit nos malheureux pays à des restrictions budgétaires inacceptables. Quel est le pays européen qui accepterais  aujourd’hui de fonctionner amputé de la moitié de ses recettes  d’exportation? Pourquoi les africains doivent-ils accepter ce qu’un chien n’accepterait pas aujourd’hui ?

 

 

 En plus quand une institution internationale ou un pays comme la Chine ou le Japon accordent un prêt à un pays membre de la BCEAO , cet argent doit transiter sur ce compte  opération qui fait de nos pays des pourvoyeurs de devises du trésor français. C’est inacceptable.

 

 

Il faut franchement en finir avec cette vassalisation et détaché nos pays de la remorque française. Attention,  Il ne s’agit pas ici d’être pour ou contre la France. La dignité et la souveraineté des Etats ne peuvent s’accommoder de pratiques qui font de nos pays des mineurs devant un tuteur, c’est une position de principe, elle est non négociable.

 

 

Aucun des autres pays membres ne veut aborder courageusement ces questions de simple bon sens qui conditionnent l’avenir de la banque centrale. Nous somme devant le fameux complexe du colonisé dont parlaient Albert Memmi et  notre frère Frantz Fanon, ce médecin psychiatre,   antillais qui en soignant les fous, voulait aussi sauver les hommes.

 

 

Quand un peuple n’a d’autres ressources que de choisir son genre de mort, quand il n’a reçu de ses oppresseurs qu’un seul cadeau, le désespoir, qu’est ce qui lui reste à perdre ? c’est son malheur qui deviendra son courage. les ivoiriens disent aujourd’hui avec un sans gêne qui fait frémir qu’ils ne veulent pas être la vache à lait de la BCEAO.  

 

 

Nous voulons rappeler ici que dans le combat mené par nos pères contre la balkanisation  de l’Afrique, Cette expression avait déjà été utilisé par  Félix Houphouet-Boigny, le premier président de la Côte d’Ivoire, le  04 décembre 1958  << jamais la Côte d’Ivoire  n’acceptera d’entrer dans une quelconque fédération.  Nous ne voulons pas être la vache à lait de l’Afrique de l’ouest. >> .nous signalons que la contribution de la côte d’ivoire, représentait 50 % du budget de l’AOF,

 

 

Depuis lors toutes les tentatives de regroupements fédérales ont avortés sur le continent africain.  De la fédération du Mali à la Sénégambie en passant par  la République fédérale du Cameroun,  ne parlons même pas de la géante fédération du Nigeria au pied d’argile qui arrive à peine à tenir debout malgré ses béquilles.

 

 

En définitive il ne nous reste que la voie difficile et malaisée des organisations régionales et  sous-régionales qui s’assigneraient pour objectif l’intégration économique, puis à terme l’intégration politique.

 

 

 Il faut malheureusement constater que les dirigeants politiques de l’Afrique occidentale semblent plus attirés par  la coopération, qui préservent les souverainetés, que par l’intégration qui implique que les Etats soient  décidés à abandonner à une organisation supranationale un pouvoir de décision dans un certains nombres de domaines.

 

 

En outre nous constatons que même une politique de coopération qui pourrait être un pas vers l’intégration, se heurte à de nombreuses difficultés. C’est cela qui nous fait dire ici que l’accent mis sur la supranationalité par les Etats membres de la CEDEAO à l’occasion de l’acte de révision de la fondation de la communauté en 1993. comme moyen de renforcer son rôle est pour nous  douteux.

 

 

L’échec de la  communauté économique de l’Afrique orientale  ( Kenya, Ouganda, Tanzanie) est encore présent dans nos esprits pour nous rappeler qu’il ne suffit pas d’adopter des règles de droit, aussi perfectionnées et aussi contraignantes soient-elles pour garantir que  la pratique sera nécessairement conforme au droit. 

 

 

Dans cette voie, le juriste qu’est le président sénégalais Abdoulaye Wade, doit demeurer modeste, pour que la communauté et surtout la BCEAO atteignent leurs objectifs. Cela exige une combinaison effective du droit, du pouvoir, du politique et de l’économique. C’est une synthèse à vrais dire difficile à réaliser. Mais nous préférons cette difficulté surmontable que la mort de la BCEAO.

 

Les sénégalais  à ce jour semble ne pas avoir tiré les leçons de l’éclatement de l’AOF et de la fédération du Mali.

 

 

Que reprochaient les autres africains aux dirigeants politiques sénégalais ?  la colonie du Sénégal avait pour capitale la ville de Saint Louis, de 1902 à 1957. en transférant sa capitale à Dakar en 1957  le Sénégal s’est approprié les infrastructures de la fédération d’AOF. C’est ce qui a fait que  d’autres pays ont refusés de se joindre à la fédération éphémère du Mali. Ils craignaient une colonisation sénégalaise. Est-ce vrais ?

 

 

Dans la crise qui a provoqué l’éclatement de la fédération du Mali, le Sénégal fut d’ailleurs  le premier à proclamer son indépendance, laissant le soudan français porter aujourd’hui encore le nom de ce veille empire qui fut un des meilleurs exemples d’Etat décentralisé de l’Afrique de nos pères, le Mali.

 

 

Les ivoiriens reprochent aujourd’hui au Sénégal et à son président de rouler pour la France ,  de vouloir assumer la direction de la BCEAO alors que ce pays abrite déjà le siège de la Banque   centrale. Vouloir instaurer une présidence tournante, c’est oublier les intérêts de celui qui a plus d’argent dans la banque. Comme nous le constatons les positions sont inconciliables et la rupture semble se dessiner à l’horizon.

 

 

Dans les sciences stratégiques, on enseigne aux étudiants en première année de ne jamais déclencher une épreuve de force sans être certains de remporter l’issue finale.  Les ivoiriens étudient en ce moment la possibilité de quitter la BCEAO et de battre leur propre monnaie, les études de faisabilité sont déjà sur la table du président  de l’assemblée nationale ivoirienne le Pr Mamadou Koulibaly,  fervent partisan de la sortie de son pays de cette banque centrale inféodée à la France.

 

 

Les ivoiriens sont  persuadés qu’une monnaie téléguidée de l’étranger n’a jamais fait le développement d’un pays dans l’histoire du monde. Tous les pays qui ont réussi à sortir du sous-développement l’ont fait grâce  à une monnaie émise par leur propre banque centrale.

