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Jeudi 15 février 2007

Sommet Franco-Africain  2007

 

 Chirac rencontre ses eunuques

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chaque pays a le président qu’il mérite, du Président Français  Jacques Chirac, nous retenons qu’il représentait la France au sacre de Bokassa comme empereur de Centrafrique, il était l’ami de Sadam  Hussein et de Sassou Nguesso,  ses accolades avec les Mobutu, Eyadema et autres Bongo, nous font dire qu’il est loin des préoccupations de progrès social et démocratique des peuples africains.

 

 

 

Nous sommes de ceux qui ne croiront jamais à une véritable coopération franco-africaine aux bénéfices réciproques de la France et des peuples de notre continent, la stratégie de la France est de reconstituer de manière subtile un espace de domination politique, diplomatique,  économique et culturel. La France a une dette publique de plus de mille milliards d’Euros. Elle n’a pas les moyens d’aider l’Afrique, c’est un tigre en carton, il faut simplement ouvrir les yeux pour le constater.

 

 

 

 C’est aussi un pays qui comptes des millions de chômeurs de longue durée. La France a donc ses propres problèmes à résoudre, c’est une ancienne puissance qui a aujourd’hui une position moyenne dans les affaires du monde, elle finira à moyen terme par être insignifiante  comme l’Italie, l’Espagne et le Portugal dans les relations internationale, la médiocrité de sa classe politique,  Jacques Chirac en tête, nous font dire que c’est un pays incapable de tenir des engagements concrets et honnêtes vis à vis des peuples africains.

 

 

 

 Observez simplement son aide publique au développement et le sort que la France a réservé aux soldats africains, qu’elle est allé chercher dans nos paisibles villages africains pour l’aider dans ses deux guerres contre l’Allemagne et vous comprendrez qu’il n’y a rien à attendre d’un pays sans honneur et indigne de sa propre  parole.

 

 

 

 L’affaire Elf nous enseigne la nocivité des agissements de l’Etat Français et les relations mafieuses de la France avec les dictatures africaines,  dans le seul but de piller les ressources de notre continent. Pour ses intérêts égoïstes et mesquins.

 

 

 

 Grâce à l’affaire Elf, nous savons aujourd’hui que la France est donc la nation européenne qui a organisé méthodiquement et sans état d’âme l’appauvrissement d’un continent à travers ses dictatures amies. N’évoquons même pas ici l’hommage de Chirac au dictateur togolais décédé Eyadema,  qui dit-il était un grand ami de la France.

 

 

 

 Du peuple togolais qui a vécu une dictature féroce de plus de trois décennies il n’en fera pas mention. C’est cela le vrais visage de Jacques Chirac, un gesticulateur,  Un chef d’Etat qui a passé douze ans à l’Elysée sans être capable de proposer un projet novateur et un seul discours fort porteur de certitude pour l’avenir de son pays et de ses compatriotes.

 

 

 

Nous n’évoquons même pas ici sa courte vue et la dissolution calamiteuse du parlement dans lequel il détenait une majorité en avril 1997.  Cette dissolution demeure aujourd’hui encore une énigme et un chef d’œuvre de cécité politique et intellectuelle.

 

 

 

Bref, il faut que les africains refusent de cautionner cette mascarade de conférence inutile des chefs d’Etats de France et d’Afrique, qui donne au président français le sentiment de la grandeur retrouvée de la France coloniale. C’est un cadre de concertation néo-coloniale qui, par sa composition, par les sujets qu’elle aborde, par les décisions qu’elle prend, par le rôle prépondérant qu’y joue la France. Nous entraîne belle et bien dans d’une stratégie de reconquête.

 

 

 

C’est ce qui explique la présence massive des chefs d’Etats qui sont souvent absents aux réunions des organisations régionales et sous régionales de développement et de coopération interafricaines et qui se précipitent comme des laquais ou des eunuques à la table du président français. cela nous fait dire sans gêne que cette conférence est totalement contre productive et empêche le développement d’un espace géopolitique solide de solidarité, de coopération et de développement dans l’espace négro-africain.

 

 

 

Notre continent,  l’Afrique,  se trouve à un carrefour important de son histoire douloureuse.  Il est temps d’affronter courageusement nos problèmes sans faux-fuyant pour arracher nos pays aux mains des eunuques qui nous gouvernent, pour que l’homme africain quitte les soutes froides et sombres de l’histoire.
 

 

Nous rappelons, qu’en ouverture  du sommet des chefs d’Etats francophones de Cotonou du 2 au 4 décembre 1995,  le président Français,  Jacques Chirac a sollicité une minute de silence à la mémoire de son ami, le dictateur rwandais Juvénal Habyarimana, sans avoir un seul mot de compassion pour les milliers de morts du génocide rwandais, perpétré par l’armée mono ethnique Hutu du défunt président d’Habyarimana.
 

