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MEDDA Mouvement Européen de Défense de la Démocratie en Afrique Pour une redéfinition des relations Europe-Afrique |
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Communiqué du 24 mai 2007 de
SURVIE
210 rue St Martin 75003 PARIS
Tél. : (33-1) 44 61 03 25 - Fax : (33-1) 44 61 03 20
http://www.survie-france.org
e-mail : contact@survie-france.org
Omar Bongo et la Françafrique reprennent leurs vieilles habitudes à l’Elysée
Lors de sa campagne électorale, notamment à l’occasion d’un déplacement au Bénin
en mai 2006, Nicolas Sarkozy a promis de « refonder la politique africaine de la France
sur des relations transparentes et officielles entre pays démocratiques », de « tourner
la page des complaisances, des secrets, des ambigüités » et de «cesser de traiter
indistinctement avec des démocraties et des dictatures».
Nous venons pourtant d’apprendre que le premier chef d'Etat étranger invité à rencontrer
le nouveau président français à l’Elysée sera Omar Bongo Ondimba, le tyran qui tient le
Gabon sous sa botte depuis plus de 40 ans sous les applaudissements hexagonaux.
De deux choses l'une - ou Monsieur Sarkozy trahit là ses promesses, ou il n'est pas
conscient qu’Omar Bongo est un dictateur. La deuxième hypothèse étant peu crédible,
il nous faut constater que notre président vient, en connaissance de cause, de rater
une occasion de prendre ses distances avec une politique française faite depuis plus
de 45 ans de néocolonialisme et de paternalisme.
Cette visite est un déni de justice, une manifestation d'indifférence morale à l'égard
des démocrates gabonais, dont le découragement devant l'indécence française est plus
que compréhensible.
Nicolas Sarkozy n’en est pas à son premier faux pas. Peu après ses déclarations faites
au Bénin en mai 2006, le candidat Sarkozy avouait au journal Jeune Afrique ses liens
d’amitié avec quelques présidents africains parmi lesquels deux dictateurs notoires,
Omar Bongo et le Congolais Denis Sassou Nguesso. Si le candidat affirmait alors qu’il
n’avait pas l’intention de mélanger amitié personnelle et amitié officielle, les
partisans d’une politique de la France en Afrique responsable et transparente ,
en mars dernier, s’étaient indignés de voir Omar Bongo recevoir Nicolas Sarkozy dans
son somptueux hôtel particulier du 16ème arrondissement en pleine campagne électorale .
Le président gabonais a été également une des premières personnalités à recevoir un
appel téléphonique de Nicolas Sarkozy le soir de la proclamation des résultats du
deuxième tour de l'élection présidentielle. Un coup de fil dont Omar Bongo s’est
vanté quelques jours plus tard à l’antenne de RFI, évoquant un appel de
« remerciement » tout en restant évasif sur le type de soutien apporté au candidat
de l’UMP qui aurait rendu celui-ci redevable vis-à-vis du « sage gabonais » .
Un comble pour un candidat qui a déclaré en 2006 que la France n’avait (économiquement)
« pas besoin de l’Afrique ».
La « Françafrique » dont Omar Bongo (intronisé en 1967 par Jacques Foccart, l’homme
de l’ombre du Général De Gaulle) est une des figures de proue et qui a connu de si
belles heures sous les règnes des présidents français successifs vient-elle de trouver
son nouveau guide en la personne de Nicolas Sarkozy ? Si l’on se fie aux liens d’amitié
de ce dernier avec les présidents gabonais et congolais (et d'autres…) mais aussi avec
certains chefs d’entreprises ayant des intérêts considérables en Afrique (Bouygues, Bolloré)
on peut difficilement être rassuré sur ce point .