 

 

 Du Japon à la Chine , du Canada à Taiwan, de l’Inde aux USA, de la Grande Bretagne à la Norvège etc.. ils disent par ailleurs que toutes les anciennes colonie anglaises ont leur monnaie. De la Gambie à la Sierra Leone  du Ghana, au Nigeria, du Kenya à la Tanzanie en passant par l’Ouganda. Alors pourquoi  s’encombrer d’une monnaie pilotée de l’étranger par une France  profiteuse, vampire et indigne ?

 

 

Sortir de la colonisation monétaire française est le but avoué des ivoiriens. En adoptant une position intransigeante sur une question aussi sensible.

 

 Le Sénégal et son président ont donné du grain à moudre au moulin des jusqu’auboutistes ivoiriens qui veulent constituer avec le Ghana voisin une monnaie forte à laquelle se joindraient sans doute les Togolais et Béninois qui comprendront très vite où se trouvent leurs intérêts.

 

 

Dans cette hypothèse qui est très plausible, que deviendront les pays comme le Niger, le Burkina Faso ou le Mali qui ont soutenu le Sénégal dans cette croisade pour un gouvernorat tournant qui en fin de compte sera contre productif et affaiblira  encore plus cette sous région qui arrive à peine à relever la tête des soutes de son histoire récente ? 

 

 

Qui est  faite de rebellions, de sécheresses, de déficits céréaliers,  de mutineries  de méningite, de paludisme et de sida, sans parler de pays où  l’Etat a du mal à payer les salaires de la fonction publique.  Que deviendront les belles promesses de l’UEMOA ?  ( l’union économique et monétaire ouest africaine).

 

 

Nous voulons rappeler ici le cas de la RAN , la régie de chemin de fer Abidjan Niger. Des problèmes de gestion et de personnes entre les burkinabés et les ivoiriens  ont entraînés la mort de la RAN et la création de deux sociétés la SCFB société de chemin de fer du Burkina Faso et la société ivoirienne de chemin de fer, SICF devenu depuis la SITARAIL.   Dans les fait le Burkina fut le principal perdant de cette opération car les ivoiriens  grâce à leur réseaux routier  n’étaient pas tributaires de la RAN.

 

 

Aujourd’hui les trains circulent de moins en moins sur cette ligne de chemin de fer Abidjan Ouagadougou. Pour le bonheur des transporteurs ivoiriens qui ont constitué une flotte de gros camions assurant pour leur profit une bonne partie du transport inter-Etat devenu florissant en cette période de récolte du coton au Mali et au Burkina Faso.

 

 

Ceux qui suivent aveuglement la France aujourd’hui  ne doivent pas oublier que ce pays n’est plus une grande puissance, c’est une puissance moyenne dans les affaires du monde.

 

 Si la Côte d’Ivoire, sous la pression de sa classe politique et de son opinion publique quittait demain la BCEAO ,  la France sera incapable avec ses 1500 milliards d’Euro de dette publique qu’elle a de trouver les 1900 milliards de Francs CFA pour permettre à la BCEAO de survivre.

 

 

Il est donc temps pour nos peuples et nos dirigeants politiques de la sous région ouest africaine de comprendre  la nécessité d’atteindre  des objectifs communautaires et surtout de savoir raison garder afin de nous éviter les querelles de leadership, les intérêts personnels, particuliers donc égoïstes mesquins, partiels et parcellaires,  qui ont si souvent affaiblis nos peuples et empêché  la construction d’une nation africaine digne de ce nom.

 

 

Cette situation générale de notre continent ressemble curieusement à  l’état de Byzance à la fin du mois de mai 1453,  les armées ottomans de Mehmet Fathi Sultan, dont le but avoué était la destruction de la chrétienté byzantine , se trouvèrent sous les murs de Constantinople, les théologiens partisans de  Gustiniani et ceux qui défendaient les théories de Notaras continuaient à s’épuiser dans des discutions stériles.

 

 

Sur les murs ébréchés, l’empereur Constantin XI fit porter des icônes afin de faire reculer  par magie les forces de l’antéchrist.  Les africains aujourd’hui sont dans le même cas de figure. Alors que le continent est assiégé par toutes les maladies de la terre, alors que la famines fait rage et que même l’eau nous fait défaut, les dirigeants politiques  s’épuisent à ne plus en finir dans les mots et autres discours mesquins qui nous font perdre notre temps dans notre marche commune vers la réalité.

 

 

Victor Hugo, écrivait : << le mot tient le globe sous ses pieds. Et l’asservit>> nos gouvernants africains  semblent partager cet avis qui est une grossière erreur !

 

Merci de votre aimable attention.

 

 

Dr  SERGE-NICOLAS NZI

 

Chercheur en communication

 

Directeur du centre africains d’études Stratégiques

 

CP. 66 VEZIA-LUGANO

 

CH-6843  SUISSE

 

Tel. 004179.246.53.53

 

Par Bailly-Grandvaux - Publié dans : Francafrique
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Samedi 26 mai 2007 6 26 /05 /Mai /2007 22:30

Communiqué du 24 mai 2007 de

SURVIE
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http://www.survie-france.org 
e-mail : contact@survie-france.org

 

 

 

Omar Bongo et la Françafrique reprennent leurs vieilles habitudes à l’Elysée

 Lors de sa campagne électorale, notamment à l’occasion d’un déplacement au Bénin
en mai 2006, Nicolas Sarkozy a promis de « refonder la politique africaine de la France
sur des relations transparentes et officielles entre pays démocratiques », de « tourner
la page des complaisances, des secrets, des ambigüités » et de «cesser de traiter
indistinctement avec des démocraties et des dictatures».
Nous venons pourtant d’apprendre que le premier chef d'Etat étranger invité à rencontrer
le nouveau président français à l’Elysée sera Omar Bongo Ondimba, le tyran qui tient le
Gabon sous sa botte depuis plus de 40 ans sous les applaudissements hexagonaux.
De deux choses l'une - ou Monsieur Sarkozy trahit là ses promesses, ou il n'est pas
conscient qu’Omar Bongo est un dictateur. La deuxième hypothèse étant peu crédible,
il nous faut constater que notre président vient, en connaissance de cause, de rater
une occasion de  prendre ses distances avec une politique française  faite depuis plus
de 45 ans de néocolonialisme et de paternalisme. 
Cette visite est un déni de justice, une manifestation d'indifférence morale à l'égard
 des démocrates gabonais, dont le découragement devant l'indécence française est plus
que compréhensible.