 

 Cela ne nous étonne pas,  car  la France a toujours honoré les dictateurs au détriment des peuples africains.  Le bizarre est qu’aucuns des chefs d’Etats africains présents n’a élevé la moindre protestation devant un tel étalage de cynisme. Ce jour là, les africains découvraient effarés et avec tristesse qu’ils sont dirigés par des eunuques.
 

 

Notre frère Frantz Fanon, ce médecin psychiatre antillais qui en soignant les fous voulait aussi sauver les hommes, il avait quitté son poste de médecin à l’hôpital psychiatrique de Blida pour rejoindre la lutte de libération du peuple algérien.
 

 

  Dans son livre « les damnés de la terre », il évoque ce qu’il appelle les « nègres blancs ». il désigne par là les dirigeants des anciennes colonies qui, bien que leur pays soit devenu indépendant, se comportent  comme des laquais.
 

 

À cet égard nous pouvons regarder et observer encore  l’attitude des dirigeants politiques membres du réseau franco-africain, très souvent absents aux réunions des organisations africaines d’intégration économique  et qui se précipitent à la table du président français comme des nègres blancs, des laquais, voir même des eunuques dévoués corps et âme à leur souverain.
 

 

Dans l’empire Ottoman et dans l’empire du milieu, les eunuques étaient des hommes castrés chargés de la surveillance du harem impérial, mais aussi constituaient une redoutable  garde rapprochée très dévouée à l’empereur, ne pouvant pas procréer et incapables de fonder une dynastie, les eunuques haïssait et méprisait leur propre peuple  vers qui,  ils n’avaient aucun devoirs.
 

 

Mesdames et Messieurs, nous sommes dans le même cas de figure avec la plupart des élites politiques africaines de l’espace francophone, castrés, frappés de stérilités, incapables de féconder le bonheur commun et le vivre ensemble,  ils se mettent au service de la France, méprisant envers leur peuple à qui il ne doivent rien.
 

 

 Car ils savent que le danger contre leur régime, viendra du peuple et du suffrage universel qu’ils méprisent, ils ont donc renoncé à la souveraineté de leur pays et tueraient même leur mère pour plaire à la France, qui est,  la nation européenne qui,  a avalisé les élections truquées qui leur a permis d’être au pouvoir, il ne doivent rien au peuple.
 

 

 Voilà pourquoi ils retardent son progrès et son bonheur en l’enfonçant un peu plus chaque jour que Dieu fait dans l’obscurantisme et des aberrations de types staliniennes. Telle est  Mesdames et Messieurs la triste réalité qui découle du drame des peuples africains.
 

 

D’Houphouët-Boigny à Léon Mba,  de Mobutu à Bokassa, de Maurice Yaméogo,  à Etienne Eyadéma, de  Blaise Compaoré,  à  Sassou Nguesso, d’Idriss Deby à d’Hosni Mubarak,  jusqu’à  Paul Biya  en passant par  El Hadj Omar Albert Bernard Bongo Odimba et ses hauts talons, nous vivons vraiment le temps des eunuques. Qui marque le triomphe de la lâcheté et celui de l’arrogance de ceux qui représentent les intérêts étrangers dans leur propre pays.
 

 

Il faut que cela change.  En effet il nous faudra deux fois plus de courages aujourd’hui pour répondre à l’immense besoin de justice,  de nos populations africaines. D’une meilleure  redistribution  des biens, d’une organisation plus équitable de la société africaine, avec d’avantage de participation, une conception plus désintéressée du service public au profit de tous.
 

 

Il y a aujourd’hui des violations sélectives et massives des droits de l’homme qui  affectent la  société africaine dans son ensemble. Cela nous amène à exprimer ici le désire légitime pour la population,  les médias et la politique d’une libre expression respectueuse des opinions des autres et du biens communs au service de tous et non de quelques uns.
 

 

Par exemple avoir aussi chez nous,   des routes praticables en toutes saisons, manger à sa faim, se soigner, boire de l’eau,  avoir un logement décent, un travail honnête,  une pension pour ses vieux jours, le respect des responsabilités familiales, scolariser ses enfants, car la victoire de l’Afrique sur l’analphabétisme est a ce prix.
 

 

 Bref tout ce qui fait  que les enfants, les vieillards, les hommes,  et  les  femmes d’un pays puissent mener une vie vraiment humaine. Nous faisons appelle à nos amis européens, à nos élites politiques, à tous ceux qui disposent de la richesse, de la culture et du bon sens, pour qu’ils comprennent leur grave et urgente responsabilité.
 

 

Dans cette voie, nos élites politiques doivent être moins hautain et moins méprisant, ils doivent éviter d’étaler l’or et les richesses acquissent sur le dos et la sueur de nos Populations, il faudra être moins suffisant, moins médiocre et très humble.
 

 

 la clé de cette alternative qui passe par le suffrage universel qui tourne le dos à la lâcheté, à l’arrogance et a pour nom le courage, le courage, des peuples africains, dont le travail et l’ardeur au combat a été piétiné, car au final nous avons détruit l’ancienne maison, sans construire la nouvelle.
 