Pour ceux que le sujet interesse, n'hésitez pas à cliquer sur les liens MEDDA BULLETIN ELECTRONIQUE 21
Comité pour l'annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM)
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Mardi 17 avril 2007
www.cadtm.org
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Formation sur le droit international : "Droits des
investisseurs vs Droit des peuples"
Le groupe droit du Cadtm Belgique a organisé le 31 mars, à Liège, une
journée de formation sur le droit international. Intitulée "Droits des
investisseurs vs Droit des peuples", vous pouvez télécharger ici les
différentes interventions des orateurs. L'évolution du droit des
investissements des années 1930 à aujourd'hui : une période marquée par
des changements de rapports de force - exemples de cas.
http://www.cadtm.org//texte.php3?id_article=2553
Communiqué de presse
Le CADTM réclame le licenciement immédiat du président de la Banque mondiale
15 avril 2007
Le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, a reconnu jeudi
dernier être intervenu personnellement afin d'obtenir une forte
augmentation de salaire pour sa compagne. Alors qu'il avait affirmé
avoir agi avec l'accord implicite du Conseil d'administration de la
Banque mondiale, les membres de ce Conseil d'administration ont rappelé
vendredi qu'il n'en était rien. Wolfowitz a donc menti pour tenter de
sauver son poste.
Dimanche soir, il a osé affirmer, au cours d'une conférence de presse,
qu'il (...)
http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2589
Communiqué de presse
Le CADTM réclame la démission du président de la Banque mondiale et la
suppression de la Banque mondiale au profit d'une Banque du Sud
13 avril 2007
A la veille de l'assemblée annuelle de la Banque mondiale et du FMI à
Washington, le scandale couve à la Banque mondiale où son président,
Paul Wolfowitz, a reconnu être intervenu personnellement afin d'obtenir
une forte augmentation de salaire pour l'une des employées avec laquelle
il avait une liaison.
Alors qu'il se pose en apôtre de la lutte contre la corruption,
Wolfowitz est pris la main dans le sac. La seule issue acceptable est sa
démission immédiate. Il pourra alors prendre le temps de méditer sur les
(...)
http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2585
Interview d'Eric Toussaint
Il faut une Banque du Sud
par Fidel Vascos Gonzales
12 avril 2007
Le président du Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde,
Éric Toussaint, anticipe que les conditions se créent vers l'éclatement
d'une nouvelle crise.
Éric Toussaint est le président du Comité pour l'Annulation de la Dette
du Tiers Monde. Ce Comité, dont le siège est en Belgique, est un réseau
international constitué de comités locaux présents dans 23 pays de 4
continents. Éric Toussaint est un participant assidu de la Rencontre
Internationale d'Économistes sur les Problèmes du Développement, qui se
tient tous (...)
http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2583
Paradis fiscaux et judiciaires : cessons le scandale !
11 avril 2007
Cette brochure a été réalisée par « la plateforme paradis fiscaux et
judiciaires », née dans le cadre de la campagne « 2005 : plus d'excuses
! » autour des objectifs du Millénaire pour le Développement. Il n'est
pas trop tard pour atteindre les objectifs de développement fixés par
les Nations Unies, à condition de prendre un certain nombre de mesures
d'urgence.
Parmi elles, la lutte contre les paradis fiscaux et judiciaires. Ces
territoires posent en effet le problème de « l'injustice fiscale » : la
(...)
http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2582
Déterminants de santé : quelques éléments pour nourrir
la réflexion
par Julie Castro
11 avril 2007
Introduction : comment évaluer l'état de santé d'une population ?
Pour rendre compte de l'état de santé, on utilise des indicateurs de
santé, c'est à dire des mesures quantifiées de certaines données, qui
reflètent l'état de santé.
Les indicateurs les plus courants sont les taux de mortalité et
l'espérance de vie.
Pendant longtemps, le meilleur indicateur de l'état général de bien être
d'une population était le taux de mortalité infantile (nombre de mort
avant l'âge de 1 an pour 1000 naissances vivantes).