Nicolas Sarkozy n’en est pas à son premier faux pas. Peu après ses déclarations faites
au Bénin en mai 2006, le candidat Sarkozy avouait au journal Jeune Afrique  ses liens
d’amitié avec quelques présidents africains parmi lesquels deux dictateurs notoires,
Omar Bongo et le Congolais Denis Sassou Nguesso. Si le candidat affirmait alors qu’il
n’avait pas l’intention de mélanger amitié personnelle et amitié officielle, les
partisans d’une politique de la France en Afrique responsable et transparente ,
en mars dernier, s’étaient indignés de voir Omar Bongo recevoir Nicolas Sarkozy dans
son somptueux hôtel particulier du 16ème arrondissement en pleine campagne électorale .
Le président gabonais a été également une des premières personnalités à recevoir un
appel téléphonique de Nicolas Sarkozy le soir de la proclamation des résultats du
deuxième tour de l'élection présidentielle. Un coup de fil dont Omar Bongo s’est
vanté quelques jours plus tard à l’antenne de RFI, évoquant un appel de
« remerciement » tout en restant évasif sur le type de soutien apporté au candidat
de l’UMP qui aurait rendu celui-ci redevable vis-à-vis du « sage gabonais » .
Un comble pour un candidat qui a déclaré en 2006 que la France n’avait (économiquement)
« pas besoin de l’Afrique ».

La « Françafrique » dont Omar Bongo (intronisé en 1967 par Jacques Foccart, l’homme
de l’ombre du Général De Gaulle) est une des figures de proue et qui a connu de si
belles heures sous les règnes des présidents français successifs vient-elle de trouver
son nouveau guide en la personne de Nicolas Sarkozy ? Si l’on se fie aux liens d’amitié
de ce dernier avec les présidents gabonais et congolais (et d'autres…) mais aussi avec
certains chefs d’entreprises ayant des intérêts considérables en Afrique (Bouygues, Bolloré)
on peut difficilement être rassuré sur ce point .

 

 

 