 

 Nous sommes aujourd’hui au bord de la route,  sous la pluie, sans toit, livré à nous même dans un monde d’égoïsme institutionnalisé. L’humilité et la fidélité aux combats de nos peuples africains, demeurent la clé des temps nouveaux.
 

 

 Comme l’écrivait si bien notre frère le poète Haïtien,  Jacques Stéphane Alexis :  «  Nous resterons fidèles, jusqu’à plus ample démonstration, à la formule selon laquelle le peuple, pris dans sa nasse,  est la seule source de toute culture vivante ; il en est en quelque sorte la base, le fondement sur lequel viennent rejaillir les apports des hommes de cultures. »

 

 

 

Mesdames et Messieurs,  chers amis européens, compatriotes africains, chers frères et sœurs des communautés du tiers monde,
merci de votre aimable attention.
 

 

 

 

Dr.   SERGE-NICOLAS NZI

 

Chercheur en communication
Directeur du centre africain d’études stratégiques
CP.66 VEZIA-LUGANO

 

CH-6943 SUISSE.

 

Tel. 004179.246.53.53

 

E-mail : nzinicolas@yahoo.fr

 

Par Dr. SERGE-NICOLAS NZI - Publié dans : Francafrique
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Jeudi 8 février 2007

jeudi 8 février 2007 - Par Le Matin d'Abidjan

Hier matin, les Ivoiriens ont été surpris par la nouvelle du décès d'un diplomate français travaillant pour la représentation de l'Union Européenne. C'était dans la nuit de mardi à mercredi. Les radios occidentales qui donnaient l'information, tout comme les agences de presse AFP, Reuters et autres, ont tenté par des acrobaties, dont seuls ils ont le secret, de faire croire à un crime politique. Et l'on en était à se demander quelle est cette autre affaire qui survient au moment où toute la Cote d'Ivoire a le regard tourné vers Ouaga où se déroule le dialogue direct, très déterminant pour le retour définitif de la paix dans le pays. Fidèles à leur logique de propagandistes, les journalistes occidentaux, certainement mus par l'intention de créer un autre couac dans les relations diplomatiques entre Paris et Abidjan, ont décidé d'écrire des incongruités du genre'' : Les occidentaux sont de plus en plus la cible de violences de la part des jeunes patriotes, partisans de Gbagbo, qui ces dernières années ont organisé de nombreuses manifestations antifrançaises.'' Peine perdue, car l'enquête en cours, menée avec le concours des services de sécurité français, a prouvé que le mobile du meurtre de Michel Niaucel n'avait rien de politique. Qu'il ne s'agissait pas non plus d'un crime crapuleux, vu que rien n'a été emporté au domicile du défunt et que le mystère demeure entier concernant l'intrusion d'une tierce personne qui aurait tiré sur l'ancien gendarme français. En effet, c'est Mme Niaucel elle-même qui serait descendue de son immeuble pour alerter les vigiles qui en assuraient la sécurité quelqu'un avait tiré sur son mari. Aussitôt, toutes les unités de sécurité de la commission européenne à Abidjan sont en branle. Des différentes investigations, il ressort que personne n'a entendu le bruit assourdissant qu'aurait provoqué l'intrus qui s'est introduit au domicile des Nauciel, avant de tirer sur le maître des lieux. Selon les temoins, aucune trace de pas non plus n'a été relevée. Et les voisins ont exprimé leur grand étonnement quant au bruit qui aurait alerté tout le monde ; le personnel de sécurité en premier qui veillait au grain et qui n'a rien remarqué d'anormal. Après que le SAMU a confirmé le décès du diplomate, la Police judiciaire , qui a entendu Mme Niaucel, a décidé de la retenir dans ses locaux pour nécessité d'enquête. La piste politique semble donc improbable et l'ambassade de France en Côte d'Ivoire le reconnaît. "Dans la mesure où il n'y a pas eu effraction, le ou les auteurs de cet assassinat pourraient être des proches", a dit le porte-parole de l'ambassade de France, Jacques Cuzi. D'ailleurs, pour démêler l'écheveau, la police nationale a sollicité le concours de la police française dont des experts sont annoncés ce matin à Abidjan, en même temps que les parents de la victime - qui passe pour un homme sans histoire qui avait de bonnes relations avec la police et la gendarmerie nationales. Cet ancien commandant de gendarmerie a été tué "avec sa propre arme de service" et "sans intrusion extérieure", dans sa maison sécurisée, où il résidait avec son épouse et sa fille de 13 ans. Il était chargé de l'évaluation des risques et de la gestion des contrats de sécurité pour l'UE en Côte d'Ivoire. Le directeur général adjoint de la police nationale chargé des affaires criminelles était hier, sur le plateau du journal de 20 h sur la Première pour donner des informations officielles sur cette affaire. Il a rassuré tout le monde que rien ne sera négligé dans cette enquête.