Aujourd'hui, on (...)
http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2581
A trente de la déclaration d'Alma Ata, où en sommes nous ?
par Julie Castro
11 avril 2007
Exposé de Julie Castro durant le Week end résidentiel de formation dette
et santé :
LA SITUATION ACTUELLE
Pauvreté et état de santé
PNUD : 1,2 milliard d'individus vit dans l'extrême pauvreté (moins de 1$
par jour) et 2,8 milliards se contentent de moins de 2$ par jour
852 millions de personnes souffrent de malnutrition
30 000 enfants meurent chaque jour de maladies facilement curables
42 millions sont infectées par le VIH/SIDA dans le monde, dont 70% en
Afrique sub-saharienne
Espérance de vie au (...)
http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2580
Ces vautours qui dépouillent les pays pauvres
par Ashley Seager
10 avril 2007
Racheter à bas prix la dette des pays pauvres et les attaquer ensuite en
justice pour les obliger à rembourser : voilà la méthode de fonds sans
scrupule.
Les fonds vautours, comme les charognards dont ils portent le nom,
tournent autour du cadavre pour s'assurer avant de le dévorer que
personne ne les regarde. Mais cette stratégie risque d'être mise à mal.
Militants et avocats internationaux commencent en effet à s'intéresser à
ces fonds qui harcèlent des pays parmi les plus pauvres du monde, pour
récupérer les millions de dollars que ceux-ci n'arrivent pas à rembourser.
http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2576
La face cachée du co-développement
par Damien Millet , Nicolas Sersiron
6 avril 2007
Chez les principaux candidats à l'élection présidentielle française,
l'expression fourre-tout du « co-développement » fait florès. Pourtant,
le terme est particulièrement discutable : en quoi ce co-développement
diffère-t-il de l'aide au développement, qui appartient elle-même à la
pensée néocoloniale ? Car comme l'a écrit l'historien burkinabè Joseph
Ki-Zerbo : « On ne développe pas, on se développe. » Les peuples
africains sont privés de leurs propres richesses au profit d'une
minorité qui s'enrichit démesurément, tant au Nord que (...)
http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2572
Interview d'Eric Toussaint par Renaud Vivien
Pourquoi le livre « Banque mondiale : le coup d'Etat permanent » ? (PNG)
4 avril 2007
Q. Présente-nous en quelques mots le livre « Banque mondiale : le coup
d'Etat permanent »...
R. Ce livre est le seul ouvrage actuellement disponible qui analyse
l'évolution de la Banque mondiale de sa fondation jusqu'à 2006 et,
au-delà des faits, décrypte ses actions pour en montrer la signification
réelle, tant économique que géopolitique. J'ai analysé méticuleusement
une ample documentation, constituée principalement de documents de la
Banque mondiale elle-même. J'intègre à l'analyse une série d'apports
d'auteurs (...)
http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2571
Exposé écrit présenté par Centre Europe-Tiers Monde
(CETIM), organisation non gouvernementale dotée du statut consultatif
général
4 avril 2007
La dette extérieure des pays en développement
Le Sud a déjà payé sa dette extérieure au Nord, mais le Nord refuse de
reconnaître ses dettes à l'égard du Sud
1. Depuis la crise de la dette, déclenchée en 1979 par la modification
de la politique monétaire aux États-Unis, qui prit la forme d'une hausse
unilatérale des taux d'intérêt de la Réserve fédérale présidée par Paul
Adolph Volcker, l'ensemble des pays en développement ou à « marché
émergent » ont payé, entre 1980 et 2006, un montant cumulé de 7 673,7
milliards de dollars (...)
http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2569
Communiqué de presse
Après une baisse de l'aide publique au développement de 5% en 2006, le
CADTM dénonce l'échec du financement du développement par les pays
riches (PNG)
3 avril 2007
Contrairement aux proclamations généreuses lors des sommets
internationaux, l'aide publique au développement (APD) délivrée en 2006
par les pays riches a baissé de plus de 5%. D'un montant de 103,9
milliards de dollars, l'APD ne représente que 0,30% du revenu national
brut des pays donateurs, alors qu'ils se sont engagés, à plusieurs
reprises depuis 1970, à la porter à 0,70%.