Par Bailly-Grandvaux - Publié dans : Francafrique
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Mardi 8 mai 2007 2 08 /05 /Mai /2007 10:22
Pour ceux que le sujet interesse, n'hésitez pas à cliquer sur les liens 
des articles et prendre connaissance des actions de ce groupe CADTM
MEDDA
BULLETIN ELECTRONIQUE 21
            Comité pour l'annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM)
            \\
            Mardi 17 avril 2007
            www.cadtm.org
            --------------------------------------------------------------------------
            Formation sur le droit international : "Droits des
            investisseurs vs Droit des peuples"
            Le groupe droit du Cadtm Belgique a organisé le 31 mars, à Liège, une
            journée de formation sur le droit international. Intitulée "Droits des
            investisseurs vs Droit des peuples", vous pouvez télécharger ici les
            différentes interventions des orateurs. L'évolution du droit des
            investissements des années 1930 à aujourd'hui : une période marquée par
            des changements de rapports de force - exemples de cas.
            http://www.cadtm.org//texte.php3?id_article=2553
                                     Communiqué de presse
            Le CADTM réclame le licenciement immédiat du président de la Banque mondiale
            15 avril 2007
            Le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, a reconnu jeudi
            dernier être intervenu personnellement afin d'obtenir une forte
            augmentation de salaire pour sa compagne. Alors qu'il avait affirmé
            avoir agi avec l'accord implicite du Conseil d'administration de la
            Banque mondiale, les membres de ce Conseil d'administration ont rappelé
            vendredi qu'il n'en était rien. Wolfowitz a donc menti pour tenter de
            sauver son poste.
            Dimanche soir, il a osé affirmer, au cours d'une conférence de presse,
            qu'il (...)
            http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2589
                                     Communiqué de presse
            Le CADTM réclame la démission du président de la Banque mondiale et la
            suppression de la Banque mondiale au profit d'une Banque du Sud
            13 avril 2007
            A la veille de l'assemblée annuelle de la Banque mondiale et du FMI à
            Washington, le scandale couve à la Banque mondiale où son président,
            Paul Wolfowitz, a reconnu être intervenu personnellement afin d'obtenir
            une forte augmentation de salaire pour l'une des employées avec laquelle
            il avait une liaison.
            Alors qu'il se pose en apôtre de la lutte contre la corruption,
            Wolfowitz est pris la main dans le sac. La seule issue acceptable est sa
            démission immédiate. Il pourra alors prendre le temps de méditer sur les
            (...)
            http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2585
                                     Interview d'Eric Toussaint
            Il faut une Banque du Sud
            par Fidel Vascos Gonzales
            12 avril 2007
            Le président du Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde,
            Éric Toussaint, anticipe que les conditions se créent vers l'éclatement
            d'une nouvelle crise.
            Éric Toussaint est le président du Comité pour l'Annulation de la Dette
            du Tiers Monde. Ce Comité, dont le siège est en Belgique, est un réseau
            international constitué de comités locaux présents dans 23 pays de 4
            continents. Éric Toussaint est un participant assidu de la Rencontre
            Internationale d'Économistes sur les Problèmes du Développement, qui se
            tient tous (...)
            http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2583
                                     Paradis fiscaux et judiciaires : cessons le scandale !
            11 avril 2007
            Cette brochure a été réalisée par « la plateforme paradis fiscaux et
            judiciaires », née dans le cadre de la campagne « 2005 : plus d'excuses
            ! » autour des objectifs du Millénaire pour le Développement. Il n'est
            pas trop tard pour atteindre les objectifs de développement fixés par
            les Nations Unies, à condition de prendre un certain nombre de mesures
            d'urgence.
            Parmi elles, la lutte contre les paradis fiscaux et judiciaires. Ces
            territoires posent en effet le problème de « l'injustice fiscale » : la
            (...)
            http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2582
                                     Déterminants de santé : quelques éléments pour nourrir
            la réflexion
            par Julie Castro
            11 avril 2007
            Introduction : comment évaluer l'état de santé d'une population ?
            Pour rendre compte de l'état de santé, on utilise des indicateurs de
            santé, c'est à dire des mesures quantifiées de certaines données, qui
            reflètent l'état de santé.
            Les indicateurs les plus courants sont les taux de mortalité et
            l'espérance de vie.
            Pendant longtemps, le meilleur indicateur de l'état général de bien être
            d'une population était le taux de mortalité infantile (nombre de mort
            avant l'âge de 1 an pour 1000 naissances vivantes).
            Aujourd'hui, on (...)
            http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2581
                                     A trente de la déclaration d'Alma Ata, où en sommes nous ?
            par Julie Castro
            11 avril 2007
            Exposé de Julie Castro durant le Week end résidentiel de formation dette
            et santé :
            LA SITUATION ACTUELLE
            Pauvreté et état de santé
            PNUD : 1,2 milliard d'individus vit dans l'extrême pauvreté (moins de 1$
            par jour) et 2,8 milliards se contentent de moins de 2$ par jour
            852 millions de personnes souffrent de malnutrition
            30 000 enfants meurent chaque jour de maladies facilement curables
            42 millions sont infectées par le VIH/SIDA dans le monde, dont 70% en
            Afrique sub-saharienne
            Espérance de vie au (...)
            http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2580
                                     Ces vautours qui dépouillent les pays pauvres
            par Ashley Seager
            10 avril 2007
            Racheter à bas prix la dette des pays pauvres et les attaquer ensuite en
            justice pour les obliger à rembourser : voilà la méthode de fonds sans
            scrupule.
            Les fonds vautours, comme les charognards dont ils portent le nom,
            tournent autour du cadavre pour s'assurer avant de le dévorer que
            personne ne les regarde. Mais cette stratégie risque d'être mise à mal.
            Militants et avocats internationaux commencent en effet à s'intéresser à
            ces fonds qui harcèlent des pays parmi les plus pauvres du monde, pour
            récupérer les millions de dollars que ceux-ci n'arrivent pas à rembourser.
            http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2576
                                     La face cachée du co-développement
            par Damien Millet , Nicolas Sersiron
            6 avril 2007
            Chez les principaux candidats à l'élection présidentielle française,
            l'expression fourre-tout du « co-développement » fait florès. Pourtant,
            le terme est particulièrement discutable : en quoi ce co-développement
            diffère-t-il de l'aide au développement, qui appartient elle-même à la
            pensée néocoloniale ? Car comme l'a écrit l'historien burkinabè Joseph
            Ki-Zerbo : « On ne développe pas, on se développe. » Les peuples
            africains sont privés de leurs propres richesses au profit d'une
            minorité qui s'enrichit démesurément, tant au Nord que (...)
            http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2572
                                     Interview d'Eric Toussaint par Renaud Vivien
            Pourquoi le livre « Banque mondiale : le coup d'Etat permanent » ? (PNG)
            4 avril 2007
            Q. Présente-nous en quelques mots le livre « Banque mondiale : le coup
            d'Etat permanent »...
            R. Ce livre est le seul ouvrage actuellement disponible qui analyse
            l'évolution de la Banque mondiale de sa fondation jusqu'à 2006 et,
            au-delà des faits, décrypte ses actions pour en montrer la signification
            réelle, tant économique que géopolitique. J'ai analysé méticuleusement
            une ample documentation, constituée principalement de documents de la
            Banque mondiale elle-même. J'intègre à l'analyse une série d'apports
            d'auteurs (...)
            http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2571
                                     Exposé écrit présenté par Centre Europe-Tiers Monde
            (CETIM), organisation non gouvernementale dotée du statut consultatif
            général
            4 avril 2007
            La dette extérieure des pays en développement
            Le Sud a déjà payé sa dette extérieure au Nord, mais le Nord refuse de
            reconnaître ses dettes à l'égard du Sud
            1. Depuis la crise de la dette, déclenchée en 1979 par la modification
            de la politique monétaire aux États-Unis, qui prit la forme d'une hausse
            unilatérale des taux d'intérêt de la Réserve fédérale présidée par Paul
            Adolph Volcker, l'ensemble des pays en développement ou à « marché
            émergent » ont payé, entre 1980 et 2006, un montant cumulé de 7 673,7
            milliards de dollars (...)
            http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2569
                                     Communiqué de presse
            Après une baisse de l'aide publique au développement de 5% en 2006, le
            CADTM dénonce l'échec du financement du développement par les pays
            riches (PNG)
            3 avril 2007
            Contrairement aux proclamations généreuses lors des sommets
            internationaux, l'aide publique au développement (APD) délivrée en 2006
            par les pays riches a baissé de plus de 5%. D'un montant de 103,9
            milliards de dollars, l'APD ne représente que 0,30% du revenu national
            brut des pays donateurs, alors qu'ils se sont engagés, à plusieurs
            reprises depuis 1970, à la porter à 0,70%.
            Une fois encore, le contenu même de l'APD pose problème. Les remises de
            dettes en constituent une part importante : plus de 19 milliards de (...)
            http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2558
                                     Transformer l'essai
            Le CADTM se félicite de la résolution adoptée par le Sénat belge sur
            l'annulation de la dette des pays en développement et demande au
            gouvernement de la mettre en application(PNG)
            2 avril 2007
            La résolution sur l'annulation de la dette des pays les moins avancés
            (PMA) adoptée le 29 mars 2007 par le Sénat belge, par une majorité de 34
            voix pour et 29 contre, constitue une avancée pour plusieurs raisons.
            La résolution demande au gouvernement belge de passer un contrat avec
            tous les pays endettés concernés afin d'annuler totalement leur dette.
            Jusque là, la proposition du Sénat ne va pas au-delà de la démarche
            d'autres gouvernements. Mais, heureusement, le Sénat innove dans
            plusieurs domaines très importants : (...)
            http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2554
                                     Communiqué de presse
            Le CADTM condamne les manoeuvres en RDC pour entraver la justice dans le
            procès des anciens employés de la société Anvil Mining(PNG)
            par Éric Toussaint , Damien Millet , Renaud Vivien
            2 avril 2007
            Après deux guerres ayant causé la mort d'au moins 3,5 millions de
            Congolais, la paix en RDC demeure fragile. En effet, la stabilité du
            pays restera menacée tant que les entreprises du Nord continueront de
            piller impunément ses ressources naturelles avec notamment le soutien de
            la Banque mondiale à l'origine du Code minier de 2003 très favorable aux
            investisseurs étrangers. Le CADTM soutient donc des actions en justice
            contre les transnationales prédatrices comme la société
            australo-canadienne Anvil Mining. (...)
            http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2551
                                     La dette et l'Afrique(PNG)
            par RNDD (membre réseau CADTM au Niger)
            1er avril 2007
            Depuis les années 90, on assiste à une transformation radicale de
            l'économie migratoire impliquant, au-delà des réseaux délictueux
            habituels en matière de trafic de migrants, des données nouvelles liées
            à la paupérisation ou au contexte de belligérance de certaines régions
            d'Afrique. En effet, la contre productivité actuelle des courants
            migratoires Intra africains, liée à la crise des pays d'accueil, a
            ouvert d'autres Directions de flux à destination de l'Europe dans
            lesquelles apparaissent de nombreux intermédiaires qui (...)
            http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2555
                                     AGENDA
            Les rendez-vous à ne pas manquer
            http://www.cadtm.org//rubrique.php3?id_rubrique=11
                                     avril 2007
            22 avril | Vottem, Belgique
            Manifestation au centre fermé de Vottem
            Le CADTM Belgique soutient la manifestation contre le centre fermé de
            Vottem. Vous pouvez aider l'UDEP (Union pour la défense des sans
            papiers) en téléchargeant sa pétition ici
            ..http://www.cadtm.org//IMG/pdf/petitionudep.pdf
                                     23 avril | Liège, Belgique
            Semaine de la solidarité internationale citoyenne
            Le virage à gauche de l'Amérique latine et son impact en termes de
            relations Nord-Sud. Semaine d'activités à Liège.
            http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2495Du lundi 23 avril au
            vendredi 27 avril 2007
            28 avril | Tarifa, Espana
            Une Nouvelle Chance pour l'Afrique ? Nouveaux Programmes et Initiatives
            du FMI et de la Banque Mondiale
            avec Olivier Bonfond
            Table ronde organisée par le Festival de Cinéma Africain de Tarifa
            (FCAT) pour sa IV édition et la Direction générale des Relations
            Culturelles et Scientifiques de l'Agence Espagnole de Coopération
            Internationale
            Festival de Cine Africano de Tarifa www.fcat.es
            29 avril | Paris 3e, France
            Film-débat "Bamako"
            Intervention de Damien Millet après la projection du film, 11h10 MK2
            Beaubourg, 50 rue Rambuteau (Paris 3e)
            Métro : Rambuteau/Les Halles http://blog.myspace.com/lavielesgens
                                     mai 2007
            4 mai | Arbrefontaine, Belgique
            Week end Résistances
            Le Groupe Thomas Sankara (CADTM Liège) organise un week end de formation
            les 4, 5 et 6 mai 2007 à Arbrefontaine. Formation sur les résistances en
            Afrique, question des migrations avec l'union des sans papiers (Udep),
            jeu pédagogique et interactif sur la problématique de la dette du Tiers
            Monde, préparation de notre participation au contre G8... Contacter :
            olivier@cadtm.org http://www.cadtm.org//texte.php3?id_article=2552
                                     22 mai | Clermont l'Hérault, France
            Film-débat "Bamako"
            Intervention du groupe de Nîmes après la projection du film, 20h30
            cinéma Alain Resnais, rue Roger Salasc à Clermont l'Hérault
            Les autres voix de la planète
            Quatre fois par an, la revue "Les autres voix de la planète" propose des
            dossiers et des articles sur les thèmes développés par le CADTM et suit
            l'actualité de la dette, du mouvement altermondialiste et des grandes
            mobilisations internationales. Elle se présente sous une forme attrayante,
            partageant sa pagination (une quarantaine de pages à chaque numéro) en
            différentes rubriques (articles de fond, dossiers, interviews, brèves,
            échos du réseau international CADTM, notes de lecture, agenda...), et
            accordant une importance particulière à l'iconographie qui vient renforcer
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Par CADTM - Publié dans : Messages divers
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Mardi 8 mai 2007 2 08 /05 /Mai /2007 08:07
La crise ivoirienne et le dialogue direct