Emmanuel Akani

Voici l'article de Reuters pour exemple de leur "professionnalisme".

Un diplomate français de l'UE tué à Abidjan

 

UN DIPLOMATE FRANÇAIS TUÉ À ABIDJAN
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ABIDJAN (Reuters) - Un diplomate français travaillant pour l'Union européenne en Côte d'Ivoire a été tué par balle avec son propre pistolet à son domicile d'Abidjan, rapportent des diplomates.

La police enquête sur les circonstances et le mobile du meurtre de Michel Niaucel, ancien commissaire de police qui était chargé de la sécurité de la délégation régionale de la Commission européenne en Côte d'Ivoire.

UN DIPLOMATE FRANÇAIS DE L'UE A ÉTÉ TUÉ EN CÔTE D'IVOIRE
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"Il a été tué avec sa propre arme de service (...) les premiers éléments de l'enquête sur le lieu du crime semblent exclure un suicide", a déclaré à Reuters un diplomate européen qui a demandé à conserver l'anonymat.

Niaucel a été tué vers 01h00 (01h00 GMT) dans l'appartement qu'il occupait avec sa femme et sa fille dans des bâtiments de l'UE à Abidjan.

Lucien Houedanou, porte-parole de la Commission européenne à Abidjan, a dit que l'on ne disposait d'aucun indice quant aux raisons du meurtre. "La police poursuit son enquête", a-t-il ajouté.

Le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a fait savoir que Paris était en contact avec les autorités ivoiriennes.

"J'adresse, dans ce moment très douloureux, mes plus sincères condoléances à la famille et aux proches de notre compatriote assassiné à Abidjan", dit-il dans un communiqué publié par le Quai d'Orsay.

"Nous sommes en contact avec la Commission et bien évidemment avec les autorités ivoiriennes. Une enquête a été engagée: je souhaite que toute la lumière soit faite sur cet horrible assassinat."

L'ex-colonie française d'Afrique de l'Ouest est divisée entre un Sud sous contrôle gouvernemental et un Nord tenu par les rebelles depuis la guerre civile de courte durée intervenue en 2002-2003.

Des troupes des Nations unies et de la France surveillent une ligne de démarcation fragile entre les deux camps.

Les vols à main armée visant les domiciles d'expatriés et de diplomates deviennent assez fréquents à Abidjan à mesure que la pauvreté s'accroît dans ce pays naguère prospère.

L'ambassade de France en Côte d'Ivoire recommande régulièrement la prudence à ses ressortissants en les engageant à éviter les foules. En novembre 2004, quelque 8.000 expatriés en majorité français avaient fui le pays après des émeutes antifrançaises à Abidjan.

Ces émeutes avaient fait suite à la décision de la France de détruire la quasi-totalité de l'aviation de combat ivoirienne en représailles à un bombardement ivoirien qui avait causé la mort de neuf soldats français.

 

 

A votre avis, que vient faire ce texte que j'ai mis en gras dans ce genre d'article???
N'est ce pas là une preuve de vouloir absolument et par tout moyen de salir Laurent Gbagbo et ses partisans? Après cela, ferez vous encore confiance aux informations distillées par cette bande de désinformateurs, de falsificateurs de l'information, d'intoxiqueurs d'esprit....

Par Bailly-Grandvaux - Publié dans : Le role des médias
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Mercredi 7 février 2007
La guerre de désinformation de Reporters sans frontières contre le Venezuela
par Salim Lamrani*
Les États-Unis reconstituent progressivement un réseau d’organisations destiné à dénigrer les États qui leur résistent et à y organiser des troubles politiques. Reporters sans frontières s’inscrit désormais dans cette perspective de nouvelle Guerre froide. Ainsi, l’association reprend-elle à son compte la propagande du département d’État contre le Venezuela.

 



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Depuis l’élection de Hugo Chávez à la présidence de la République en 1998, Reporters sans frontières (RSF) a multiplié les attaques contre le gouvernement vénézuelien, l’accusant notamment de porter atteinte à la liberté de la presse. Pourtant, depuis 1999, près de 500 nouveaux organes de presse locaux et nationaux (journaux, radios et chaînes de télévision) ont vu le jour dans ce pays. Dernièrement, l’organisation parisienne s’est offusquée de la décision des autorités de ne pas renouveler la licence au groupe audiovisuel privé Radio Caracas Televisión (RCVT), qui expirera le 28 mai 2007 [1]. RSF a transformé ce choix tout à fait légal, car le spectre des ondes hertziennes appartient à l’État, en une « atteinte à la pluralité éditoriale [2] ».

RSF confesse qu’elle n’ignore pas « l’attitude de RCTV durant le coup d’État d’avril 2002 » qui n’avait pas « caché [son] soutien » au renversement de l’ordre constitutionnel [3]. Mais, selon l’entité française, le fait ne pas renouveler la licence d’une chaîne qui a ouvertement participé à un coup d’État – qui a coûté la vie à de nombreuses personnes – constitue une violation de la liberté de la presse. Le fait de ne pas renouveler la licence d’une chaîne qui a également pris part de manière active au sabotage pétrolier de décembre 2002, en lançant des appels au blocage général de l’entreprise PDVSA, – ce qui a failli conduire le pays à la banqueroute – n’est pas une décision légitime, sage et indispensable mais une « grave atteinte au pluralisme des médias » qui doit être condamnée [4].