Une fois encore, le contenu même de l'APD pose problème. Les remises de
dettes en constituent une part importante : plus de 19 milliards de (...)
http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2558
Transformer l'essai
Le CADTM se félicite de la résolution adoptée par le Sénat belge sur
l'annulation de la dette des pays en développement et demande au
gouvernement de la mettre en application(PNG)
2 avril 2007
La résolution sur l'annulation de la dette des pays les moins avancés
(PMA) adoptée le 29 mars 2007 par le Sénat belge, par une majorité de 34
voix pour et 29 contre, constitue une avancée pour plusieurs raisons.
La résolution demande au gouvernement belge de passer un contrat avec
tous les pays endettés concernés afin d'annuler totalement leur dette.
Jusque là, la proposition du Sénat ne va pas au-delà de la démarche
d'autres gouvernements. Mais, heureusement, le Sénat innove dans
plusieurs domaines très importants : (...)
http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2554
Communiqué de presse
Le CADTM condamne les manoeuvres en RDC pour entraver la justice dans le
procès des anciens employés de la société Anvil Mining(PNG)
par Éric Toussaint , Damien Millet , Renaud Vivien
2 avril 2007
Après deux guerres ayant causé la mort d'au moins 3,5 millions de
Congolais, la paix en RDC demeure fragile. En effet, la stabilité du
pays restera menacée tant que les entreprises du Nord continueront de
piller impunément ses ressources naturelles avec notamment le soutien de
la Banque mondiale à l'origine du Code minier de 2003 très favorable aux
investisseurs étrangers. Le CADTM soutient donc des actions en justice
contre les transnationales prédatrices comme la société
australo-canadienne Anvil Mining. (...)
http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2551
La dette et l'Afrique(PNG)
par RNDD (membre réseau CADTM au Niger)
1er avril 2007
Depuis les années 90, on assiste à une transformation radicale de
l'économie migratoire impliquant, au-delà des réseaux délictueux
habituels en matière de trafic de migrants, des données nouvelles liées
à la paupérisation ou au contexte de belligérance de certaines régions
d'Afrique. En effet, la contre productivité actuelle des courants
migratoires Intra africains, liée à la crise des pays d'accueil, a
ouvert d'autres Directions de flux à destination de l'Europe dans
lesquelles apparaissent de nombreux intermédiaires qui (...)
http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2555
AGENDA
Les rendez-vous à ne pas manquer
http://www.cadtm.org//rubrique.php3?id_rubrique=11
avril 2007
22 avril | Vottem, Belgique
Manifestation au centre fermé de Vottem
Le CADTM Belgique soutient la manifestation contre le centre fermé de
Vottem. Vous pouvez aider l'UDEP (Union pour la défense des sans
papiers) en téléchargeant sa pétition ici
..http://www.cadtm.org//IMG/pdf/petitionudep.pdf
23 avril | Liège, Belgique
Semaine de la solidarité internationale citoyenne
Le virage à gauche de l'Amérique latine et son impact en termes de
relations Nord-Sud. Semaine d'activités à Liège.
http://www.cadtm.org//article.php3?id_article=2495Du lundi 23 avril au
vendredi 27 avril 2007
28 avril | Tarifa, Espana
Une Nouvelle Chance pour l'Afrique ? Nouveaux Programmes et Initiatives
du FMI et de la Banque Mondiale
avec Olivier Bonfond
Table ronde organisée par le Festival de Cinéma Africain de Tarifa
(FCAT) pour sa IV édition et la Direction générale des Relations
Culturelles et Scientifiques de l'Agence Espagnole de Coopération
Internationale
Festival de Cine Africano de Tarifa www.fcat.es
29 avril | Paris 3e, France
Film-débat "Bamako"
Intervention de Damien Millet après la projection du film, 11h10 MK2
Beaubourg, 50 rue Rambuteau (Paris 3e)
Métro : Rambuteau/Les Halles http://blog.myspace.com/lavielesgens
mai 2007
4 mai | Arbrefontaine, Belgique
Week end Résistances
Le Groupe Thomas Sankara (CADTM Liège) organise un week end de formation
les 4, 5 et 6 mai 2007 à Arbrefontaine. Formation sur les résistances en
Afrique, question des migrations avec l'union des sans papiers (Udep),
jeu pédagogique et interactif sur la problématique de la dette du Tiers
Monde, préparation de notre participation au contre G8... Contacter :
olivier@cadtm.org http://www.cadtm.org//texte.php3?id_article=2552
22 mai | Clermont l'Hérault, France
Film-débat "Bamako"
Intervention du groupe de Nîmes après la projection du film, 20h30
cinéma Alain Resnais, rue Roger Salasc à Clermont l'Hérault
Les autres voix de la planète
Quatre fois par an, la revue "Les autres voix de la planète" propose des
dossiers et des articles sur les thèmes développés par le CADTM et suit
l'actualité de la dette, du mouvement altermondialiste et des grandes
mobilisations internationales. Elle se présente sous une forme attrayante,
partageant sa pagination (une quarantaine de pages à chaque numéro) en
différentes rubriques (articles de fond, dossiers, interviews, brèves,
échos du réseau international CADTM, notes de lecture, agenda...), et
accordant une importance particulière à l'iconographie qui vient renforcer
son contenu (photographie, dessins originaux...). Elle paraît uniquement
en français.