 

 

 

 

Un semblant de paix vient de s’amorcer en Côte d’Ivoire, nous voulons tous y croire et souhaiter  la fin des malheurs pour ce pays et sa population.

 

Était-il vraiment nécessaire d’en arriver à de telles extrémités pour  faire l’économie d’une guerre à la fois stupide et insensée ?

 

 

Nous n’évoquons même pas les atrocités et autres massacres relevant de la barbarie, ni les destructions de biens publics et privés. Ceux qui ont pris l’initiative de cette guerre, ceux qui les ont encouragés et ceux qui les ont soutenus, porte une grande responsabilité devant l’histoire.

 

 

Les ivoiriens oublieront difficilement l’égorgement atroce de d’autres ivoiriens sur la place publique devant des foules en délire ou des femmes enceintes éventrées sans le moindre scrupule dans le but de terroriser une population civile qui n’a rien avoir avec la politique. Tous ceux qui ont encouragé cette rébellion ont fait du mal à un peuple innocent et cela est indigne et inacceptable.

 

 

L’une des grandes énigmes de cette guerre reste l’échec du dialogue inter ivoiriens de Lomé en  octobre et novembre 2000 pendant plus de 50 jours, les ivoiriens ont cru à une solution négociée du conflit, c’était sans compter avec les forces centrifuges et les professionnels de la déstabilisation en Afrique, qui voulaient affaiblir la Côte d’Ivoire et contraindre le Président,  Laurent Gbagbo,  à la démission.

 

 

On a ainsi torpillé les négociations de Lomé, pour justifier aussi le fait que les africains sont incapables de régler leurs problèmes entre eux, c’est alors que la France de Chirac et de Dominique Galouzeau de Villepin  entre en action pour convoquer la table ronde de Linas Marcoussis qui débouchera sur les accords stupides et inapplicables qui ont fait plus de mal que de bien au pays malade qu’est la Côte d’Ivoire.

 

 

La tuerie sanglante des forces française devant l’hotel ivoire en novembre 2004 à fait de la France non plus un arbitre du conflit, mais un protagoniste de la crise ivoirienne. Faisant dire aux patriotes ivoiriens que << c’est la France qui est le problème et non la solution.>>

 

Au final la France a terni son image en Afrique  où ce pays a agit durant des années comme un petit boutiquier de campagne plus préoccupé par ses petits intérêts égoïste et mesquins. Le pillage des agences bancaires de la zone assiégée par les rebelles et surtout les soldats français provoque en nous un profond dégoût pour ce pays et ses turpitudes en Afrique.

 

 

Les africains refusent aujourd’hui et définitivement la monnaie de vieilles guenons qui s’obstinent a ne se regarder que dans  leur propre miroir. Car la solution la moins coûteuse était d’appliquer les accords de coopération du 24 avril 1961 en aidant les forces ivoiriennes à repousser les rebelles et à soutenir un dialogue direct entre les belligérants en vu d’une solution négocié du conflit.

 

 

Les ivoiriens se sont sentis trahis et humiliés. N’oublions pas qu’une grande partie de  l’Afrique est porteuse d’une civilisation orale, c’est pourquoi le non respect de la parole donnée choque beaucoup plus un africain qu’un européen.