Dans une situation similaire, n’importe quel autre gouvernement du monde aurait immédiatement pris des mesures draconiennes contre RCTV. Le président Chávez, lui, a préféré patienter jusqu’à l’échéance légale de la concession malgré la pression populaire. En effet, cette décision avait suscité la réprobation générale de la part de la majorité des citoyens vénézueliens qui ne comprenaient pas pourquoi une chaîne de télévision putschiste était encore autorisée à fonctionner. En outre, il ne s’agit nullement d’un cas de censure comme l’affirme RSF puisque RCTV pourra toujours continuer à fonctionner par câble et par satellite sans aucun problème. Elle n’utilisera pas simplement la fréquence qui appartient à l’Etat.

L’organisation parisienne feint d’ignorer la réalité médiatique du Venezuela. Elle ose parler de « pluralité éditoriale » alors que RCTV, Globovisión, Venevisión et Televen – qui contrôle près de 90 % du marché télévisuel et disposent donc d’un monopole médiatique indéniable – sont, selon RSF, « clairement situés dans l’opposition au gouvernement ». Cette exclusivité médiatique n’a évidemment jamais été dénoncée par RSF. Elle omet également de signaler que depuis l’accession de Hugo Chávez à la présidence, la principale activité de RCVT a consisté à diffuser de fausses informations au sujet de la politique du gouvernement et à inciter à l’altération de l’ordre constitutionnel, en se faisant le porte-parole des militaires insurgés prônant un coup de force [5].

Dans une lettre ouverte destinée au président Chávez, Robert Ménard, secrétaire général de RSF depuis plus de vingt ans, fait semblant d’ignorer les activités subversives et malveillantes de RCTV, sans aucun respect pour la déontologie journalistique. Pour RSF, diffuser de fausses informations, dénigrer constamment l’action du gouvernement, inciter la population à la désobéissance et à la violence, inviter régulièrement des généraux putschistes à déverser leur haine contre le président de la République n’est en rien condamnable car il s’agit simplement du rôle de « contre-pouvoir des médias ». Après tout, « l’exercice de l’autorité dans une démocratie s’expose par nature à la critique des médias [6] ».

Parfois, RSF, tellement obsédée par le fait de présenter le gouvernement bolivarien comme une menace pour la liberté de la presse, tombe dans l’absurde ne sachant plus quoi inventer. L’attribution de la publicité officielle, qui est une prérogative de l’État, devrait être confiée prochainement au Ministère de la Communication et de l’Information (MINCI). L’organisation parisienne s’inquiète de cette décision car « cette manne représente un gage de survie important pour un certain nombre de médias ». Il est fort probable – et logique – que le gouvernement ne financera pas les médias hostiles à son égard en signant des contrats publicitaires avec eux. Mais pour RSF, si le gouvernement refuse de faire appel à la presse privée pour sa publicité, il « porte atteinte aux médias et à leur indépendance [7] ».

Le 15 novembre 2006, RSF accusait également Numa Rojas, le maire de Maturín, de censurer « quatre médias critiques à son égard ». Rojas, membre du parti du président Chávez, dont la politique est constamment dénigrée par deux journaux et deux radios, a tout simplement décidé qu’il ne ferait plus appel à eux pour diffuser la publicité de la municipalité. Les quotidiens La Prensa et El Periódico de Monagas ainsi que les radios Órbita et 93.5 La Gran FM, tous affiliés à l’opposition, mènent depuis un certain temps une campagne acharnée à son égard. Pour RSF, « sanctionner financièrement [ces médias] en les privant de ressources publicitaires relève purement et simplement de la censure [8] ».

Dans son rapport 2006 sur la « liberté d’expression » à travers le monde, RSF accumule les accusations contre le Venezuela. « La loi sur la responsabilité sociale des médias et la réforme du code pénal, très restrictives en matière de liberté d’expression, sont autant d’incitations à la censure », affirme l’organisation parisienne, même si elle reconnaît que le gouvernement n’y a pas recouru. La loi en question adoptée le 7 décembre 2004 autorise la Commission nationale des télécommunications à suspendre les stations de radio et les chaînes de télévision qui « promeuvent, font l’apologie ou incitent à la guerre, à l’altération de l’ordre public et au délit [9] ».