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bancaire international sur le compte du CADTM : IBAN BE06 0012 3183
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* Autres pays : 51 EUR (ou 34 EUR pour les petits revenus) par mandat
postal international ou par virement bancaire international (frais à
charge du donneur d'ordre) sur le compte du CADTM : IBAN BE06 0012
3183 4322 Code Swift BIC : GEBA BE BB.
Pour vous abonner : http://www.cadtm.org//rubrique.php3?id_rubrique=25
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BULLETIN D'INFORMATION du CADTM
Email: info@cadtm.org
Inscription et désinscription:
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Une intervention intéressante du Président de la Côte d'Ivoire à propos
de l'avenir de l'Afrique dans LE COURRIER D'ABIDJAN
Gbagbo : "Ma vision pour l'Afrique" C'est une interview du président
Laurent Gbagbo qui est presque passée inaperçue dans la sphère francophone.
Et pour cause : elle a été publiée début avril dans un (très pertinent)
mensuel panafricain basé à Londres, New African . Pourtant, le numéro
un ivoirien a dit des choses intéressantes face au dictaphone de la
journaliste Ruth Tete. S'il a martelé ses positions à propos des
origines de la crise « un coup d'Etat qui a échoué et non un problème
identitaire de fond », à propos des concepteurs de Marcoussis, dont
l'objectif était de « dépouiller Gbagbo de tous les pouvoirs
nécessaires pour gouverner effectivement », à propos de son plan de
sortie de crise (qui n'était pas encore bouclé au moment de
l'entretien), il a aussi évoqué des questions de fond liées au destin
de l'Afrique et à ses relations avec le monde extérieur.
Le Président Ivoirien
En résumé, il explique que la crise ivoirienne lui a révélé un
continent qui doute de lui-même et a peur d'avancer sur la route de la
liberté ; mais qui est en pleine mutation et pourrait même devenir un
recours pour un monde déchiré par diverses confrontations.
Abandonner les accords de défense avec la France pour créer des
formules de sécurité collective africaine Interrogé par Ruth Tete à
propos de la France, dont certains disent qu'elle est le problème en
Côte d'Ivoire et non la solution, Gbagbo répond diplomatiquement mais
clairement : « Nous sommes une ancienne colonie française. A l'aube des
indépendances, la France a signé des accords de défense avec ses
anciennes colonies, mais aussi des accords de coopération militaire.
J'étais dans la droite ligne de ces accords quand j'ai demandé à Paris,
en tant que chef d'Etat ivoirien, de nous aider à repousser les
rebelles en 2002. Mais la France n'a jamais accepté notre requête. Mais
l'année dernière, comme nous l'avons vu au Tchad et en République
centrafricaine, la France a accepté d'intervenir en faveur de certains
gouvernements dans la ligne de ces mêmes accords de défense et de
coopération militaire. A vous de juger. Cela ne nécessite aucun
commentaire. »
Mais Gbagbo ne s'arrête pas à la dénonciation de ce « deux poids deux
mesures ». Le chemin initiatique qu'a été la crise ivoirienne lui a
visiblement permis de faire des constats et d'imaginer des solutions.