 

 

Les ivoiriens se posent aujourd’hui la question suivante :

 

 << Comment la France à qui nous avons donné nos meilleurs hommes quand elle était envahi et occupée à-t-elle pu soutenir une rébellion contre notre pays et ses institutions ?  >>

 

 

La France a-t-elle oublié les vertus du dialogue direct ?  il faudrait bien ici rappeler à la classe politique française que c’est le dialogue direct qui avait permis la fin de la guerre d’Indochine, à travers les accords de Genève  signés le 21 juillet 1954 suite à la capitulation sans condition de l’armée française à  Diên- Biên-Phu. Ces accords ont mis fin à huit ans de guerre et portent la signature  de deux  grands hommes qui ont tous les deux un grand sens de l’Etat, Pierre Mendès France pour la France et Pham Van Dông pour le Viêt-Nam.

 

 

 Il faut le rappeler ici sans ironie que c’est la queue entre les jambes que la France a quitté l’Asie du sud-est permettant ainsi au Viêt- Nam, au Laos et au  Cambodge d’être indépendants. C’est aussi le dialogue direct qui avait permis la fin de la guerre d’Algérie à travers les accords franco-algérien signés à Evian le 18 mars 1962 entre le gouvernement Français représenté par Louis Joxe et le gouvernement provisoire algérien formé par le FLN,  représenté par Krim Belkacem.

 

 

Le dialogue direct, c’est aussi les négociation de paix de Paris entre les USA et le Viêt-Nam de 1968-1973 signés le 23 janvier 1973 entre le DUC THO et le Dr Henry Kissinger, ce qui vaudra a ces deux diplomates de cette période de la guerre froide le prix Nobel de la paix.

 

 

Le dialogue direct, c’est aussi la visite historique du président égyptien  Anouar El-Sadate à Jérusalem le samedi 19 novembre 1977 qui débouchera sur un dialogue direct et les accords de Camp David signés le 17 septembre 1978 à la Maison Blanche , située au 116 de la pennsylvania  avenue à Washington capitale fédérale des USA, entre la République arabe d’Egypte représentée par le Président Anouar El-Sadate et le premier ministre  de l’Etat D’Israël  Mr. Menaem Beguin. Ces deux personnalités recevront aussi le prix Nobel de la paix.

 

 

Le dialogue direct, c’est aussi les négociation entre la majorité noir sud africaine qui a vécu dans sa chaire les temps douloureux de l’apartheid et la minorité blanche raciste, pour mettre fin au régime ignoble de la ségrégation raciale en Afrique du sud. Les négociateurs avaient pour nom, Nelson Mandela et Frederik De Clerk, ils ont aussi reçu le prix Nobel de la paix.

 

 

Le dialogue direct, c’est aussi la recherche d’une solution juste et durable de la crise du Timor oriental qui fera de José Ramos  Horta  et Mg. Calos Belo des lauréats du Prix Nobel de la paix en 1996 et permettra  en 1999 l’organisation d’un référendum qui débouchera sur naissance de la République du Timor oriental.

 

 

Il est donc inutile ici de multiplier les exemples dans le monde n’importe quel étudiant en première année de diplomatie sait qu’il faut commencer par là, car nous savons tous que c’est par des négociations qui prennent en compte les exigences des belligérants qu’un conflit de grande ampleur peu se résoudre.  La France ne nous dira pas le contraire, elle se rappelle  d’avoir laissé 10 283 morts et 11 000 prisonniers à Diên Bien Phu pour finalement laisser le Viêt-Nam libre.

 

 

Elle a commise la même erreur d’appréciation en Algérie, face à un soulèvement qui exigeait l’équité et la justice.  La France et ses matamores ont crus que la torture, la répression brutale, barbare et lâche pouvait venir à bout de L’idée d’une nation algérienne libre et indépendante. 500 000 soldats français n’ont pas pus vaincre les nationalistes algériens. Ce fut là aussi une erreur grave d’appréciation.

 

 

Car l’Algérie de l’époque était un département français, mais les arabes algériens n’avaient pas la nationalité française,  alors que les  maltais, les espagnoles et autres colons  européens  arrivé de fraîches dates avaient la nationalité française sur demande.

 

 

 Bref les musulmans algériens  vivaient dans une  logique d’apartheid. Aujourd’hui encore on se demande comment la France qui est si prompte à porter le drapeau de la liberté, de l’égalité et de la fraternité a pu faire cohabiter en son sein une cécité et des contradictions aussi dramatiques ?

 

 

En disant ces choses simples, nous ne sommes nullement pas des anti-français, c’est justement parce que nous aimons ce pays et les valeurs de lumière qu’elle a léguée au monde que nous rappelons ses faits à sa mémoires. Le dialogue direct, les français doivent être les premiers à le magnifier et  à le présenter comme doctrine de résolution des conflits.

 

 

La France apparaît malheureusement aujourd’hui aux yeux des africains comme le pays qui indique toujours la bonne voie aux autres en choisissant elle-même la plus mauvaise. Son soutien sans condition à Mobutu,  à Bokassa à Habyarimana et autres Eyadema nous font dire ici qu’elle est loin des préoccupations de liberté et de la quête de démocratie des peuples africains.

 

 

Pour en finir avec le dialogue direct qui est le sujet de notre intervention de ce jour, nous voulons rappeler encore une fois l’histoire des prisonniers de guerre pendant les négociations de Genève sur la guerre d’Indochine, la difficulté majeur après la capitulation française,  fut le sort des prisonniers, la délégation du Viêt-nam ne voulait pas en entendre parler.

 

 

Car officiellement la France n’avait pas déclaré la guerre au Viêt-Nam, donc pas de guerre pas de prisonniers, les négociation étaient en cour entre le gouvernement français et la république du Viêt-Nam, présidé par Hô Chi Minh,  les soldat français et vietnamiens fraternisaient à Saïgon lorsque par arrogance et leur suffisance habituelle,  les bateaux de guerre français stationnés dans la baie d’Haiphong avaient ouvert le feu sur la ville le 23 novembre 1946.

 

 

c’est alors qu’éclate le conflit qui avec le soutien de la Chine se termine par la défaite française. Diên Bên Phu  fut pour la France le terrible  salaire de son mépris pour les peuples du tiers monde. Là dans cette cuvette qu’elle a délibérément choisie pour attirer l’ennemi et pouvoir, enfin livrer une vraie bataille rangée, hors de la jungle et des marécages, l’armée française, avec ses 17 bataillons,  ses 22 000  tonnes de matériel,  son artillerie lourde, ses chars,  ses 173 avions de combats,  ses 71 avions de transport,  a tout perdu le matin du 07 mai 1954.