Ainsi, pour RSF, interdire aux médias de lancer des appels à la guerre civile, au soulèvement armé, à l’assassinat du président de la République et des hauts dirigeants politiques ou à la violence, comme cela est le cas dans n’importe quel pays du monde, est une « incitation à la censure » au Venezuela. RSF remarque avec regret que « la législation semble cependant avoir eu un effet dissuasif sur les médias, quitte à priver la presse de son rôle de contre-pouvoir ». Que suggère RSF ? Autoriser les médias à lancer des appels à la haine, à la violence, à la subversion et à l’assassinat de Hugo Chávez au nom de la liberté d’expression [10]. ?

RSF fustige également l’article 297A du code pénal qui prévoit des peines de deux à cinq ans d’emprisonnement pour la diffusion de fausses informations de nature à « semer la panique » par voie de presse. Pour RSF, les médias vénézuéliens ont évidemment le droit de semer le trouble au sein du pays, cela faisant partie de la « liberté d’expression ». De la même manière, RSF dénonce l’article 444 qui punit d’un à trois ans d’emprisonnement les propos pouvant « exposer autrui au mépris ou à la haine publique ». Pour RSF, au Venezuela, la presse doit avoir le droit d’inciter à la haine [11].

Enfin, RSF a également condamné le fait que des fonctionnaires de la Conatel aient « saisi le matériel émetteur de la station [Radio Alternativa 94.9 FM de Caracas] au motif que celle-ci n’avait pas l’autorisation d’émettre ». RSF reconnaît pourtant que « la fréquence avait, en effet, été attribuée à une autre station en septembre 2004 ». Ainsi, selon RSF, le fait que les autorités vénézueliennes fassent respecter la loi, comme cela se fait dans n’importe quel pays du monde (en France, aucune radio ne peut émettre sans autorisation officielle), constitue une « violation de la liberté de la presse [12]. ».

RSF affirme être une organisation apolitique uniquement intéressée par la défense de la liberté de la presse. Elle déclare que son rôle n’est pas de s’immiscer dans les affaires internes du Venezuela. Mais la réalité est bien différente. RSF n’a jamais condamné la participation des médias privés dans la rupture constitutionnelle de 2002, se bornant seulement à reconnaître que « certains patrons de presse sont allés jusqu’à cautionner le coup d’Etat [13] ».

En réalité, plus de 90 % de la presse privée dont les quatre principales chaînes de télévision avaient ouvertement et activement soutenu la junte putschiste. Les principaux directeurs des médias privés s’étaient même réunis avec le dictateur de 47 heures, Pedro Carmona Estanga, le 13 avril 2002, pour recevoir les directives. Pour RSF, la participation au coup de force de la part des médias ne constituait pas un crime monstrueux. Il s’agit simplement d’« un manquement aux règles élémentaires de déontologie », rien de plus. Dans son rapport annuel de 2003, à aucun moment RSF ne condamne le rôle des médias dans le renversement du président Chávez [14].

Pis encore, le 12 avril 2002, RSF avait publié un article reprenant sans aucune réserve la version des putschistes et avait essayé de convaincre l’opinion publique internationale que Chávez avait démissionné :

« Reclus dans le palais présidentiel, Hugo Chávez a signé sa démission dans la nuit, sous la pression de l’armée. Il a ensuite été conduit au fort de Tiuna, la principale base militaire de Caracas, où il est détenu. Immédiatement après, Pedro Carmona, le président de Fedecámaras, a annoncé qu’il dirigerait un nouveau gouvernement de transition. Il a affirmé que son nom faisait l’objet d’un "consensus" de la société civile vénézuélienne et du commandement des forces armées [15] ».

Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce communiqué n’a pas été émis par Washington, qui avait orchestré le coup d’État, mais par RSF.

« Les alters[mondialistes] ont toutes les indulgences pour l’ex-putschiste Hugo Chávez, ce caudillo d’opérette qui ruine son pays mais se contente – pour l’instant ? – de discours à la Castro sans trop de conséquences réelles pour les libertés de ses concitoyens ». Encore une fois, ces propos n’ont pas été tenus par le président George W. Bush. Ils ne sont pas non plus le fait des auteurs du sanglant coup d’Etat contre le président Chávez. Cette phrase n’est rien d’autre que l’œuvre de…Robert Ménard, le secrétaire général de RSF et a été publiée dans Médias, la revue officielle de l’organisation [16].

« Le gouvernement de Hugo Chávez est un échec, une catastrophe économique de promesses non tenues ». Ces propos ne viennent pas de l’oligarchie vénézuelienne, dont l’aversion à l’égard de celui qui vient de sortir victorieux de 12 processus électoraux consécutifs est sans limite, mais de… Robert Ménard encore une fois. Ils ont été prononcés à Miami (ville de Floride qui est devenue le fief des putschistes qui ont fuit la justice de leur pays) lors de la visite du secrétaire général de RSF à l’extrême droite cubaine et vénézuelienne en janvier 2004 [17].