« Je pense que les Africains ont trop peur d'être libres. Ils ont la
capacité d'être libres mais ils ignorent leur potentiel. Chaque pays
africain francophone, par exemple, a des accords de défense avec la
métropole (France), alors que nous pouvons signer les mêmes accords
entre nous-mêmes, nous pouvons mettre en place des mécanismes de
résolution de conflit nous-mêmes. (...) La crise ivoirienne m'a révélé
que les Africains se sous-estiment et n'ont pas confiance en eux. Le
temps est venu pour les Africains d'avoir confiance en eux, de prendre
leur destinée en main. Le temps est venu pour l'Afrique d'avoir des partenaires et non des maîtres.
Et cela est possible ! »
Économie : comment l'Afrique peut se développer par elle-même Comment
l'Afrique peut-elle sortir du piège qui fait d'elle uniquement une
pourvoyeuse de matières premières pour les autres ? Gbagbo évoque des
pistes de solution fondées sur la solidarité continentale .
« La Côte d'Ivoire est, par exemple, le premier producteur de cacao,
mais nous contrôlons pas le marché du cacao. Ce n'est pas normal. Si
l'Afrique introduisait une taxe sur la production de pétrole et de gaz
pour créer un fonds de solidarité, nous pouvons réaliser beaucoup de
grands projets. Mais les Africains préfèrent aller chercher de l'argent
à la Banque mondiale et au FMI. Sur chaque baril de pétrole, nous
pouvons mettre de côté 5 ou 10 dollars. Sur chaque tonne de cacao,
café, sur le diamant, l'or, nous pouvons déduire des taxes pour créer
une banque dédiée au développement de l'Afrique. Nous ne l'avons pas
encore fait parce que nous n'avons pas confiance en nous, alors que
dans les grandes institutions de financement dans le monde, ce sont les
jeunes Africains qui sont à des postes de responsabilités. Ils sont
bons pour gérer les fonds des autres mais quand vous leur demandez de
mettre sur pied et de gérer un tel fonds pour les Africains, pour
nous-mêmes, ils ne seront pas assez en confiance pour le faire. C'est
la raison pour laquelle j'appelle les Africains à se réveiller . »
Le réveil de l'Afrique ? Dans dix ou quinze ans Malgré ces constats,
Gbagbo est visiblement assez optimiste pour le continent. Un continent
qu'il voit en transition.
« Nous, Africains, souffrons aujourd'hui parce que nous sommes à la
croisée des chemins. La première génération de leaders africains est
sur la route de sortie. Ce sont les pères fondateurs des indépendances
et leurs successeurs immédiats. Mais la nouvelle génération de leaders
n'est pas encore totalement arrivée au pouvoir, et donc nous sommes à un carrefour.
Cela explique pourquoi nous avons souvent des frictions entre nous.
Mais donnez à l'Afrique dix ou quinze ans, et vous verrez qu'avec le
temps, l'Afrique parle d'une seule voix harmonieuse. »
Gbagbo imagine même l'Afrique, dans un futur plus ou moins proche, dans
un rôle de stabilisatrice d'un monde fragmenté par des conflits de tout genre.
« Quand je regarde devant, je vois des dangereuses confrontations entre
les Etats-Unis et
commerciaux et j'espère que ces antagonismes resteront commerciaux.
Mais j'ai peur que demain ils se transforment en quelque chose d'autre.
Je crois que les Africains pourraient jouer un rôle stabilisateur dans
le monde au lieu d'être relégués dans un rôle de colonies. Les
Africains ne sont pas suffisamment conscients de l'importance de leur
rôle dans le monde . »
Certains observateurs affirment que, s'il est réélu, le président
Gbagbo se donnera les moyens d'avoir une voix diplomatique forte, dans
la droite ligne de la renaissance africaine . Est-il déjà en train de
préparer cette inflexion, après être passé par le feu d'une guerre qui
a duré près de cinq ans ? Le débat est ouvert.
Source : Théophile Koumao, Le Courrier d'Abidjan