 

 

L’armée française avait tout prévu pour gagner cette bataille décisive. Tout sauf l’artillerie  du général Giap, le bras droit militaire d’Hô Chi Minh,  sauf que cette artillerie insoupçonnée  atteindrait des galeries souterraines Ouvertes dans les montagnes de calcaire qui dominent la plaine de Diên biên phû  donc invulnérable vis-à-vis de l’aviation dont les français ont le monopole.

 

 

Un chef d’état major occidental ne pouvait pas concevoir qu’un petit homme jaune, qui n’a fait ni Saint-Cyr en France, ni Sandhurst en Angleterre ni West point aux USA, puisse avoir un génie militaire supérieur. Que ses 12 bataillons, ses 28 canons,  ses 16 tubes de mortiers rejoindraient en rampant sous la jungle de Diên Biên phû, tirés par des ânes et des bicyclettes sortant des  usines Peugeot et des manufactures de Saint- Etienne.

 

 

Nous parlons ici de faits réels et non d’un roman de science fiction,  en le disant de façon aussi claire nous invitons la France qui est le pays européen dont nous nous sentons plus proche de faire sa propre reconversion  en refondant la coopération franco-africaine sur des bases solides, des bases égalitaires reposant sur l’amitié, le respect et l’intérêts réciproques des parties contractantes.

 

 

Nous sommes en 2007 et la coopération entre Etats ne doit plus être des rapports de tuteur à mineur. C’est le message que la guinée, son peuple et son leader Ahmed Sékou Touré ont voulu envoyer à la  France en votant non au référendum du dimanche 28 septembre 1958.

 

 

  Nous avons tenu à évoquer ces choses simples dont personne ne se souvient plus en France pour que les uns et les autres sachent que la vie continue. qu’on ne nous demande plus donc d’être des amnésiques, car c’est bien nous les africains qui avons été les victimes.

 

 

Pour revenir à la question des prisonniers la guerre d’Algérie nous a appris que leur sort fut discuté âprement pendant les négociations d’Evian, finalement la patience et le respect mutuel de Louis Joxe, le chef de la délégation française et de Krim Belkacem ont permis un compromis acceptable comme ce fut le cas dans les négociations de Genève entre Pierre Mandès France  et le négociateur vietnamien Pham van Dông.

 

 

Le dialogue direct dont nous faisons l’éloge aujourd’hui a été oublié par la France dans la recherche d’une solution négociée de la crise ivoirienne, son parti pris évident à été néfaste pour la  Côte d’ivoire, pour l’Afrique et bien sûr pour sa propre image,  la France aujourd’hui est perçu en Afrique comme un pays vampire prêt à s’accrocher aux pires dictateurs africains au nom de ses petits intérêts mesquins, partisans, partiels et parcellaires.

 

 

Dans la crise ivoirienne, imaginé un seul instant si pendant la tuerie de novembre 2004 les patriotes avaient réussi à capturer une dizaine de soldats Français. Sur quel base la France pouvait négocier leur libération ?  puisse qu’officiellement ce pays n’avait pas déclaré la guerre à la Côte d’Ivoire. Pas de guerre, pas de prisonnier.

 

 

La France doit sortir de cette arrogance et de cette suffisance inutile qui n’impressionne plus personne et nous rappelle ses positions d’arrière garde dans les années 1950 quand elle s’acharnait à nier les évidences algériennes. Elle doit comprendre une bonne fois pour toute que nos pays africains ne sauraient être une partie de la France.

 

 

C’est cela le sens des combats de nos peuples qui veulent vivre libre en organisant librement chez eux leurs propres activités de production. Nous disons ces choses simples sans haine ni violence afin que la classe politique et la société civile française, comprennent nos motivations pour que naisse une nouvelle coopération franco-africaine qui nous éloigne du mariage du cheval et du cavalier.

 

 

Pour cela les français doivent apprendre à se regarder autrement, rien n’est en effet plus urgent aujourd’hui que la révolution des regards qui sont tournés vers l’Afrique, mais aussi vers la France pour construire un dialogue utile  tourné vers l’avenir permettant la reconstruction de l’Afrique dans l’honneur et la dignité.

 

 

Cela doit se faire loin des humiliations, du mépris, des spoliations, des insultes et des oppressions de toutes sortes.

 

À  la France   d’aujourd’hui nous voulons ici rappeler cette pensée de notre frère l’ancien Président Algérien Hamed Ben Bella : << on peut défaire le colonisateur, quelle que soient ses armes, le seul problème,  c’est l’aménagement des forces, leur organisation et leur date d’entrée en action.>>

 

 

Nos voulons l’amitié avec la France , mais nous ne renoncerons jamais à notre droit naturel et légitime de vivre libre chez nous sans soumission à qui que ce soit.  Toute confusion sur ces choses simples  sera considéré par nous africains comme un affront méprisable et impardonnable.

 

 

Car le dénuement de nos peuples est une atteinte intolérable à la décence et à la dignité humaine. Ne pas le comprendre et faire des arrangements dans notre dos avec des dictatures pourris, hautaines et médiocres, c’est ne pas  comprendre  le sens de l’histoire dans les temps présents.  c’est aller dans le sens contraire de l’histoire. Comme l’écrivait si bien notre frère l’écrivain noir américain Richard wright :

 

  << la liberté demeure pour nous la terre promise,

 

nos chants, nos larmes nos cris,

 

 notre détresse et les malédictions

 

 qui montent vers Dieu,

 

 portent le refrains de nos larmes.

 

Pleurez, enfants

 

Pleurez, frères, pleurez mères

 

Pleurez père, Car vous êtes libres

 

Dieu vous a donnez la liberté >>

 

 

Puisse la liberté être  une étoile sur notre chemin commun pour que vive la condition humaine.

 

 

Dr SERGE-NICOLAS NZI

 

Chercheur en communication

 

Directeur du centre africain d’études stratégiques

 

CP. 66 Vezia-Lugano

 

CH-6943 SUISSE

 

Tel. 004179.246.53.53

 

Par SERGE-NICOLAS NZI - Publié dans : Francafrique
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Vendredi 4 mai 2007 5 04 /05 /Mai /2007 11:01

Une intervention intéressante du Président de la Côte d'Ivoire à propos

 

de l'avenir de l'Afrique dans LE COURRIER D'ABIDJAN

 

 

Gbagbo : "Ma vision pour l'Afrique" C'est une interview du président

 

Laurent Gbagbo qui est presque passée inaperçue dans la sphère francophone.