Mais tout cela est-il étonnant quand l’on sait que la principale correspondante de RSF au Venezuela est la politologue María Sol Pérez Schael, éminent membre de l’opposition qui avait soutenu le coup d’État. Dans le journal El Universal, elle avait exprimé son soutien aux militaires putschistes qui occupaient la Plaza Francia et les avait qualifiés « d’hommes dignes qui ont su dominer leurs impulsions [et d’hommes] vertueux qui envoient un message de civisme au pays et au continent ». Leur message « de civisme » consistait en fait à lancer des appels à la grève générale et au sabotage pour renverser Hugo Chávez [18].

Est-ce surprenant quand l’on sait que RSF est financé par la National Endowment for Democracy (Fondation nationale pour la démocratie-NED), une entité créée par Ronald Reagan et financée par le Congrès étasunien dans le but de promouvoir la politique étrangère des Etats-Unis à travers le monde ? Que reste-t-il de la crédibilité de RSF ? Qui peut encore croire que cette organisation ne défend pas un agenda politique bien précis [19] ?

En mars 1997, le New York Times notait à ce sujet : « La National Endowment for Democracy a été créée il y a 15 ans pour réaliser publiquement ce que la Central Intelligence Agency (CIA) a fait subrepticement durant des décennies [20]. Elle dépense 30 millions de dollars par an pour appuyer des partis politiques, des syndicats, des mouvements dissidents et des médias d’information dans des dizaines de pays [21] ». En septembre 1991, Allen Weinstein, qui avait contribué à faire adopter la législation donnant naissance à la NED, déclarait au Washington Post : « Beaucoup de ce que nous faisons aujourd’hui a été fait par la CIA il y a 25 ans de manière clandestine ». RSF, financée par une officine écran de la CIA, selon Weinstein et le New York Times, pourra-t-elle encore tromper longtemps l’opinion publique [22] ?

RSF ne défend pas la liberté de la presse au Venezuela. Elle y défend les intérêts élitistes et mesquins des États-Unis et de l’oligarchie. Son traitement partisan et idéologique de la réalité vénézuelienne et le financement qu’elle reçoit de Washington ne laissent guère place au doute. Son objectif est de faire passer un gouvernement démocratique et populaire pour un prédateur de la liberté de presse à la conduite autoritaire, de le discréditer ainsi aux yeux de l’opinion publique internationale, pour justifier un éventuel coup d’État à son encontre ou une intervention militaire étasunienne.

 Salim Lamrani
Profesor de espanol y joven investigador en la Universidad Denis-Diderot de Paris


Par Salim Lamrani - Publié dans : Le role des médias
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Lundi 29 janvier 2007

Déclaration adoptée le 24 janvier 2007 par l’Assemblée des Mouvements sociaux réunie à Nairobi lors du 7e FSM [1]

Nous, les mouvements sociaux d’Afrique et du monde entier, nous sommes venus ici à Nairobi, au Forum Social Mondial (FSM) 2007 pour célébrer l’Afrique et ses mouvements sociaux ; l’Afrique et son histoire permanente de lutte contre la domination étrangère, le colonialisme et le néo-colonialisme ; l’Afrique et ses contributions à l’humanité ; l’Afrique et son rôle dans la quête d’un autre monde.

Nous sommes ici pour célébrer et réaffirmer l’esprit du Forum Social Mondial qui est un espace de lutte et de solidarité ouvert à tout le monde et aux mouvements sociaux quelle que soit leur capacité de paiement.

Nous dénonçons les tendances à la marchandisation, à la privatisation et à la militarisation de l’espace du FSM. Des centaines de nos frères et sœurs qui nous ont souhaité la bienvenue à Nairobi, ont été exlu(e)s en raison des coûts élevés de participation.

Nous sommes également profondément préoccupés par la présence d’organisations qui travaillent contre les droits des femmes, les droits des secteurs marginaux et contre les droits sexuels et la diversité en contradiction avec la Charte des Principes du FSM.

L’Assemblée des mouvements sociaux a créé une tribune pour que les Kenyans, Kenyanes et les autres Africains et Africaines, venus de divers horizons, présentent leurs luttes, leurs alternatives, leurs cultures, leurs talents et leurs capacités. C’est aussi un espace pour que les organisations de la société civile et les mouvements sociaux interagissent et partagent les thèmes et les problèmes qui les touchent.

Depuis la première assemblée en 2001, nous avons contribué à édifier et à consolider avec succès les réseaux internationaux de la société civile et ceux des mouvements sociaux. Nous avons renforcé notre esprit de solidarité et nos luttes contre toutes les formes d’oppression et de domination.

Nous reconnaissons que la diversité des mouvements et des initiatives populaires contre le néo-libéralisme, l’hégémonie du monde capitaliste et les guerres impérialistes, sont une expression de la résistance mondiale.

Nous devons maintenant avancer vers une étape d’alternatives effectives. Beaucoup d’initiatives locales existent déjà et elles doivent être amplifiées : ce qui se passe en Amérique latine et dans d’autres parties du monde - grâce à l’action conjointe des mouvements sociaux - montre le chemin pour mettre en pratique des alternatives concrètes à la domination du capitalisme mondial.