 

Et pour cause : elle a été publiée début avril dans un (très pertinent)

 

mensuel panafricain basé à Londres, New African . Pourtant, le numéro

 

un ivoirien a dit des choses intéressantes face au dictaphone de la

 

journaliste Ruth Tete. S'il a martelé ses positions à propos des

 

origines de la crise « un coup d'Etat qui a échoué et non un problème

 

identitaire de fond », à propos des concepteurs de Marcoussis, dont

 

l'objectif était de « dépouiller Gbagbo de tous les pouvoirs

 

nécessaires pour gouverner effectivement », à propos de son plan de

 

sortie de crise (qui n'était pas encore bouclé au moment de

 

l'entretien), il a aussi évoqué des questions de fond liées au destin

 

de l'Afrique et à ses relations avec le monde extérieur.

 

 

Le Président Ivoirien

 

 

En résumé, il explique que la crise ivoirienne lui a révélé un

 

continent qui doute de lui-même et a peur d'avancer sur la route de la

 

liberté ; mais qui est en pleine mutation et pourrait même devenir un

 

recours pour un monde déchiré par diverses confrontations.

 

 

Abandonner les accords de défense avec la France pour créer des

 

formules de sécurité collective africaine Interrogé par Ruth Tete à

 

propos de la France, dont certains disent qu'elle est le problème en

 

Côte d'Ivoire et non la solution, Gbagbo répond diplomatiquement mais

 

clairement : « Nous sommes une ancienne colonie française. A l'aube des

 

indépendances, la France a signé des accords de défense avec ses

 

anciennes colonies, mais aussi des accords de coopération militaire.

 

J'étais dans la droite ligne de ces accords quand j'ai demandé à Paris,

 

en tant que chef d'Etat ivoirien, de nous aider à repousser les

 

rebelles en 2002. Mais la France n'a jamais accepté notre requête. Mais

 

l'année dernière, comme nous l'avons vu au Tchad et en République

 

centrafricaine, la France a accepté d'intervenir en faveur de certains

 

gouvernements dans la ligne de ces mêmes accords de défense et de

 

coopération militaire. A vous de juger. Cela ne nécessite aucun

 

commentaire. »

 

 

Mais Gbagbo ne s'arrête pas à la dénonciation de ce « deux poids deux

 

mesures ». Le chemin initiatique qu'a été la crise ivoirienne lui a

 

visiblement permis de faire des constats et d'imaginer des solutions.

 

 

« Je pense que les Africains ont trop peur d'être libres. Ils ont la

 

capacité d'être libres mais ils ignorent leur potentiel. Chaque pays

 

africain francophone, par exemple, a des accords de défense avec la

 

métropole (France), alors que nous pouvons signer les mêmes accords

 

entre nous-mêmes, nous pouvons mettre en place des mécanismes de

 

résolution de conflit nous-mêmes. (...) La crise ivoirienne m'a révélé

 

que les Africains se sous-estiment et n'ont pas confiance en eux. Le

 

temps est venu pour les Africains d'avoir confiance en eux, de prendre

 

leur destinée en main. Le temps est venu pour l'Afrique d'avoir des partenaires et non des maîtres.

 

Et cela est possible ! »

 

 

Économie : comment l'Afrique peut se développer par elle-même Comment

 

l'Afrique peut-elle sortir du piège qui fait d'elle uniquement une

 

pourvoyeuse de matières premières pour les autres ? Gbagbo évoque des

 

pistes de solution fondées sur la solidarité continentale .

 

 

« La Côte d'Ivoire est, par exemple, le premier producteur de cacao,

 

mais nous contrôlons pas le marché du cacao. Ce n'est pas normal. Si

 

l'Afrique introduisait une taxe sur la production de pétrole et de gaz

 

pour créer un fonds de solidarité, nous pouvons réaliser beaucoup de

 

grands projets. Mais les Africains préfèrent aller chercher de l'argent

 

à la Banque mondiale et au FMI. Sur chaque baril de pétrole, nous

 

pouvons mettre de côté 5 ou 10 dollars. Sur chaque tonne de cacao,

 

café, sur le diamant, l'or, nous pouvons déduire des taxes pour créer

 

une banque dédiée au développement de l'Afrique. Nous ne l'avons pas

 

encore fait parce que nous n'avons pas confiance en nous, alors que

 

dans les grandes institutions de financement dans le monde, ce sont les

 

jeunes Africains qui sont à des postes de responsabilités. Ils sont

 

bons pour gérer les fonds des autres mais quand vous leur demandez de

 

mettre sur pied et de gérer un tel fonds pour les Africains, pour

 

nous-mêmes, ils ne seront pas assez en confiance pour le faire. C'est

 

la raison pour laquelle j'appelle les Africains à se réveiller . »

 

 

Le réveil de l'Afrique ? Dans dix ou quinze ans Malgré ces constats,

 

Gbagbo est visiblement assez optimiste pour le continent. Un continent

 

qu'il voit en transition.

 

 

« Nous, Africains, souffrons aujourd'hui parce que nous sommes à la

 

croisée des chemins. La première génération de leaders africains est

 

sur la route de sortie. Ce sont les pères fondateurs des indépendances

 

et leurs successeurs immédiats. Mais la nouvelle génération de leaders

 

n'est pas encore totalement arrivée au pouvoir, et donc nous sommes à un carrefour.

 

Cela explique pourquoi nous avons souvent des frictions entre nous.

 

Mais donnez à l'Afrique dix ou quinze ans, et vous verrez qu'avec le

 

temps, l'Afrique parle d'une seule voix harmonieuse. »

 

 

Gbagbo imagine même l'Afrique, dans un futur plus ou moins proche, dans

 

un rôle de stabilisatrice d'un monde fragmenté par des conflits de tout genre.

 

« Quand je regarde devant, je vois des dangereuses confrontations entre

 

les Etats-Unis et la Chine. Pour le moment, il s'agit de problèmes

 

commerciaux et j'espère que ces antagonismes resteront commerciaux.

 

Mais j'ai peur que demain ils se transforment en quelque chose d'autre.

 

Je crois que les Africains pourraient jouer un rôle stabilisateur dans

 

le monde au lieu d'être relégués dans un rôle de colonies. Les

 

Africains ne sont pas suffisamment conscients de l'importance de leur

 

rôle dans le monde . »

 

 

Certains observateurs affirment que, s'il est réélu, le président

 

Gbagbo se donnera les moyens d'avoir une voix diplomatique forte, dans

 

la droite ligne de la renaissance africaine . Est-il déjà en train de

 

préparer cette inflexion, après être passé par le feu d'une guerre qui

 

a duré près de cinq ans ? Le débat est ouvert.

 

 

Source : Théophile Koumao, Le Courrier d'Abidjan

 

 

 

 

Par Théophile Koumao - Publié dans : Francafrique
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