En tant que mouvements sociaux des cinq continents réunis à Nairobi, nous exprimons notre solidarité avec les mouvements sociaux d’Amérique latine dont les luttes persistantes et continues ont conduit aux victoires électorales de la gauche dans plusieurs pays.

Actions

Nous appelons à une ample mobilisation internationale contre le G8 à Rostock et Heiligendamm (Allemagne) du 2 au 8 juin 2007.

Nous mobiliserons nos communautés et mouvements le Jour de l’Action Internationale en 2008.

Nairobi, 24 janvier 2007

Notes:

[1] Plus de 2000 personnes participaient à cette assemblée qui a été animée par Trevor Ngwame d’Afrique du Sud et Wahu Kaara du Kenya.

En cas de reproduction de cet article, mentionnez s'il vous plaît la source.
URL: http://www.cadtm.org

 

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Lundi 29 janvier 2007

23e Sommet France-Afrique - La suspecte invitation de Chirac à Gbagbo

lundi 29 janvier 2007 - Par Le Temps

    

Le
© Présidence par ANO Nianzou
L`invitation du Président français Jacques Chirac au Président de la République Laurent Gbagbo au 23e sommet France-Afrique, en France, soulève des interrogations.

Le chef d`Etat français, Jacques Chirac, surprend l`opinion en invitant au 23e sommet France-Afrique, prévu les 15 et 16 février 2007 à Cannes (France), son homologue ivoirien, Laurent Gbagbo. La présence de la Côte d`Ivoire, à cette rencontre de pays francophones portant sur "l`Afrique et l`équilibre du monde " ne peut être a priori, curieuse. Ce qui l`est, c`est l`invitation "personnelle" de Chirac à Gbagbo, son ennemi intime. Le Président français a consacré son dernier mandat à déstabiliser le régime ivoirien. Sa hargne à renverser son homologue Laurent Gbagbo s`est manifestée à plusieurs niveaux : son soutien à la rébellion armée, la partition de la Côte d`Ivoire avec la zone de confiance qu`occupe sa force Licorne, la destruction des aéronefs des FDS, le massacre des Patriotes aux mains nues et la tentative de coups d`Etat à travers des projets de résolution inimaginables sur la Côte d`Ivoire à l`ONU.

Chirac a Laurent Gbagbo dans le nez. C`est évident. Quitter l`Elysée alors que celui-ci est toujours au pouvoir en Côte d`Ivoire, est un supplice. Pourtant, il est contraint de partir. Et c`est pour bientôt. C`est cet homme qui, subitement, joue les hommes retournés, montre patte de velours, en conviant son " ennemi juré" à sa rencontre d`au revoir avec les anciennes colonies françaises, chez lui. Chirac feint de sommeiller.

Gbagbo est trop clairvoyant pour que nous lui disions ce qu`il faut faire en pareille circonstance. Mais notre modeste grille de lecture nous commande de réagir à nos frissons. Frissons de circonspection que nous partageons avec des Ivoiriens, Patriotes, persuadés que la duplicité est chiraquienne. Cet homme " qui a bu le vin de palme de notre Vieux, Houphouët-Boigny ", n`a-t-il pas refusé d`activer l`Accord de défense qui lie son pays au nôtre, en 2002, au moment même où la Côte d`Ivoire avait cruellement besoin de cette main secourable ? Bien de patriotes ne souhaitent pas voir leur " Gbagbo " à ce sommet. " C`est maintenant que Chirac ressent la nécessité d`établir l`équilibre entre Gbgabo et lui ? ", ironisait B. Faustin, militant FPI. Car Chirac peut vouloir réaliser contre la sûreté de l`Etat de la Côte d`Ivoire, le pas qu`il n`a pas pu franchir en janvier 2003, à l`occasion de la table ronde de Marcoussis. Ce serait la dernière trahison, non pas le titre du roman de Julie Garwood, mais la tragédie grandeur nature dans les relations France-Côte d`Ivoire.

Charles Baudelaire nous a tous avertis que " la plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu`il n`existe pas. " La fausse sollicitude du Président français à l`égard de son homologue ivoirien, au crépuscule de sa vie politique, ne doit pas nous faire oublier qu`il n`a pas encore atteint son objectif, et y veille. On pourrait expliquer cet assaut d`égard, par l`intention du chef d`Etat français, de quitter la scène politique en beauté, en soldant ses comptes avec tous ceux à qui il a fait du tort. Mais le maître de l`Elysée est-il capable d`une telle mutation ? Tout est possible. C`est parce que tout est possible que la prudence doit être de mise, quand il s`agit d`aller à un rendez-vous auquel Chirac tient. Car au-delà des grands sourires et de cette amabilité qu`il simule, il sait quel sort il réserve à son invité " préféré ". Et les Patriotes n`ont pas envie de se mordre les doigts. Parce que cette invitation est manifestement suspecte.

Germain Séhoué
gs05895444@yahoo.fr

Par Germain Séhoué - Publié dans : Francafrique
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